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#25/2020 - Juin 2020
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE


Autant en emporte l’Histoire 


Prenez ces mots : racisme, identité, communautarisme, minorité, ethnie, colonialisme, racialisé, diversité. Associez-les et vous obtiendrez la densité politico-sémantique des messages reçus cette semaine.  
Les thématiques ont radicalement basculé dans un registre très éloigné du Covid-19. 
Au menu des courriels des auditeurs : « les polémiques mémorielles », « les manifestations anti-racistes », « la famille Traoré » « Autant en emporte le vent », « Kemi Seba », et « le Général de Gaulle ». 

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Polémiques mémorielles 

« Franchement dans quel monde vit-on dans votre rédaction ? Ici dans la province profonde (100km de Paris), on n'a que faire des démangeaisons raciales d'une minorité (…). Le pays va être confronté à des difficultés économiques, des problèmes sociaux dus à la crise sanitaire, des hôpitaux, des entreprises, un système éducatif à la dérive etc etc...Et on nous bassine avec des histoires de statues à déboulonner et de rues à débaptiser !!!! Les bras nous en tombent » écrit un auditeur. Etonnant d’accorder si peu intérêt aux signaux actuels de notre société. Quant aux « difficultés économiques, problèmes sociaux dus à la crise sanitaire, hôpitaux, entreprises, système éducatif à la dérive », ces sujets ne sont pas négligés sur les antennes. 
On ne « bassine » pas les auditeurs « avec des histoires de statues à déboulonner et de rues à débaptiser », les journalistes informent car ces faits méritent d’être traités et portés à la connaissance du grand public. 

Un buste du général de Gaulle a été vandalisé dans la commune d'Hautmont (Nord), la tête recouverte de peinture fluo orange et le piédestal tagué au dos d'un "esclavagiste" également inscrit en orange. Le maire de la commune a dénoncé un "comportement inadmissible" et un "amalgame" dans le cadre du "débat médiatique" autour du racisme et des statues dégradées. La dégradation du buste de Charles de Gaulle (1890-1970) est survenue à quelques jours des 80 ans de son appel du 18 juin 1940, et l'année du cinquantième anniversaire de sa mort.  
En parler est légitime et s’inscrit dans la continuité de l’actualité brûlante des Etats-Unis puisque depuis le décès de George Floyd, un Américain noir mort aux Etats-Unis le 25 mai sous le genou d'un policier blanc lors de son interpellation, des protestations antiracistes ont donné lieu dans le monde au déboulonnage ou à la dégradation de plusieurs statues de personnalités controversées, comme le navigateur du XVe siècle Christophe Colomb. 

En France, dans le sillage de ces manifestations, les monuments et statues liés à l'histoire coloniale française ou à la traite négrière se retrouvent à nouveau au centre d'une polémique mémorielle. 
Jean-Marc Ayrault, actuel président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, a ainsi demandé de rebaptiser une salle Colbert à l'Assemblée nationale et un bâtiment de Bercy portant le nom du ministre à l'initiative en 1685 du Code noir.  
Réaction d’un auditeur, professeur d’histoire : « Pourquoi supprimer de l’espace public le nom de Colbert, alors que (j’adopte un point de vue radical, mais c’est ce que font ceux qui veulent éradiquer Colbert) c’est Louis XIV qui est le grand « esclavagiste et raciste » de la France des années 1680 ? Il me semble donc, pour être logique, si on adopte le point de vue « antiraciste » de Jean-Marc Ayrault (et du CRAN) qu’il ne faut pas seulement supprimer le nom de Colbert, il faut aussi supprimer le nom de Louis XIV de toutes les rues, places et lycées où il apparaît (y compris bien sûr « Louis-le-Grand ») et déboulonner toutes les statues où il expose sa vaine gloire. Il faudra aussi détruire le château de Versailles, élevé grâce à la sueur des esclaves de Saint-Domingue ! C’est évidemment absurde, mais il est tout aussi absurde de s’en prendre à « Colbert », sans même savoir quel a été le rôle du père et celui du fils. Je souhaite que les journalistes de Radio France réfléchissent un peu à tout cela (et fassent les vérifications nécessaires) afin de savoir quelles questions poser à des gens qui se présenteraient pour « déboulonner les statues de Colbert » comme s’il s’agissait de statues de généraux confédérés, objets de la vénération des suprémacistes américains. » 


Après l’espace public, les écrans de cinéma 

« Si on interdit « Autant en emporte le Vent » autant interdire tous les westerns, où les Indiens d'Amérique sont bien mal traités. J'étudie en classe avec mes lycéens l'évolution de notre regard sur les Indiens à travers les westerns : c'est passionnant et les élèves y sont très sensibles, il serait dommage de les interdire » s’inquiète un auditeur. 

Le mouvement "Black Lives Matter", relancé après la mort de George Floyd aux Etats-Unis, atteint également l’univers du cinéma. Le Grand Rex, la célèbre salle parisienne, a annoncé l'annulation d'une projection d’"Autant en emporte le vent", à la demande du studio américain Warner, en raison d'une polémique sur le film. 
HBO Max a en effet décidé de retirer temporairement de son catalogue ce grand classique hollywoodien multi-oscarisé de Victor Fleming avec Clark Gable et Vivien Leigh, au motif qu'il "dépeint des préjugés racistes qui étaient communs dans la société américaine". La plateforme prévoit de remettre en ligne le film avec des éléments de contexte.  
"Autant en emporte le vent", qui raconte l'histoire de Scarlett O'Hara et Rhett Butler sur fond de guerre de Sécession, est considéré comme l'un des plus gros succès populaires de l'histoire du cinéma, film pour lequel Hattie McDaniel a été la première interprète afro-américaine à recevoir un oscar, celui de la meilleure actrice dans un second rôle. 
Outre le film, le roman est également au cœur de l’actualité. Ce livre, vendu à plus de 30 millions d'exemplaires depuis sa sortie, reparaît simultanément chez Gallimard, en Folio, dans la traduction originelle de Pierre-François Caillé, de 1939, et chez Gallmeister, dans une nouvelle traduction.  
Les critiques du Masque et la Plume ont plongé dans ce roman-fleuve et les fidèles de l’émission ont écrit :  
« Tout à fait d'accord avec Jean-Claude Raspiengeas au sujet d’"Autant en emporte le vent". Le racisme et le traitement des noirs et des esclaves n'est pas le fait de M.Mitchell mais de la représentation d'une époque. » 
« Je reprocherais à vos critiques (sauf Patricia Martin), une indignation conjoncturelle contre ce roman ancré dans une époque pendant laquelle a basculé l'économie du sud des USA, liée à l'esclavage. Ne la regardons pas à l'aune des problèmes raciaux actuels ». 

