Version en ligne
#38/2020 - Septembre 2020
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE

​​​​​​Cette semaine, au menu des courriels des auditeurs : le déploiement de la 5G, l’ouverture du journal de 13h mardi sur France Inter consacrée au départ de Jean-Pierre Pernaut, l’invitation faite à Edwy Plenel dans l’émission « A voix nue » sur France Culture, un article consacré au rappeur Freeze Corleone sur le site de Mouv’, les chiffres et le traitement éditorial du coronavirus et la publicité sur les antennes. Vous retrouverez également dans cette Lettre une sélection des remarques des auditeurs adressées à France Inter, France Culture et Franceinfo. 


La 5G sur l’échiquier politique 

« Les anti-5G... encore une nouvelle communauté. Pourquoi ne parle-t-on pas de personnes favorables à la baisse des tensions énergétiques, à la consommation raisonnée ? Non. Il faut les qualifier "d'anti-quelque chose" » écrit un auditeur en début de semaine.  
“Pro-5G" contre “Anti-5G” du côté des auditeurs, et “Innovateurs” contre “Amish” sur la place publique. Les réserves de la gauche écologiste envers la 5G ont tourné à l'affrontement politique avec Emmanuel Macron, les Verts reprochant à l'exécutif un passage en force et le président les taxant d'obscurantisme. Cette semaine, le dossier s’est donc accéléré avec des postures politiques renvoyant chacun à des positions tranchées et les auditeurs se sont engouffrés dans le débat demandant aux journalistes de remplir pleinement leur devoir d’information sur cette nouvelle technologie.   

Le chef de l'Etat a promis lundi, devant des entrepreneurs du numérique, de "tordre le cou à toutes les fausses idées" sur la 5G, au lendemain d'une tribune cosignée dans le Journal du Dimanche par près de 70 élus LFI et EELV - dont Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot - et réclamant un moratoire à la mise en œuvre du nouveau réseau mobile. "La France va prendre le tournant de la 5G parce que c'est le tournant de l'innovation", a insisté le Président en ironisant sur ceux qui préfèreraient "le modèle Amish" et le "retour à la lampe à huile". Les Amish sont une communauté chrétienne américaine connue pour mener une vie simple à l'écart des technologies. Sans adopter ce choix austère et radical, les auditeurs qui nous écrivent s’interrogent sur cette nouvelle technologie mobile et regrettent que l’aspect économique soit davantage valorisé que les questions environnementales : "Les contres arguments présentés pour légitimer le déploiement de la 5G ne tiennent pas compte des contraintes environnementales. Le sujet est traité d'un point de vue économique et pas d'un point de vue écologique. J'ai vraiment le sentiment que le monde économique prend encore de haut les sujets environnementaux."

Un autre auditeur estime lui que : « trop souvent le débat de la 5G tourne autour de la santé. Il serait intéressant d'aborder le débat sous l'angle de la dépense énergétique. Est-ce raisonnable de s'équiper d'une technologie aussi énergivore, sous prétexte d'être un enjeu stratégique majeur, tout en souhaitant lutter contre le réchauffement climatique ? ». 

Un rapport, commandé par le gouvernement dans le cadre du déploiement de la 5G, souligne qu'il n'y a pas "d'effets néfastes avérés à court terme en-dessous des valeurs limites recommandées concernant l'exposition aux ondes électromagnétiques", écrivent les auteurs, qui s'appuient sur "un grand nombre" d'études publiées sur le sujet depuis 1950. Remis mardi, ce rapport avait été commandé au début de l'été par le gouvernement pour répondre à la demande de "moratoire" sur l'attribution des premières fréquences 5G, exprimée par la Convention citoyenne pour le climat. Il a été établi par le Conseil général de l'environnement et du développement durable, l'Inspection générale des affaires sociales, l'Inspection générale des finances et le Conseil général de l'économie. De son côté, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, l’Anses, indique sur son site, qu’une étude publiée en 2013 ne met « pas en évidence d’effets sanitaires avérés ». Mais dans un rapport rendu public au début de l’année, l’Anses observait « un manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires potentiels » de certaines fréquences liées à la 5G. 

Juste reflet des préoccupations de nos concitoyens, les courriels reçus cette semaine témoignent de leurs préoccupations environnementales, sanitaires et scientifiques à l’égard de la 5G. Les auditeurs souhaitent des informations pratiques et suivies sur le sujet. En pleine polémique sur ce déploiement, le gouvernement a d’ailleurs voulu rassurer les élus locaux et les citoyens en promettant la publication "systématique" des données sur cette nouvelle technologie mobile, ainsi qu'un renforcement des recherches scientifiques comme des contrôles sur le terrain. Les enchères pour l'attribution des premières fréquences de la 5G doivent se tenir ce mois-ci. 

La 5G est donc un dossier ultrasensible et multi-dimensionnel : numérique, technologique, économique, énergétique, écologique, sanitaire, social et politique bien sûr, puisqu’il agit comme un révélateur d’intentions tactiques dans la perspective de 2022.  


Sujet pour la présidentielle et objet d’échanges nourris 

Mercredi, les auditeurs de Franceinfo ont pu écouter Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques débattre avec Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV sur l'utilité ou non de cette technologie. En préambule de son intervention, Julien Bayou a remercié le service public d’organiser cet échange au cours duquel il a indiqué qu’on n’a pas « besoin » de « brosses à dents et des frigos connectés » quand Cédric O répétait lui, que « la 5G est utile et indispensable ».  

Toujours sur Franceinfo, Valérie Pécresse a déclaré hier qu’elle souhaite qu’ « on accélère le déploiement de la 5G ». La présidente de la région Île-de-France pense "que l'État devrait demander à l'Organisation mondiale de la santé de faire une étude comme elle l'avait fait au moment de la 4G pour rassurer les Français". Elle a appelé à une "compilation" de "toutes les études qui sont faites dans le monde. Compiler et émettre des recommandations qui soient des recommandations consensuelles et mondiales."  

