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#23/2020 - Juin 2020
 L'EDITO DE LA MÉDIATRICE

Foules contemporaines : du réel au virtuel 

« Chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage », cette formule signée Mathias Enard dans son livre « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » résonne singulièrement avec les événements de la semaine. 

Aux Etats-Unis, des manifestations, pacifiques et recueillies, ont eu lieu, jeudi, dans tout le pays pour réclamer justice et la fin des discriminations raciales. Des milliers de personnes toutes origines confondues ont défilé à New York, dans les rues de Washington, Seattle et Los Angeles, trois villes où le couvre-feu a été levé. 
Il s’agissait d’honorer la mémoire de George Floyd, Afro-Américain de Minneapolis, dont la mort à 46 ans sous le genou d'un policier blanc le 25 mai a déclenché une profonde vague de colère. 
Filmée par une passante, l'agonie du père de famille a provoqué un climat de tension que les Etats-Unis n'avaient plus connu depuis les années 1960 et le mouvement pour les droits civiques. 
Des manifestations dégénérant parfois en pillages et violences se sont déroulées dans tout le pays pour dénoncer les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales exacerbées par la pandémie de Covid-19. 
Après plus d'une semaine de débordements, la situation semble toutefois s'être nettement calmée dans le pays, les manifestants ayant obtenu une première "victoire" sur le plan judiciaire. Comme ils le réclamaient, le procureur enquêtant sur la mort de George Floyd à Minneapolis a requalifié les faits en homicide volontaire et inculpé de complicité les trois autres agents présents.  

Cette semaine, les auditeurs ont écrit pour réagir au traitement éditorial de cette actualité, essentiellement sur un plan sémantique. Ils estiment que l’utilisation du terme « Afro-américain » sur les antennes, pour qualifier les personnes noires aux États-Unis est stigmatisant : 
« J’aimerais savoir quelle justification donner à la désignation d’« Afro-Américain » infligée aux Américains noirs. » 
« De façon banalisée il (NDRL: le terme Afro-américain) organise la stigmatisation de cette partie de la population, d’autant qu’on n’utilise pas la même logique pour la population blanche. » 
« Ne devriez-vous pas également utiliser le terme d' « Euro-Américain » pour le policier blanc ayant causé la mort de Georges Floyd » 

Afin de répondre à ces remarques, j’ai sollicité Pap Ndiaye, historien et professeur des universités à Sciences Po Paris, spécialiste des États-Unis. Son interview est à lire ici
 

Foule pour Adama Traoré 

La mort du noir américain George Floyd donne un nouvel écho en France à ceux qui dénoncent des violences policières ciblant les minorités et accusent les autorités d'être dans le "déni". Malgré une interdiction préfectorale, 20 000 personnes ont répondu mardi à Paris à l'appel du comité de soutien à la famille d'Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans mort dans le Val-d'Oise en 2016 après son interpellation. Les manifestants ont utilisé des slogans du mouvement aux Etats-Unis. Dix-huit personnes ont été interpellées lors d'incidents en fin de manifestation entre policiers et protestataires. 

Dans l’affaire Traoré, les auditeurs regrettent la partialité du traitement journalistique et le lien établi entre cette affaire et le meurtre de George Floyd. Toutes les antennes sont concernées par ces remarques, les auditeurs ont cependant davantage écrit pour Franceinfo.
« Je vous écris parce que je suis très profondément choquée par le traitement médiatique de l'affaire Adama Traoré par les journalistes de Franceinfo depuis l'affaire George Floyd aux Etats-Unis. »
« Je suis particulièrement déçu de la façon dont vos journalistes traitent l'actualité : leur parti pris de gauche est évident. Je ne prendrai qu'un exemple : l'affaire Traoré. Sur l'antenne de Franceinfo, par exemple, vous utilisez une technique évidente : un message sur les Etats Unis suivi immédiatement d'un message sur les rassemblements en France concernant cette affaire. Vieille ficelle d’amalgame. »
J’invite ces auditeurs à lire la réponse du chercheur Pap Ndiaye.  
Des auditeurs évoquent un déséquilibre dans le traitement éditorial. 

Je vais être factuelle : mercredi matin la matinale de Franceinfo a très largement couvert ces différents évènements : les faits aux Etats-Unis à la suite de la mort de George Floyd, la parole à tous les acteurs du dossier d’Adama Traoré en France. Le traitement a été objectivement équilibré et l’ensemble des éléments journalistiques mis en perspective. Mon propos se fonde sur une écoute attentive de l’antenne de 6h00 à 9h00 du matin, le mercredi 3 juin. Vincent Giret, directeur de Franceinfo, recense, dans cette Lettre, tout le travail réalisé par sa rédaction afin de livrer aux auditeurs les éléments leur permettant de se construire un point de vue. A la demande d’un auditeur, le journaliste David Di Giacomo revient également sur son papier consacré à la contre-expertise voulue par les parties civiles, puis versée au dossier d’instruction. 
Est-il nécessaire de rappeler que Franceinfo est une antenne de service public où l’information délivrée doit être le reflet d’une couverture exacte, équilibrée, complète et impartiale de l’actualité ? 
Le travail d’un journaliste consiste à interroger plusieurs personnes, à contextualiser avec des règles d’impartialité fortes.  
La ligne éditoriale de Franceinfo est toujours la même : exposer les faits, donner la parole à l’ensemble des acteurs du débat public, d’autant plus quand il s’agit d’un sujet sensible comme celui-ci. 

