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#13/2020 - Mars 2020
 L'EDITO DE LA MÉDIATRICE


C’est la première fois 

« C’est la première fois que je vous écris ». C’est ainsi que débutent les nombreux messages que je lis depuis le début du confinement. Adolescents, mères de famille, célibataires, actifs, chômeurs, en famille ou seul, leurs mails traduisent un irrépressible besoin de témoigner, d’échanger.  

Sous forme de lettre, de journal, de poème (parfois en alexandrins !) ils racontent la sidération, l’isolement, le tracas, la peur de ce qui peut advenir, le découragement et une forme d’espoir aussi. Des morceaux d’existences, des bribes d’un quotidien recomposé. Et ce que chaque auditeur écrit est incontestablement porteur d’un universel, de ce que chacun d’entre nous traverse. 
 
Que faire de ces lettres, ces poèmes, ces billets d’humeur, de colère, qui ont peu à voir avec la ligne éditoriale d’une rédaction ou avec le choix d’un reportage ?  Car ces mots ne sont ni une contestation de ce qui vient d’être entendu à l’antenne, ni la critique d’un reportage ou du choix d’un invité. Ces mots sont une traduction du présent et une interrogation sur l’avenir. Que faire de ces témoignages, loin du travail habituel de la médiation ? Les lire, les classer, les partager avec vous bien sûr, car dans leur singularité ils témoignent du moment historique que nous traversons, de toutes ces ruptures avec le quotidien d’avant.  

On écrit à la radio ce que l’on ne peut plus dire à un ami, à un voisin, à un collègue dans la pièce à côté. On écrit à la radio parce qu’on ne sait pas à qui l’écrire. On écrit à la radio fidèle compagne du quotidien, caisse de résonance des vies confinées ou de celles sur le terrain. On lit la colère d’une infirmière : « Nous nous relayons jours et nuits pour être sur le pont, nous dépensons une énergie considérable et déployons un investissement personnel et humain incroyable. Parce que notre travail c’est l’Humain. Parce que comme d’habitude nous rentrons chez nous épuisés par ces douze heures passées dans cet autre monde, là-bas, dans cet endroit nommé Hôpital Public (…) Que voulez-vous qu’on vous raconte ? La tenue de cosmonaute toute la journée, le masque qui abîme les oreilles et le nez, dans lequel on respire tellement difficilement qu’on a mal à la tête au bout de deux heures, le fait que l’on ne peut pas boire de la journée ? (…) Nos corps souffrent. Oui, nous voyons des morts. »

Une auditrice écrit car elle a « simplement envie de partager un peu de cette solitude du médecin de campagne. »  Le père d’un infirmier relate le quotidien de son fils « totalement seul, livré à lui-même devant une patientèle fragile » dont « un collège a été agresser au cutter pour lui voler ses masques ». Un « soir de cafard » une interne dans un cabinet de médecine générale nous confie : « Je viens de terminer une journée de stage intense dans le contexte épidémique en compagnie de ma maître de stage. Ce soir j'écris car je suis écœurée, écœurée de l'égoïsme des gens qui nous entourent, de leur mesquinerie, de leur manque de solidarité. ». 

Des auditeurs s’indignent d’entendre des gens se plaindre d’être confinés chez eux : « Je suis ulcérée depuis le début du confinement de toutes ces personnes qui se plaignent d'avoir leurs enfants, leur mari, leur chien, leur chat et leur canari à la maison... Mais bon sang pensez un peu à ceux qui sont seuls (jeunes ou vieux), chez eux, dans la rue, dans les Ephad ou à l'hôpital et qui eux aimeraient certainement avoir du monde autour d’eux. » 

Un jeune homme s’interroge : que devient le sentiment lorsque l’on tombe follement amoureux trois jours avant le début du confinement ? Une auditrice évoque un proche qu’il n’est pas possible d’accompagner dans ses dernières heures, une autre un beau parent parti en vacances à Cuba et hospitalisé là-bas pour cause de Covid- 19.  