La 5G, pion d’expression sur l’échiquier politique, a mobilisé cette semaine différents acteurs de gauche à droite, mais ce ne sont pas les seuls interlocuteurs à s’exprimer et nous reviendrons demain sur le traitement éditorial de ce dossier avec Anne-Laure Barral, spécialiste environnement, dans le rendez-vous de la médiatrice sur Franceinfo à 11h51.  


Le journalisme sur l’échiquier médiatique 

Quel est le point commun entre Jean-Pierre Pernaut et Edwy Plenel ? Aucun si ce n’est une carte de presse et une façon diamétralement opposée d’envisager le métier de journaliste. Preuve - si besoin est pour le grand public - que le spectre des idéaux journalistiques est très large au sein de notre corporation. 

Le premier déclare : « Le 13 heures est le journal des Français, qui s’adresse en priorité aux Français et qui donne de l’information en priorité française. Vous voulez des nouvelles sur le Venezuela ? Regardez la chaine vénézuélienne. Sur le Soudan ? Regardez les chaînes africaines. Le journal de 13 heures de TF1, c’est le journal des Français. » 

Le second écrit : « Construire un public – soit une adhésion, une fidélité, une participation – , c’est produire une conscience commune où le conflit démocratique peut s’épanouir, trouver son sens et chercher son issue. A l’inverse, la foule, c’est-à-dire la quête de l’audience la plus large, dilue les enjeux civiques, banalise et uniformise, formate et enrégimente. » 
Ces journalistes que tout oppose sont réunis cette semaine dans cette Lettre. Pour des raisons très différentes, ils sont au cœur de critiques formulées par des auditeurs. 


Hiérarchie de l’information ?  

Mardi, alors qu’en Algérie le symbole du combat pour la liberté de la presse, Khaled Drareni, reste derrière les barreaux après sa condamnation à deux ans de prison ferme, alors que des mesures plus contraignantes sont annoncées en Gironde et dans les Bouches-du-Rhône pour juguler le Covid-19, alors que le débat sur la 5G s’enflamme, que la Californie brûle et que l’on enregistre de préoccupants records de chaleur avec des niveaux inédits pour un mois de septembre dans les régions situées au nord de la Seine, l’ouverture du journal de 13h de France Inter a déconcerté les auditeurs.  

L’info ? Jean-Pierre Pernaut va quitter le 13H de TF1.
Plus de deux minutes consacrées à cette « institution télévisuelle » pour commencer le journal : incompréhensible pour des fidèles du 13/14 de France Inter. Réactions immédiates : « Bravo au choix éditorial. Il n’y avait vraiment aucun autre sujet plus important en France ou dans le monde que cette anecdote ? Essayez d’élever un peu le niveau. Que le journal le plus important de la mi-journée sur la radio de service public ait fait ce choix est consternant. Prenez exemple sur la BBC… » Majoritairement ironiques, les courriels traduisent une franche incompréhension quant à la hiérarchie de l’information. Plus nuancé, un auditeur estime : « Faire un papier sur ce présentateur-vedette qui aura marqué une partie de la France (celle de 13h) pendant 30 ans, après tout, pourquoi pas.  À ce titre, Pernaut méritait probablement une « couverture ». Mais que France Inter place « ça » en Une, ça me laisse perplexe, incrédule voire déboussolé. ». Philippe Lefébure, directeur de la rédaction de France Inter, a pris connaissance de ces remarques et revient sur le choix de l’ouverture d’un journal dans cette Lettre. 


La valeur de l’information 

Hier, Sandrine Treiner, directrice de France Culture, a tenu à répondre aux auditeurs dans le rendez-vous de la médiatrice. Le motif de leurs critiques ? L’invitation faite à Edwy Plenel dans « A voix nue ». Cette émission historique de la chaîne qui ne suscite, pour ainsi dire, jamais de remarques négatives, est un entretien à deux voix donnant la parole à des artistes, des créateurs, des intellectuels qui livrent leurs réflexions au cours de cinq demi-heures diffusées du lundi au vendredi à partir de 20h.  
La semaine dernière, les auditeurs ont pu écouter les confidences du journaliste Edwy Plenel. Un choix qui les a fait réagir : "Cette série d'émissions consacrées à Monsieur Plenel est tout à fait surprenante. Il n'est ni un philosophe, ni un scientifique ni un écrivain éminent. En tant que journaliste il a pris des positions très équivoques et choquantes." 
 
Outre le profil de l’invité, la date de diffusion de l’émission a largement motivé ces courriels critiques : "Est-ce vraiment le moment, en plein procès des attentats de janvier 2015, d'inviter ce personnage qui a tenu des propos tellement scandaleux après la tuerie de Charlie Hebdo ? Est-ce une provocation ou une simple bévue ?". Sandrine Treiner a répondu point par point à ces remarques. Son intervention est à retrouver ici et, preuve de l’intérêt des auditeurs de France Culture aux prises de parole de la directrice de la chaîne, des courriels nous parviennent sitôt l’émission achevée : « Je viens d'écouter le rendez-vous de la médiatrice de ce jour, et je souhaite contribuer à "rééquilibrer" les critiques négatives formulées par certains auditeurs concernant l'invitation d'Edwy Plenel dans « A voie nue ». Fidèle auditrice depuis des années, je vous écoute parce que je pense que la pluralité des points de vue est une richesse et qu'elle devient très rare actuellement dans de nombreux médias. Comme tout le monde, je suis parfois déçue ou contrariée d'entendre sur votre antenne certaines personnalités, mais je ne vous écris jamais pour vous dire à quel point cela me semble peu approprié. Je ne vous écris pas parce qu'il me semble qu'il est important de pouvoir laisser s'exprimer des voix qui ne sont pas représentatives de notre avis, voire même avec lesquelles nous avons des désaccords profonds. C'est précisément ce qui fait l'intérêt et la richesse de France Culture, alors s'il vous plaît continuez à nous proposer des points de vue divers, riches, qui sortent des idées remâchées que l'on trouve partout ailleurs. Et continuez à défendre vos choix. Et en passant, un grand merci pour avoir diffusé ce cycle sur Edwy Plenel qui fut un très bon moment pour de nombreux auditeurs dont je fais partie. ».  

