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#42/2020 - Octobre 2020
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE


Le visage des guerres   

Comme l’hydre aux têtes multiples, qui repoussent à mesure qu’on les coupe, la guerre en 2020 a de multiples visages : guerre sanitaire, guerre de territoires, guerre contre les terroristes… La guerre est le fil rouge des messages de la semaine : du couvre-feu annoncé par le chef de l’Etat, au conflit dans le Haut-Karabagh en passant par la libération de l’otage Sophie Pétronin.  

Contemporaine des combats menés sur tous ces fronts, la jeune génération se mobilise elle aussi, pour d’autres causes. Ils ont 20 ans et des propos qui claquent ! France Inter leur a donné la parole tout au long de la journée mercredi 14 octobre. Les auditeurs ont plébiscité cette offensive radiophonique.  

Autre combat : celui des idées. C’est le thème du jour sur France Culture : « Que faisons-nous du débat public ? ». Réactions d’auditeurs dans cette Lettre.    


Chef de guerre 

21 millions de téléspectateurs ont regardé Emmanuel Macron annoncer l’instauration du couvre-feu. Mercredi soir, pendant 45 minutes sur France 2 et TF1, le président de la République a détaillé sa stratégie pour contrer la "deuxième vague" épidémique liée au nouveau coronavirus : un couvre-feu entre 21h00 et 06h00 à partir de samedi et pour au moins quatre semaines en l'Île-de-France et huit métropoles : Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse. 
Le chef de l'Etat a justifié ces mesures par la nécessité d'enrayer l'épidémie qui a fait plus de 33 000 morts dans le pays. L'objectif présidentiel est de faire baisser le nombre de contaminations jusqu'à 3 000 à 5 000 par jour au lieu des 30 000 ce vendredi. Le couvre-feu vise notamment à limiter les moments de convivialité privés, considérés comme des "vecteurs d'accélération" du virus.  
Au lendemain de cette annonce, les élus ont réagi sur les antennes de Radio France. 

Mercredi soir sur Franceinfo, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc s'est dit inquiet "des conséquences économiques et sociales de ces mesures". En plus du confinement, "Toulouse a un facteur aggravant. Pendant 18 mois, on a eu des samedis perturbés très fortement par le mouvement des Gilets jaunes. Donc, il y a des professions qui ont considérablement souffert." Le maire de Toulouse craint que le couvre-feu soit "le coup de grâce et que ces quatre semaines soient fatales à beaucoup d'entre elles".   

Sur France Bleu Normandie, le maire socialiste de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, invité ce jeudi, "prend acte" de ce "désastre pour le territoire". Le maire de Rouen en appelle à la "responsabilité et au sens civique" de chacun. Il estime qu'il n'est pas temps de tirer un bilan critique de l'action du gouvernement. "Je ne serai pas le dernier à y contribuer quand il aura lieu", ajoute-t-il, "mais aujourd'hui c'est l'heure de l'action, de l'action républicaine et de la solidarité".    

Le maire Les Républicains de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, se montre bien plus critique. "La décision qui a été prise par le président de la République est un aveu de faiblesse", a-t-il réagi sur France Inter ce jeudi matin. Pour Gaël Perdriau, "cela montre l'inefficacité des mesures prises depuis le mois d'août, qui sont venues se superposer les unes aux autres sans qu'on sache vraiment, finalement, si elles sont efficaces."  

Éric Piolle, maire EELV de Grenoble, a estimé ce jeudi sur franceinfo que le président de la République "naviguait à vue" depuis le début de la crise sanitaire. "Il y a une mesure qui vient cibler l'espace privé, là où manifestement se passent les contaminations. Il y aura peut-être moins d'effets pervers que dans les mesures précédentes", a-t-il réagi. Le maire écologiste a fait part de ses "inquiétudes pour tous les restaurateurs et tous les secteurs qui vont sombrer" après l'annonce de ce couvre-feu.  

"Je suis en colère", a réagi sur France Bleu Provence ce jeudi Michèle Rubirola, la maire de Marseille. Elle estime que le couvre-feu n'est pas la bonne solution aujourd'hui pour lutter contre l'épidémie. Pour elle, ce "confinement nocturne" va peser trop lourd au niveau économique. "Les Marseillais vont payer, par la suppression de leur plaisir, par une précarisation économique", ajoute-t-elle. Pour Michèle Rubirola, il faut d'urgence investir dans les hôpitaux.  
 
Un avis partagé par un auditeur : « Pourquoi l'Etat n'utiliserait pas les milliards qu'il compte injecter dans une économie (qui ne se relèvera pas) pour armer pour de bon le monde de la santé dignement par un vrai plan hospitalier, hôpitaux connectés, modernisés, équipés et agrandis pour faire face aux défis qui attende les générations futures (vieillissement des populations, bouleversement climatique, pandémies futures etc) ? » 
A l’écoute des différentes antennes, les auditeurs ont unanimement réagi pour blâmer des « informations toujours évoquées sur le ton de la critique et pas dans le sens de la mobilisation ». 
« Déprimant nos élus, nos politiques qui nous expliquent en permanence que nous manquons de moyens, (de personnels soignants, d'enseignants, de forces de l'ordre, de gardiens de prisons, de juges...) Ils pleurent, râlent à n'en plus finir, déprimant, nos journalistes qui donnent, à longueur de journaux, la parole à ceux qui pleurnichent, ceux qui râlent. Je vous en supplie donnez la parole, posez des questions à ceux qui ont quelque chose à dire, à proposer, à expliquer... »  
« Je suis offusquée par les commentaires négatifs (tout le temps) des journalistes sur les dernières mesures prises par le gouvernement. C’est insupportable. Vos journalistes se plaignent du manque de confiance des Français vis à vis des politiques, mais eux-mêmes contribuent à propager la défiance. » 
« Je ne suis pas pro-gouvernement, mais les politiques qui passent, critiquent mais ne proposent rien en échange. La critique non constructive ne fait qu’enflammer la polémique. Comment voulez-vous que les citoyens comprennent quelque chose ? » 
« La période est très, très sérieuse et le temps est venu de décrire les difficultés sans tomber dans des procès sans fin et surtout trouver des solutions à une situation sanitaire et sociale d'une immense complexité. L'ennemi ce n'est pas le Président, c'est le virus. J'aurais préféré entendre des invités qui approfondissent et complètent la parole présidentielle en réfléchissant aux solutions face aux difficultés de mise en œuvre et encourageant chacun à la responsabilité individuelle et collective face au virus. »  


Le couvre-feu entre donc en vigueur à minuit pour 20 millions de Français. Nous verrons si l’offensive lexicale présidentielle constitue une force de persuasion.  
Cependant, alors que certains ont les yeux rivés sur leur portable à l’affût des nouvelles notifications relatives au couvre-feu, d’autres portent leur regard au-delà de nos frontières, vers le Haut-Karabagh.   