Beaucoup d’auditeurs s’expriment sur la continuité pédagogique. Une mère, un père n’est pas un enseignant. On le savait avant.  Le confinement le confirme à présent. Enseigner est un métier. On ne s’improvise pas professeur du jour au lendemain. Outre des compétences requises, des familles n’ont tout simplement pas d’imprimante, pas de scanner ou d’accès internet. Quant aux parents en télétravail, ils témoignent d’un quotidien surchargé où, à l’exercice de leur profession dans des conditions dégradées, s’ajoutent une difficile gestion domestique et un simulacre d’école à la maison. Comment encadrer et guider leurs enfants ou leurs élèves ? De nombreux parents et professeurs écrivent et s’interrogent sur la transmission du savoir dans ces conditions inhabituelles. 
 
La radio tient tous les rôles 

Dans cette expérience singulière et déconcertante, la radio tient tous les rôles. Informative, distrayante, éducative, inspirante, elle multiplie les promesses et les accomplit. Elle accompagne les plus isolés, certains la laissent allumée jour et nuit pour faire taire le silence. La radio ne parle pas à tout le monde, elle parle à chacun d’entre nous. On l’écoute pour ne pas être sourd au monde qui poursuit sa course malgré toutes ces existences à l’arrêt. Dans son isolement contraint, l’auditeur fait l’expérience paradoxale de la proximité avec une communauté.  

Entre le dedans et le dehors, le confinement et l’extérieur, il y a la radio comme le fil ténu qui nous relie les uns aux autres, qui nous conforte aussi dans nos précieux repères d’avant-confinement, comme l’a si bien écrit Camille, une auditrice : « Je me réveille tous les matins avec France Inter, ça c'est comme avant, vers 7h, mais toute seule, puisque mon mari et mes deux petits garçons sont partis à la campagne vivre mieux le confinement. Je suis médecin hospitalier à Lyon, mon quotidien ne ressemble plus à rien de connu (…) bref c'est l'inconnu vers lequel nous allons, on nous prédit un cauchemar, moi j'essaie d'être au maximum au jour le jour, de fare mon travail du mieux que je peux, de parler à mes enfants le soir comme si on allait se voir demain. Alors comment vous dire... me réveiller avec des voix connues, un déroulé presque comme d'habitude, c'est plus que précieux pour moi, cela redonne du quotidien rassurant à ce qui n'en est plus vraiment un ». Message transmis à Nicolas Demorand et Rebecca Manzoni qui lui ont fait le plus joli des cadeaux à écouter ici.

Comme Camille, des centaines d’auditeurs remercient très chaleureusement les équipes d’assurer la continuité des antennes en cette période difficile, leurs messages sont à lire dans cette Lettre. Des auditeurs de France Inter souhaitent aussi savoir s’ils retrouveront leurs émissions de divertissement en direct. La demande a été transmise à Laurence Bloch, la Directrice de France Inter et ils ont été entendu : Popopop, La Bande originale, Par Jupiter (versus Jupidémie) et Le Jeu des 1000 euros reviennent dès lundi, la réponse de Laurence Bloch est à lire ici.  

Les auditeurs sont également très nombreux à nous écrire pour suggérer des thèmes de reportages en période de confinement : les professions mobilisées, l'actualité internationale, le manque de masques, les femmes enceintes, les soignants, les accompagnateurs, les enfants en situation de handicap, les violences intrafamiliales… Leurs courriels sont immanquablement relayés auprès des rédactions. Une sélection de messages d'auditeurs avec les liens des reportages réalisés par les journalistes est à lire ci-dessous. Autres grands sujets de réflexion : le professeur Didier Raoult, la chloroquine et les tests de dépistage qui suscitent questionnements, interrogations et curiosité.  