Outre la directrice de France Culture, Rémi Dybowski-Douat, le producteur de « A voix nue », a également souhaité s’adresser aux auditeurs. Sa réponse commence par une question : « Fallait-il diffuser cette série d’entretiens alors que s’ouvrait le procès de l’attentat de Charlie Hebdo ? » Son propos, factuel et éclairant sur la fabrication de l’émission, est à retrouver dans cette Lettre. 


Échec et rap 

À lire également la réponse de Bruno Laforestrie, le directeur de Mouv’, la station des publics jeunes de Radio France axée sur l’actualité des cultures urbaines, le rap français ou encore le « rap us ». Mouv’ est interpellé sur les réseaux sociaux et des auditeurs nous ont écrit au sujet de Freeze Corleone, une figure montante du rap français. De quoi s’agit-il ? 

Dans un article intitulé « Les clefs pour comprendre Freeze Corleone », publié sur son site il y a un an, Mouv’ indique que ce rappeur est « réservé à un public très averti et conscient de la teneur de ses textes (…) Ses textes ne sont pas à mettre entre toutes les mains, et certaines thématiques récurrentes de son univers sont à prendre avec beaucoup de recul. Accusé par certains d’antisémitisme, sa discographie est ainsi parsemée de name-droppings (figure de style consistant à citer des noms de gens ou d’institutions connus, ndlr) et métaphores outrepassant régulièrement les limites de l’acceptable. Le rappeur ne s’est jamais exprimé sur le sujet (il ne donne aucune interview) et c’est donc à l’auditeur de faire le tri et d’effectuer le travail d'interprétation, en fonction de sa sensibilité et surtout de son degré de lecture. ». 

Cet article a ressurgi hier sur les réseaux sociaux dans le contexte de l’actualité de Freeze Corleone qui sort un nouvel album. Un album que les équipes de Mouv’ ont écouté jugeant qu’aucun de ses titres ne pouvait entrer dans la programmation musicale de la chaîne. 
Cet article, écrit il y a un an donc, se télescope avec la sortie de nouvelles chansons et de clips du rappeur qui ont provoqué hier l'indignation de plusieurs élus et nourri les échanges sur Twitter tout au long de la journée. Journée au cours de laquelle le gouvernement a annoncé avoir saisi la justice au sujet de ces clips jugés « antisémites » et « négationnistes ». Dans la foulée, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "provocation à la haine raciale" et "injure à caractère raciste" visant plusieurs clips de Freeze Corleone. 

"Sous couvert de l'art, on ne peut pas tout dire", a commenté ce vendredi sur Franceinfo Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). "On a consulté ses paroles, on y a trouvé un cocktail d'antisémitisme, d'apologie du nazisme et de complotisme. Ces paroles on les découvre, hélas, en plein procès Charlie Hebdo, le jour même du nouvel an juif et il ne faut pas que l'art soit le refuge de la haine." 
Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, le rappeur fait l’éloge du terroriste Mollah Omar et déclare : "J'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30", "tous les jours RAF (rien à foutre, ndlr) de la Shoah" ou bien encore "comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs".  

Il est important ici de rappeler que cet artiste n’a jamais été invité dans aucune émission sur l’antenne de Mouv’ et que ses titres n’ont jamais été diffusés dans la « playlist » de la chaîne comme le précise Bruno Laforestrie dans sa réponse argumentée aux auditeurs publiée dans cette Lettre.  


“Voilà comment on te remercie le cheval...” 

Ce matin, dans son billet hebdomadaire sur France Inter, François Morel a rendu hommage au cheval. C’est le coup de cœur des auditeurs en cette fin de semaine.


Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 11 septembre au 18 septembre 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- Le coronavirus
2- La 5G
3- Edwy Plenel dans "À voix nue" sur France Culture
4- Le départ de Jean-Pierre Pernaut en ouverture du 13h
5- Freeze Corleone sur Mouv'

6- La publicité sur les antennes
7- "L'été Indien"

8- Sélection de remarques des auditeurs de France Inter
9- Sélection de remarques des auditeurs de Franceinfo
10- Sélection de remarques des auditeurs de France Culture

11- Coup de cœur des auditeurs : le billet de François Morel
12- Langue Française

LE CORONAVIRUS

Message d'auditeur
«  Sur les données du Covid je partage les réactions majoritaires des auditeurs on n'est pas informé et c'est anxiogène. Pour mesurer une épidémie (et donc une pandémie) il existe des batteries de critères précis et scientifiques comme le taux de létalité, de reproduction, de contamination etc. et surtout par des graphiques et des cartes. Or avouons-le c'est difficile à la radio de s'en servir. 
En effet le travail de journaliste d'information est de les connaître, les colliger, les communiquer et les commenter, sans en privilégier un et surtout ne pas travailler en nombre absolu exclusivement mais en complétant par des ratios. Il n'est pas du domaine de l'information de laisser un membre du gouvernement communiquer un chiffre brut par-ci par-là et sans le contextualiser. 
L'exemple probant (et triste) est le taux de mortalité/population. En France les décès sont par exemple en ce 11 septembre, à 30 813 pour une population totale estimée de 66 524 000 soit un taux de 0,46 pour mille.  
Aux États-Unis il est de 195 086 pour une population de  331 080 000 soit un taux de 0,59 pour mille. 
En Italie le nombre de décès est de 35 767 pour une population totale estimée de 60 317 000 soit un taux de 0,59 aussi. 
En Belgique on a 9 917 décès pour 11 492 641 habitants (selon Statbel) donc un taux de 0,86. J'arrête l'exemple ici. »
(Radio France)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LA 5G