"Autant en emporte le vent" : récit raciste problématique ou saga au souffle romanesque ? Le Masque et la Plume est à réécouter ici avec un dossier spécial. 


« Traoriste et antitraoriste »? 

Nous en parlions dans cet édito le vendredi 5 juin, le comité Adama Traoré - jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes en région parisienne, décès que ses proches comparent au meurtre de l'Américain George Floyd - a mobilisé 20.000 personnes devant le tribunal judiciaire de Paris, le 2 juin dernier, et s'est imposé comme le fer de lance de la lutte contre les violences policières.  
Son discours s'est élargi, de la dénonciation de violences policières à celle d'un "racisme systémique", trouvant un écho puissant après la mort de George Floyd, qui a suscité une vague planétaire d’indignation. 

Samedi dernier, le 13 juin, des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées - 15.000 d'après les chiffres de la préfecture de police de Paris - sur la place de la République à l'appel du comité Adama Traoré. Au tout début du rassemblement, Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré, a pris la parole invitant la foule à "dénoncer le déni de justice", "la violence sociale, raciale, policière", réclamant à nouveau la mise en examen des gendarmes impliqués dans l'interpellation de son frère. 
Pour tous les auditeurs qui nous écrivent à ce sujet : « le traitement de l’affaire Traoré est unidirectionnel » sur les antennes de Radio France : 
« On n'entend sur vos antennes uniquement les réactions de sa sœur Assa ! Pour que vos auditeurs puissent se faire une idée objective de ce traitement, ne faudrait-il pas en premier lieu que les journalistes évoquent aussi et de façon équilibrée l'ensemble de l'avis des différents protagonistes.  
Ce traitement partial doit visiblement convenir à une grande partie de vos auditeurs. Mais ne faut-il pas s'interroger sur cette course effrénée au populisme ? »

« J'ai été choqué par le contenu, dans la mesure où votre journaliste a totalement "aligné" son commentaire sur les thèses de la famille Traoré, sans aucun bémol journalistique » 
« L’entrée en matière des infos de ce matin ne laisse planer aucun doute sur votre conviction que la famille Traoré est la représentante légitime à vos yeux de ceux qui luttent contre les violences policières, elles-mêmes avérées. Disons que cette présentation manque pour le moins de nuance et de recul. Le fait que cette famille se soit illustrée par plusieurs de ses membres, par la participation à des trafics et des refus d’obtempérer n’appelle aucune nuance de votre part. » 

Un auditeur risque même ce parallèle : « Comme à la fin du 19e aujourd'hui la France est divisée non plus en dreyfusard et antidreyfusard mais en traoriste et antitraoriste ».  

Nous reviendrons sur ce traitement éditorial avec Delphine Gotchaux, chef du service police-justice de Franceinfo demain samedi 20 juin, à 11H50, dans le rendez-vous de la médiatrice. 

Quant à France Culture, des auditeurs n’ont pas compris la rediffusion de l’émission « Assa Traoré : une femme puissante » datant de 2017 : « Je suis auditrice de France Culture depuis 20 ans et j’aime particulièrement l’émission « Les pieds sur Terre ». Je viens d’écouter l’émission « Assa Traoré » et je suis stupéfaite d’entendre tout cela. Votre émission, généralement neutre, laisse parler une femme qui dissimule la vérité, au profit de son frère malheureusement mort. Vous rediffusez cette émission tout en surfant sur l’actualité déjà bien brûlante, dans un climat social tout aussi brûlant. » 
"Il y a un homme qui est mort, c'est terrible et je comprends la douleur d'une famille"
, a indiqué, à propos de l'affaire Adama Traoré, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, invité mardi sur France Inter, mais "instrumentaliser cette douleur pour essayer de durcir les rapports sociaux, pour que l'on puisse en France, racialiser les rapports sociaux, c'est l'inverse du modèle républicain. Ça n'a rien à voir avec le combat antiraciste traditionnel”. 


« Racialisé »  

Dans la bouche des personnalités politiques ou des journalistes, l’emploi, de plus en plus fréquent, du terme « racialisé » choque des auditeurs et des internautes, nous l’avions déjà évoqué dans la Lettre du vendredi 29 mai
Cette semaine, un auditeur nous écrit : « Je suis très choqué par le traitement du thème du racisme. L'usage du terme "racialisé", très marqué idéologiquement me choque beaucoup. Je suis moi-même considéré par vos journalistes comme "racialisé" (d'origine maghrébine) mais je ne me définis pas comme ça, et je trouve ce terme néo-colonialiste et victimaire.  
Sur les invités eux-mêmes, beaucoup viennent défendre et justifier ces termes, ces approches, voir justifier les déboulonnages des statues en radio ou dans des articles sur votre site. Cette séquence arrive à la suite d'une antenne ouverte pour les défenseurs des ateliers non-mixtes (en prenant comme référence les ateliers féministes non-mixtes). J'ai vraiment honte pour le service public, et je trouve que votre approche alimente le racisme. Ne croyez pas vous préserver de vos lacunes en termes de diversité. Vos présentatrices et présentateurs sont en grande majorité "blancs", bien loin des leçons données. » 