Pour tous, cette période de confinement est une série de « première fois ».
​​​​​​​Première fois qu’on écrit à la radio, première fois que l’on se sent à ce point relié au monde par ces voix connues que l’on écoute dans sa salle de bain, un garage, le jardin, le salon ou la cuisine. A propos de cuisine, France Inter lance son premier concert du confinement pour danser et chanter avec Stéphan Eicher en direct de… sa cuisine ! Ça aussi c’est la première fois ! 

Bonne lecture,

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


​​​​​​​Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 20 au 27 mars 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- Merci aux équipes de Radio France ! 
2- Le Professeur Didier Raoult
3- La chloroquine
​​​​​​​4- Les tests de dépistage
5- Les auditeurs suggèrent des thèmes de reportages
6- Les témoignages
7- Textes et poèmes d'auditeurs

MERCI AUX ÉQUIPES !

Messages d'auditeurs
« Chère France Inter,
Petit message de gratitude en ces temps mouvementés.
Depuis mercredi, je me réveille tous les matins avec France Inter, ça c’est comme avant, vers 7h, mais toute seule, puisque mon mari et mes deux petits garçons sont partis à la campagne vivre mieux le confinement.
Je suis médecin hospitalier à Lyon, mon quotidien ne ressemble plus à rien de connu, cela change tous les jours, au gré des recommandations de l’hôpital, des perspectives toujours plus alarmistes, de l’espoir d’avoir enfin un voire deux masques par jour pour les soignants, pour les patients qu’on accueille, bref c’est l’inconnu vers lequel nous allons, on nous prédit un cauchemar, moi j’essaie d’être au maximum au jour le jour, de faire mon travail du mieux que je peux, de parler à mes enfants le soir comme si on allait se voir demain.
Alors comment vous dire… me réveiller avec des voix connues, un déroulé presque comme d’habitude, c’est plus que précieux pour moi, cela redonne du quotidien rassurant à ce qui n’en est plus vraiment un.
Et ce matin, cerise sur le gateaux, le pop and co de Rebecca Manzoni, c’était avec Alain Souchon… j’adore Alain Souchon, oui je suis très France Inter… Alain Souchon, j’ai l’impression de le connaitre depuis toujours, je l’ai vu en concert à Paris, à Lyon, j’ai l’impression qu’il me parle à moi, et ce matin encore plus.
Alors ce soir quand je suis rentrée de mon travail, dans ma maison vide, avec une bonne dose de tension, de mails, d’infos en tête, j’ai tout débranché, je me suis mise en mode avion, et j’ai écouté le podcast dont parlait Rebecca Manzoni ce matin.
Et là, j’ai décroché, je me suis laissée bercée par Alain Souchon and co, par la belle voix de Rebecca Manzoni, et ça m’a fait du bien. Je me suis dit qu’il avait raison Alain Souchon, la vie est décevante parfois, en ce moment elle l’est pas mal, mais qu’aussi rien ne vaut la vie. Merci France Inter ! Camille »
(France Inter)

A réécouter : le 80″ de Nicolas Demorand sur France Inter : "Elle s’appelle Camille, elle est médecin hospitalier à Lyon. Quatre-vingts secondes ce matin sur le mail qu’elle a envoyé à France Inter."

« J'ai comme tous les jours écouté le 7/9 de France Inter et ai été particulièrement ému par la dédicace directe à une soignante de Nicolas Demorand et Rebecca Manzoni. Ce qu'il se passe à Radio France en ce moment est tout simplement admirable ! » (France Inter)

« Je ne suis pas une soignante comme Camille mais une enseignante, à la maison, avec 2 enfants, qui improvise et fait au mieux pour essayer de garder mes élèves éveillés et dans la joie de l’école (sans école !). Inventer un nouveau modèle. Que j’espère provisoire. Mais, comme pour Camille, votre radio est un vrai soutien, une voix, une présence au monde absent et changeant, bientôt changé. Parfois je pleure, parfois je ris, parfois je suis émue ou je sors de cette réalité. Et je partage aussi ! À la nouvelle du confinement, une de mes craintes a été la fermeture de Radio France… Ouf, vous êtes là ! Merci !  » (France Inter)