Message d'auditeur
« Je ne suis pas étonné que le débat de votre émission consacrée à la 5G se finisse par un satisfecit global sur l'apport de la 5G légèrement contre-balancé par une critique totalement superficielle, dépourvue de toute portée subversive. 
Un lobbyiste des télécoms, un maire d'un parti "écologiste" consensuel qui aime le business autant que la nature sinon plus... et un journaliste spécialisé high-tech donc fort peu suspect d'esprit très critique vis-à-vis de l'objet du débat, un soupçon bien normal de technophilie béate quant au journaliste maison, peut aussi poindre chez l'auditeur pas disposé à n'entendre que le robinet d'eau tiède que l'on vient d'écouter couler dans cette émission. 
Si je devais résumer en deux phrases la conclusion logique que je retiens de ce débat, il y a : d'une part le moment où le lobbyiste dit "qu'on le veuille ou non..." qui résume très bien ce monde fabriqué et imposé par certains, réduit là à la seule pauvre pensée qui permet toutes les impostures et nuisances « c'est comme ça et pas autrement ! ». Il ne sert à rien de débattre tout est déjà décidé. 
Ensuite je me permets de citer cette phrase de « L'encyclopédie des nuisances » qui pose ceci à propos des prétendus débat autour de la tyrannie techno-industrielle : « Voulons-nous gérer les nuisances ou les supprimer ? » La réponse à cette question est donnée à la fin de ce débat, et ce n'est pas la deuxième option qui est implicitement choisie. 
Bref j'en ai assez d'écouter des débats où tout le monde est d'accord pour ne rien affirmer qui puisse fâcher qui que ce soit. Un résumé plus simple du débat : « ptêt ben que oui, ptêt ben que non... » on est bien avancé...  »
(France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

Emmanuelle Daviet reviendra sur le traitement éditorial de ce dossier avec Anne-Laure Barral, spécialiste environnement, dans le rendez-vous de la médiatrice sur Franceinfo samedi 19 septembre à 11h51.  

EDWY PLENEL DANS "À VOIX NUE"
SUR FRANCE CULTURE

Message d'auditeur
« Je trouve assez odieux de constater que la semaine où s'ouvre le procès des attentats perpétrés sur Charlie Hebdo, vous choisissiez de mettre Edwy Plenel à l'honneur dans A voix nue. Je n'oublie pas comment il a jeté en pâture Charlie Hebdo en écrivant que le journal était "en guerre contre les musulmans". Je n'ai aucune envie d'entendre son ton satisfait, égocentré parler du "grand succès de Médiapart" et de ses grands faits d'armes, "à 33 ans (comme le Christ ?). Je ne remets pas en cause le traitement de l'actualité "Charlie" dans vos journaux d'informations mais ce choix éditorial me semble horriblement maladroit et blessant. » (France Culture)

Rémi Dybowski-Douat, producteur de l'émission A voix nue, vous répond : 

La diffusion d’A voix nue Edwy Plenel a provoqué de vives réactions d’auditeurs. En substance, fallait-il diffuser cette série d’entretiens alors que s’ouvrait le procès de l’attentat de Charlie Hebdo? 
Pour comprendre, il faut remonter à novembre 2017. Sur fond d’affaire Ramadan, alors mis en examen dans plusieurs affaires de viols et de violences sexuelles, Edwy Plenel est accusé par Charlie Hebdo de « complaisance » envers l’islamologue. S’ensuivra une série d’échanges très vifs entre Riss, le directeur de Charlie Hebdo et Edwy Plenel. L’escalade fut d’autant plus violente qu’elle prend racine dans des divergences historiques sur la question de la laïcité. En préparant la rencontre avec Edwy Plenel, cet épisode figurait, comme d’autres, dans ma liste de questions. Mais dans les faits, le duel s’est achevé par des excuses d’Edwy Plenel, écartant selon moi la nécessité d’une clarification sur ce point. De plus, j’ai hiérarchisé mes questions et mes interventions en gardant en tête la nature même de l’émission : "A voix nue" est une émission qui recueille les paroles, les réflexions de celles et ceux qui marquent notre temps. Elle n’est pas une émission de débats d’idées. Ainsi, dans cette émission historique de la chaîne, le souci d’équilibre de France Culture s’écrit-il dans la durée et non à l’intérieur même d’une série d’entretiens. 
Toutefois, avec le recul et à la lumière des objections de certains auditeurs, je mesure combien la fracture est encore importante sur ces sujets. Ce constat, malheureusement rétrospectif, aurait sans doute dû m’inciter à leur donner une place dans cette émission.   

Cordialement,

Rémi Dybowski-Douat

Rendez-vous de la médiatrice
Fallait-il inviter Edwy Plenel dans "À voix Nue" ?

« A voix nue » est un entretien à deux voix qui donne la parole à des artistes, des créateurs, des intellectuels qui livrent leurs réflexions au cours de cinq demi heures diffusées du lundi au vendredi à partir de 20h.
La semaine du 7 septembre, les auditeurs ont pu écouter les confidences du journaliste Edwy Plenel. Un choix qui les a fait réagir. Pour répondre aux auditeurs, Emmanuelle Daviet reçoit la directrice de France Culture, Sandrine Treiner.​​​​​​
ÉCOUTER LE RENDEZ-VOUS
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LE DÉPART DE JEAN-PIERRE PERNAUT
​​​​EN OUVERTURE DU 13H

Messages d'auditeurs
« Aujourd’hui 15 septembre 2020, le journal de 13 h s’est ouvert sur un « grand titre » : le départ de Jean-Pierre Pernaut de TF1 ! Bravo au choix éditorial. Il n’y avait vraiment aucun autre sujet plus important en France ou dans le monde que cette anecdote ? Essayez d’élever un peu le niveau. Que le journal le plus important de la mi-journée sur la radio de service public ait fait ce choix est consternant. Prenez exemple sur la BBC…  » (France Inter)

« France Inter qui ouvre son 13 h avec 2 minutes sur les faux adieux de Pernaut… On aura donc tout vu et entendu en cette année 2020…  » (France Inter)

Philippe Lefébure, directeur de la rédaction de France Inter, vous répond : 

Chères auditrices,
Chers auditeurs, 

Choisir l’ouverture d’un Journal n’est pas toujours facile. Les critères sont nombreux, mouvants jusqu’au dernier moment. On pèse l’importance d’une information évidemment, celle de toutes les autres mais aussi leur fraîcheur, leur caractère exclusif. On surveille l’équilibre global du journal, sa variété. Et on regarde encore quelles ont été les ouvertures des jours précédents, des éditions du matin.