Dans l’affaire Adama Traoré, Franceinfo a invité divers interlocuteurs à s’exprimer afin de faire connaitre les positions des uns et des autres. Le but d’une antenne de service public n’est pas de faire polémique mais de donner à entendre tous les points de vue sur les débats, voire les combats sociétaux, qui traversent notre pays. A chacun ensuite de se faire un avis selon ses propres convictions et ses sensibilités politiques, morales, philosophiques ou républicaines. 


La Lettre d’intérieur de Virginie Despentes 

"En France, nous ne sommes pas racistes, mais la dernière fois qu’on a refusé de me servir en terrasse, j’étais avec un arabe" écrit Virginie Despentes dans sa Lettre d’intérieur lue par Augustin Trapenard sur France Inter. Dans cette lettre adressée « à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème », l’écrivaine énumère les discriminations et le manque de diversité qu'elle observe depuis des décennies.  

Très commentée sur les réseaux sociaux, cette lettre a suscité de nombreux courriels au service de la médiation, exprimant majoritairement une critique vigoureuse des propos tenus ; quelques auditeurs cependant disent avoir apprécié ce point de vue.  
Pourquoi tant de réactions ? Les commentaires se sont concentrés sur la première phrase de la Lettre. Virginie Despentes écrit « ne pas se souvenir » d’avoir vu en exercice de son vivant, un « homme noir ministre ». Commentaire d’un auditeur : « Malgré le talent de cette écrivaine sa lettre, pour un effet de style peut-être et pour illustrer une thèse probablement, contient une grave inexactitude. Si, il y a eu des ministres noirs. » 

Tentons de comprendre l'intention. On reproche à Virginie Despentes d’avoir oublié des femmes, des secrétaires d’Etat ou des ministres de la quatrième République. C’était là précisément le sens de sa phrase. « Un homme noir ministre » en exercice depuis 50 ans, force est de constater qu’il y en a très peu. Force est de constater que beaucoup de commentateurs ont du mal à en trouver. Force est de constater qu’effectivement, Virginie Despentes « ne se souvient » pas de Victorin Lurel, par exemple. Elle a le droit d’exprimer un sentiment (le peu d’hommes noirs "ministre en exercice" de son vivant). Elle a le droit de ne pas se souvenir. Et elle a le droit de mettre le doigt sur l’absence notoire d’hommes noirs au poste de ministre de son vivant. C'est une parole libre (on peut la juger factuellement fautive, lacunaire, inexacte ou pleinement y adhérer) droit s'appelle la liberté d'expression. 

Quoiqu'il en soit, tous ces messages d’auditeurs signent l'entrée de Virginie Despentes dans le cercle des auteurs dont la Lettre a fait réagir. Elle rejoint Ariane Ascaride, Annie Ernaux, Christiane Taubira, Isabelle Adjani et Michel Houellebecq.  
Depuis la première Lettre d'intérieur, le lundi 23 mars signée Alain Mabanckou, jusqu'à celle de Christine Angot qui clôt la série ce vendredi 5 juin, cette lecture d'Augustin Trapenard est un incontestable succès. L'engouement s'est confirmé au fil des messages reçus. Chronique sensible, subtile et singulière. Trois minutes radiophoniques très attendues. Comme un rendez-vous. On guette l'heure, on se demande quels mots seront prononcés, quelle parcelle d'imaginaire sera arpentée, quelle émotion nous gagnera : la surprise, la gaieté, l'enchantement, la tristesse, l'étonnement, l'indignation, la colère ? Tous les auteurs conviés ont enrichi cette palette.   
"Vos "Lettres d'Intérieur" est la meilleure idée radiophonique qui n'ait jamais existé. C'est de l'émotion à l'état virginal, la force et la beauté des mots de ceux qui savent les magnifier et les partager. J'ai besoin désormais de ces lettres dans "mon intérieur" pour vivre chaque nouvelle journée. Je les attends..."  
"Un moment de pure beauté radiophonique"   
"Lettres d’intérieur" par sa diversité et le talent des auteurs a été un moment privilégié qui a rehaussé tout ce temps l'esprit public sans être élitiste". 


En apprenant ce matin l'arrêt de cette chronique, les auditeurs ont écrit à Augustin Trapenard pour le remercier et lui suggérer de réunir toutes ces lettres en un livre afin d’en garder une trace, c'est le coup de cœur cette semaine.  
A partir du lundi 8 juin, les auditeurs retrouveront « Boomerang » d’Augustin Trapenard à 9h10 suivi de « L’instant M » de Sonia Devillers à 9h40 sur France Inter.  


L’enfer éditorial à venir 

Cette semaine les invités de la matinale de France Inter essuient des remarques particulièrement virulentes.  

Lundi, le philosophe Bernard-Henri Lévy est l'invité du « Grand Entretien ». Un nouveau livre ? Oui. Son titre :« Ce virus qui rend fou ». 
Réaction d’une auditrice, reflétant la tendance de l’ensemble des messages reçus :
« Incroyable ! Le philosophe se réveille. Le virus n'a pas de message dit-il, et lui ? Il débarque ? On ne l'a pas entendu pendant tout ce temps, et maintenant il râle, il s'insurge, il critique tout. Et pourtant il a profité de ce temps pour écrire son livre et maintenant il en fait la promotion. Tout est bon à prendre ! » 
Nouvelle ressource éditoriale à haut potentiel médiatique, car prétexte à invitation sur les plateaux, le virus les inspire tous. Un rayon « Covid-19 » en librairie ? On a hâte.  