Le théâtre des opérations    

« À vos journalistes qui parlent des Arméniens du Haut Karabagh comme des "séparatistes", je rappelle qu’ils résistent pour leur indépendance. Ces "séparatistes" ont été séparés de leur patrie (Arménie) sur une décision de Staline lors de la soviétisation du Caucase. Je vous prie d’épargner vos approximations journalistiques à ce peuple du Haut-Karabagh qui se bat pour son indépendance », écrit un auditeur. 

Un autre s’interroge : « Sur quelle information se base Radio France pour appeler l’Armée Nationale arménienne d’armée séparatiste ? » 

« Le caractère binaire pour ne pas dire manichéen de la présentation de ce conflit est construit avec facilité. Je trouve le traitement déséquilibré et trop clairement favorable à la partie arménienne, voire outrancièrement favorable à l’Arménie. » estime un troisième  

« Vous serait-il possible de parler davantage de ces événements ? » nous demande un quatrième. 

Ces messages reflètent la teneur des courriels reçus au sujet du conflit dans le Haut-Karabagh. 
Indiquons que Radio France a fait le choix d’une couverture éditoriale forte de ce conflit. Jean-Marc Four, directeur de la rédaction internationale, évoquera demain, dans le rendez-vous de la médiatrice sur Franceinfo à 11h51, le travail de Claude Bruillot notre correspondant permanent à Moscou, envoyé dans le Haut-Karabagh. Hier déjà, jeudi 15 octobre, Arnaud Bousquet, directeur de la rédaction de France Culture, a répondu aux questions des auditeurs au sujet de ce conflit. Il est notamment revenu sur la mission journalistique de Claude Bruillot et la couverture éditoriale :  

« Radio France, et sa rédaction internationale ont dépêché sur place dès la fin septembre, notre correspondant permanent à Moscou, Claude Bruillot. Qui est un grand reporteur plus qu’expérimenté… c’était l’un des premiers à rejoindre Kaboul après les attentats du 11 septembre 2001… 
Claude Bruillot est l’un des seuls journalistes français à avoir pu se rendre dans le Haut-Karabagh. Il a rendu compte depuis la capitale, Stepenakert, des bombardements et de la situation des civils. 
Vous allez me dire, il fait juste son métier, mais je vous assure qu’il l’accomplit avec beaucoup de courage, dans des conditions effrayantes…Claude – nommons les choses - prend des risques depuis deux semaines pour nous informer, pour témoigner, au plus près de la population…Ses reportages ont été diffusés dans toutes les éditions de France Culture – matinales, journal de 12h30, 18h et 22h. Et pour les aspects plus diplomatiques de ce conflit, ils sont également traités par nos correspondants depuis Bruxelles, Istanbul ou Moscou… Alors évidemment il serait toujours possible de parler davantage du Haut-Karabagh, comme d’ailleurs des autres conflits en cours à travers le monde. »


Le directeur de la rédaction de France Culture a également décrypté l’emploi du mot "séparatiste", et "la vision manichéenne du conflit". Son interview est à réécouter ici.  
  

Défendre ses idées   

À quelles tactiques a-t-on recours pour faire entendre sa voix, défendre son point de vue, exister dans le débat public ? Les émissions proposées aujourd’hui sur France Culture tentent de répondre à cette question complexe et essentielle : « Que faisons-nous du débat public ? ». Avec des chercheurs, philosophes, historiens, sociologues, les producteurs et journalistes de la chaîne abordent ces thèmes passionnants :
« Comment faire entendre un débat d’idées à l’heure du buzz et des diatribes expéditives? » 
« L’opinion publique peut-elle se réguler d’elle-même ? » 
 « Salons, polémiques, espace public : est-ce qu’on débattait mieux au 18ème siècle ? » 
« Médias, réseaux sociaux : le clash est-il un modèle économique ? » 
« Peut-on débattre de la science ? » 
« Les débats de l’espace médiatique rencontrent-ils les préoccupations des citoyens ? », « Qu’est-ce qu’un vrai problème ? ».    


Depuis ce matin, les auditeurs réagissent :   

« Bravo et Merci France Culture pour cette journée spéciale » 

« Un grand merci à Guillaume Erner pour l'émission de ce matin qui nous montre combien est précieux le débat et la réaffirmation de l'importance de la démocratie et plus particulièrement de l'état de droit qui protège ce qui nous est si cher c'est-à-dire notre liberté d'expression. » 

« Cher Guillaume Erner, j'apprécie beaucoup votre façon d'interviewer et votre souci de clarifier toujours ce qu'avance votre interlocuteur sans jamais d'arrogance et avec beaucoup de courtoisie. Débat houleux ce matin mais très enrichissant avec l'intervention ferme mais tempérée de votre invitée et celle tempétueuse mais néanmoins très intéressante de l'avocat. J'ai aimé la franchise, la liberté de ton et la vigueur de ce débat aux enjeux fondamentaux. J'étais moins en accord avec vous, si je puis me permettre, lorsque vous défendiez la violence exercée par les plus jeunes, actes imputables à leur jeunesse, certes. Mais vous vous faisiez aussi l'avocat du diable dans cet exercice pas facile qu'est le vôtre. Je suis une fidèle auditrice de vos émissions et de France Culture. Très belles émissions. Que cela dure. Très bonne journée. »    

« Respect, recul, exigence se manifestent toujours. Les invités sont remarquables. Cette matinale me tire vers le haut tant pour l'info que pour la réflexion. Merci ! »   

« Le grand public a surtout besoin d'une grille de lecture ou d'analyse pour se forger sa propre opinion dans la cacophonie des discours » 


​​​​​​​
Humanitaires ou militaires : l’engagement sur le terrain 


On peut émettre un jugement critique sur « les conditions de libération » ou « les propos tenus » par l’ex-otage Sophie Pétronin à son retour de captivité, vendredi dernier, « sans appartenir à la fachosphère », « ni être islamophobe » estiment des auditeurs de France Inter. Leurs commentaires visent la chronique de Sophia Aram le 12 octobre dernier intitulée « Sophie Pétronin ».  