D’où vient le terme « racialisé » ? Quelle utilisation en est faite ?  L’utilisation de ce terme est parfois critiquée, sur quoi se fondent ces critiques ? L’emploi par les journalistes est-il le signe d’une prise position politique ? Iannis Roder, agrégé d’histoire, répond à toutes ces questions. Son interview est à lire ici
 

Kemi Seba activiste controversé, panafricaniste 

C’est dans ce contexte que l’on a entendu sur les antennes, mardi matin, un reportage réalisé à Abidjan en Côte d’Ivoire, ancienne colonie française où les noms des rues posent problème. La journaliste rappelle qu’« à Abidjan, des dizaines de rues portent le nom de colons ou néo-colons, comme les appelle Kemi Seba. Fin mai, cet activiste panafricain franco-béninois a lancé un appel aux Africains depuis Cotonou. Il leur demande de décoloniser l’espace public et promet même une bourse de 10 000 euros à celui qui débaptisera le plus de rues d’ici le 5 août. ».  

Réactions immédiates d’auditeurs des différentes antennes : « Kemi Seba simplement présenté comme un militant panafricain. A l’occasion de son intervention il a mentionné la « République Maçonnique Française ». La présentation trompeuse de M. Kemi Seba omet de rappeler ses prises de position extrêmes et racistes, son rôle de dirigeant ou de porte-parole d’associations haineuses et violentes par ailleurs dissoutes pour incitations à la haine raciale. ». Kemi Seba est en effet un activiste controversé, essayiste franco-béninois panafricaniste et anticolonialiste.   

Ce que Kemi Seba « exprime au sujet de la France représente un vrai courant de pensée dans cette partie de l’Afrique », rappelle Jean-Marc Four, directeur de l’information internationale de Radio France, dans sa réponse aux auditeurs. Il ajoute qu’effectivement: « Kemi Seba est plus qu'un simple activiste, et ses prises de position antisémites et extrémistes auraient dû être rappelées. Il y a de fait eu un souci de vérification et de relecture du sujet avant diffusion sur ce point et c’est tout à fait regrettable. » La mise au point est à lire ici. Pour rendre compte de la portée du phénomène, la correspondante décrit au début de son reportage une vidéo tournée de nuit dans les rues d’Abidjan où l’on voit de jeunes hommes taguer des panneaux dans les rues de la ville.  
« Le Boulevard Valery Giscard d’Estaing, l’un des plus grandes artères la ville, est rebaptisée Thomas Sankara, ancien président panafricain du Burkina-Faso assassiné », « le pont De Gaulle devient le pont Biaka Boda , un sénateur militant de la Libération de la Côte- d’Ivoire qui a été assassiné ».  

Le Général de Gaulle au cœur d’une toute autre actualité, ce jeudi, en France et en Angleterre.  


À chaque époque ses personnages 

À l’occasion du 80ème anniversaire de l’appel du 18 juin, France Inter a consacré jeudi son antenne au Général de Gaulle, à ce qu’il fut et ce qu’il représente aujourd’hui encore aux yeux du public et d’une majorité de la classe politique qui se revendique gaulliste.  
Tout au long de la journée, l’homme, le militaire et le politique qui a marqué le XXe siècle a été évoqué à travers des archives, des reportages en France, à l’étranger, et avec des invités lors de débats. De son côté, Franceinfo suivait la commémoration de l’appel du 18 juin avec les cérémonies en France et au Royaume-Uni.  
France Culture a également consacré des chroniques et des émissions à l’appel du 18 juin. Tous les liens de ces émissions sont à retrouver dans cette Lettre, ainsi que les messages des auditeurs : 
« Merci pour cet entretien, dans la matinale de France Inter, comme toujours intéressant, drôle un peu, professionnel, et le délicieux accent anglais de Mr Jackson. Inviter un historien anglais pour parler de Charles de Gaulle, j'adore l’idée. »
« Je suis un vieux pied-noir. J'avais 9 ans quand, le 17 juin 1940, Pétain proclamait : « Je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. » Le lendemain, de Gaulle répondait : « ...rien n'est perdu... j'invite les officiers et les soldats français... à se mettre en rapport avec moi. ». J’ai eu alors deux patries pendant cinq ans : la France de Vichy, et la France Libre. 
18 ans plus tard, j'étais sous-lieutenant dans ma ville natale, Mostaganem. J'ai fait présenter les armes par ma section à de Gaulle, qui est passé devant moi avant d'aller prononcer un discours qu'il a conclu par : « Vive l'Algérie française ! ». (…) Les hommes politiques qui nous gouvernent déterminent-ils l'avenir ? Je crois pour ma part qu'ils chevauchent le cours des événements en tentant de le guider vers la direction qu'ils croient la meilleure, mais ils tiennent quelquefois les rênes d'un destin sauvage qui les entraîne où ils ne voulaient pas aller, aboutissement qu'ils se croient obligés ensuite de cautionner pour ne pas perdre la face. » 

« Un homme exceptionnel ! Avec du recul, on se rend compte du trou abyssal entre les politiques du 21e siècle et Charles de Gaulle. De Gaulle, c'est une France forte, moderne, indépendante avec des hommes politiques qui ont pour seul objectif l'intérêt national et celui du peuple français » 

En 2020, le Général de Gaulle est toujours une référence. Cet été, avec des acteurs de la vie politique d’aujourd’hui, des historiens, des archives de l’époque, le journaliste Thomas Legrand propose d’explorer ce qu’il reste de pertinent dans le gaullisme et ce qui est obsolète 50 ans après sa mort.  
« De son vivant, on avait l’habitude de dire « tout le monde est, a été, ou sera gaulliste ». Aujourd’hui, c’est plus simple…tout le monde est gaulliste », observe l’éditorialiste de France Inter, à suivre chaque dimanche à 13h20 à partir du 28 juin.  