Mardi, François Ruffin, est en studio. Un nouveau livre ? Oui. Son titre : « Leur folie, nos vies ». Le député LFI de la Somme tire les leçons de la crise sanitaire et pense l’après Covid. Audacieux. Il pense certes mais surtout le dit trop fort dans le micro, estiment les oreilles sensibles de nos auditeurs, tous unanimes : « Monsieur Ruffin, Si vous voulez être audible auprès du plus grand nombre, par pitié arrêtez de hurler en permanence ! Je comprends bien le caractère urgent du message que vous avez à délivrer, mais la colère permanente avec laquelle vous l’exprimez ne sert pas ce message. Je vous trouve a priori sympathique, mais au bout de 3 minutes d’interview, je n’en peux déjà plus… »  

Mercredi, moment d’accalmie dans le flot de messages : les propos de Patrick Boucheron, historien, professeur au Collège de France - qui n’a pas de livre à vendre - sont partagés par les auditeurs : "La jeunesse a payé un prix extravagant, et encore aujourd'hui : il y a eu un sacrifice générationnel, enfant compris, et les étudiants". Concordance de vision entre cet éminent spécialiste du Moyen-Âge et de la Renaissance et les auditeurs. 

Jeudi la maire de Paris est au micro du « Grand Entretien ». Seuls deux sujets, sur l’ensemble de tous les points abordés par Anne Hidalgo, font vivement réagir. 
Premier dossier : la circulation dans Paris. « Je trouve qu’elle ne gère pas la question automobile comme il le faudrait. On dirait que pour elle les automobilistes sont des ennemis à abattre. Je ne prends moi-même ma voiture que pour les vacances. Mais je trouve la politique menée sur ce point non cohérente. Pour les artisans, pour les personnes ayant un léger handicap physique, la voiture reste indispensable ». Second sujet sensible, la saleté dans la capitale : « Paris n’a jamais été aussi sale que depuis que vous êtes maire. Ce n’est pas uniquement une question d’incivilité, c’est aussi question de très mauvaise gestion de votre part et de votre équipe. ». Réponse d’Anne Hidalgo au cours de son entretien : « Si les citoyens ne prennent pas soin de leur ville, ce n'est pas le ou la maire qui règlera le problème ». L’édile indique qu'elle y a déjà consacré 500 millions dans sa précédente mandature et qu'elle "compte mettre 1 milliard d'euros dans la prochaine » : "Ce n'est pas un problème parisien, c'est national, un problème de culture" estime Anne Hidalgo. 


StopCovid : foule virtuelle sous surveillance ? 

Préparée dans l'urgence, l'application française de traçage de contacts contre le coronavirus StopCovid est entrée en fonction mardi. Elle permet à un utilisateur qui se découvre contaminé au coronavirus de prévenir automatiquement toutes les personnes qu'il a croisées à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, au cours des deux dernières semaines. L'application est critiquée par des experts en informatique, des juristes, également par les auditeurs, qui y voient un premier pas vers une société de la surveillance où nos faits et gestes seraient tracés en permanence par des systèmes automatiques. 
Mais pour le gouvernement, StopCovid est le seul moyen de prévenir des personnes potentiellement contaminées par un porteur du coronavirus lorsque celui-ci ne peut identifier toutes les personnes avec lesquelles il a eu un contact rapproché : ses voisins dans les transports en commun par exemple. 
Si le gouvernement a réussi son pari de fournir une application en un temps très réduit, il reste à prouver qu'elle fonctionne efficacement et remplit son objectif. 

Dans la Lettre du 30 avril, les auditeurs évoquaient leur franche réserve à l’égard de cette application. Cette semaine, on observe beaucoup moins de réticence, un auditeur s’interroge même sur la partialité de Franceinfo sur ce dossier estimant que l’antenne "sort l’artillerie lourde contre l’application StopCovid". Vincent Giret, le directeur de Franceinfo lui répond ici. Nous ferons également le point sur ce traitement éditorial avec Jérôme Colombain, le spécialiste des nouvelles technologies de Franceinfo. Le numérique est au cœur de nos vies et soulève beaucoup de questions sur le traitement des données personnelles, notre vie privée ou encore le traçage. Les questions des auditeurs sont légitimes. Réponses demain avec Jérôme Colombain à 11h50 sur Franceinfo dans le rendez-vous de la médiatrice. 

Bonne lecture,

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


​​​​​​​Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 29 mai au 5 juin 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- Georges Floyd : l'utilisation du terme "Afro-Américain"
2- L'affaire Adama Traoré
3- La Lettre d'intérieur de Virginie Despentes
4- Bernard-Henri Lévy, invité de la matinale de France Inter
5- Anne Hidalgo, invitée de la matinale de France Inter

6- Patrick Boucheron, invité de la matinale de France Inter
7- Pêle-Mêle de remarques des auditeurs

8- Merci aux équipes de Radio France
9- Le coup de cœur des auditeurs : les Lettres d'intérieur d'Augustin Trapenard

10- Langue Française

GEORGES FLOYD :
​​​​​​​L'UTILISATION DU TERME "AFRO-AMÉRICAIN"

Le terme "Afro-Américain"
Messages d'auditeurs
« L’appellation « Afro-Américain », « Sino-Américain »… communément utilisé pour les personnes d’origine Africaine aux USA, m’interpelle au regard de l’appellation d’"Américain" communément utilisée pour les personnes d’origine Européenne… Ne devriez-vous pas également utiliser le terme d’"Euro-Américain" pour le policier blanc ayant causé la mort de Georges Floyd, dans votre édito de ce matin ? Car il me semble que les vrais Américain, sont « Indiens » ou les peuples autochtones… » (Franceinfo)

