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# 12 - Mars 2019
LE MOT DE LA MÉDIATRICE
Faire tomber les fantasmes et les préjugés
Le Président de la première puissance économique mondiale qualifie la presse d’ « ennemie du peuple », fait huer les journalistes et refuse de répondre à certaines questions en conférence de presse. Avec un éventail qui ne lasse pas son auditoire, il se livre à un matraquage en règle de cette cible de choix : les journalistes, «les personnes les plus malhonnêtes au monde». Sur le vieux continent, la méthode séduit. En observateurs appliqués, nos politiques ne perdent pas une miette de ce match, comptent les points et voient très justement tout le profit qu’ils peuvent tirer d’une hostilité revendiquée à l’égard de la presse. A l’occasion d’un meeting, du passage sur un plateau de télévision, ou sur les antennes, l’un ou l’autre se réapproprient les codes délétères de ce sport sans vainqueurs en se livrant à un psittacisme bas de gamme des frasques langagières du président américain. Ici, le soutien d’un ex-candidat à l’élection présidentielle fait siffler les journalistes, là une présidente de parti , habituée des poses victimaires, légitime internet pour s’informer de manière alternative et y trouver une « autre »information. L’acmé de cette réappropriation des errements trumpiens s’illustrant avec un responsable politique qui aux faits oppose le complot, les officines, et autres tribunaux médiatiques.
Dans les rédactions, on s’interroge, on s’offusque, on s’inquiète. Le complot… Peste contemporaine, « prêt-à-penser » confortable, rassurant et radical. Le complot n’est pas nouveau mais avant l’ère d’internet, les différentes théories qu’il enfantait n’excitaient qu’une minorité. Les réseaux sociaux lui offrent désormais une intensité nouvelle et une audience mondiale. Depuis des années des enseignants et des sociologues ont observé ce phénomène de contamination des esprits et l’ont dénoncé sans être entendus.
Il a fallu les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher et les meurtres des policiers pour que l’on découvre que des élèves remettent en cause les faits en relayant une autre lecture du monde grâce à la grande vitalité des thèses conspirationistes. De nombreux collégiens, lycéens, étudiants, remettent en cause les médias traditionnels, tout comme de plus en plus d’adultes. Ils accordent davantage de crédit à toutes les informations qu’ils glanent sur les réseaux sociaux ou des plateformes, devenus pour beaucoup d’entre eux l’unique source d’informations: Youtube, Snapchat, Instagram, Facebook, Twitter. Or sur ces réseaux le pire côtoie le meilleur. Face à ce magma informationnel, difficile pour un adolescent ou un jeune adulte à qui personne n’a jamais expliqué comment décrypter une information, de ne pas se laisser séduire par des thèses plus ou moins fantaisistes pour comprendre le réel. Les jeunes naviguent entre le vrai et le faux, sans savoir discerner l’un de l’autre et on ne peut leur en faire le reproche. D’où l’écho non négligeable que trouvent auprès de ce public les théories du complot, théories extrêmement séduisantes avec un « prêt-à -décoder » redoutablement efficace. Lors de son dernier discours en tant que président des États-Unis, Barack OBAMA l’a constaté : « Nous sommes prêts à croire n’importe quelle information qu’elle soit vraie ou fausse, pourvu qu’elle conforte nos opinions, au lieu de baser nos opinions sur des faits ».
S’en tenir aux faits, apprendre aux élèves à mieux décrypter les informations, à en comprendre les mécanismes et surtout à développer leur esprit critique face à la multiplication des canaux médiatiques, c’est tout l’enjeu de l’Education aux médias et à l’information (EMI). Il ne s’agit nullement d’aller prêcher la « bonne » parole pour convaincre que la presse est la tenante de la pensée juste. Cette posture serait éminemment prétentieuse et contreproductive. Il s’agit au contraire d’aider l’élève à développer sa capacité de jugement et acquérir une pensée autonome. Etre intellectuellement libre et indépendant.