« Merci, un très grand merci pour l’hommage à Camille et à tous les intervenants qui sont en première ligne. Continuez ainsi vos émissions de qualité, par des personnes talentueuses ! Nous souhaitons que de bonnes résolutions sensées découlent de ces épreuves jusqu’alors inconnues ! Nous sommes plusieurs à vous apprécier.
Bon courage et pour tous les jours : MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI. »
(France Inter)

« Je tiens à vous féliciter pour la qualité de vos émissions. Même celles qui sont enregistrées et diffusées à nouveau, même celles que l’on a déjà pu entendre… tout est d’un très haut niveau de professionnalisme, et c’est pour cela qu’on ne s’en lasse pas. En ces temps difficiles, France Musique est un havre de paix. Bravo à toutes les équipes, et merci ! » (France Musique)

« Je veux remercier M. Xavier Mauduit qui continue à nous faire profiter du « Cours de l’histoire » tous les matins, un véritable bonheur de pouvoir écouter autre chose que des infos coronavirus ! Grand merci et surtout continuez à nous divertir intelligemment ! » (France Culture)

« Ce matin, à 08h29, juste avant l’émission de Marc Fauvelle sur Franceinfo, Olivia Leray termine en parlant de la musique Viva la vida, jouée par deux petits garçons italiens confinés. J’ai été très émue et touchée, et j’aimerais partager cette chronique sur les réseaux sociaux ! Je vous REMERCIE d’être là, je vous écoute tous les jours (je préfère la radio à la télé et ses images anxiogènes). Continuez, et encore merci. » (Franceinfo)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LE PROFESSEUR DIDIER RAOULT

Messages d'auditeurs
« Je suis connecté à votre radio depuis des années en quasi permanence et vous remercie pour la qualité exceptionnelle de votre service. Je constate cependant que les démarches mises en œuvre par le professeur Didier Rouault sont peu relayées sur les infos et m’en étonne. Le milieu hospitalier est en train de prendre des mesures qui suivent ses recommandations, ce qui en toute logique est rassurant, ce serait bien d’en parler, non ? Merci ! » (Radio France)

« Je trouve que vous ne parlez pas suffisamment du médicament utilisé par le professeur Raoult à Marseille contre le coronavirus, alors que nous sommes en guerre. Merci » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LA CHLOROQUINE

Messages d'auditeurs
« J’aimerais savoir, pourquoi, alors que les évidences de baisse de charge virale ont été observées, pourquoi la chloroquine n’est pas utilisée massivement ? Même si le premier essai clinique français est un peu faible dans sa conduite. Néanmoins les essais chinois ont aussi démontré son efficacité. Stocks vides ? Je n’ose penser a une histoire de gros sous avec les labo pharmaceutiques… » (France Inter)

« Le discours officiel du conseil scientifique sur les mesures à prendre sont à 80% liées aux difficultés logistiques vécues ou anticipées. C’est le cas des masques, c’est le cas de l’absence de tests systématiques, c’est aussi le cas de la chloroquine.
Pourquoi attendre que les cas soient graves pour donner de la chloroquine (médicament bénin qu’on donne à tous ceux qui partent en Afrique) ? Si c’est pour une raison de disponibilité logistique ? Ce médicament pourrait peut-être réduire la durée de contagiosité, donc il faudrait au contraire le donner à tous ceux qui doivent encore sortir de chez eux. J’entends des stupidités sur les raisons de ne pas tester la chloroquine en attendant mieux : si on avait attendu d’être sûr que le débarquement de Normandie allait marcher pour le lancer, il n’aurait jamais eu lieu. Nous souffrons en France d’une autosatisfaction constamment répétée, mais jamais vérifiée, en prétendant que nous avons la meilleure médecine du monde : le monde bouge, et ce qui était vrai il y a 40 ans ne l’est plus aujourd’hui. »
(France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LES TESTS DE DÉPISTAGE