Mardi 15 septembre, l’annonce officielle du départ de Jean-Pierre Pernaut du Journal de TF1 était une information média importante. Personne ne peut le contester.
Ouvrir le 13/14 avec cette information s’est imposée, au regard de l’ensemble des critères habituels.

Et le sujet, diffusé en direct, n’était en rien un hommage à Jean-Pierre Pernaut mais bien le décryptage des raisons de cette longue présence télévisuelle (inédite au monde), et, surtout, du phénomène de société que représente ce journal qui met en valeur (avec un vrai succès) la ruralité. 

Merci de votre fidélité au 13/14.

Philippe Lefébure, directeur de la rédaction de France Inter
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

FREEZE CORLEONE SUR MOUV'

Message d'auditeur
« Les rédacteurs des différents articles parus sur le site du Mouv' et sur le compte Twitter de cette dernière sur Freeze Corleone, semblent ignorer qu'en France l'antisémitisme n'est pas une opinion comme une autre. La légèreté avec lequel ce sujet est traité est, selon moi, inadmissible, d'autant plus pour une radio publique. Comment peut-on penser qu'il est possible de faire le "tri" dans ces paroles infâmes selon sa "sensibilité". Dans notre République, il n'y a pas de sensibilité antisémite qui soit acceptable. » (Mouv')

Bruno Laforestrie, directeur de Mouv', vous répond : 

Chères auditrices,
Chers auditeurs, 

Les rappeurs et les artistes en général exercent et revendiquent leur liberté d’expression. Ils ne sont toutefois pas au-dessus des lois de la République, pas plus qu’aucun autre citoyen. Le rappeur Freeze Corleone est depuis hier l’objet d’une ouverture d’enquête par le parquet de Paris pour provocation à la haine raciale et injures à caractère raciste. Mouv’, qui avait publié il y a un an un article décryptant la carrière et le style musical de l’artiste, est aujourd’hui questionné sur le contenu de celui-ci.
 
Voici quelques éléments pour vous expliquer dans quelle philosophie travaillent les équipes de Mouv’ sur ce sujet comme d’autres :
 
D’abord au regard de l’actualité récente de l’artiste qui vient de sortir un album, Mouv’ a évidemment informé son public des propos antisémites tenus par l’artiste, des réactions que ceux-ci suscitaient et des suites judiciaires qui sont données. Cela a fait l’objet d’un article sur notre site web cette semaine. L’article qui crée aujourd’hui des questionnements n’est pas celui-ci, c’est un autre article écrit il y a un an. Le contexte était alors différent mais nous pointions déjà la présence de propos inacceptables dans ses titres. Il nous était ainsi apparu à l’époque déjà indispensable, au-delà de l'analyse purement musicale, de relever que son univers était problématique en formulant un avertissement explicite à destination de notre public :
 
Extrait : "ses textes ne sont pas à mettre entre toutes les mains, et certaines thématiques récurrentes de son univers sont à prendre avec beaucoup de recul. Accusé par certains d’antisémitisme, sa discographie est ainsi parsemée de name-droppings et métaphores outrepassant régulièrement les limites de l’acceptable".
 
Jugeant la chose a posteriori, un an après la publication de cet article, était-il alors de notre rôle de parler de Freeze Corleone ou fallait-il au contraire considérer qu'il n'en valait pas la peine alors que beaucoup lui prévoyaient un grand succès ? A Mouv’, nous prenons systématiquement le parti de l'information. C’est un engagement fort vis-à-vis de notre public jeune et c’est, j’en suis convaincu, la raison pour laquelle il nous fait confiance : ne pas parler des choses, ne pas débattre de ce qui intéresse notre public, ne pas mettre en perspective même des opinions extrêmes qui pourraient l’interroger voire le séduire, serait contre-productif surtout quand le sujet concerne la société tout entière et les fondements de notre droit. Cela nourrirait les doutes complotistes qui, on le sait, sont répandus dans ces générations. En parler est l’occasion pour nos journalistes et animateurs de montrer ce qui peut être très problématique ce, même dans les positions d’un artiste qui par ailleurs peut être apprécié pour son talent de musicien, et, nous l’espérons, de convaincre. Nous aurions dû y affirmer plus directement le caractère antisémite de sa personnalité et de ses textes, nous avons pris le parti à l'époque d'avertir pour faire réfléchir l’auditeur et réagir l'artiste, ceci malheureusement sans succès. 
 
Quoi qu’il en soit, en tant que média jeune de service public, Mouv' a fortement conscience de la responsabilité éditoriale qui est la sienne.  Le rap est aujourd'hui la musique la plus diffusée en France et la plus écoutée par les jeunes. Chaque mois des milliers de morceaux nous parviennent de partout en France. D'artistes connus et inconnus, signés dans des labels indépendants ou dans des majors compagnies. Nous en diffusons quelques dizaines par mois après une écoute attentive et nous jugeons en notre âme et conscience de la qualité du titre, de ce qui peut être du ressort du fictionnel ou de l'effet de style et de ce qui nous apparaît tombé dans le domaine de l'incitation à toutes forme de haine que nous excluons systématiquement.
 
L’album de Freeze Corleone, sorti le 10 septembre dernier, distribué par Universal et diffusé sur toutes les plateformes digitales et en physique, a rencontré un énorme succès se classant immédiatement dans les meilleures ventes. Pourtant, nos équipes ont écouté cet album et ont considéré qu'aucun de ses titres ne pouvait entrer en programmation musicale sur Mouv’. L'artiste n'a été invité dans aucune émission pour quelle que forme de promotion. Des journalistes ont informé de l'existence factuelle de cet album et des dj's ont ponctuellement diffusé quelques extraits sélectionnés en soirée qui évidemment ne posaient aucun problème quant à leurs paroles.
 
Les choses sont claires : Freeze Corleone n’a jamais été programmé en playlist sur l’antenne de Mouv’, ni hier, ni aujourd’hui. Cela illustre notre ligne éditoriale directrice : aborder les sujets lorsque ceux ci questionnent notre public pour le guider avec nos valeurs de service public, ne pas faire en revanche la promotion de ce qui est inacceptable en l’éclairant aussi sur ce qui est condamnable par le droit français.