« Nous (ma femme et moi) sommes scandalisés que la journaliste qui a traité, lors du journal de 13h, le sujet des émeutes à Minneapolis ait parlé d’un « noir ». Pour nous, il s’agit d’abord d’un homme. Ensuite, on peut envisager de parler de son ethnie (les américains parlent généralement d’Afro-américains, ainsi que le journal le Monde l’écrit au même moment), sous réserve que cela ajoute à l’actualité. En l’occurrence, la mention du fait qu’il s’agisse d’un Afro-américain remet en perspective les faits, en l’inscrivant dans une longue suite de faits à caractère raciste, perpétrés par la police américaine, ce qui mériterait d’être précisé.
En espérant une prise en compte de notre message, une transmission à la journaliste, et une évolution dans les formulations. »
(France Inter)

L'utilisation du terme "Afro-Américain" : réponse de Pap Ndiaye

L’utilisation du terme « afro-américain » sur les antennes, pour qualifier les personnes noires aux États-Unis, soulève des remarques d’auditeurs. Nous publions une sélection de leurs messages.  
Pap Ndiaye, historien et professeur des universités à Sciences Po Paris, spécialiste des États-Unis, répond aux questions d’Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France. 
LIRE L'INTERVIEW
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L'AFFAIRE ADAMA TRAORÉ

Message d'auditeur
« J’ai été surpris par l’interview diffusée aujourd’hui sur Franceinfo de Maître Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille d’Adama Traore : diffamation du préfet de Paris (que je ne connais pas) qui est pourtant un représentant de l’Etat et qui serait « responsable » de la manifestation violente et illégale de la porte de Clichy. Aucune réaction du journaliste. Celui-ci aurait pu rappeler qu’un gendarme a été attaqué lors des 3 fuites successives d’Adama Traoré qui ont précédé son interpellation. Ou bien que cet avocat qui a voix au chapitre sur votre antenne a défendu Tarik Ramadan, ainsi qu’un des membres du gang des barbares ou encore Salamine (je ne suis plus certain du prénom) Traoré qui a tué 2 policiers en 2013 ? Non. Au contraire puisque dans le flash info qui suit la diatribe de Maître Bouzrou contre les institutions (police, justice) le journaliste parle de la manifestation de la porte de Clichy « contre les violences policières ». » (Franceinfo)

Vincent Giret, directeur de franceinfo, vous répond : 

Chers auditeurs,

Nous avons envoyé plusieurs équipes de reporters pour couvrir la manifestation de mardi. Nos reporters ont ainsi fait parler des participants, raconté cette mobilisation, ainsi que la manière dont cette manifestation a été dispersée. Dans notre matinale du lendemain, nous avons diffusé à nouveau plusieurs éléments de ces reportages. Fidèles à notre ligne éditoriale, nous avons fait le champ et le contre-champ, interviewé notamment Assa Traoré (la sœur d’Adama Traoré), ainsi qu’une porte-parole d’un syndicat de police, Linda Kebbab (Unité-SGP-FO). Nous avons également diffusé une enquête factuelle de notre service police-justice, « Affaire Traoré, ce que l’on sait / ce que l’on ne sait pas ».  Enfin, nous avons fait vivre le débat politique sur ce sujet, en interrogeant des personnalités de différentes sensibilités. Ainsi, en déployant les différents genres journalistiques, - le reportage de terrain, l’enquête factuelle, et le débat contradictoire - nous avons livré à nos auditeurs tous les éléments leur permettant de se construire un point de vue.  

Vincent Giret

Message d'auditeur
« Décès d’Adama Traoré ; expertise « indépendante» ? 
Dans le papier du 2 juin 2020 consacré au décès d’Adama Traoré, David Di Giacomo écrit (deuxième paragraphe) « Cette expertise indépendante, réalisée par un professeur de médecine, a été versée au dossier ce mardi, à la demande des parties civiles.» Je m’interroge donc : comment M. Di Giacomo peut-il qualifier d’«indépendante» cette contre-expertise ? D’autant, qu’aussi bien dans le titre qu’au quatrième paragraphe, il est dit que cette dernière a été réalisée à la demande de la famille d’Adama Traoré et que l’expert qui l’a réalisée a été mandaté par cette famille. Serait-ce donc que les juges en charge du dossier et que les experts qu’ils ont mandatés ne sont pas indépendants ? Et pourquoi reprendre sans aucun filtre ni mise en garde sur la partialité du propos les affirmations de l’avocat de la famille déclarant que « Contrairement aux experts désignés par les juges, les médecins indépendants qui ont réalisé les contre-expertises sont tous spécialistes des maladies évoquées dans le dossier. Compte-tenu de leurs compétences, leurs conclusions s’imposent face à celles qui excluent le plaquage ventral comme cause de la mort d’Adama Traore.». De grâce arrêtez de servir de caisse de résonance aux parties en cause dans une procédure judiciaire et à leurs avocats et faites-en sorte que la justice assure sereinement sa tâche !  »
(Franceinfo)

David Di Giacomo, journaliste, vous répond : 

Chers auditeurs,

Il s’agit d’une contre-expertise demandée par les parties civiles, puis versée au dossier d’instruction. Franceinfo a pu consulter cette contre-expertise, et le professeur de médecine qui l’a rédigée, certifie avoir pris ses conclusions « en toute indépendance et en toute conscience, selon les dispositions du code de déontologie médicale ». Précisons aussi que les rapports d’expertise réalisés par les parties peuvent être communiqués à la justice, et les juges apprécient ensuite leur valeur probante. A titre d’exemple, toujours dans cette même affaire Adama Traoré, une première contre-expertise privée avait été versée au dossier en 2019 par les parties civiles, et après en avoir pris connaissance, les juges d’instruction avaient demandé une nouvelle expertise judiciaire, rendue d’ailleurs la semaine dernière. Enfin, dans cet article et dans nos papiers diffusés sur l’antenne de Franceinfo, nous avons veillé à toujours rester neutres, et avons également donné la parole à la défense (maître Rodolphe Bosselut est cité dans l’article).