 « J'ai été fort en colère en attendant votre chroniqueuse ce matin à propos de la libération de Sophie Pétronin. J'apprends par sa voix que je fais partie de la fachosphère, car effectivement je désapprouve, contre toute responsabilité, l'engagement dans une zone dangereuse et l'attitude de Madame Pétronin suite à sa libération. (…) Le gouvernement français déconseille à ses ressortissants de rester dans la région où Mme Pétronin a été capturée. Apparemment elle n'en a que faire. (…) La libération de nos ressortissants est périlleuse, met nos soldats en danger de mort, ce qui s'est passé lors de l'opération de secours du printemps dernier où deux soldats des forces spéciales ont trouvé la mort. (...) Non, je ne suis pas un adepte du Rassemblement national, mais je connais un peu le Sahel et je me pose beaucoup de questions au sujet de cette libération et suis très choqué par la chronique de ce matin. »    

Les faits : Sophie Pétronin, la dernière otage française dans le monde, libérée au Mali, est arrivée vendredi dernier à la mi-journée en France, accueillie par sa famille et Emmanuel Macron, épilogue de près de quatre années de détention aux mains de jihadistes présumés.  
Sophie Pétronin a été libérée en même temps qu'un prêtre et un jeune Italien, ainsi que l'homme politique malien dirigeant de l’opposition, Soumaïla Cissé contre quelque 200 détenus réclamés par les groupes jihadistes. 
Elle avait été enlevée le 24 décembre 2016 à Gao au nord du Mali, où elle vivait et dirigeait depuis des années une organisation d'aide à l'enfance.
"Pour le Mali, je vais prier, implorer les bénédictions et la miséricorde d'Allah, parce que je suis musulmane. Vous dites Sophie, mais c'est Mariam que vous avez devant vous", a-t-elle dit à son arrivée. 
 
La libération de ces otages, aux mains du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une alliance de groupes jihadistes affiliée à Al-Qaïda, parachève une opération dont la genèse, le déroulement mais aussi les implications pour le gouvernement de transition au Mali, sont entourés de vastes zones d'ombre.    

Selon certains responsables politiques français, le prix de cette libération, inconnu mais estimé à l'échange de plusieurs dizaines de jihadistes, est contestable. Pourtant, la France, acteur militaire majeur sur le terrain, affirme ne pas avoir participé aux négociations. "La décision de libérer des jihadistes en particulier appartient aux seules autorités maliennes", a déclaré mardi la ministre française des Armées, Florence Parly.    

De son côté, lundi sur Franceinfo, le Premier ministre Jean Castex a déclaré à propos de la libération de Sophie Pétronin : "Non, la France n'a pas payé de rançon".   

Quoiqu’il en soit, cette séquence a suscité des commentaires des auditeurs : 
 « L’otage française a été libérée, heureusement. Mais cette brave dame semble être sérieusement affectée du syndrome de Stockholm. Elle dit s'être convertie à l'islam dont se réclame ses geôliers et souhaite retourner au Mali ! Incompréhensible si on met en regard les conséquences de cette libération. »   

« Essayer de faire croire que les critiques sur les conditions de la libération de Sophie Pétronin ne viendraient que de l’extrême-droite relève du déni idéologique (…) Reste qu’il est certainement peu courant qu’un Président de la République décide de renoncer au discours qu’il était sur le point de prononcer. »  


Invité vendredi dernier sur Franceinfo, le psychologue clinicien Cyril Cosar est revenu sur cette absence de prise de parole du chef de l’Etat et le fait que Sophie Pétronin n'ait pas souhaité s'exprimer à la mi-journée :  

« Un certain nombre de choses qui ne sont peut-être pas entendables dans un moment comme celui-ci, du fait des liens qu'elle a pu tisser sur place avec ses geôliers, avec pourquoi pas un syndrome de Stockholm, quelque chose qui serait dissonant, qui ne serait pas recevable, ce qui fait qu'il y a eu peu d'expression publique, que ce soit de la part du chef de l'Etat ou d'elle-même. »  


En temps de guerre sanitaire, de quoi rêve-t-on quand on a 20 ans ?  

"C'est dur d'avoir 20 ans en 2020" a reconnu Emmanuel Macron mercredi soir, lors de son interview. C’est précisément à cette génération née entre 1990 et 2000 que France Inter a dédié toute son antenne quelques heures avant que ne s’exprime le chef de l’Etat.  
Ces jeunes sont nés entre 1990 et 2000. Ils s’interrogent, se mobilisent et inventent dans tous les domaines : l’environnement, la politique, le travail, la famille, la santé, le genre.  

Cette journée spéciale baptisée « Génération demain » a réellement enthousiasmé les auditeurs, du matin jusqu’à tard dans la soirée. 

« Merci de nous faire connaître cette nouvelle génération. Bravo ! J'aimerais qu'ils soient mis plus en avant et que l'on parle d'eux davantage. Enfin de beaux projets, de belles histoires, il en manque tant. » 

« J’ai 43 ans, j'écoute France inter depuis mon plus jeune âge et je n'ai jamais posté de réaction même si j'en ai eu souvent envie. Mais là j'ai arrêté de travailler pour dire combien votre émission et écouter ces jeunes investis, intelligents, forts, motivés, me réchauffe le cœur. Merci France inter de donner la parole à cette jeunesse qui je l'espère va embarquer tous ces gens et il y en a beaucoup, qui attendent que quelque chose s'organise. » 


La sélection des messages élogieux adressés aux émissions sont à lire dans cette Lettre. Un bémol cependant : les avis sont très partagés sur Eva Sadoun, jeune entrepreneuse, et Camille Etienne, militante écologiste, les deux invitées du « Grand entretien » de la matinale : 

« J’aimerais pouvoir comprendre tout ce que disent vos deux invitées. Ce vocabulaire d'un "entre soi" d'une élite intellectuelle dont l'idéal est, entre autres, de rendre ce combat accessible à tous me surprend : personne ne leur dit que pour être convaincantes, entendues par toutes les classes sociales, comprises quoi - et c'est fondamental ! - traduire ce jargon, et accessoirement parler à un rythme un peu moins rapide (certes il y a urgence, mais se faire comprendre a aussi des exigences de débit de parole) est indispensable. » 