Messages d'auditeurs
« Etant médecin généraliste, je passe actuellement une grosse partie de mon temps à gérer cette crise sanitaire. Une question revient régulièrement de la part des patients, malades ou pas : pourquoi certaines personnes ont bénéficié de test (people, politiques, sportifs) le font savoir via des vidéos ou des tweets sur lesquels ils n'ont pas l'air bien malades, alors que nous, médecins, passons un temps fou à faire de la pédagogie sur les personnes à qui on doit réserver les tests ? » (Radio France)

« Dans votre émission d'hier soir, lundi 24, un de vos intervenants déclarait que le dépistage était complètement inutile : ''une personne dépistée négative pouvant par la suite devenir positive''. Simultanément le ministre de la santé annonçait la démultiplication des tests. Que penser de ces propos contradictoires ? Est-il recevable de s'entendre dire dans un centre de dépistage : ''Vous avez tous les signes de l'infection, il donc inutile de vous faire passer un  test de dépistage'' ? » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LES AUDITEURS SUGGÈRENT
​​​​​​​DES THÈMES DE REPORTAGES

Les auditeurs sont très nombreux à nous écrire pour suggérer des thèmes de reportages : les professions mobilisées pendant le confinement, l'actualité internationale, le manque de masques, les femmes enceintes, les soignants, les accompagnateurs, les enfants en situation de handicap, les violences envers les femmes et les violences intrafamiliales... Voici une sélection de leurs messages. Leurs courriels sont immanquablement relayés aux rédactions qui parfois s'en inspirent ou bien qui ont déjà traité le sujet. Une sélection de messages d'auditeurs ci-dessous avec en lien les reportages réalisés par les antennes. 

Les professions mobilisées
Message d'auditeur
« Il est dommage que vous passiez sous silence les métiers funéraires. Tout comme la santé, les gens travaillant dans ce domaine sont aussi confrontés à ce virus. Dans notre domaine, nous manquons de protection à usage unique et de masques. Nous ne sommes pas considérés comme prioritaire et pourtant, nous sommes confrontés à ce virus lors de la prise en charge des défunts de covid 19. » (Radio France)

Retrouvez le témoignage de Valérie Touchard, présidente du Groupements des Opérateurs Funéraires Indépendants (GOFI), dans "Le Téléphone sonne" du mercredi 25 mars (20')

L'actualité internationale
​​​​​​​
Message d'auditeur
« Que devient la Syrie ? Depuis notre confinement nous n’avons plus aucune nouvelle de la Syrie. Que deviennent-ils ? Pourquoi, du jour au lendemain, nous n’avons plus aucune information, alors qu’on nous annonçait une catastrophe humanitaire avec des millions de réfugiés coincés à la frontière Turque, avec des familles qui mourraient de froid ? Pourriez-vous nous informer de ce qui se passe là-bas ? » (France Inter)

La rédaction internationale de Radio France propose chaque jour depuis le début du confinement "Par ailleurs", une série d'articles couvrant le reste de l'actualité internationale. Du Yémen au Mali, en passant par les États-Unis, l'Espagne, la Syrie, Israël ou la Finlande : les journalistes de la rédaction internationale sélectionnent et expliquent pour vous "cinq infos du monde garanties sans Covid-19".

Les parents et leurs enfants en situation de handicap
Message d'auditeur
« Les parents et les enfants en situation de handicap. Vous oubliez une partie très importante de la population : les personnes handicapées et leurs aidants. J’ai 71 ans, je suis maman d’une jeune adulte autiste de 28 ans. Elle est depuis 7 ans en Foyer d’accueil médicalisé 3 jours et demi par semaine, et 2 jours et demi avec moi. Les accompagnants de ce foyer sont de jeunes parents, qui se doivent de rester chez eux pour garder leurs enfants. En conséquence, et pour réduire le nombre de personnes prises en charge, on m’a demandé si je pouvais garder ma fille à la maison. Ce que j’ai fait bien entendu, à la fois pour soulager l’établissement, et pour savoir ma fille en sécurité (relative comme pour chacun) avec moi. » (Franceinfo)

À retrouver le reportage d'Hélène Chevallier dans le Grand angle du 5/7 de France Inter vendredi 27 mars. La journaliste a rencontré une maman et son garçon en situation de handicap à Verson près de Caen (Normandie).