Au-delà de cette ambition affichée, l’EMI vise également à restaurer de la confiance entre les jeunes et la presse. Actuellement aucun média n’échappe à la méfiance des Français; moins de la moitié d’entre eux juge crédibles les informations relayées par la télévision et les journaux. L’éducation aux médias constitue donc l’un des leviers majeurs pour relever cet immense défi. Le décryptage de l’actualité est un enjeu démocratique, faire de l’Education aux médias est aussi un acte politique et remplit une mission pédagogique capitale : donner aux jeunes esprits en construction les clés d’un savoir citoyen et les repères de la société dans laquelle ils grandissent.
Cette semaine, dans le cadre de la 30ème édition de la semaine de la Presse à l’école , l’ensemble du réseau Radio France a accueilli près de 4000 élèves. Techniciens, producteurs, et journalistes de toutes les antennes se sont mobilisés pour animer des rencontres, des émissions en public et des ateliers radio pour faire découvrir nos métiers, donner la parole à cette jeune génération et susciter le débat sur les mécanismes de l’information.
Mercredi, les élèves d’InterClass’ étaient au micro de France Inter et les auditeurs en redemandent, c’est leur coup de cœur de la semaine. Jeudi, sur Franceinfo, les collégiens ont découvert la magie du direct face à leur ministre Jean-Michel Blanquer qui a confié à leur micro: « Le ministre de l’Education peut faire une erreur de conjugaison. ». Une indulgence que n’ont pas les auditeurs à l’égard des journalistes et producteurs de la Maison si l’on en juge le courrier que l’on reçoit pour signaler différentes erreurs de syntaxe, d’approximations lexicales ou de conjugaisons sur les antennes. Une remarque d’auditeur parmi d’autres : « Pourquoi continuez-vous de parler de violences "en marge" des manifestations des gilets jaunes alors que samedi dernier encore on voit clairement que c'est "au cœur" des défilés des gilets jaunes que cette violence surgit et s'exprime ? (…) Merci donc de parler de la violences des gilets jaunes au cœur des manifestations au lieu de virtuels casseurs en marge des manifestations. ». L’expression « En marge » ? Qu’en pense le lexicologue Jean Pruvost ? Réponse en vidéo dans « Le sens des mots ».
Dans le courrier des auditeurs cette semaine, les Gilets jaunes reviennent en force, en contrepoint de la Marche pour le climat. Egalement au menu : le retrait provisoire de l'antenne Léa Salamé, le grand débat des idées des intellectuels avec Emmanuel Macron à l’Elysée sur France Culture, et Eric Woerth dans « On n’arrête pas l’éco » sur France Inter.
Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes
Voici les dominantes du 15 mars au 22 mars 2019 à retrouver dans les messages des auditeurs ci-dessous :
1- Gilets jaunes et marche pour le climat : retour sur la journée du 16 mars
2- Le retrait provisoire de l'antenne de Léa Salamé
3- Le grand débat des idées : Emmanuel Macron et les intellectuels à l'Élysée
4- Éric Woerth dans "On n'arrête pas l'éco"
GILETS JAUNES ET MARCHE POUR LE CLIMAT : RETOUR SUR LA JOURNÉE DU 16 MARS
GILETS JAUNES
« Vous avez diffusé cet après-midi vers 17 h le témoignage d'un individu qui justifiait les violences commises sur les Champs-Elysées aujourd'hui par les blessures subies ces dernières semaines par les Gilets jaunes. Une radio de votre qualité n'a pas à rendre publiques de telles insanités. Vous n'avez pas à donner la parole à de tels abrutis. Vous avez le devoir d'informer, certes, mais pas en diffusant de tels propos, contraires à la morale, au droit, à la paix publique. Je sais que mon avis ne modifiera en rien vos règles éditoriales, mais s'il pouvait au moins provoquer une interrogation en conférences de rédaction, ce serait déjà une belle avancée. Merci de votre attention. » (Franceinfo)
« Comment se fait-il que les riverains (et les citadins en général) des manifestions violentes des Gilets jaunes soient aussi peu interrogés par vos équipes ? Les commerçants, les hôteliers, les gestionnaires et usagers des services publics et les forces de l'ordre ?