« Consternantes ces femmes censées parler au nom des jeunes. Tellement stéréotypées. Femmes. Instruites. Brillantes. Profil LFI. Elles ont une vision complètement irréaliste du monde, elles sont hors sol. Leur monde désiré est fait d’interdits, où l’on décrète ce qui est bon pour les autres. »
 

Critiqué également, l’emploi de l’expression « jeunesse sacrifiée » :  
« Arrêtons de nourrir le misérabilisme de notre civilisation en parlant de jeunesse "génération sacrifiée". Le poids des mots quand on est journaliste à son importance. Quand les jeunes Libanais ou Maliens entendent vos propos ils ont envie de vous montrer ce qu’est une génération sacrifiée ! »   

« Est ce que vous avez conscience de l'impact qu'ont vos propos lorsque vous parlez de la « génération sacrifiée » en parlant des jeunes ? D'abord vous les opposez au reste de la population et vous créez des conditions pour que, non seulement ils finissent par y croire, mais qu'ils se mettent dans une position de victime avec tout ce que cela comporte comme dérive. »   
 

Observons cependant que les compliments dominent largement dans les courriels reçus à l’occasion de cette journée spéciale avec, en point d’orgue, les messages adressés à Ali Rebeihi, producteur de « Grand bien vous fasse ». Dans son émission, la lecture d’un passage de l’œuvre de Victor Hugo « Les Misérables » par le jeune Mohamed-Iyad Smaine est le coup de cœur des auditeurs cette semaine. Le collégien, en classe de 3ème, avait choisi de lire la mort de Gavroche.  
A l’issue de cette lecture, silence de plomb dans le studio. Et Ali Rebeihi submergé par l’émotion. Réaction d’auditeurs :   

« Les mêmes larmes que les vôtres ont coulé lors de cette lecture de la mort de Gavroche ! Quel bonheur de partage ! Les mots ont encore du sens. Merci Inter et Mohamed-Iyad pour ce moment. »     

« Moi aussi j'avais les larmes aux yeux en écoutant "La mort de Gavroche", comme toi Ali !!! Partager des émotions sincères, humaines, magnifiques. J'ai 72 ans, depuis ce matin, je ne suis plus inquiète de ce qui va advenir pour mes petits enfants ! Tous ces jeunes à qui vous donnez la parole, sont somptueux de vérité, d’authenticité, de beauté ! Merci ! »  


Cher Ali Rebeihi, « les larmes d’un homme ne sont jamais ridicules » comme le dit très justement le personnage d’un film célèbre. Stimuler l’intelligence et nos émotions c’est aussi le propre de la radio, ce média magnifique qui nous réunit tous, d’un côté ou de l’autre du poste, pour former ensemble une communauté : celle des auditeurs de Radio France. 
  

Emmanuelle Daviet
​​​​​​​Médiatrice des antennes


Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 9 octobre au 16 octobre 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1. Coronavirus : le couvre-feu
2. Coronavirus : diverses réflexions
3. Coronavirus : le moral des soignants
4. Jean Castex, invité de la matinale de Franceinfo
5. Le conflit dans le Haut Karabagh
6. La libération de Sophie Pétronin
7. « Génération Demain » journée spéciale sur France Inter
8. « Que faisons-nous du débat public ? » journée spéciale sur France Culture
9. L'instruction en famille dans Questions Politiques avec François-Xavier Bellamy
10. La publicité pour le confit de canard
11. Sélection de remarques des auditeurs de France Inter
12. Sélection de remarques des auditeurs de Franceinfo
13. Sélection de remarques des auditeurs de France Culture
14. Coup de cœur des auditeurs : la mort de Gavroche lue par Mohamed-Iyad Smaïne
15. Langue française


CORONAVIRUS : LE COUVRE-FEU

Message d'auditeur
« Auditrice de Radio France depuis de nombreuses années, notamment de France Inter et Franceinfo, je suis de plus en plus souvent étonnée et déçue par le contenu des journaux d’information. 
Dernière déception en date : depuis l’annonce de la prise de parole du président de la République prévue ce mercredi 14 octobre, les journaux sont composés de supputations ; supputations qui m’apparaissent stériles et dangereuses. 
Trois remarques : 
– Vous augmentez fortement le climat anxiogène : pendant 3 jours, on anticipe sur le mal à venir, les frustrations, les privations alors qu’elles ne sont qu’hypothèses. Pendant ces trois jours, nous gagnerions en sérénité si l’accent n’était pas mis sur des incertitudes. 
– S’interroger sur l’acceptation future de la population, c’est prendre pour acquis qu’il y aura du refus et encourager (involontairement, je n’en doute pas) la non-acceptation des mesures supposées, idée dont les contestataires « de métier » vont s’emparer sans modération sur les ondes, plateaux et réseaux sociaux. 
– Attendre 3 jours pour savoir ce qui sera dit n’est pas insurmontable ; vous participez au besoin d’immédiateté, à une forme d’impatience qui est une des marques de l’époque actuelle, d’ailleurs souvent regrettée par vos invités. 
D’un point de vue journalistique, ce sujet masque les autres nouvelles, les autres faits. Un journal d’information devrait se focaliser sur les faits et non sur les possibles. Les journaux sont définis comme des rendez-vous d’information mais supputer n’est pas informer.  
Autres questions :  
–  Pourquoi personne ne réagit-il jamais à la remarque selon laquelle « il est improbable qu’une personne de 80 ans se soit contaminée dans un bar après 22 h » ? Remarque ironique, méprisante, déplacée mais surtout stupide puisqu’on sait que les aînés sont en partie contaminés par les jeunes qui fréquentent les bars. 
–  Pourquoi parle-t-on si peu du nombre grandissant de moins des 40 ans qui sont à leur tour gravement contaminés ? Informer, n’est-ce pas tout dire, être le plus exact possible ? Être exact, et aussi proportionné. La place donnée à la parole contestataire est disproportionnée ; des sondages montrent que la majorité des Français est favorable à des mesures strictes, et les respecte. L’image donnée par ce focus sur les réfractaires leur donne un « pouvoir » (pensez à tous les moutons de Panurge) qui met en danger la protection contre la pandémie et abîme la cohésion sociale. 
Pour moi auditrice, m’informer auprès de vous c’est être incitée à une réflexion mûrie, adulte, citoyenne et responsable. 
Radio France cèderait-elle à la concurrence des médias populistes ? Ce serait dommage, elle devrait avoir plus confiance en elle et en nous, qui vous écoutons justement pour échapper aux dérives de vos concurrents. 
Les journalistes d’information, en dépit de leur talent, de leur sérieux, se rendent-ils compte du mal qu’ils font ? »
(Radio France)
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CORONAVIRUS : DIVERSES RÉFLEXIONS

Les auditeurs, abonnés à cette Lettre, écrivent pour commenter son contenu. Nous publions ici la réaction d’un lecteur à l’Edito de la semaine dernière, consacré au Coronavirus. 