Bruno Laforestrie
Directeur de Mouv'
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LA PUBLICITÉ SUR LES ANTENNES

Message d'auditeur
« Depuis quelques temps, je constate que certains des podcasts de France Culture sont précédés par une annonce publicitaire. Je trouve cela très dérangeant car l’écoute est parasitée par un ton et un contenu qui n’a pas de rapport avec le profil de la chaîne. En outre, cette publicité n’est annoncée nulle part, comme si elle se faisait subrepticement. Angliciste, je suis abonné aux podcasts des radios publiques britanniques, irlandaises et américaines et ne rencontre jamais ce type de désagrément. Je n’ai rien à faire du bavardage publicitaire vantant les mérites du dernier roman de x, ou du musée y. Y a-t-il un accord entre France Culture et des partenaires publicitaires ? Dans ce cas, pourquoi ne pas le mentionner sur le site (et à l’antenne à chaque fois qu’il est question des podcasts de l’émission en question ? Personnellement, cela risque à terme de me mener à cesser de télécharger les émissions car cette intrusion publicitaire nuit à mon écoute de la radio. Il me semble essentiel d’informer correctement l’auditeur potentiel de ce qui l’attend. » (France Culture)
À lire, une sélection de messages sur le même sujet

"L'ÉTÉ INDIEN"

Message d'auditeur
« Ce matin à 8h30, un petit éclairage sur le beau temps actuel, en particulier en Bretagne, c’est sympathique.
Malheureusement, il est question « d’été indien » et « d’arrière-saison », nous sommes le 13 septembre, donc tout simplement à la fin de l’été.
Même si certains ont décidé que l’été « météorologique » s’arrête fin août, ce beau temps tardif mais encore estival dont nous profitons nous montre peut-être seulement que ce n’est pas une bonne idée. 
Si vous cherchez "été indien" sur Wikipédia, vous trouverez une illustration des forêts canadiennes d’un beau rouge, donc clairement en automne. On y précise qu’en France, on l’appelle été de la Saint-Martin et ce qui le situe début novembre (vers le 11).
Quant à l’arrière-saison, le petit Larousse la situe à la fin de l’automne, donc début décembre.
N’est-ce pas curieux qu’aujourd’hui où tout le monde parle et se soucie énormément du climat, on ait des notions aussi floues sur les termes qui le décrivent ? Et qu’en plus, on répande ces notions floues sur une grande radio, sans filtre.
Beaucoup disent qu’un vocabulaire approprié est un bon point de départ pour avoir une pensée claire, je le crois absolument.
S’il vous plaît, gardez-nous l’été indien pour les vacances de Toussaint, j’espère bien qu’il se manifestera. » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCE INTER

Message d'auditeur
« J'ai sursauté en entendant votre journaliste donner en exemple, comme "métiers non qualifiés" : coiffeur ou mécanicien. J'aimerais bien voir ce journaliste sortir de son salon de coiffure ou de son garage… Ce journaliste sait-il qu'il faut un CAP et un BEP pour exercer le métier de coiffeur et que les critères sont exigeants ? Idem pour le métier de mécanicien. Et les stages en entreprise avec un professionnel complètent utilement leur formation. Attention aux commentaires "à la va vite". Ce genre d'expression ne va certes pas mettre en valeur la formation professionnelle en alternance… qui est tout aussi estimable dans les métiers manuels que dans un cursus universitaire. Et je préfère nettement avoir affaire à un boucher, un boulanger, une coiffeuse ou un mécanicien avec un CAP plutôt qu'un "décideur" issu de Polytechnique, Sciences Po ou Essec, aux fabuleuses connaissances théoriques et conceptuelles mais pauvres en réalisations pratiques, concrètes et proches de l'humain. Cela étant, je suis une fidèle auditrice de la tranche horaire de Nicolas Demorand. » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages

SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCEINFO

Message d'auditeur
« J'écoute en permanence Franceinfo, et je tiens à vous faire part de mon "agacement". En effet, lorsque vous invitez une personnalité, politique, scientifique ou autre, on est très frustré, car vous lui coupez sans cesse la parole et ne la laissez pas aller au bout de ses phrases. Résultat ? Et bien on ne comprend pas ce qui est dit, puisque les deux voix se superposent. C'est franchement très agaçant et aussi très incorrect envers l'invité. Également, en cette période de crise sanitaire, lorsque vous commentez, essayez de faire la différence entre "la" covid qui est la maladie, et "le" coronavirus qui est le virus. Ca facilitera la compréhension des auditeurs.  » (Franceinfo)
 À lire, une sélection de messages

SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCE CULTURE

Message d'auditeur
« Quand il s'agit de la qualité de l'information, les motifs de satisfaction ne sont pas légions sur les antennes de Radio France, tant les journaux, les magazines et les tranches d'information qui viennent à privilégier ou imposer un point de vue semblent prédominer. 
Il arrive toutefois que l'on se réjouisse de celles qui font notablement exception à ce que je perçois comme une règle générale. 
Ainsi ai-je écouté avec grand intérêt le magazine du weekend proposé et animé par Mme Julie Gacon pendant l'été. 
De même, suis-je un auditeur régulier de l'émission "Entendez-vous l'éco" présentée par  Tiphaine de Rocquigny. 
Les points communs à ces deux émissions : une volonté de comprendre et d'approfondir, sans partir d'un point de vue particulier ni vouloir l'imposer, de proposer une large palette d'opinions (sans faire appel aux mêmes invités incontournables sur d'autres antennes ou programmes) et une discussion civilisée et constructive entre invités (que l'on soit par ailleurs d'accord avec eux ou pas). 
En somme deux émissions (et deux productrices et présentatrices) qui respectent l'auditeur du service public en ne cherchant pas à lui dire ce qu'il convient de penser mais à lui fournir un éventail de points de vue, de faits et d'arguments pour qu'il puisse éventuellement former sa propre opinion (et, en outre, acquérir des connaissances ou avoir l'envie d'approfondir les sujets). 
Bien entendu, il serait souhaitable que l'exigence dont font preuve les deux personnes mentionnées soit largement partagée par tous ceux qui prétendent d'une manière ou d'une autre informer les auditeurs du service public, mais découvrir un oasis de temps à autre rend plus optimiste que d'être confronté à un désert. »
(France Culture)
 À lire, une sélection de messages