La radio au service de l’Histoire 

"A 49 ans, j'entrais dans l'aventure, comme un homme que le destin jetait hors de toutes les séries". Ainsi parle, dans ses "Mémoires de guerre", celui qui donnait naissance ce 18 juin 1940 à la France libre, un général de brigade peu connu : Charles de Gaulle. 

Quand il débarque à Londres le 17 juin, cet éphémère sous-secrétaire d'Etat à la guerre d'un gouvernement démissionnaire se voit "seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendrait traverser à la nage". 
Le 18, en fin de journée, il se rend dans le studio du service français de la BBC. Là, un technicien lui demande de faire un essai de voix. Il dit : "La France". Ayant reçu le feu vert, de Gaulle se met à parler. 
L'Appel n'a pas été enregistré mais simplement envoyé aux archives de la BBC où un inconnu y a mis un titre de son cru : "La France reste dans la guerre". Il l'a aussi frappé d'un tampon, "no fee", indiquant que de Gaulle n'a pas touché de cachet pour sa "prestation". 
Les enregistrements n'étaient alors pas fréquents et la BBC ne disposait que de 5 ou 6 disques, en cire, qu'il fallait, par exemple ce 18 au matin, consacrer à la reproduction du discours de Churchill aux Communes. 
Même si la BBC disposait d'émetteurs très puissants, qui à cette époque avaient la valeur de véritables corps d'armée, l'Appel de de Gaulle est peu entendu. 
Des journaux, à Lyon et Marseille notamment, en publient quelques extraits mais il n'en demeure pas moins qu'en cette fin juin, de Gaulle est un homme seul. 
Dix ans plus tard, il écrira dans ses "Mémoires de guerre" : "Devant le vide effrayant du renoncement général, ma mission m'apparut, d'un seul coup, claire et terrible. En ce moment, le pire de son histoire, c'était à moi d'assumer la France".  

Le Général de Gaulle a-t-il lu ou vu « Autant en emporte le vent » ?… Si oui, ce propos de l’un des personnages de Margaret Mitchell a peut-être trouvé en lui un écho particulier :
« Pourtant, permettez à un inconnu de vous dire, pour vous consoler, que mourir pour son pays, c’est vivre éternellement. »  


Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 12 au 19 juin 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- L'affaire Traoré
2- Le traitement éditorial de la police 
3- Racisme, anti-racisme, "racialisé", interview sur l'usage du terme "Racialisé"
4- Kemi Séba
5- "Autant en emporte le vent"
6- Commémoration de l'appel du 18 juin 1940
7- Pêle-Mêle de remarques des auditeurs

8- L'école
9- Remède à la mélancolie
10- Merci aux équipes de Radio France

11- Coup de coeur des auditeurs : la chronique de Frédérick Sigrist
12- Langue Française et le sens des mots "Province" et "Région" avec le linguiste Bernard Cerquiglini 

L'AFFAIRE TRAORÉ

Messages d'auditeurs
« Pour faire court dans ma réaction : je m’interroge depuis quelque temps sur l’impartialité du traitement des informations par vos journalistes. Débutée avec les « Gilets jaunes » cette partialité s’accentue au fur et à mesure des différents évènements. Le dernier en date est bien évidemment le traitement de « l’affaire Traoré ». On n’entend sur vos antennes uniquement les réactions de sa sœur Assa ! Pour que vos auditeurs puissent se faire une idée objective de ce traitement, ne faudrait-il pas en premier lieu que les journalistes évoquent aussi et de façon équilibrée l’ensemble de l’avis des différents protagonistes. 
Ce traitement partial doit visiblement convenir à une grande partie de vos auditeurs. Mais ne faut-il pas s’interroger sur cette course effrénée au populisme ? » (Radio France)

« Est-il convenable et opportun de diffuser en le mettant en valeur comme un document unique, un entretien d’Assa Traoré avec une journaliste qui va totalement dans son sens et omet notamment de mentionner les diverses inculpations qui pèsent sur certains membres de cette famille. Et sur les propos factieux qu’elle-même a tenus en 2018, en particulier ses appels à prendre l’Elysée « comme cela se fait en Afrique » dit-elle (connait-elle vraiment l’Afrique ?). Dans le climat actuel, je suis choqué que de tels reportages soient diffusés sans mise en contexte ou distance. » (France Culture)
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LE TRAITEMENT ÉDITORIAL DE LA POLICE 

Messages d'auditeurs
« Votre parti-pris « anti-flic » est manifeste et devient caricatural. Comment faire confiance à des chaînes d’information qui font preuve d’une telle partialité ? Vous ne voulez pas nous informer mais nous amener insidieusement à partager votre vue des choses, voire votre idéologie. C’est intolérable. » (Franceinfo)

Nous reviendrons sur ce traitement éditorial avec Delphine Gotchaux, chef du service police-justice de Franceinfo demain samedi 20 juin, à 11H50, dans le rendez-vous de la médiatrice. ​​​​​​​

« Je me permets de vous écrire concernant votre ligne éditoriale ainsi que celle des médias à l’heure actuelle. Leur acharnement sur la police avec cette révélation de réseaux sociaux sans montrer l’autre facette des choses, ne peut qu’inciter à la haine et à la dissolution du lien social. Monter en exergue quelques exemples bien évidemment dissonants et ne parler que de ça, laisse croire que l’ensemble de la police se reconnaît derrière ces propos. Ce qui est totalement faux. Par ailleurs, cet acharnement est parfaitement injuste car les policiers de leur côté n’ont aucun droit de prise de parole pour raconter ce qu’ils vivent au quotidien et Lors des manifestations. Je ne suis pas moi-même concernée mais ma fille a des amis, jeunes, sincères et auparavant extrêmement motivés, avec qui je me suis entretenue de façon confidentielle. Et leurs propos sont terribles. Personne ne sait que la police reçoit des bombes de merde sur la tête ou des cocktails Molotov avec des clous, et toutes sortes d’actes extrêmement violents et humiliants, sans compter les insultes constantes qu’ils entendent. Rappelons-nous que la police est là pour protéger les citoyens et l’ordre de la société : il ne faudrait pas se tromper d’ennemis…
Merci d’en tenir compte dans vos conférences de rédaction et de ne pas sombrer dans le sensationnel. Merci de montrer aussi ce qui se fait de bien dans le monde, de gestes et d’actions qui réunissent, et effacent le racisme. Cela existe partout autour de nous.
Une auditrice par ailleurs passionnée de vos émissions de grande qualité : La Terre au carré, Grand bien vous fasse, Ça ne peut pas faire de mal, Co2 mon amour, Le Masque, Géopolitique, Carnets de campagne… »
(France Inter)