« Sur le fond, vous reflétez bien le désordre médiatique auquel a donné lieu la pandémie, avec des avis dans tous les sens, et posez bien le problème du rôle des médias dans ce contexte. Il est clair que, lorsque les supposés « experts » sont tous en désaccord entre eux, les journalistes ne peuvent pas faire mieux. En fait je pense que ce sont les présumés scientifiques et les politiques qui ont été en dessous de tout : manque d’anticipation permanent (y compris en ce moment alors que la seconde vague était inévitable suite aux désordres de l’été, que l’on a d'ailleurs laissés se produire sans réagir), conseil initial de ne pas porter le masque qui les a complétement décrédibilisés. Le Pr Raoult n’est de loin pas le seul coupable... 
Alors qu’en conclure ? En fait, du fait de ces excès, les médias ont aussi perdu aujourd'hui en partie leur crédibilité, tout comme les fameux « experts ». Disons que, comme toujours, les journalistes doivent savoir prendre du recul pour juger de la pertinence des propos relayés, et prendre en compte leur forte influence sur les populations. Éviter de tomber dans l’émotionnel pour faire de l’audience, toujours réfléchir et anticiper les conséquences sociales des messages diffusés, éviter les effets d’amplification créés par la focalisation de tous sur les mêmes faits au même moment... Rester mesurés, réfléchir aux conséquences, préserver son image et celle de sa chaîne, bref utiliser sa cervelle avant de le faire du micro ! Celle-ci s’use quand on ne s’en sert pas ! 
Sinon, toujours bravo à votre intervention (de médiatrice) qui permet justement de réguler la communication du média et de faire un lien indépendant et neutre avec les auditeurs. Je persiste et signe : cela devrait être déontologiquement obligatoire dans tous les médias. C’est pour moi une bonne mesure de leur valeur professionnelle. »
(Radio France)

Message d'auditeur
« Expatriés en Afrique du Sud, nous suivons tous les matins l’actualité en France par le biais de Franceinfo. Depuis plusieurs jours, nous sommes très surpris par l’insoumission des Français des mesures édictées par le gouvernement. Pour notre part, nous sommes soumis à des mesures de confinement depuis 201 jours, nous subissons depuis des mois un couvre-feu qui s’allège avec le temps (au départ 6 heures – 18 heures et maintenant minuit – 4 heures), aussi nous avons du mal à comprendre vos propos, il en était de même pour le dépôt des coordonnées lors de l’admission dans un restaurant. Pourquoi faut-il toujours que les Français semblent faire la découverte de telles dispositions et s’en insurgent. Il faudrait ouvrir les yeux sur le monde et parfois s’inspirer des peuples résilients.» (Franceinfo)​​​​​​​
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CORONAVIRUS : LE MORAL DES SOIGNANTS

"Alors que la deuxième vague de l'épidémie de Covid-19 s'intensifie, un grand nombre de soignants appréhende très mal la crise à venir. Epuisés, dénonçant un manque de moyens et de considération, certains vont même jusqu'à envisager de changer de métier."  Réaction d'auditeurs à la suite du téléphone sonne du 12 octobre​​​​​​​

Messages d'auditeurs
« Votre première auditrice a bien résumé la situation qui concerne aussi les hôpitaux privés à but non lucratif. Moi aussi, j’aime mon métier mais je ne peux plus continuer à le faire comme je l’aimerais. Les conditions de travail sont critiquables c’est un fait mais après réflexion, la médecine en France, gratuite dans nos mentalités, est devenue un bien de consommation. Les patients deviennent clients et aimeraient (pour certains) être rois. Moi, je vais quitter mon métier de médecin urgentiste pour ne plus être confrontée à des patients qui consomment les soins comme du Mac Do. Je passe sous silence les insultes et les crachats. » (France Inter) 

« Je travaille dans un hôpital breton. Depuis le mois de juillet nous devons justifier par écrit de nos heures supplémentaires. C’est la cadre supérieure qui valide ou non ces heures. Comment réussir à faire les transmissions pour 25 patients (aux pathologies lourdes) en 30 mn ? L’autre matin (je travaille de nuit), j’ai eu une urgence vitale 1 h avant que mes collègues n’arrivent… 1h ça peut paraître suffisant pour gérer le problème… si l’on n’a rien d’autre à faire… ce qui évidemment n’était pas le cas (prises de sang, changes, transmissions écrites.) Eh bien vous savez quoi ? Ça n’a pas été validé en heures sup !!!! Je suis dépitée, déçue que notre charge de travail ne soit pas reconnue et même niée…Pour info, l’hôpital où je travaille accuse un déficit abyssal… ceci explique peut-être cela ? Merci pour vos émissions » (France Inter) 
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​​​​​​​JEAN CASTEX, INVITÉ DE LA MATINALE DE FRANCEINFO

Message d'auditeur
« Monsieur le Premier ministre, c'est faux, il n'y a pas de distanciation, les élèves s'entassent dans les couloirs, la cantine, ils enlèvent leur masque pour boire, puis à la récré, le remettent, plusieurs jours souvent, brassage toute la journée au lycée, 35 élèves dans des salles mal aérées » (Franceinfo)

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LE CONFLIT DANS LE HAUT KARABAGH

Messages d'auditeurs
« Vous continuez à traiter les Arméniens de l'Artsakh de séparatistes dans vos informations.Vous agacez nombre de personnes par ce qualificatif .
Nous sommes dans ces régions depuis seize millénaires et historiquement depuis deux mille cinq cent trente-huit ans.
S'il vous plaît, revoyez votre histoire des civilisations, plus particulièrement celle des indo-européens que nous sommes.»
(France Inter)

Le Rendez-vous de la médiatrice 
La couverture du conflit du Haut-Karabagh sur France Culture
Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh suscite l’intérêt des auditeurs. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet a reçu ce jeudi 15 ocotobre Arnaud Bousquet, directeur de la rédaction de France Culture dans le rendez-vous de la médiatrice, à écouter ici.
ECOUTEZ LE RENDEZ-VOUS

A noter : Samedi 17 octobre sur franceinfo à 11h51 et 13h51 : "Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh sur FranceInfo". Emmanuelle Daviet reçoit Jean-Marc Four, directeur de de la rédaction internationale de Radio France.