COUP DE CŒUR DES AUDITEURS :
​​​​​​​ LE BILLET DE FRANÇOIS MOREL

Message d'auditeur
« Merci Monsieur pour cette chronique non seulement poétique mais surtout d'une grande justesse.  
Merci Monsieur d'avoir rappelé que les souffrances ne se catégorisent pas sur une échelle.  
Merci Monsieur de dénoncer, avec cette douce révolte dans la voix, l'obscénité ambiante où l'horreur donnerait de la valeur à l'Homme : plus on en vit, plus on existe.  
Merci Monsieur de nous rappeler que l'empathie et l'amour de l'Autre, animal ou humain, nous font grandir.  
Merci Monsieur pour vos mots qui m'ont ému et m'ont rappelé pourquoi je fais le métier que je pratique.  
Merci Monsieur de m'avoir donné le courage de continuer, d'avoir soufflé sur cette petite étincelle pour commencer ma journée avec la conviction que ce que je fais à du sens.  
Je m'occupe des hommes, pas des animaux, mais votre texte m'a touché et je tenais à vous le dire. »
(France Inter)
 À lire, une sélection de messages
 

"NOS MÉDIAS PUBLICS"
Participez à la consultation citoyenne ! 

Chères auditrices, chers auditeurs, imaginez les médias publics de demain !
Pour la deuxième année consécutive, Radio France, en partenariat avec France Télévisions, France Médias Monde, TV5 Monde et l’INA, lance une grande consultation citoyenne intitulée « #Nos médias publics ».
L’objectif ? Recueillir le maximum d’idées pour faire évoluer la manière de s’informer, d’apprendre, de se divertir et de se cultiver sur vos médias publics… Vous pouvez soumettre vos idées en ligne jusqu’au au 27 septembre sur la plateforme nosmediaspublics.fr 
Résultats en novembre ! 
LIRE
 

Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Usage de la langue 

“Ma chère radio,  
Je ne suis certainement pas le seul à t’écrire le genre de courrier que voici. Je viens déplorer l'usage fait sur tes ondes de la langue française, ou plutôt de la langue non-française. D'abord et surtout de la part de tes journalistes, peut-être davantage que de la part d'animateurs dont le style qu'ils veulent adopter, ou qui est le leur, peut être considéré comme inhérent au style de leur émission. Mais de la part de tes journalistes – j'y reviens – non ! L'Académie française, sur son site, propose un onglet « néologismes / anglicismes » bien utile pour lutter contre l'invasion grandissante d'un pseudo-langage moderne venu tout droit du monde de l'entreprise. Et si une langue est aussi porteuse du sens de l'idéologie qu'elle véhicule, on se dit en vous écoutant que décidément (et non pas « définitivement »), le capitalisme anglo-saxon a gagné. Tes journalistes ratent trop souvent l'occasion (oh non, pas la vilaine « opportunité »!) de choisir d'autres mots dans notre beau vocabulaire. Serions-nous donc pour de bon impactés (cé pa francê) ? N'aurions-nous plus le choix qu'entre le présentiel et le distanciel, menacés par les "clusters" (comme les Indiens par le général du même nom?), sous l'œil méfiant de notre manadje m'eun't, au milieu de nos au peune s'paysss ? 
Vois-tu, c'est affreux... je ne suis même plus très sûr de parler français comme il faut. Alors s'il te plaît, est-ce que tu pourrais faire un petit effort ? Je t'en serais reconnaissant.” 


Sur comment 
“Certains de vos invités croient parler chic en plaçant ici et là un anglicisme à la mode, comme "à la fin du jour" pour "en fin de compte / au bout du compte", entendu ce matin sur France Inter dans On n'arrête pas l'éco. J'aimerais que les journalistes de Radio France soient plus conscients de la langue qu'ils emploient et ne tombent pas dans le même travers. Dans la même émission ce matin, la présentatrice évoque "le débat SUR COMMENT sauver des emplois" au lieu de "le débat sur la manière de sauver des emplois". Il y deux jours, votre journaliste parle avec Camélia Jordana de son dernier film : "un film SUR COMMENT on aime, COMMENT on...", je cite de mémoire. On dirait : "le film montre comment on aime...". 
De telles horreurs syntaxiques sur une chaîne nationale, c'est vraiment insupportable.” 


Le langage médiatique 
“Est-il convenable que les intervenants médiatiques soient au-delà de la réforme de notre langue ? Non, c’est toujours celle fixée par L’Académie française en 1990.  
Donc, « ce sont les » lorsque les noms qui suivent sont au pluriel car ils sont sujets du verbe et attributs du pronom « c’ ou ce ».  
Les accords de genre ou de nombre sont toujours de mise avec quelques exceptions comme « envoyé spécial » qui est un titre de fonction. Les accords de participes passés avec être ou avoir sont aussi toujours en vigueur. Les plus délicats après certains verbes comme « faire » suivi d’un infinitif ne se font pas. Il est inutile de s’embarrasser de règles, le sens prévaut si l’on analyse les fonctions de la phrase et la relation des mots entre eux. Le langage médiatique est catastrophique, un salmigondis où l’on féminise à outrance les noms de métier alors qu’on néglige les accords faciles en les mettant au masculin. N’anglicisez pas la grammaire française, n’en ajoutez pas au ridicule qui fait qu’« un médecin » devient au féminin une « médecine » ce qui oblige à dire  « une femme médecin » ! Médecin est une profession et non un genre. Compter partout les parties génitales des individus est une ineptie, la valeur morale ou professionnelle ne se situe pas dans le sexe..."


Alors, voilà... 
“Pourriez-vous demander à vos journalistes de bien vouloir limiter le nombre de "alors" pédagogique avant chaque réponse apportée aux questions posées. 
En complément du "voilà" supposé conclusif de chaque intervention, le propos devient légèrement indigent et évident gonflé d'évidence.” 