​​​​​​​David Di Giacomo
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LA LETTRE D'INTÉRIEUR DE VIRGINIE DESPENTES

"Virginie Despentes est écrivaine. Dans cette lettre, rédigée après la manifestation en soutien à Adama Traoré et adressée à "ses amis blancs qui ne voient pas où est le problème", elle dénonce le déni du racisme et explique en quoi "être blanc" constitue un privilège." Les auditeurs nous ont écrit.

Messages d'auditeurs
« J’ai trouvé moi aussi cette lettre exceptionnelle. Dommage qu’elle ait été entachée par une énorme contre-vérité : il y a bien eu des ministres noirs. Cet oubli enlève malheureusement de la pertinence à son propos. Par ailleurs, bravo pour votre émission. » (France Inter)

« Je suis choquée du contenu de cette lettre. Christiane Taubira n’aurait-elle pas été une ministre flamboyante ? Avant elle, il y a eu des ministres noirs, arabes …. Enfin !
Et les femmes blanches ne se trouvent-elles que dans les beaux quartiers à faire leur jogging ? S’il vous plait, choisissez mieux vos lectures. »
(France Inter)

« Ce jeudi matin France Inter a probablement commis une faute (pas un crime). La lettre de Virginie Despentes. « Brute de décoffrage ». Soyons clairs : la liberté d’expression est importante en démocratie
France Inter est un irremplaçable média du débat public où la parole est libérée Augustin Trapenard est un atout culturel dont il faut s’enorgueillir il ne faut jamais être dans le déni des réalités douloureuses de la société française et mondiale. Mais ça n’autorise pas tout… sans commentaire ni rectificatif, face à des propos manipulateurs et mensongers.
Je ne sais si Virginie Despentes avait trop fumé la moquette ou si son militantisme agressif lui a confisqué définitivement son objectivité.
1) Factuellement : certes une hirondelle ne fait pas le printemps, mais des ministres de la République « issus de l’immigration », il y en a eu, et de plus en plus. On ne peut pas laisser affirmer des contrevérités sous couvert de la liberté de parole. À moins d’être complice ? Kofi Yamgnane et Christiane Taubira, pour ne citer que ces deux ministres, ont toujours revendiqué leur « négritude ». L’amnésie militante coupable de Despentes ?
2) Sur le fond : la société française est très imparfaite. Comme ses citoyens : il y a des professeurs et des curés pédophiles, des avocats véreux, des gynécologues violeurs, des maris tueurs, des élus corrompus... Et des braves gens racistes, quelles que soient leurs fonctions dans la société. Y compris des flics. Il ne faut pas le nier.
Ça ne qualifie pas une république comme complice de ces déviances personnelles pour les ériger en système. Ce que laisse entendre Despentes.
Le libre propos confié à un écrivain à succès n’autorise pas tous les mensonges sans aucun commentaire rectificatif.
Sauf à attiser des réflexes populistes dangereux pour l’avenir de notre société déjà bien perturbée. Bien à vous. Et merci de transmettre à Augustin que j’apprécie néanmoins chaque matin »
(France Inter)
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BERNARD-HENRY LÉVY, INVITÉ DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« Vous avez reçu ce matin M. Bernard-Henri Lévy qui s’est permis de nous cracher son mépris en fustigeant notre supposée soumission servile pendant le confinement et aujourd’hui encore... Il a beau jeu de critiquer ceux qui ont honteusement profité de la crise. Que fait-il d’autre en publiant ce pamphlet qui ne l’honore pas mais qui va l’enrichir un peu plus ? Et d’abord qu’est-ce qu’il en sait ce Monsieur, il était où pendant que nous prenions des risques personnels pour assurer tout ce qui avait besoin de l’être ?
En ce qui me concerne j’ai 64 ans, je suis directrice d’école et j’ai été tout le temps sans masque avec les enfants de médecins et aujourd’hui je me bats pour essayer de trouver des solutions pour accueillir le maximum d’enfants dont les parents sont épuisés ou contraints par leurs employeurs au présentiel, et ce malgré un protocole sanitaire démentiel. Je ne suis pas dans la servilité, je suis dans la résistance active pour que nous puissions continuer à grandir ensemble en humanité. J’espère ne pas être la seule à avoir été scandalisée par ses propos.  »
(France Inter)

« Je suis soignant et j’étais en première ligne face à la situation apocalyptique des Hôpitaux face au COVID 19. Comment peut-on remettre en cause les actions de santé publique mises en place pour limiter la propagation du virus ? Cet appel à la désobéissance des consignes de spécialistes de la santé est criminel. Car chacun son domaine de compétence. Que M. Bernard-Henri Lévy le dise aux milliers de mort en France C’est une effroyable tristesse d’entendre ces propos. » (France Inter)