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LA LIBÉRATION DE SOPHIE PÉTRONIN

Messages d'auditeurs
« L’otage française a été libérée, heureusement. Mais cette brave dame semble être sérieusement affectée du syndrome de Stockholm. Elle dit s’être convertie à l’Islam dont se réclament ses geôliers et souhaite retourner au Mali ! Incompréhensible si on met en regard les conséquences de cette libération. Le coût, la libération de terroristes qui demain tuerons nos soldats. Elle indique que le « Djihad », c’est la guerre, ce qui au sens strict de l’islam est faux. Un « debreefing » de cette dame semble impératif pour la débarrasser du bourrage de crâne qu’elle a visiblement supporté.  » (France Inter)

« Le retour de l’otage » « Permettez-moi de me positionner par rapport au terme « d’otage » utilisé pour Mme Pétronin. Elle-même est revenue enchantée de son séjour parmi les djihadistes dont elle a réfuté le nom de « geôliers » n’est-ce-pas. De fait, elle a été entourée de bienveillance puisque ces gens savaient que grâce à elle, 200 de leurs compagnons seraient libérés. Ils en ont fait une « madone », une sainte et bien sûr il aurait été sacrilège pour eux de maltraiter leur protégée. Non le mot « otage » ne correspond pas du tout à la réalité. Elle n’a été qu’une monnaie d’échange. Alors, au regard des 45 soldats tués au Mali, un simple mot de sa part pour les familles endeuillées aurait été bienvenu.» (France Inter)
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"GÉNÉRATION DEMAIN"

Messages d'auditeurs
« Je suis France Inter au quotidien. Cette émission de 13h est magnifique. Cela fait du bien. Bon sens, intelligence, inspiration, brillance intellectuelle, altruisme, analyse, cohérence... Contrairement aux discours des politiques, ces jeunes gens font de la politique. Ils analysent, confrontent leurs points de vue... Vers l'intérêt collectif ce me semble. Un regard large, calme et documenté... Merci merci merci... Ça c'est une perspective du vivant. C'est intéressant, rassurant... regrouper des intelligences multiples pour donner du sens... Ces jeunes me rajeunissent et me rappellent mes recherches en cohérence auprès des publics divers... Merci à l'équipe de France Inter. Super. Et je suis heureuse d'avoir pu entendre les points de vue et analyse de Mme la Maire de Poitiers. Merci Madame. Je me demande si je ne vais pas déménager à Poitiers quitte à faire monter la moyenne d'âge.  » (France Inter)

« 74 ans, prof de français à la retraite, écolo depuis 50 ans, bénévole dans diverses associations dont l'habitat participatif. Je me réjouis d'entendre que les jeunes se dressent pour défendre l'avenir de notre humanité en péril. Mais j’aimerais pouvoir comprendre tout ce que disent vos deux invitées. Ce vocabulaire d'un "entre-soi" d'une élite intellectuelle dont l'idéal est, entre autres, de rendre ce combat accessible à tous me surprend : personne ne leur dit que pour être convaincantes, entendues par toutes les classes sociales, comprises, quoi -et c'est fondamental ! - traduire ce jargon, et accessoirement parler à un rythme un peu moins rapide (certes il y a urgence, mais se faire comprendre a aussi des exigences de débit de parole) est indispensable. Sinon elles vont laisser derrière elles nombre de personnes prêtes pourtant à changer d'angle de vue.  » (France Inter)

« Votre émission est très intéressante. Mais une partie de la jeunesse a été oubliée, celle qui agit sans être forcément radicalisée tous azimuts. Merci de lui donner la parole si c'est possible.» (France Inter)
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"QUE FAISONS-NOUS DU DÉBAT PUBLIC ?"

Message d'auditeur
« Cher Guillaume Erner, J’apprécie beaucoup votre façon d’interviewer et votre souci de clarifier toujours ce qu’avance votre interlocuteur sans jamais d’arrogance et avec beaucoup de courtoisie. Débat houleux ce matin mais très enrichissant avec l’intervention ferme mais tempérée de Votre invitée et celle tempétueuses mais néanmoins très intéressante de l’avocat. J’ai aimé la franchise, la liberté de ton et la vigueur de ce débat aux enjeux fondamentaux. J’étais moins en accord avec vous, si je puis me permettre, lorsque vous défendiez la violence exercée par les plus jeunes, actes imputables à leur jeunesse, certes. Mais vous vous faisiez aussi l’avocat du diable dans cet exercice pas facile qu’est le vôtre. Je suis une fidèle auditrice de vos émissions et de France Culture. Très belles émissions. Que cela dure. Très bonne journée. » (France Culture)
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L'INSTRUCTION EN FAMILLE DANS QUESTIONS POLITIQUES AVEC FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY

Messages d'auditeurs
« Comment une journaliste peut oser dire sur votre antenne avec autant de condescendance, de préjugés et de bêtises, car il n'y a pas d'autres mots, que l'instruction en famille se résume à "laisser une petite fille toute seule chez elle" !! Je suis outrée !! Préparez vos dossiers avant d'oser affirmer publiquement des inepties pareilles. Les familles concernées sont contrôlées annuellement par l'inspection de l'Éducation nationale, qui ne laisse pas d'enfant non instruits continuer à rester chez eux ! Je suis choquée, outrée, en colère » (France Inter)