On entend trop souvent des interviews des seuls manifestants et casseurs ...
Comment oser parler de " journée de lutte" pour ce qui s'est passé sur les Champs Elysées ( terme employé par le présentateur du journal !) ?
Jamais un mot ou presque sur les conséquences sociales ( des milliers de salariés au chômage... ) , touristiques et financières de ces actes de vandalisme délibérément répétés , sur l'origine des casseurs et leurs méthodes , leurs relations avec les manifestants , pourquoi ?
L'information sur ce sujet est trop limitée au spectaculaire immédiat, très peu de place pour l'analyse des conséquences sur l'activité économique et l'accroissement de la charge fiscale qui va en résulter pour les français ?
InformationS avec un "S" et ne pas oublier de croiser les sources ! » (France Inter)
LA DIFFÉRENCE DE TRAITEMENT MÉDIATIQUE ENTRE LA MOBILISATION DES GILETS JAUNES ET LA MOBILISATION POUR LE CLIMAT
« Je suis auditrice quotidienne de France Inter et France Culture.
Je participe aux marches pour le climat depuis octobre dernier.
Je m'interroge : Ces deux chaines de radio ont des programmes réguliers sur les problèmes climatiques et l'urgence d'agir.
Ce samedi 16 mars les marches pour le climat ont rassemblé beaucoup de citoyens dont des gilets jaunes venus les rejoindre pour s'assurer du calme. Les revendications de ces marches sont l'urgence climatique et la justice sociale ce qui rejoint certaines des revendications des gilets jaunes.
Pour autant le samedi soir, les marches pour le climat étaient un peu traitées dans les journaux mais dès le lendemain vous n'en parliez plus pour faire une place immense aux casseurs, ce qui n'a pas encore cessé depuis (j'avoue éteindre ma radio de plus en plus )
Je m'étonne et suis même en colère : en parlant quotidiennement des Gilets jaunes et des casseurs, les journalistes, qui sont, me semble-t-il, intelligents et réfléchis et pour lesquels j'ai du respect, les invitent à continuer. On parle d'eux sans cesse, quelle publicité !!!!
Pourquoi cette marche pour le climat du 16 mars qui a été un rassemblement massif est-elle aussi peu relayée par la presse ? Faut il mettre le feu, pour faire la Une de vos journaux d'information ?
J'avoue ne pas comprendre. Merci pour vos éclairages. » (France Inter et France Culture)
« Ma fille de 22 ans, très impliquée sur la question du climat et la sauvegarde de notre planète, se demande, comme beaucoup de jeunes je pense, pourquoi ce sujet impérieux n'est pas évoqué chaque jour sur chaque antenne, chaque média, alors que l'urgence est là ! » (France Inter)
« Je tiens à vous faire part de mon vif mécontentement sur la façon dont la presse radio, et France Info rend compte de l’actualité. Alors que la manifestation des gilets jaunes rassemble moins de participants que celle pour le climat, la couverture médiatique concernant la manifestation des gilets jaunes est disproportionnée, par rapport à l’autre. Certes, il faut rendre compte des violences mais faut-il passer son temps à interviewer des gilets jaunes occupant des « ronds-points » et autres manifestants sur un temps d’antenne qui aujourd’hui est complètement monopolisé sur ce sujet. Alors que les gilets jaunes sont en perte de vitesse et représentent moins de 1% de la population ? Alors que le mouvement pour le climat est en phase ascendante, avec des personnes mobilisées de plus en plus nombreuses et que le nombre de manifestants est à chaque fois plus important que celui des gilets jaunes ? La façon de faire de la presses sue antenne s’apparente à de la manipulation qui semble vouloir faire résonance pour aider ce mouvement.» (franceinfo)
LES MOBILISATIONS EN CHIFFRES
« 6'40 pour les gilets jaunes 1'50 pour le climat... je m'interroge quant au traitement de l'information de ce samedi 16 mars 19h et de ce dimanche 17 mars 13h, deux éditions importantes du week end. Je m'interroge fortement sur les choix de rédaction quant à la hiérarchisation de l'information entre 5' d'antenne pour la casse des gilets jaunes (même pas sur leurs revendications) et 3' (le 16.03 et 1'50 le 17.03) pour la marche pour le climat... Visiblement ceux qui cassent se font entendre et cela m'inquiète que l'information "valorise" ces actes en en parlant sans cesse. Il est certain que l'information doit être passée, car ces actes sont en effet intolérables mais la hiérarchisation de l'information est incompréhensible. 35 000 manifestants Gilets jaunes dans toute la France = 5' d'antennes et 1er sujet, réitéré sur les éditions courtes.