« Je suis médecin-réanimateur. Il y a une discordance entre ce qui s'est passé sur le terrain et le discours de M. Levy.
Le monde a redécouvert la "mort" au travers de cette épidémie. La culture occidentale tend à effacer le risque de mourir au profit de la jouissance de la société de consommation, la menace réelle fait prendre conscience de ce questionnement. Cela a évolué en mouvement de panique parce que nous faisions et faisons encore des pas dans l'inconnu face à ce coronavirus.
La société était déjà mondialisée avant l'épidémie. L'impact de l'épidémie n'est que le reflet de cette mondialisation. C'était déjà fou et effrayant à ce moment.
La sous estimation de cette épidémie a empêché des gestes simples pouvant éviter le confinement. Mais cela n'a pas été pris en compte par "choix politique" et donc le choix du confinement restait la seule chose à faire à cette étape. Mais les gestes barrières n'étant pas dans la culture occidentale, cela a un impact plus important. Au Japon, les personnes malades portaient spontanément des masques dans les transports pour éviter de contaminer les autres. Quand les occidentaux ont découvert cela, la première réaction était "ils ont peur d'attraper des microbes".
Les gestes culturels ont un sens mais un sens qui évoluent comme une société évolue. Nous ne prenons plus de bain habillé.
Il faut probablement associer plus les gestes à un aspect de bienveillance envers autrui et non de sauvegarde de soi même. D'ailleurs les masques chirurgicaux sont là pour protéger les autres et non soi même en premier lieu.
Les gestes de bon sens ont du sens. Dans mon service de réanimation comme dans celui où je travaillais précédemment, il était d'usage de ne pas se serrer la main. Par contre, en cas de rencontre en dehors du service, l'usage change. Les gestes sont à adapter aux situations.
Il y a eu une réelle situation critique dans les hôpitaux et en particulier dans les services de réanimation. L'usage d'un hôpital militaire de campagne dans l'Est n'est pas anodin comme signe.
Je ne vois pas le pouvoir médical essayant de dominer. Depuis la gouvernance "Bachelot", la responsabilité des établissements et la tarification à l'acte ne sont pas les seules réalités. LA réalité est que notre système de santé fonctionne avec une enveloppe fermée mais qu'aucun politique n'assume cette décision. Un enveloppe fermée veut dire des moyens limités. Les moyens limités imposent aux personnels en bout de chaine de devoir faire des choix.
La crise sanitaire a mis en évidence ces manques de moyens. Mais en quoi ne s'agit il pas d'un choix politique ? 
C'est une décision politique d'attendre pour le confinement et permettre le vote du premier tour des municipales.
C'est un choix politique d'écouter les ARS.
C'est un choix politique d'aller voir les médecins médiatisés.Mais il y a eu peu de paroles données aux médecins de terrain. Certes, il y a une forme de devoir de réserve pour éviter la panique mais en conséquence, il n'a été mis en avant que les plus médiatisés ou médiatisables. 
C'est un choix politique de faire imposer aux établissements des mesures sanitaires comme des ouvertures de lits en catastrophe avec des moyens dégradés.
C'est un choix politique de ne pas assumer la saturation des lits de réanimation.
C'est un choix politique de ne pas assumer les morts en cas de non confinement.
Le virus ne changera rien à terme,  dès la décroissance, il était déjà question de restreindre à nouveau les effectifs paramédicaux.
La démocratie est déjà dominée par le monde de la finance. Le pouvoir médical n'existe pas en soi. Il s'agit de choisir ce qui acceptable sanitairement ou non.
Il ne s'agissait pas de docilité mais de répondre de façon "sociétale" face à un risque. C'est comme accepter ou non la vaccination contre la grippe pour éviter que les plus fragiles ne meurent.
On  fait payer aux soignants des choix qui nous ont été imposés.
Si il y avait un parallèle entre l'épidémie du coronavirus et le réchauffement climatique, que faudrait il choisir ?
Il ne s'agit pas d'oublier les autres, simplement l'esprit humain sous la peur panique, a un champ de vision restreint.
Il revenait peut être aux philosophes, de soulager cette peur et pas seulement aux politiques ou aux médecins.
Merci de votre attention. »
(France Inter)
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ANNE HIDALGO, INVITÉE DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« Sur la plupart des points j'apprécie et je suis les décisions de Mme Hidalgo. Mais je trouve qu'elle ne gère pas la question automobile comme il le faudrait. On dirait que pour elle les automobilistes sont des ennemis à abattre. Je ne prends moi-même ma voiture que pour les vacances. Mais je trouve la politique menée sur ce point non cohérente. Pour les artisans, pour les personnes ayant un léger handicap physique, la voiture reste indispensable. Ma fille vit aux Pays-Bas. A Amsterdam, il y a de grands parkings à l'orée de la ville, et si on indique à l'horodateur qu'on a pris les moyens de transport publics, le parking est presque gratuit. Voilà qui est incitatif et non vexatoire.  Les embouteillages et les galères ne sont pas le moyen pour dissuader les automobilistes. » (France Inter)

« Madame Hidalgo, vous n'habitiez pas Paris il y a 20 ans ? Paris n’a jamais été aussi sale que depuis que vous êtes maire. Ce n’est pas uniquement une question d’incivilité, c’est aussi question de très mauvaise gestion de votre part et de votre équipe. » (France Inter)