« Est-il convenable et opportun de diffuser en le mettant en valeur comme un document unique, un entretien avec Assa Traoré avec une journaliste qui va totalement dans son sens et omet notamment de mentionner les diverses inculpations qui pèsent sur certains membres de cette famille. Et sur les propos factieux qu'elle-même a tenus en 2018, en particulier ses appels à prendre l'Elysée "comme cela se fait en Afrique" dit-elle (connait-elle vraiment l'Afrique ?). Dans le climat actuel, je suis choqué que de tels reportages soient diffusés sans mise en contexte ou distance. » (France Culture)
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RACISME, ANTI-RACISME, "RACIALISÉ"

​​​​​​​Message d'auditeur
« Je suis très choqué par le traitement du thème du racisme. 
L'usage du terme "racialisé", très marqué idéologiquement me choque beaucoup. Je suis moi-même considéré par vos journalistes comme "racialisé" (d'origine maghrébine) mais je ne me définis pas comme ça, et je trouve ce terme néo-colonialiste et victimaire. 
Sur les invités eux-mêmes, beaucoup viennent défendre et justifier ces termes, ces approches, voir justifier les déboulonnages des statues en radio ou dans des articles sur votre site). 
Cette séquence arrive à la suite d'une antenne ouverte pour les défenseurs des ateliers non-mixtes (en prenant comme référence les ateliers féministes non-mixtes). 
J'ai vraiment honte pour le service public, et je trouve que votre approche alimente le racisme. 
Ne croyez pas vous préserver de vos lacunes en terme de diversité (vos journalistes sont en grande majorité "blancs", bien loin des leçons données).  »
(France Inter)
Le terme "Racialisé", réponse de Iannis Roder​​​​​​​

D’où vient le terme « racialisé » ? Quelle utilisation en est faite ?  L’utilisation de ce terme est parfois critiquée, sur quoi se fondent ces critiques ? L’emploi par les journalistes est-il le signe d’une prise position politique ? 
Agrégé d’histoire, auteur de « Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse » aux éditions Odile Jacob 2020, Iannis Roder répond aux questions d'Emmanuelle Daviet. 

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KEMI SEBA

La diffusion d’un reportage donnant la parole à Kémi Séba sur les antennes le 16 juin 2020 a fait réagir les auditeurs. Jean-Marc Four, Directeur de l’information internationale de Radio France, répond dans cette Lettre. 

Messages d'auditeurs
« Dans les journaux de 8 h de France Inter et France Culture du mardi 16 juin, la parole a été laissée sans filtre à Kémi Séba, présenté complaisamment comme activiste panafricain franco-béninois. Ce sinistre personnage aux projet antisémite et ethno-différencialiste a été condamné à plusieurs reprises pour faits de violence et son organisation a été dissoute.  
Était-il opportun de tendre le micro à Kémi Séba ?  
Votre journaliste ne pouvait-elle faire une rapide recherche pour savoir à qui elle donnait ainsi une telle audience ?  
N’a-t-elle aucune référence pour ne pas entendre quelque chose de nauséabond dans le discours tenu par Kémi Séba sur vos antennes ? Je cite : « la république maçonnique française » ?  
Personne dans la préparation de cette séquence n’a été interpellé par le choix de l’intervenant et par son propos complotiste ?  
Merci de faire preuve de discernement dans le choix des personnes interrogées. Merci de renouer avec un travail de base de recherche journalistique. Merci de promouvoir la culture générale auprès de vos équipes afin de les armer pour déceler les propos tendancieux dans une époque où les fascistes et complotistes avancent masqués. »
(France Inter et France Culture)

« Je suis sidéré d’avoir entendu dans le journal de 8h de ce 16 juin une présentation incomplète et extrêmement problématique de Kemi Seba, comme militant panafricain. Seba a été condamné en France par la justice à plusieurs reprises pour antisémitisme et incitation à la haine raciale, il s’est affiché avec l’extrême-droite la plus radicale en France. Comment ne pas, à minima, le préciser dans un sujet qui parle de lui ? Cette amnésie est dangereuse. Je suppose par ailleurs qu’il existe mille autres militants panafricains qui n’ont, eux, jamais été antisémites. » (France Culture)

« Il n'est pas dans nos habitudes de vous écrire, mais cela nous semble important cette fois. L'un des sujets du journal de 8h de France Inter du 16 juin concernait la remise en cause des noms des rues à Abidjan. C'est un beau sujet, et nous sommes heureux que la rédaction s'en empare. Il a cependant été question, dans ce même sujet, de l'appel de Kémi Seba à décoloniser l'espace public, et ce sans qu'aucun détail soit donné sur cet homme présenté simplement comme un "activiste panafricain franco-béninois". Une de ses prises de parole a alors été diffusée. Elle commençait par: "Lorsque l'oligarchie française, la République maçonique française…". Nous ne remettons pas en cause le fait de parler de Kémi Séba. Nous avons par ailleurs une sympathie certaine pour ce mouvement transnational qui pointe du doigt l'empreinte du colonialisme sur les récits nationaux. À l'heure où les théories du complot ont de plus en plus de succès, nous nous inquiétons cependant du fait que Kémi Séba puisse passer pour un simple activiste panafricain alors qu'il est aussi un antisémite notoire et un militant d'extrême droite. Nous nous étonnons également que ses propos puissent être diffusés sans être commentés: "la République maçonnique"! On croirait entendre Charles Maurras…  En France, beaucoup de militants et de militantes de la cause Noire ne veulent rien avoir à faire avec Kémi Séba (nous pensons par exemple au CRAN). Nous ne savons pas quelle est la situation en Côte d'Ivoire, mais il nous semble que le lien fait entre celles et ceux qui débaptisent les rues d'Abidjan et Kémi Séba reste à prouver. Quoiqu'il arrive, une mise au point nous paraît nécessaire dans le prochain journal, d'autant plus qu'il s'agit du journal radiophonique le plus écouté de France. » (France Inter)