145 000 manifestants pour le climat dans toute la France, sur 2 jours, dont la jeunesse! 168 000 jeunes ce vendredi et c'est un évènement mondial, du jamais vu = moins de 3' d'antennes et c'est le second sujet... Et on en parle quasi plus me semble t-il sur les autres éditions plus courtes de la journée... Même si le nombre de manifestants est discutable (police/organisateurs), ils étaient de manière certaine plus nombreux que les gilets jaunes et le sujet me semble assez primordial voyez-vous.
Je voudrais comprendre ce choix, peut être il y a t-il une explication journalistique évidente à côté de laquelle je viens de passer. » (France Inter)
« Vous annoncez 32 000 manifestants hier en France Gilets Jaunes, peut-on savoir d’où provient ce chiffre visiblement faux ? Comment avez-vous confirmé votre information? Si vous vous contentez de répondre le ministère de l’intérieur sans plus de preuve, vous êtes complices du mensonge d’Etat.» (franceinfo)
LE RETRAIT PROVISOIRE DE L'ANTENNE DE LÉA SALAMÉ
« Je tenais à vous faire part de ma consternation suite à la suspension d’antenne de Léa Salamé pour les raisons que l’on sait, et quand bien même cette dernière l’accepte.
En 2019, après me-too, une femme ne peut donc pas exercer une activité journalistique si son compagnon fait de la politique? Est-ce à dire qu’une femme ne peut avoir ses propres opinions ? D’autant que sauf erreur madame Salamé n’est pas éditorialiste!
Cette décision me semble illogique et anachronique d’autant qu’elle ne se présente que parce que nous allons rentrer en période électorale. Quelle hypocrisie! J’attendais mieux de France Inter. » (France Inter)
Catherine Nayl, directrice de l'information de France Inter, répond aux auditeurs : 
"Chers auditeurs,
Vous avez été extrêmement nombreux à réagir à la décision de Léa Salamé de quitter momentanément l’antenne de la Matinale le temps de la campagne des Européennes, décision prise d’un commun accord avec la direction de l’information et la direction de la chaîne.
Réactions très contradictoires, certains saluant la décision de Léa Salamé, d’autres s’insurgeant contre le fait qu’en 2019, une journaliste femme doive « s’effacer » derrière la carrière politique de son compagnon.
Nous avons beaucoup parlé de ce choix, en amont avec Léa, et peser cette décision en ayant conscience de tout ce que vous avez pu souligner les uns et les autres.
Il nous est apparu cependant plus lisible pour vous auditeurs que Léa Salamé qui incarne le journalisme politique sur notre antenne interrompe ces interviews, même si à aucun moment son professionnalisme, son intégrité et son honnêteté intellectuelle ne soient remis en cause.
Lors d’une campagne, et avec la prolifération des réseaux sociaux, tout est inflammable . Nous avons le devoir en tant que media, et qui plus est, media de service public de créer à la fois les meilleures conditions pour que nos journalistes puissent faire leur travail sans attaques et que les auditeurs bénéficient naturellement de ce travail.
Mais il nous a paru essentiel également que nous réaffirmions d'ores et déjà que la place de Léa, dès le lendemain de l’élection, était bien sur notre antenne.
Merci de vos remarques qui attestent, au-delà des oppositions votre intérêt pour notre chaîne."