 À lire, d'autres thèmes souhaités par les auditeurs

LES TÉMOIGNAGES DES AUDITEURS

Ce qu'il se passe à 20h 
Message d'auditeur
« J’aime ce moment de chaque soir à 20 heures debout devant la fenêtre et, voyant les voisins d’immeuble faire de même, applaudir en hommage à tous les personnels soignants. Hommage plus large à destination de toutes les personnes qui nous permettent par leur travail, leur engagement, leur dévouement, à traverser cette épreuve inédite. Permettez-moi d’ouvrir cet hommage à tout le personnel qui prend soin des victimes du virus décédées. Le personnel hospitalier puis celui des Pompes Funèbres qui assurent la prise en charge des corps dans les morgues, dans les lieux de décès ; procèdent à la mise en bière et au transport des corps ; accueillent, écoutent et assistent les familles éprouvées dans les procédures administratives, les cérémonies réduites à la stricte intimité des proches. Pour les inhumations, les personnes qui s’occupent d’ouvrir puis de refermer les tombes ou bien, dans d’autres cas, celles qui assurent les services de crémation. » (Radio France)

La continuité pédagogique
Message d'auditeur
« J’ai 2 filles en CE2 et en 5ème (dys) et je télétravaille. C’est impossible de travailler avec en CE2 "Maman maman c’est quoi un marinier ? Maman maman c’est quoi une mensualité ? Maman maman c’est quoi un triangle rectangle ? Maman maman dis moi la dictée..."
Et ma grande je l’avais complètement délaissée. Aujourd’hui le programme d’anglais était tellement chargé qu’au bout de 2 heures rien n’était fini. Pas d’accès à la vie scolaire. Des mails dans tous les sens. Des supports répartis partout ! Bref je sais que les inspecteurs mettent la pression aux enseignants. Au collège j’ai moins d’inquiétude, mais l’école primaire c’était déjà marche ou crève. Le programme continue et si je n’assiste pas ma fille, elle ne sera plus dans la course. Alors mettez clairement la règle qu’il n’y a que des révisions pas de nouveaux programmes. Sinon c’est l’inégalité. »
(Radio France)

Ma vie en confinement
Message d'auditeur
« Lorsque ce matin j’ai appelé mes voisins pour avoir de leurs nouvelles, j’ai réalisé la détresse et les craintes qu’ils vivent actuellement. Ils ont plus de 80 ans et sont complètement reclus dans leur maison. Comme paniqués et pensant que le Covid19 est dans l’air, ils n’osent pas sortir sur leur balcon. J’ai proposé de les ravitailler puis ai déposé les courses sur le pas de leur porte. Quand ils m’ont téléphoné pour me remercier j’ai eu l’impression de les avoir comme sauvés.
Je pense donc il est peut-être urgent d’alerter les municipalités afin qu’elles organisent des services de consultations téléphones, déjà, des foyers et ménages de personnes âgées de leur communes. Car elles vivent une grande solitude et n’osent pas demander de l’aide par peur de la contamination.
Ensuite les municipalités pourraient mettre en place une proposition de distribution de colis de denrées et produits de 1ère nécessité. Merci de bien vouloir faire connaître ce message. »
(Radio France)