La langue 
“Les "h" aspirés disparaissent au profit de liaisons hasardeuses et fort "maltapropos": huitzautres, vingtzautres !... 
De même amours : au singulier, ce mot est masculin “un amour de jeunesse”. Au pluriel, il est féminin ! “De belles amours”. 
Tout comme délice et orgue ! 
Que dire des anglicismes malvenus qui finissent par faire oublier la beauté et l'originalité de sa propre langue ? Le français manque-t-il à ce point de vocabulaire ? 
Un excellent journaliste est celui qui respecte ses interlocuteurs et ses auditeurs. C'est leur manquer de respect que de méconnaître les bases mêmes de sa langue !” 


Apocalyptique 
“Ciel rouge apocalyptique selon la "journaliste" qui présente le journal. Que cette personne ouvre donc un dictionnaire et lise la définition du mot apocalypse ; Elle devrait avoir une révélation... France Inter pris encore une fois en train d'abrutir les auditeurs. Quand ce n'est pas le foot, c'est l'appauvrissement du vocabulaire et de la pensée.” 

Liaisons 
“Vous nous parliez ce matin de musique et vous disiez, comme d'habitude, des choses intelligentes et sensibles, et comme d'habitude nous vous écoutions avec plaisir et sympathie. Mais voilà qu'un couac malencontreux est venu déparer la belle harmonie de votre propos : vous avez dit "lon / article", omettant la liaison 'longarticle' qui permet d'assurer la fluidité et l'euphonie que notre langue affectionne. Il est vrai que la liaison, de nos jours, est fort malmenée, comme en témoignent les 'cen / euros', 'deux cen / euros' que nous entendons tous les jours. On entend même, dans les autobus de certaine ville de France, 'prochain / arrêt' répété à longueur de trajet. La langue se disloque et perd ainsi sa musicalité, en laissant s'installer la cacophonie d'un discours désormais haché où les mots se désolidarisent les uns des autres, à l'image, peut-être, des êtres de nos sociétés individualistes ?” 

Présentiel, distanciel 
“Instituteur, je fais partie des gens qui ont enseigné en « distanciel » et, actuellement je travaillerais en « présentiel ». Un peu bêtement, j’avais cru que ce nouveau suffixe « -el » signifiait électronique comme dans courriel. Alors si je peux imaginer que le travail en distanciel soit un travail réalisé à distance en utilisant la « magie » de l’électronique, en « présentiel » je ne perçois pas de manifestation électronique dans mon comportement professionnel... donc j’ai décidé de travailler en présence des élèves.” 

Bashing 
“Mon propos c'est le mot "bashing" que je ne connaissais pas - Internet me dit que cela veut dire "critiquer à tout va" - une suggestion à l'émission, rappeler la définition des mots nouveaux les prochaines fois, il y a des auditeurs qui ne connaissent pas tout...” 
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet
 

Vidéo
DANIEL FIÉVET ET LES AUDITEURS 
​​​​​​​
Daniel Fiévet, producteur du "Temps d'un bivouac" sur France Inter, nous parle de lui et des auditeurs :
​​​​​​​Êtes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
VOIR
Vidéo
ÉLODIE FONT ET LES AUDITEURS
​​​​​​​​​​​​​​

Élodie Font, productrice de l’émission Chacun sa route sur France Inter, nous parle d’elle et des auditeurs :
​​​​​​​Êtes-vous attentive aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marquée ? Quelle auditrice êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
VOIR

 
[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 19 septembre sur franceinfo : "Quel est le traitement éditorial de la 5G ?".  Emmanuelle Daviet reçoit Anne-Laure Barral, spécialiste environnement de franceinfo à 11h51.


France Culture
Fallait-il inviter Edwy Plenel dans "À voix Nue" ?

« A voix nue » est un entretien à deux voix qui donne la parole à des artistes, des créateurs, des intellectuels qui livrent leurs réflexions au cours de cinq demi heures diffusées du lundi au vendredi à partir de 20h.
La semaine du 7 septembre, les auditeurs ont pu écouter les confidences du journaliste Edwy Plenel. Un choix qui les a fait réagir. Pour répondre aux auditeurs, Emmanuelle Daviet reçoit la directrice de France Culture, Sandrine Treiner.​​​​​​
ÉCOUTER

Franceinfo
Le traitement éditorial du coronavirus

Pour parler du traitement du coronavirus sur l'antenne de Franceinfo, Emmanuelle Daviet reçoit Olivier Emond, chef du nouveau service environnement et technologie de franceinfo.







​​​​​​​
ÉCOUTER
 
   
Instagram
@mediatriceradiofrance
Conformément à la loi Informatique et libertés n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, ainsi qu’au règlement européen n°2016-679 relatif à la protection des données personnelles vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, d’effacement, d’opposition et de portabilité sur les données vous concernant ainsi qu’un droit de limitation du traitement. Pour exercer vos droits, veuillez adresser un courrier à l’adresse suivante : Radio France, Délégué à la protection des données personnelles, 116 avenue du président Kennedy, 75220 Paris Cedex 16 ou un courriel à l’adresse suivante : dpdp@radiofrance.com, en précisant l’objet de votre demande et en y joignant une copie de votre pièce d’identité.

Conformément aux dispositions susvisées, vous pouvez également définir des directives relatives à la conservation, à l'effacement et à la communication des données vous concernant après votre décès. Pour cela, vous devez enregistrer lesdites directives auprès de Radio France. A ce titre, vous pouvez choisir une personne chargée de l’exécution de ces directives ou, à défaut, il s’agira de vos ayants droits. Ces directives sont modifiables à tout moment. 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter vos droits sur le site de la CNIL.
Se désinscrire

Équipe de la médiatrice (édition numérique) : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet
 Antoine Ferreira 

Crédits photo : © Christophe Abramowitz, Radio France © Jason Colston Getty © Getty © Gamma Rapho Getty © Thatree Thitivongvaroon Getty © Patrick Kovarik AFP © Getty © Christophe Abramowitz, Radio France © Capture d'écran Youtube