LE GRAND DÉBAT DES IDÉES : EMMANUEL MACRON ET LES INTELLECTUELS À L'ÉLYSÉE
« Bien qu'il soit légitime de la part de France Culture de faire écho du grand débat avec des intellectuels, pourquoi y avoir consacré 8h ?
Quelle légitimité Guillaume Erner avait-il à présenter ce dernier ? Pourquoi a-t-il accepté ? Notre cher président lui a-t-il demandé ? Avait-il des consignes particulières ?» (France Culture)
« M. Macron convoque les intellectuels. Dans le même temps il tape sur la presse independante, qui êtes vous France Culture ? Radio ? Tv ? Le gouvernement se balade sur les médias publics en toute menace. France Culture : une soirée de perdue ce jour. Déception. » (France Culture)
ÉRIC WOERTH DANS "ON N'ARRÊTE PAS L'ÉCO"
« Émission qui aurait pu être intéressante ce matin mais comme trop souvent dans les débats radiophoniques ou télévisés, inaudible. Vous vous êtes probablement bien amusés entre vous mais nous, les pauvres auditeurs à qui cette émission est normalement destinée (je me trompe peut-être ?), nous avons juste perçu une vague cacophonie dont nous avons eu peine à retirer la moindre idée utile. Typique débat "à la française" où tout le monde coupe la parole à tout le monde, où on n'a pas peur de parler à 4 ou 5 en même temps dans le plus total irrespect de l'auditeur et sans que l'animateur n'essaie un seul instant de mettre de l'ordre dans ce bazar verbal.
Inutile, donc. Je vous suggère d'une part de réécouter l'émission en vous mettant à la place de l'auditeur et d'autre part d'écouter ou de regarder sur une des chaînes de la radio ou de la télévision allemande comment se déroule une émission de débats politiques décente où chacun écoute l'autre avant de lui répondre.
On s'étonne que dans ce pays, on n'arrive jamais à trouver des compromis dans le respect mutuel : on n'arrive même pas à débattre correctement en laissant chaque interlocuteur finir ses phrases.» (France Inter)
Alexandra Bensaïd répond aux auditeurs : 
"Chères auditrices, chers auditeurs,
J’ai lu avec attention vos courriers concernant l’émission du 16 mars, consacrée au bilan du grand débat national. Sur trois thèmes : le pouvoir d’achat, la transition écologique et les services publics, nous avons cherché où se trouvaient, éventuellement, les consensus, et, encore plus difficile, des compromis. Quatre invités étaient en plateau, une ONG, un syndicat, un parti d’opposition et une élue de la majorité. Tous ont une parole qui compte, à l’heure où l’exécutif cherche des réponses. Cette table-ronde se voulait donc pluraliste, entre acteurs très bien informés, spécialistes de dossiers sociaux, écologiques et économiques.
Certains de nos auditeurs n’y ont pas trouvé leur sensibilité. Cependant, il était difficile d’avoir plus de quatre intervenants, pour un débat de moins d’une heure. Certains ont aussi regretté que la parole ne circule pas plus. C’est un des risques de ce type d’exercice, auquel je serai encore plus vigilante. Enfin, je comprends que certains préfèrent le format habituel de l’émission, plus pédagogique, avec des prises de parole plus organisées. Mais il nous a semblé que l’actualité commandait une émission spéciale, avec un format inédit.
Toutes vos remarques sont importantes et prises en compte. Merci de votre écoute exigeante et de votre fidélité. Chaque samedi, c’est à vous et à vos attentes, légitimes, que nous pensons.