« Ce message s'adresse à tous les journalistes de l'antenne afin que vous ne puissiez ignorer la loi et la réalité de la loi concernant l'instruction dans la famille. 
Je vous invite à consulter le code de l'éducation, où vous apprendrez qu'en France, c'est l'instruction et non l'école qui est obligatoire. Vous y trouverez également toutes les modalités de déclaration (1 à la mairie de notre commune de résidence, 1 à l'inspection d'académie) et de contrôle. Laissez-moi détailler ces modalités de contrôle : 
* une fois tous les deux ans, un contrôle effectué par la mairie pour vérifier les conditions de vie de l'enfant et les raisons de ce choix d'instruction. Si l'agent de la mairie n'est pas satisfait du contrôle, iel peut déclencher un signalement aux services sociaux. 
* une fois par an, un contrôle par un.e inspecteur.trice de l'Éducation nationale qui vérifie qu'une instruction en lien avec le socle commun des connaissances et les paliers prévus en fin de chaque cycle est bien dispensée à l'enfant. Si son contrôle met en évidence des manquements, iel émet des recommandations auprès de la famille et demande un second contrôle 2 mois après. Si ce 2ème contrôle ne donne toujours pas satisfaction, iel peut déclencher une injonction de rescolarisation sous 8 à 15 jours pour la fin de l'année scolaire et la suivante. 
Si les familles s'y refusent, elles risquent de lourdes amendes (~75000€) et jusqu'à 3 ans d'emprisonnement. 
Les outils de contrôle existent. L'éducation nationale sait ce que font les enfants qui apprennent en dehors de l'école, a le pouvoir de juger de l'instruction dispensée et d'obliger la scolarisation. Ici s'arrête l'information. 
Dire le contraire, c'est nier la loi et la capacité de l'Etat à la faire respecter.  
Personnellement, j'ai confiance dans l'Etat et ses représentant.e.s pour détecter les manquements et mettre en place des actions correctrices.  
La liberté d'instruction ne nuit à personne, au contraire, elle permet à chaque enfant, chaque famille, de trouver la façon d'apprendre et de vivre qui lui convient. 
Si vous avez des avis personnels sur la question, messieurs-dames qui animez l'antenne, je vous demande d'avoir l'honnêteté de les présenter comme tels, sans prétendre qu'il s'agit d'une information... Avec gratitude pour notre liberté d'instruire.»
(France Inter)
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LA PUBLICITÉ POUR LE CONFIT DE CANARD

Message d'auditeur
« Bonjour France Inter, vendredi 9/10/20 matin à 6h52 j’ai entendu une pub qui m’a fait bondir hors de mon lit. La voici retranscrite : « Alors on ne peut plus utiliser sa voiture sans culpabiliser. On ne peut plus tenir la porte aux dames sans passer pour un dragueur. Bientôt on ne pourra plus s’asseoir sur l’herbe sinon on écrase les insectes rares.
Heureusement qu’il nous reste le confit de canard. Un bon confit de canard vite fait au four sans chichi accompagné de patates sautées à l’ail en refaisant le monde dans la cuisine avec les potes, hein ! On ne va pas nous l’piquer ça. Le confit de canard, hum, le bonheur peinard. »
Non mais France Inter ! Qu’est-ce que vous faites ???? C’est quoi cette pub réac qui surfe sur le « on ne peut plus rien dire », on ne peut plus polluer, on ne peut plus être sexiste et tout le toutim (vous avez échappé de peu à l’allusion raciste… mais franchement on en n’est pas loin non plus). Tout ça pour une pub pour du canard… industrie hautement irrespectueuse du bien-être animal…pour ne relever que cela.»
(France Inter)
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SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« J’ai été très impressionnée par le dernier numéro d’Interception sur les enfants victimes de violences conjugales. Un modèle de reportage. Des intervenants parfaitement choisis, des questions pertinentes de la journaliste. Je suis restée collée à ma radio d’un bout à l’autre. Un grand bravo ! » (France Inter)

« J’ai ri comme jamais en écoutant votre Moment Meurice sur l’enseignement de la langue arabe !  Bien sûr ces n’est pas drôle d’entendre cela ! Mais c’est très bien que cela s’entende ! Je suis moi-même originaire d’Algérie, et je ne savais pas que je parlais musulman !  Bravo à l’équipe !  Heureusement que vous êtes là pour alléger notre monde de tant de bêtise ! » (France Inter)

« Bonjour à toute l’équipe de « Popopop »
Par pitié, je vous remercie d’arrêter de dire « cette année de merde » lors de chaque générique de cette chouette émission qui apporte plus d’optimisme que ce leitmotiv ne laisse supposer. Je pense que votre créativité peut et doit changer cette répétition qui commence à être un peu répétitive, quitte à me répéter.
(France Inter)
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SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCEINFO

Message d'auditeur
« Tout d’abord merci pour vos rendez-vous et la possibilité que vous offrez aux auditeurs de s’exprimer. Cependant on aimerait que les directeurs de rédaction écoutent davantage les auditeurs et fassent amende honorable plutôt que de se justifier sur toutes les questions et objections que vous leur faites passer. Un exemple : lorsque les auditeurs se plaignent du fait que l’information sportive du dimanche diffusée le lundi matin est trop faible, il faut prendre ce point en compte plutôt que d’essayer de le justifier à tout prix. En effet, nous sommes nombreux à écouter la radio les jours de semaine et pas le week-end, et on apprécierait une meilleure couverture des évènements sportifs du dimanche le lundi matin. Ceci est juste un exemple, mais de nombreux directeurs de rédaction qui s’expriment dans votre rubrique ont tendance à se défendre au point par point plutôt que d’être à l’écoute. » (Franceinfo)
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SÉLECTION DE REMARQUES D'AUDITEURS
DE FRANCE CULTURE

Messages d'auditeur
« J’adore Olivia Gesbert et ses émissions. J’adore l’idée de la dictée je la fais à distance avec ma mère et ma sœur. Nous n’avons qu’un seul souhait à formuler : qu’elle soit un peu plus difficile !!! Merci de bien vouloir transmettre, autant les compliments sur la qualité de l’émission que le souhait. » (France Culture)

« Pour une fois au lieu de vous flageller pour vos parti pris, je vous félicite d’avoir invité Pascal Bruckner, continuez sur cette voie ainsi vous contribuerez à faire un tout petit pas vers un rééquilibrage de la pluralité. Vous êtes payé par l’argent public, l’esprit d’ouverture ce n’est pas à gauche toute, ceci s’adresse à France Culture en général, l’embrigadement dans des idées réductrices ne devrait pas être toléré à France Culture, ouvrez vos portes à toutes les opinions.» (France Culture)
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COUP DE CŒUR DES AUDITEURS
 La mort de Gavroche par Mohamed-Iyad Smaïne