Jean-Marc Four, Directeur de l’information internationale de Radio France, vous répond :

"Chers auditeurs,

La façon dont Kemi Seba était présenté, introduit, dans le reportage, pose problème et c’est une erreur de notre part.
Le problème n’est pas tant de lui donner la parole, ce qu’il exprime au sujet de la France représente un vrai courant de pensée dans cette partie de l’Afrique. Son propos peut déranger mais ne nous semble pas poser non plus problème en soi, il est libre de s’exprimer tant que son propos n’est pas diffamatoire et ne tombe pas sous le coup de la loi.
En revanche, la façon dont l’extrait sonore était introduit, pose en effet souci. Il aurait fallu replacer ces propos dans leur contexte plus large, expliquer en effet que Kemi Seba est plus qu’un simple activiste, et ses prises de position antisémites et extrémistes auraient dû être rappelées. Il y a de fait eu un souci de vérification et de relecture du sujet avant diffusion sur ce point et c’est tout à fait regrettable.
La mise au point effectuée sur l’antenne de France Culture était donc indispensable et elle a heureusement été effectuée.

Merci en tous cas de votre vigilance et de votre exigence

Jean-Marc Four, Directeur de l’information internationale de Radio France
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"AUTANT EN EMPORTE LE VENT"

Le mouvement "Black lives matter", relancé après la mort de George Floyd aux Etats-Unis, atteint également l’univers du cinéma. Le Grand Rex, la célèbre salle parisienne, a annoncé l'annulation d'une projection d’"Autant en emporte le vent", à la demande du studio américain Warner, en raison d'une polémique sur le film, au motif qu'il "dépeint des préjugés racistes qui étaient communs dans la société américaine ». Outre le film, le roman est également au coeur de l’actualité. Il reparaît notamment dans une nouvelle traduction. Les critiques du "Masque et la Plume" ont plongé dans ce roman-fleuve et les fidèles de l’émission ont écrit. 

Messages d'auditeurs
« Bonjour le Masque ! Tout à fait d’accord avec Jean-Claude Raspiengeas au sujet d’"Autant en emporte le vent". Le racisme et le traitement des noirs et des esclaves n’est pas le fait de Margaret Mitchell mais de la représentation d’une époque. J’ai lu le livre jeune adulte il y a longtemps et je trouve que l’on voit de l’intérieur comment toute cette société était construite et pour la conservation de laquelle ceux qui y règnent sont en guerre. Dit-on d’un ouvrage représentant des serfs au moyen-âge qu’il est pro-esclavagiste ? Le personnage de Scarlett est insupportable mais si vrai dans ses atermoiements amoureux et ses coups de tête, dans ses actions et son courage et aussi dans son non-désir de maternité ! Non, elle n’est pas aimable comme une amie et la fin n’est pas heureuse mais c’est un grand roman que je conseille à tous ! » (France Inter)

« Au sujet d’"Autant en emporte le vent", je reprocherais à vos critiques (sauf Patricia Martin), une indignation conjoncturelle contre ce roman ancré dans une époque pendant laquelle a basculé l’économie du sud des USA, liée à l’esclavage. Ne la regardons pas à l’aune des problèmes raciaux actuels. L’exploitation des uns au profit d’une petite minorité a encore de beaux jours devant elle, même après l’abolition de l’esclavage. Ne débinons pas Scarlett, personnage merveilleux, poignant par son désir de lutter contre le vent de l’histoire qui a déclassé sa famille. C’est ce désir qui porte Scarlett et en fait un personnage hors du temps. Il faut inciter tous ceux qui ne l’ont pas encore lu à se plonger dans ce roman inégalé.  » (France Inter)
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COMMÉMORATION DE L'APPEL DU 18 JUIN 1940

Le 18 juin 1940, le Général de Gaulle appelait les Français à résister et à le rejoindre à Londres dans un discours retransmis à la BBC. Les rédactions et programmes de  France Inter, Franceinfo et France Culture se sont mobilisés pour rendre compte de cette commémoration du 18 juin.

Messages d'auditeurs
« C'est la moindre des choses que de rendre hommage au Général de Gaulle. Ils n'étaient pas si nombreux les Français en 1940 qui ont préféré l'honneur, le sens de la Patrie et de la Liberté. Nous leur devons notre liberté d'aujourd'hui.  » (France Inter)

« Merci pour cet entretien, dans la matinale de France Inter, comme toujours intéressant, drôle un peu, professionnel, et le délicieux accent anglais de Mr Jackson. Inviter un historien anglais pour parler de Charles de Gaulle, j'adore l'idée. Vous mettez tous les sujets que vous abordez à notre portée et ça c'est essentiel. » (France Inter)

« Cet homme est un héros et ceux et celles qui l'ont suivi aussi. Merci à eux. Des membres de ma famille y compris...Même si certains lui ont dit non plus tard. Mais c'est une autre histoire (1958 et 1962)...Les férus d'histoire comprendront. » (France Inter)
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PÊLE-MÊLE

Nous vous proposons dans « Pêle-mêle » une sélection de messages d’auditeurs : réactions sur l’actualité, avis sur des émissions, remarques sur les antennes, opinions sur les lignes éditoriales, points de vue sur les angles choisis dans des reportages ou des articles publiés sur les sites. 