Alexandra Bensaid"
« Merci à Didier Varrod pour cette chronique magnifiquement écrite sur le jeune artiste belge Tamino, je ne le découvre qu'en mars 2019 et je recherche tous les articles sur lui, je voulais féliciter Didier pour sa plume, je transfère votre chronique à tous mes amis à qui je souhaite faire connaître ce génie de la musique, il y a 25 ans qu'une rencontre musicale ne m'avait bouleversée à ce point, c'était avec Jeff Buckley, que j'ai vu à l’Olympia en 1995. Merci encore. » (France Inter)
« Bravo pour vos émissions. J'écoute France Musique très souvent dans la journée avec un plaisir immense, un bonheur total. Vous avez tous mes encouragements pour votre travail de grande qualité. » (France Musique)
« Intéressant, formidable, à écouter chaque jour ! Et la voix de Jean Claude Ameisen à nulle autre pareille ! Pourvu que cela ne s'arrête jamais !!!!! Un grand merci pour Sur les épaules de Darwin !!!!!! » (France Inter)
« Je viens de réécouter le Tubes & co du 15/03. Rebecca Manzoni, votre voix et vos commentaires mêlés à celle de Bashung sur "La nuit je mens" sont un délice. » (France Inter)
« Quelle belle idée que cette journée de la francophonie ! ... Téléphone, Higelin ... superbes souvenirs.» (France Bleu)
« Juste un petit mot à l'attention de Nicole Ferroni dont les chroniques sont absolument succulentes. Bravo à elle et bravo à l'équipe France inter. » (France Inter)
« Bonjour François Morel, excellente prestation ce matin, du grand TOI !!!! C'était excellent, jusque das le moindre souffle d'air !!! bravo !!!! Hélas, le sujet est affligeant, donc il faut y aller, quel beau terrain de jeu pour vous les humoristes et artistes, ne pas hésiter à les mettre plus bas que terre, à les ridiculiser au possible, à les "bouter" hors de toute commune mesure, de tout entendement...» (France Inter)
Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...
Vocabulaire des manifestations
« Dans le journal de 11 heures dimanche 17 mars on apprend qu'il y a eu "des scènes de guerilla urbaine" dans Paris. Quels mots vont être employés quand il va être évoqué des manifestations en Amérique latine ou en Afrique qui se soldent par des dizaines de morts?. Puis pour des voyageurs bloqués dans leurs trains pendant 6 heures on parle de "calvaire". Quels mots vont être employés pour parler d'enfants kidnappés, violés et torturés pendant des semaines? Les mêmes mots?
Les mots ont une force et lorsqu'on les emploie mal on perd toute la force de son propos. »
« Pourquoi continuez vous de parler de violences "en marge" des manifestations des gilets jaunes alors que samedi dernier encore on voit clairement que c'est "au cœur" des défilés des gilets jaunes que cette violence surgit et s'exprime ?
La présence de black bloks est certaine et l'accueil par les gilets jaunes l'est tout autant au vue des images. Malgré les avertissements des forces de l'ordre, les gilets jaunes refusent de s'éloigner et "couvrent" ainsi les exactions des casseurs en gilet jaune ou pas, gênant souvent l'action des forces de l'ordre et des pompiers. »
« Pourquoi vos reporters et présentateurs s'obstinent-ils à parler systématiquement de dégradations, ou d'arrestations de casseurs "EN MARGE" des manifestations de gilets jaunes, et non pas "PENDANT" ?
Ce qualificatif "en marge" signifie en bon Français "En dehors, à l'écart, à côté de", et son emploi laisse à penser que les manifestants ne sont pas concernés, ce qui me paraît relever de la novlangue ou d'une volonté politique inavouée de minimiser les réalités.
Non, les casseurs ne sont pas "en marge" des manifestations, ils en font partie, et il serait sain d'appeler un chat un chat.»
S'élancer ?
« Pouvez-vous rappeler aux journalistes qu'un cortège (ou une manifestation) ne "s'élance" pas ? Voir la définition de ce verbe.
D'autre part, on ne remercie pas quelqu'un d’avoir été l'invité" de Franceinfo mais d'avoir accepté l'invitation. »
Impact
« Chaque fois que le verbe "impacter" sous n'importe quelle forme sera prononcé sur n'importe quelle chaîne de Radio France, vous voudrez bien, à titre de pretium doloris, me faire verser la somme de 10 €. Elle est modeste et ne grèvera pas les finances des chaînes responsables de ce barbarisme. »
Interrogation
« Je sais que je vais passer pour un Nième vieux con réac', mais tant pis.