Dans le cadre de la Journée spéciale sur France Inter, "Génération demain", l'émission Grand Bien vous fasse à 10h a laissé la parole à Mohamed-Iyad Smaïne (15 ans), meilleur au Concours national de lecture à voix haute, le temps de la lecture d'un passage du livre de Victor Hugo "Les Misérables". Ali Rebeihi était ému, les auditeurs aussi. A réécouter ici
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Messages d'auditeurs
« Merci pour ce beau moment de radio ! Je ne pensais pas pleurer ce matin en vous écoutant ! Une belle vie à ce jeune de la génération Z ! Force, détermination et invention à toute cette génération à laquelle appartiennent aussi mes deux enfants (et pardon de ne pas avoir pu/su leur proposer un monde plus enchanté). Bravo pour toute vos émissions et en particulier celle d’aujourd’hui.» (France Inter)

« De repos aujourd'hui je peux avec plaisir écouter votre émission. 
 Je vous trouve bon journaliste et aujourd'hui je vous remercie pour votre sensibilité, votre émotion et vos larmes.» 
(France Inter)
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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Être humain plutôt qu’homme
« En 2020, je suis encore surprise que des journalistes, des écrivains, des politiciens, et autres emploient pour désigner l’être humain l’homme. Il est temps que toutes et tous se mettent au diapason et soient inclusifs : l’être humain c’est inclusif puisqu'il est question de l’humanité des femmes et de l’humanité des hommes. Merci d’en faire une contrainte éditoriale pour que cela devienne un jour une évidence pour toutes et tous. »

Prononciation
« Sur France Inter, j'entends régulièrement prononcer le nom du président de Biélorussie: 'Loukatchennko' !!! 
Ceci est une erreur, il faut prononcer 'Loukachennko' (pas de 'tch'), comme le prouve l'écriture de son nom en cyrillique. Sur France Inter, j'entends régulièrement prononcer le nom du journal britannique: le 'Gwardiann' !!! 
Ceci est une erreur, il faut prononcer 'Gardiann' (pas de 'w'), comme dans 'gare', comme le prouve n'importe quel dictionnaire anglais. Sur France-Inter, j'entends régulièrement prononcer le nom Charline: 'Vanneunakèr' !!! Ceci est une erreur, il faut prononcer 'Vannounakèr' (pas de 'eu'), car le 'œ' se prononce 'ou', comme dans tous les mots d'origine néerlandaise (ou flamande). Pour apporter ma petite pierre à l'édifice, je vous propose donc de fournir aux journalistes un glossaire de la prononciation correcte des noms les plus utilisés pour traiter de l'actualité. Avec mises à jour régulières, au gré de cette actualité. Espérant avoir ainsi utilement participé à l'amélioration de vos antennes, permettez-moi de vous saluer bien cordialement. »


Papys et mamys
« Pouvez-vous éviter les termes "papys et mammys" pour qualifier les personnes âgées, peu respectueux. »
« Je vous en prie, arrêtez de dire « les papy les mamy «  c’est insupportable ! On se croirait en service long séjour où il faut se battre pour que le personnel n’appelle pas les patients papy ou mamie mais madame ou monsieur !!! 
Sage-femme je me suis battue de même pour ne pas dire la maman… en parlant des nouvelles accouchées.... 
Bonne journée aux papas et mamans de France Inter !  »


Rassuristes
« Vous utilisez les termes de "rassuristes" (terme inexistant en langue française) pour désigner les personnalités politiques, médicales et scientifiques qui alertent depuis des semaines sur le catastrophisme ambiant vis à vis de l'épidémie de COVID. Or, ce terme à connotation péjorative est choisi sciemment pour dénaturer leur discours. Pourquoi ne pas employer les termes comme "pragmatiques", confiants". etc.    »

Poétesse Poète
« Je croyais que les "anciens" de France Inter étaient plus cultivés que les jeunes, mais ce 8 octobre vous m'avez choquée en ignorant le mot "poétesse".  
La jeune femme chargée d'annoncer le prix Nobel de littérature ne mérite pas de traiter les sujets culturels, mais vous avez été encore plus nul en lui répondant d'employer le mot "poète".   »


IVG/avortement 
« Attention au vocabulaire employé : IVG est un droit encore parfois difficile à faire appliquer. L'avortement renvoie à une pratique illégale et à la honte, sans parler des conditions sanitaires et du désespoir. Je regrette que presque 50 ans après il y ai toujours amalgame. Le choix des mots est important. Sinon merci pour la qualité de votre programmation. »
 
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Vidéo 
​​​​​​​​​​​​​​LES COULISSES DU REPORTAGE DE GUERRE


Toujours très intéressés par les coulisses des reportages, les auditeurs nous questionnent souvent sur les conditions de réalisation. 
Nous avons posé ces questions à Omar Ouahmane, grand reporter de Radio France.
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Omar Ouamane


Vidéo
LAURENT DELMAS ET LES AUDITEURS 
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Laurent Delmas, producteur de On aura tout vu sur France Inter, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
VOIR
 

​​​​​​​[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 17 octobre sur franceinfo à 11h51 et 13h51 : "Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh sur FranceInfo". Emmanuelle Daviet reçoit Jean-Marc Four, directeur de de la rédaction internationale de Radio France.


France Culture
La couverture du conflit du Haut-Karabagh sur France Culture

Le traitement éditorial du conflit du Haut-Karabagh suscite l’intérêt des auditeurs. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Arnaud Bousquet, directeur de la rédaction de France Culture dans le rendez-vous de la médiatrice.


​​​​​​​
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Franceinfo
Traitement éditorial de l’édition 2020 de Roland-Garros

Des auditeurs estiment que la couverture médiatique de l’ouverture du tournoi de Roland-Garros, il y a quinze jours, a écrasé l’actualité et ils ne comprennent pas pourquoi tant d’importance a été accordée ce jour-là à ce tournoi.
Emmanuelle Daviet reçoit Vincent Rodriguez, directeur des sports de Radio France.​​​​​​
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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter vos droits sur le site de la CNIL.
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Équipe de la médiatrice : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet

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