Ma vie de soignant
Message d'auditeur
« Chers médias, aujourd’hui vous nous demandez plus que jamais nos témoignages, des images, nos ressentis sur la situation actuelle.
Chers médias, sachez qu’aujourd’hui nous faisons notre boulot comme d’habitude... à fond. Comme d’habitude nous nous relayons jours et nuits pour être sur le pont, nous dépensons une énergie considérable et déployons un investissement personnel et humain incroyable. Parce que notre travail c’est l’Humain. Parce que comme d’habitude nous rentrons chez nous épuisés par ces douze heures passées dans cet autre monde, là-bas, dans cet endroit nommé Hôpital Public. Hôpital pour lequel on se bat avec la même détermination que pour nos patients. Aujourd’hui vous nous demandez si nous avons des morts, si nous sommes à bout.  
Chers médias, sachez qu’aujourd’hui nous avons des morts, du travail par dessus la tête et nous sommes fatigués... comme d’habitude. Comme d’habitude nous sommes fatigués par ce manque de respect, de reconnaissance, fatigués de se battre comme des lions dans notre métier pour «vivoter» et se faire malmener par le coût de la vie. Comme d’habitude nous avons des morts oui. Moins que ceux de la grippe mais oui nous en avons. Que voulez-vous qu’on vous dise de plus ? Aujourd’hui vous nous demandez si nous nous inquiétons pour nos proches, si nous avons peur...
La suite du cri de détresse de cette infirmière à lire ici  » (Radio France)

"Je travaille"
Message d'auditeur
« Je suis gérant d'une petite société de maintenance. Moi ce serait mon rêve d'être confiné et de ne pas risquer de ramener ce virus à ma femme et mes enfants. Mais le gouvernement dit “il faut travailler”. Alors pour ne pas risquer de perdre des clients je continue à contre cœur. Essayez de vous mettre à 1 mètre de quelqu'un pour prendre des consignes dans un atelier de machines outils. On nous sacrifie nous et nos familles au nom de l'économie française. C'est bien pire que d'être sacrifié pour sauver des vies. J'espère que mon message sera lu et compris et qu'il fera réagir les grands chefs d'état. » (Radio France)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

TEXTES ET POÈMES D'AUDITEURS

Messages d'auditeurs
« Je m’appelle Arthur, j’ai 15 ans.
Je souhaitais partager ce texte, que j’ai écrit, sur mon ressenti sur le confinement.
Notre routine quotidienne commence à se faire loin maintenant. Le réveil à 6h40, le bus scolaire, les inter-cours et les repas au self du lycée semblent d’une autre époque. Mais ils ne datent que d’une semaine. On l’a pourtant vu arriver progressivement, en Chine, en Europe, en France, puis chez le voisin maintenant. Mais personne n’était prêt à laisser ses habitudes de côté comme ceci. Certains ont vu leur vie se ralentir, obligé de revenir à l’essentiel, à se demander comment réussir à occuper sa journée. D’autres, à l’opposé, ont vu tout s’accélérer, avec sur leurs épaules la France entière. Nous sommes en guerre paraît-il, chaque guerre a ses héros, nous avons trouvé les nôtres. Ils ont le visage de la caissière du supermarché d’à côté, celle qui n’aurait jamais imaginé être applaudie chaque soir pour son métier.
Cloîtrés chez nous, nous n’avons jamais été si proche de notre lieu de vie. On découvre de nouveau notre chez-nous. J’ai énormément de chances car j’aime ma maison. Je suis un privilégié et je me sens honteux de me l’avouer. Sans les distractions des obligations quotidiennes, nous sommes confrontés directement à notre environnement, notre lieu de vie tout comme notre famille. C’est donc le bon moment pour me demander, ”Est-ce que j’aime ma vie ?”. Je suis alors obligé de répondre oui car je n’ai jamais été aussi favorisé que dans ce confinement, qui nous rapproche de ce que l’on est devenu et qui met chacun bien à sa place dévoilant au grand jour les différences.
Le confinement, ne rien faire pour gagner la bataille, une nouvelle drôle de guerre. Je me suis d’abord étonné de la faculté de la population à respecter la privation d’une partie de sa liberté. La peur d’une sanction me suis-je d’abord dis. Puis j’ai compris que c’est une autre peur qui nous fait respecter les mesures, la peur de l’ennemi. Il est plus facile d’avoir peur d’être blessé au combat plutôt que de toucher un camarade d’une balle perdue. Pour nous convaincre d’une urgence il faut que nous voyons le danger de nos propres yeux car tant que notre petite personne ne se sent pas concernée alors elle ne fera rien. C’est pourquoi nous n’agissons pas en prévention mais en conséquence et c’est pourquoi nous perdrons sûrement les combats de demain. Merci d’avance.
Arthur »
(Radio France)
 À lire, une sélection de textes et poèmes reçus

LES QUESTIONS PRATIQUES

Les auditrices et auditeurs sont nombreux à se poser des questions au sujet du virus, des règles de confinement, du travail... 