Ça fait déjà des mois que j’entends de nombreux/euses journalistes ou assimilé-e-s être infoutus de poser une question correctement. En gros, ça donne "Vous en pensez quouââââ ?" à la place de "Qu'en pensez-vous?" ou de "Qu'est-ce que vous en pensez?". Peut-être que ça donne un petit ton dégagé voire anticonformiste, mais on n'est plus en 1986 à se pâmer devant Jean-Paul Goude ou la fête de la musique.
Aujourd'hui, je viens d'entendre que Radio Elvis (non, rien...) sort son "second album" : ça ne me dérangerait pas, loin de là, qu'il s'agisse du dernier, mais si ces jeunes gens s'obstinent dans leur activité plus ou moins musicale, il faut alors parler du deuxième album, pas du second.
C'est pas comme si on s'emmerdait toute l'année à faire reformuler correctement à nos enfants & à nos élèves. C'est pas comme si on était encore sur le service public... »
Papa, maman
« Mauvaise utilisation du mot maman et du mot papa à la radio. Que vous cherchiez le mot maman (ou le mot papa) dans l'encyclopédie Larousse en 15 volumes ou dans le celui en 1 volume on trouve la même définition: " terme par lequel un enfant appelle sa mère". Définition identique pour papa. Le dictionnaire dit bien "appelle" et non pas "nomme" sa mère. L'utilisation à tort du mot maman( ou papa ) au lieu de mère ( ou père) à tort est quasi généralisée chez vos interwievers .. Peut-être pour faire plus "tendre"... Cà fait ,en tout état de cause , excusez le terme, très cucul. Et c'est de toute façon un usage incorrect du Français .
Or vous êtes bien à votre poste notamment pour défendre le bon usage de notre belle langue. »
Alpaguer 
« J'ai entendu dans un bulletin d'infos que certains allaient "alpaguer" (NDLR : arrêter , appréhender) (pour interpeller, je suppose) Emmanuel Macron (car on ne dit plus le Président de la République).
Une fois de plus, il serait bon de vérifier le sens des mots (fût-ce de l'argot) avant de les prononcer à l'antenne. »
« J'ignore ce qu'il convient de penser en son for intérieur sur l'actualité concernant le cardinal Barbarin mais je pense et compatis avec les victimes de la pédophilie, que ce soit du fait de membres l'Eglise ou dans d'autres institutions, et en particulier avec ceux dont la parole est portée par des associations telle que "La parole libérée".
En revanche, je ne comprends pas du tout que les personnes qui présentent les journaux d'information ce jour et en général expriment ouvertement ou implicitement leur propre position, comme s'ils étaient sûrs sans le moindre doute de la culpabilité du cardinal Barbarin et comme s'ils savaient ce que devrait faire le Pape, comme s'il y avait des sujets où il faut être du bon côté.
Votre journaliste a d'ailleurs cru bon de préciser ce midi que "d'aucuns jugeraient la peine de 6 mois avec sursis modérée". C'est peut-être vrai, mais d'aucuns jugeront aussi du contraire.
Je ne me prononce pas sur le fonds de l'affaire, ce n'est pas mon propos, mais je note que les journalistes de Radio France expriment volontiers leurs points de vue et positions sur certaines affaires sociétales, mais n'ont pas grand chose à dire lorsque la justice dysfonctionne sur des affaires politiques et/ou de corruption (cf. affaires Ferran, Benalla, le traitement expéditif des gilets jaunes en comparution directe, etc..), lorsque les forces de l'ordre estropient ceux de nos concitoyens qui manifestent pacifiquement ou lorsque des décisions gouvernementales sont manifestement biaisées par des conflits d'intérêts (cf. le dossier de la privatisation des aéroports de Paris, par exemple).
J'aimerais bien que vous expliquiez aux auditeurs pourquoi la rédaction, par la voix de ses présentateurs ou analystes/commentateurs se permet d'exprimer des positions personnelles sur certains sujets et évite soigneusement de le faire sur d'autres thèmes pourtant d'intérêt général et sur lesquels les faits sont pourtant établis ?