Retrouvez ici des messages concernant :
•   Les violences à Dijon 
•   La manifestation des soignants du 16 juin

•   Sibeth Ndiaye, invitée de la matinale de France Inter
•   Thomas Piketty, invité du 7h50 de France Inter
•   Le Puy du Fou  
•   L'enquête IFOP sur la peur du déconfinement
•   L’Amérique, un continent 

•   Réouverture de la frontière Irlandaise 
•   La dimension "nationale" sur les antennes 
•   Divers
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L'ÉCOLE

Messages d'auditeurs
« Ce midi (lundi 15 juin) le flash d'info indiquait que pour la reprise des classes c'en était fini avec les 4m² par personne, qu'on devait simplement laisser un mètre devant et sur le côté... ce qui correspond exactement au calcul des 4m²... ! Enfin... moi... c'est ce que je comprends... » (France Inter)

« Ce matin, mardi 16 juin 2020, dans le journal en parlant du message de M. Blanquer aux enseignants, les appelant à "retourner en classe", vous avez (le journaliste) parlé de "fermeté" du ministre. Cela insinue que notre ministre (je suis enseignante) rappellerait à l'ordre des professeurs fumistes et démissionnaires qui refuseraient de revenir dans les établissements. Comment osez-vous contribuer à ces attaques contre le corps enseignant, alors qu'il faut le rappeler : sauf raison médicale (et il y a beaucoup de professeurs vieillissants et en mauvaise santé), les professeurs qui ne sont pas revenus en classe ne sont pas revenus parce qu'ils n'avaient pas d'élèves à accueillir : nous avons réduit les groupes classes, la rentrée s'est fait sur la base du volontariat, les différentes niveaux sont accueillis à tour de rôle dans les établissements, nous accueillons donc aux horaires qu'on nous assigne les élèves qui veulent bien venir, et évidemment, nous ne sommes pas tous en présence face aux élèves. Mais le travail à distance continue, et les conseils de classe, et les jurys d'examens, et la préparation de la rentrée prochaine, etc. Je suis vraiment choquée et dépitée que votre radio cède à cette vague du "prof bashing", cela confirme le ton lénifiant et populiste que prennent trop souvent vos éditions du journal. Cordialement, malgré tout. 
Une enseignante en collège et lycée, revenue devant les élèves depuis le lundi 18 mai, et panachant depuis son enseignement entre distance et présence. »
(France Inter)
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REMÈDE À LA MÉLANCOLIE

Suspendue pendant le confinement, les auditeurs attendaient le retour de l’émission « Remède à la mélancolie » sur France Inter. Il nous ont écrit et Yann Chouquet, directeur des programmes de France Inter leur répond.
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Messages d'auditeurs

« Je suis étonné de ne plus écouter en direct l’excellente émission Remède à la mélancolie. Cette dernière propose une parole émue et sensible qui aurait trouvé une résonance toute particulière dans cette période bouleversante que la majorité d’entre nous avons vécu et vivons encore. » (France Inter)

« Auditrice assidue de l’excellente émission « Remède à la Mélancolie » d’Eva Bester, je m’étonne de ne plus l’entendre et m’en inquiète. Le confinement est passé par là chamboulant les programmes et depuis…plus rien. 
J’espère tout d’abord que son animatrice se porte bien et s’il y a eu quelque annonce m’excuse de venir ainsi vers vous. 
Mais c’est une émission sensible, et en ces temps chahutés, qui nous serait du plus grand réconfort. »
(France Inter)

Yann Chouquet, directeur des programmes de France Inter, vous répond :  

"Bonjour, 
L’émission « Remède à la mélancolie » sera rediffusée cet été quotidiennement du Lundi au Vendredi entre 16h et 17h sur France Inter et reviendra pour de nouvelles aventures dès la rentrée à 10h du matin le dimanche. 

Cordialement, 

Yann Chouquet, directeur des programmes de France Inter
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MERCI AUX ÉQUIPES DE RADIO FRANCE

Messages d'auditeurs
« Que dure toujours l’émission des Lumières dans la nuit avec Édouard Baer ! L’émission qui unit Les hommes de toutes cultures. » (France Inter)

« Avec mon épouse, nous sommes auditeurs de France Culture. Nous y sommes attachés, certaines émissions sont des bijoux d’intelligence. Certaines présentatrices et certains présentateurs sont attachants. Celles de « La Grande table » ou « Des Pieds sur terre » en sont deux exemples. » (France Culture)
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COUP DE CŒUR DES AUDITEURS : 
LA CHRONIQUE DE FRÉDÉRICK SIGRIST

Coup de coeur des auditeurs cette semaine pour la chronique de Frédérick Sigrist "Merci les profs !" dans La Bande Originale du 17 juin sur le métier de professeur.

Messages d'auditeurs
« Merci à Frédérick Sigrist dans La Bande Originale pour son petit billet sur le métier de prof, ça fait chaud au cœur pour une fois d’entendre dire qu’on n’est pas tous des feignants ! Une maîtresse de CP qui aime son métier et qui bosse ! » (France Inter)

« Je suis dirlo d’école à Reims, l’autre soir (vendredi), je rentre ma C4 au garage pour la nuit, vers 23 heures (une soirée de folie : je viens juste de finaliser pour la douze millième fois comment accueillir nos élèves, après avoir rassuré une bonne dizaine de parents, après avoir tenté de faire au mieux face à des collègues qui ont fait plus que leur boulot, qui craquent, qui pleurent, je n’avais jamais vu ça)… 
Quand je démarre le moteur, en même temps, il y a France Inter qui démarre, normal, comme d’habitude. Et là (pas de bol) j’entends parler de profs décrocheurs, les 5%, et tout et tout… Je passe à autre chose : ma famille, ma chérie. 
Et ce mercredi midi, avant de garer ma C4 sur le parking de Carrefour, j’entends le début de la chronique de Frédérick Sigrist et je l’écoute jusqu’à la fin. 
Et là, je te dis, chère radio : Merci ! 
Ma C4 restera calée sur France Inter (mais s’en est fallu de peu). 
» (France Inter)
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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

« Moins pire »
"Je suis un de vos auditeurs fidèles, notamment de France info le matin. Une faute de français choquante se répand sur vos ondes alors qu’on qu’il y a une volonté des locuteurs de s’exprimer dans un français correct. On entend très souvent « moins pire » qui est une faute. Je l’ai encore entendu ce matin dans une chronique concernant l’entreprise Salomon qui fait des skis. Ce n’était pas une personne interrogée mais un journaliste, ça fait mal aux oreilles."