Vous trouverez ici tous les liens des émissions, articles et sujets réalisés par les antennes depuis lundi 16 mars sur les questions pratiques concernant le coronavirus.
LIRE


ILS VOUS RÉPONDENT...

Lettre de Sibyle Veil à toutes les auditrices et tous auditeurs de Radio France

Des auditeurs ont écrit pour faire part de leur étonnement quant aux changements de programmations sur leurs antennes habituelles. Emmanuelle Daviet a donc sollicité Sibyle Veil, Présidente de Radio France, afin qu'elle puisse expliquer ce qui a guidé ses choix dans cette période exceptionnelle et historique pour notre Maison. 
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La lettre de Laurence Bloch aux auditeurs

Depuis le début du confinement, la Médiatrice des antennes de Radio France reçoit de très nombreux messages d’auditeurs de France Inter qui remercient très chaleureusement les équipes d’assurer la continuité de l’antenne en cette période difficile. Certains souhaitent savoir s’ils retrouveront leurs émissions de divertissement en direct.
La réponse de Laurence Bloch, la Directrice de France Inter
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France Musique adapte ses programmes : la lettre de Marc Voinchet

"Chers auditeurs,
Nous attaquons donc la deuxième semaine de confinement.
Aussi, les équipes de France Musique sont plus que jamais sur le pont pour vous aider à traverser le plus sereinement possible cette crise sanitaire sans précédent. C’est ce que nous tentons d’appeler le « confinement heureux » avec France Musique.​​​​​​​"...

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Comment France Culture va jouer son rôle auprès de vous durant la période de confinement

Sandrine Treiner, directrice de France Culture répond aux messages des auditeurs : "Depuis le 16 mars, Radio France a activé son plan de continuité d’activité. Ce plan de continuité permet d’adapter notre organisation pour assurer nos missions essentielles de service public et pour veiller à la santé de nos personnels. C’est ce qui nous permettra assumer, dans la durée, nos missions."...
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LES ANTENNES ADAPTENT LEURS PROGRAMMES

Radio France a activé son Plan de continuité d’activité.
Son objectif est de préserver la capacité de Radio France à informer et à accompagner les Français aussi longtemps que durera l’épidémie du Coronavirus.
Les antennes ont donc adapté leurs programmes. Vous pouvez les consulter ici. 
VOIR LES PROGRAMMES

VIDÉOS

FABRICE DROUELLE ET LES AUDITEURS 

Dans cette période de confinement et d’attente, France Inter propose des rediffusions de l'émission "Affaires Sensibles", tous les jours de 15h à 16h.
Fabrice Drouelle, producteur d'Affaires Sensibles sur France Inter, nous parle de lui et des auditeurs :
​​​​​​​Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
​​​​​​​
VOIR

NICOLAS MARTIN ET LES AUDITEURS

Chaque jour sur France Culture, Nicolas Martin, producteur de la Méthode Scientifique, fait un point sur l'avancée de la recherche sur le coronavirus. 
Nicolas Martin, producteur de la Méthode Scientifique sur France Culture, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
​​​​​​​ 
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TOUTES LES VIDÉOS

[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 28 mars à 11h51 sur franceinfo "Les lettres de remerciements des auditeurs de franceinfo à la rédaction". Emmanuelle Daviet est au micro de Jean-Philippe Baille, directeur de la rédaction de franceinfo. 



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Équipe de la médiatrice (édition numérique) : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet
 Antoine Ferreira 

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