« Depuis quelques années à Paris, tout est fait pour démotiver l'usage de la voiture, c'est déjà sans compter que quand on se déplace seule avec plusieurs enfants il est difficile d'utiliser le vélo. A force de gêner les automobilistes, ils deviennent fatigués, usés par l'attention qu'il faut porter aux vélos et un automobiliste stressé c'est un piéton en danger. A ça se rajoute les pistes cyclables installées sans tenir compte des piétons : on traverse et à peine arrivé sur un trottoir on se rend compte qu'en fait c'est une piste cyclable, avec les trottinettes qui roulent sur les trottoirs, à Paris, il est IMPOSSIBLE de faire l'apprentissage de la rue à ses enfants : jusqu'où irez-vous dans votre entêtement où vous ne privilégiez que les célibataires et les touristes, vous semblez oublier qu'à Paris il y a des familles. » (France Inter)
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PATRICK BOUCHERON, INVITÉ DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« Je suis une maman de 5 jeunes. Je constate avec dépit, comme le dit Monsieur Boucheron que les jeunes, ont vraiment été laissés tombés dans cette histoire. On ouvre les grands magasins et on ne leur permet pas d’accéder à leur enseignement !! On ne mesure pas aujourd’hui les dégâts que ça cause sur les jeunes – plus de contact direct – plus de savoir-vivre ensemble – regarder une série sur Netflix ou apprendre un cours ou communiquer avec ses proches… tout est pareil. Même dans les familles les plus actives, on perd les jeunes – l’annulation du bac français, c’est une honte. C’est tout de même possible d’organiser un examen avec des distances sociales ou de faire venir un étudiant dans une salle pour un examen avec un ordinateur si besoins – quel manque de courage. J’en suis vraiment alarmée. » (France Inter)

« Je partage tout à fait ce point de vue : c’est un scandale de laisser les universités fermées, les écoles peu fréquentées. Oui nous sacrifions une génération. Nous maltraitons nos enfants et notre jeunesse. Nous avons peur de vivre.  » (France Inter)

« Merci à vous et à votre invité de sortir enfin de la propagande et de la pensée unique par rapport à cette décision politique que fut le « confinement » ! » (France Inter)
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PÊLE-MÊLE

Nous vous proposons dans « Pêle-mêle » une sélection de messages d’auditeurs : réactions sur l’actualité, avis sur des émissions, remarques sur les antennes, opinions sur les lignes éditoriales, points de vue sur les angles choisis dans des reportages ou des articles publiés sur les sites. 

Retrouvez ici des messages concernant :
•   La réouverture des cafés et restaurants
•   Déconfinez les antennes

•   Différence entre catholiques et chrétiens 
•   François Ruffin, invité de la matinale de France Inter 
•   L'application StopCovid et la réponse de Vincent Giret, directeur de franceinfo

•   Les vaccins
•   Les violences policières
•   La distribution de la presse en Région 
•   Ouverture des médiathèques
•   La situation dans les EHPAD
•   Parcoursup
 À lire, une sélection de messages

MERCI AUX ÉQUIPES DE RADIO FRANCE

Message d'auditeur
« Remerciements pour la qualité des programmes, un accompagnement pendant le confinement qui vraiment a été d’un grand secours. Un régal. Vraiment un grand grand merci à toutes les équipes. » (France Musique)

« Merci à Xavier Mauduit pour les émissions de cette semaine. Magnifiques ! On en redemande ! » (France Culture)

« Merci à toute l’équipe de l’émission “Grand Bien vous fasse” de m’avoir fait passer la durée cette période difficile dans la bonne humeur et la bonne information. Bravo à tous ! » (France Inter)
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COUP DE CŒUR DES AUDITEURS :
LES LETTRES D'INTÉRIEUR D'AUGUSTIN TRAPENARD

Depuis plus de deux mois, les auditeurs nous font part de leur joie d'entendre chaque matin les Lettres d'intérieur lues par Augustin Trapenard. Ces chroniques programmées spécialement pendant le confinement prennent fin aujourd'hui. Ils lui disent merci.
​​​​​​​Les auditeurs retrouveront à nouveau à l'émission "Boomerang" à 9h10, de retour lundi 8 juin sur France Inter.


Messages d'auditeurs
« Les lettres d’intérieur lues tous les jours par Augustin Trapenard furent un moment de pure beauté radiophonique. 
Beaucoup de poésie et d’émotion à l’écoute de chacune d’elles… et pour certaines des pleurs qui coulaient sur mes joues. 
J’espère que ces lettres seront rassemblées et publiées dans un recueil pour pouvoir les retrouver parfois, revivre ces émotions si fortes.Merci à tous leurs auteurs. Merci à Augustin Trapenard pour les avoir si bien lues, et d’avoir eu cette magnifique idée ! Merci pour le choix des habillages musicaux. 
Merci à France Inter de nous avoir accompagnés dans cette période si extraordinaire. 
» (France Inter)

« Bonjour Augustin, écouter Boomerang chaque fois que je le peux est toujours un plaisir (un flash me revient, je me souviens de l’émotion pure qui a explosé en moi en entendant Juliette chanter les Corons). Mais vos « Lettres d’Intérieur » est la meilleure idée radiophonique qui n’ait jamais existé. S’il vous plait, n’arrêtez pas ces lettres après le déconfinement, c’est du bonheur en barre, de l’émotion à l’état virginal, la force et la beauté des mots de ceux qui savent les magnifier et les partager. J’ai besoin désormais de ces lettres dans « mon intérieur » pour vivre chaque nouvelle journée. Je les attends… Merci à vous. » (France Inter)
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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