« Aborigènes » et « arborigènes »
"Il me semble qu’il ne serait pas inutile de rappeler aux journalistes intervenant à l’antenne, voire aux autres également, que les habitants originaux de l’Australie s’appellent les « ABORIGÈNES » et non des « ARBORIGÈNES »."

Voici ce que dit l’Académie française à propos du mot « arborigène » :
« L’adjectif et nom aborigène a été emprunté, sous l’influence d’indigène, du latin aborigines, qui désignait les premiers habitants du Latium, qui y vivaient ab origine, « depuis leur origine ». Aborigène, souvent employé au pluriel, désigne les premiers habitants d’un pays, en particulier ceux de l’Australie, par opposition à ceux qui vinrent s’y établir plus tard. C’est un synonyme d’autochtone, un mot d’origine grecque signifiant proprement « issu du sol même », et d’indigène.
Mais comme les représentations que nous nous faisons de nos plus lointains ancêtres ne sont pas toujours nettes ou exactes, il arrive fréquemment qu’on se les figure vivant ou se réfugiant dans des arbres. De cette image, et par souci de cohérence avec elle, on tire parfois la forme arborigène, étonnant mélange d’aborigène et d’arboricole. Création ingénieuse, certes, mais qui n’en reste pas moins fautive. »


« À l’autre bout du monde »
"Il ne se passe pas un jour sans entendre  « À l’autre bout du monde » ou « Au quatre coins du monde ». C’est agaçant. Je reste persuadé que la terre est ronde et ne peut avoir ni bout ni coin."

« Province » et « régions »
"Serait-il possible que la présentatrice du journal emploie le terme de « régions » et non « province » (terre vaincue) qui établit une hiérarchie entre Paris et les autres territoires nationaux ? De même qu’on fait du racisme inconscient à questionner une personne noire sur ses origines, il y a là aussi une forme de racisme inconscient."

"Je voudrais attirer votre attention sur le mot « province » que vous employez souvent,  « les grandes villes de province », cela est choquant, nous ne voulons plus être appelé « province », radio France n’est pas radio Paris, et France inter n’est pas Paris inter, et nous sommes ici en Auvergne, comme vous en France, dans toute sa diversité et sa richesse, comme vous nous payons nos impôts, ce ne sont pas des impôts de « provinciaux », mot qui désigne dans la culture Française souvent les arriérés, les gens des campagnes un peu en retard….Je suis fils de résistant, petit-fils de soldat de 14, et ma famille ne sait pas battu en « provinciaux », pour défendre la « province », ils se sont battus pour la France tout simplement. J’ai été élevé (il y a longtemps...) dans cette vision unitaire de notre beau pays. Vous pouvez dire région, nommer ces villes (ce qui serait la moindre des choses), aussi nommer les régions, donner un peu plus de d’attention à ce qui n’est pas Paris. Province et provinciaux (son corollaire) est un mot blessant, méprisant, et je voudrais juste que vous le sachiez."

Article
"PROVINCE" OU "RÉGION" ? BERNARD CERQUIGLINI 
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Bernard Cerquiglini, Professeur des Universités, Recteur honoraire de l'Agence universitaire de la Francophonie, Ancien Délégué général à la langue française et aux langues de France, Membre de l'Académie royale de Belgique, explique le sens des mots.
LIRE

Franglais
"Résident en milieu allophone, j’éprouve des difficultés à lire du franglais sur le site Franceinfo. Le titre : Vrai ou Fake, devrait être remplacé par : intox. 
Autre remarque : Le Live. Est-ce que cela ne pourrait-il pas être changé pour simplement : Le direct ? "


"Encore des « cleustères » et des « cohouorkïngues » (co-working, et en français : collaboration, espace de travail partagé) et des « processes »…"

Distanciation physique
" Quand allez-vous diffuser une information qui ne nous divise pas ? Une barrière c’est une rupture de lien avec autrui, ainsi chaque geste devrait l’être ? une distance sociale, c’est une distance de communication et donc de vie, et non une distance physique, de nature sanitaire et alors protectrice est-ce que vous pouvez faire en sorte de diffuser ces nuances dans vos propos du quotidien ? Je suis chef de service en protection de l’enfance et je pense que ces messages utilisés de gestes barrières et de distance sociale sont de nature à division sociale, si cela vous intéresse je peux témoigner."
 À lire, plus de messages sur la langue française


Vidéo
JEAN LEBRUN ET LES AUDITEURS 
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Jean Lebrun, producteur de "La Marche de l’Histoire" sur France Inter, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?


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Vidéo
HERVÉ GARDETTE ET LES AUDITEURS
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Hervé Gardette, Producteur de la chronique "La Transition" et de "Politique !" sur France Culture, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
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[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 20 juin sur franceinfo : "Le traitement éditorial des violences policières, l’affaire Adama Traoré, les violences à Dijon". Pour en parler, Emmanuelle Daviet reçoit Delphine Gotchaux, Cheffe du service police/justice de Franceinfo.


Le travail de la rédaction internationale de Radio France pendant la pandémie Covid19

Jean-Marc Four, directeur de la rédaction internationale de Radio France est au micro de la médiatrice Emmanuelle Daviet pour en parler.​​​​​​​

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