Quelle est donc la doctrine de la rédaction de Radio France ? » (Radio France)
« Un papier sur l'âge des conducteurs. Certains sont très vieux, plus capables de conduire. Et votre journaliste commente : "Mme X à 70 ans et continue de conduire sa voiture". Très jeune, votre consoeur semble ignorer que 70 ans ce n'est pas 90 ans, qu'à cet âge, certains viennent à peine de prendre leur retraite. Mais à l'âge de votre journaliste, tout cela ne fait guère de différence. Il faut reconnaître qu'à 8 ans, tout cela est bien loin. » (France Inter)
«Toutes mes félicitations à France Inter pour la qualité constante de vos émissions . Je suis un fidèle auditeur depuis 40 ans de votre Radio, tant des journaux que des emissions quelles qu elle soient.
En revanche, certains de vos journalistes, qui se plaisent à répéter qu ils ont été de mauvais élèves en mathématiques ( ça fait plouc )et ont TELLEMENT préféré le français, la philo et l histoire ( je ne vois pas en quoi être bon en maths est une honte d autant qu en général les matheux sont aussi excellents en français et en philo et meilleurs que les non matheux qui rament) n ont pas non plus être des « cadors » en français...» (France Inter)
« Qualifier les terroristes de l'Etat islamique de "combattants" comme cela a été fait aujourd'hui à de nombreuses reprises dans "L'invité des matins", c'est donner à ces assassins une honorabilité et une noblesse qu'ils n'ont évidemment pas. C'est une insulte insupportable à toutes leurs victimes.» (France Culture)
Les ados au micro
Le coup de cœur est guidé par les messages des auditeurs.
Cette semaine la présence des collégiens et des lycéens d'InterClass' sur France Inter le 20 mars et des adolescents sur Franceinfo le 21 mars a suscité des réactions enthousiastes de la part des auditeurs. Nous vous proposons d'en lire une sélection. 
Féminisation des noms de métiers, par Maria Candea
« Que le sujet fait causer ! et si l’on simplifiait vraiment, en s’inspirant d’autres langues, car tout ce questionnement me semble très franco-français : ne pourrait-on décider de s’en tenir à l’article (le, la) qui désigne le genre sans changer l’orthographe du nom ? trop simple ? »
Maria Candea, Maitresse de conférences en sociolinguistique française, Université Sorbonne Nouvelle. revient sur la féminisation des noms de métiers.
[PROCHAIN RENDEZ-VOUS]
Samedi 22 mars sur franceinfo à 11h51 et 13h51 : Gilets Jaunes et marche pour le climat : le traitement journalistique sur franceinfo
Franceinfo : tous les samedis à 11h51 et 13h51
France Culture : un jeudi sur deux dans La Grande Table à 13h20
France Inter : un vendredi par mois dans l’Instant M à 9h40 et un samedi par mois dans Secrets d'Info à 13h20
Gilets jaunes et marche pour le climat, le traitement journalistique sur franceinfo
avec Franck Weil-Rabaud et Matthieu Mondoloni
Samedi 23 mars dans le rendez-vous de la médiatrice : Le traitement des Gilets jaunes sur franceinfo a encore interpellé les auditeurs cette semaine.
Quel est l’intérêt journalistique de diffuser un témoignage d'individu qui justifie les violences commises par les Gilets jaunes ? Un traitement déséquilibré entre la "marche pour le climat" et celui des "Gilets jaunes" ?
Franck Weil-Rabaud, rédacteur en chef et Matthieu Mondoloni, grand reporter, répondront aux messages des auditeurs.
Retour sur le Grand débat des idées : échange avec des intellectuels sur France Culture
avec Guillaume Erner
Le président de la République Emmanuel Macron a répondu lundi pendant plus de 8 heures aux questions de plus de 64 intellectuels. Le débat était animé par Guillaume Erner et retransmis en direct sur France Culture. 
Pourquoi y avoir consacré 3h30 d’émission spéciale ? Guillaume Erner avait-il des consignes particulières ? Avez-vous "servi la soupe" au gouvernement ?
Retour sur les coulisses de la préparation de cette émission spéciale avec Guillaume Erner.
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