"Ségur" de la santé
« L'emploi de l'expression  "Ségur de la santé" dans le traitement de l'actualité a fait l'objet d'une protestation (ou plusieurs ?) que vous publiez et éclairez d'un commentaire dans votre site, nous apprenant que la pédanterie insigne de cette appellation politique se double d'un confusion sur l'odonymie parisienne. 
Outre son obscurité radicale pour le profane, la meilleure raison qu'aurait Radio France de s'abstenir de reprendre et propager ce jargon, inventé par d'autres, est la carence stylistique dont il souffre, déjà présente depuis 2008 dans ce que M. Borloo appelait  "Grenelle environnement" (sic).
Cette faute de syntaxe avait été délaissée par les journalistes de Radio France, qui avaient choisi de former correctement le complément de nom et rebaptisé ces rencontres "Grenelle DE l'environnement". Merci !
Malgré cette rectification grammaticale, l'étymologie de "Grenelle de l'environnement" restait particulièrement déroutante.
En effet, dans la métonymie "accords de Grenelle" (1968), dont cette appellation se réclame, "Grenelle" ne signifie pas "accords" ni "rencontres" mais "ministère du Travail" [dont les locaux sont situés rue de Grenelle à Paris] ! Étymologiquement, "le Grenelle de l'environnement" est donc "le ministère du Travail de l'environnement". Brillante trouvaille énarchique en vérité.
L'an dernier, avec la quadruple métonymie de "Grenelle des violences conjugales", on croyait avoir atteint le fond du fond, les ultimes profondeurs de l'ineptie : "Ministère du Travail des violences conjugales" ?????
L'intitulé "Ségur (de la) Santé" souffre exactement du même cafouillage stylistique. Rien n'impose de nous l'imposer dans le traitement de l'actualité. Car il entraîne la langue du commentaire politique vers les sommets de la préciosité. L'en précipiter dans le vide serait charitable. » 
(Radio France)

"Pronostic vital"
« J’ai fait une observation qui pourrait vous intéresser : les correspondants français à l’étranger utilisent rarement l’expression « Pronostic vital ». Leur information provenant de la langue du pays, ils ne sont pas « contaminés » par le jargon de la source médicale française de leurs confrères de métropole, et utilisent habituellement une expression du français courant : “ses jours sont en danger”, “on craint pour sa vie”, “il est dans un état grave, désespéré”, “il est entre la vie et la mort”, “les médecins sont réservés sur ses chances de survie”, on ne sait pas s’il survivra à ses blessures, son état inspire les plus vives inquiétudes, etc. Un auditeur fidèle qui vous écoute de l’étranger. » (Radio France)

Cartonner
« Entendu hier mardi dans France Info Juniors, dans la bouche de votre journaliste : « Quelles sont les œuvres d’art qui cartonnent ? ». Démagogie, volonté de « parler jeune » ? Incapacité à s’exprimer en français correct ? Je trouve lamentable d’entendre parler ainsi dans une émission consacrée aux enfants. Faut-il les tirer vers le haut ou vers le bas ? » (Radio France)

"Septaine"
« Après la quatorzaine, voilà la septaine : concours de bêtise permanent ! » (Radio France)

Rétrécir
« On dit “rétrécir”, et non “retrécir” ! Regardez le dictionnaire et ne restructurez pas la langue française, c’est laid. On structure de nouveau, mais le verbe trécir n’existe pas. Ne réduisez pas la langue à votre anarchie. Je ne comprends pas cette nouvelle manie de supprimer l’accent aigu sur une première syllabe car elle ne répond à aucune logique. Oui, la langue donne toute dimension à un espace qui la rend intelligible ; il y a un code à la langue définie dans un dictionnaire, et son fixé sans raison. Elle ne vous appartient pas entièrement. Créez de nouveaux mots, dans notre langue, oui, mais ne refaites pas les mots existants tels qu’ils sont de plus enseignés dans les Alliances françaises aux étrangers. » (Radio France)

"Emballer"
« Depuis ce matin je n’arrête pas de bondir en entendant le terme utilisé par les journalistes au sujet de l’œuvre de Christo qui emballait… le Pont Neuf et autres monuments du monde. Non il n’emballait pas mais EMPAQUETAIT et nous offrait un cadeau… il y a une nuance !!! cherchez à l’époque du Pont Neuf, il y avait eu débat…  J’emballe un colis que j’envoie par la poste mais je fais un paquet du cadeau que j’offre. 
Ce serait gentil de ne plus me faire bondir » 
(Radio France)

Pilleurs ou Pillards ? 
« Je viens d’entendre pendant le 13h un reportage sur les émeutes aux USA. 
On y entend parler de pilleurs et non de pillards, s’agissant des vols à l’étalage. 
Le même journaliste évoque une foule ou une ambiance « inouite » ! 
Il y a quelques mois un ours blanc était appelé « pachyderme ». » 
(Radio France)

Chaque
« Pourriez-vous indiquer à vos journalistes que « chaque » correspond à une unité, et que par conséquent on ne dit pas « entre chaque table » mais « entre deux tables ». Merci beaucoup. » (Radio France)
 À lire, plus de messages sur la langue française


Vidéo
"SUR PARIS" OU "À PARIS"
“Aujourd'hui beaucoup de personnes utilisent le mot "sur" à la place de "à" avant le nom de ville (ex: je rentre sur Paris). Mais est-ce vraiment correct?”
Bernard Cerquiglini, Professeur des Universités, Recteur honoraire de l'Agence universitaire de la Francophonie, Ancien Délégué général à la langue française et aux langues de France, Membre de l'Académie royale de Belgique, explique le sens des mots.
VOIR
Vidéo
LAURENT VALIÈRE ET LES AUDITEURS
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Laurent Valière, producteur de l’émission 42e Rue sur France Musique, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
VOIR

 
[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 6 juin sur franceinfo à 11h20 et 13h50 : "L'application StopCovid". Pour en parler, Emmanuelle Daviet reçoit Jérôme Colombain, journaliste, spécialiste des nouvelles technologies de franceinfo.


Peut-on tout diffuser dans un reportage ? 
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On entend des reportages où des Français disent ne pas respecter les consignes. Cela fait réagir des auditeurs…
Benjamin Mathieu journaliste grand reporter à franceinfo est au micro d’Emmanuelle Daviet.
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