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#19/2020 - Mai 2020
 L'EDITO DE LA MÉDIATRICE

​​​​​​​Liberté, Fraternité…Vitalité !


Vitalité des auditeurs toujours nombreux à nous écrire !  
Avec 26 000 messages au mois d’avril, le service de la médiation enregistre une hausse de 43% de courriels reçus.
En ce début mai, 6 000 courriels nous sont déjà parvenus et cette Lettre vous en livre la teneur.  

Une semaine rythmée par les journées spéciales et des grands moments d’antenne : la fête du travail, le 1er mai, avec « Les premiers de corvées » et l’opération « Culture, l'état d'urgence : comment sauver la culture face à la crise » ont inspiré les auditeurs. Certains invités suscitent également des réactions : de la porte-parole du gouvernement jugée « inaudible » à Nicolas Hulot qui divise les auditeurs. Cette semaine, le courrier est également marqué par les interrogations sur la réouverture des classes.  
Depuis huit semaines, les remerciements pour les antennes, les témoignages, les lettres d’intérieur continuent de nous parvenir, les critiques aussi et nous allons aborder ici certaines d’entre elles.  


A distance, toujours 

Un auditeur m’écrit : « Plusieurs journaux, dont le magazine « Le Point » et le site « Arrêt sur images », ont fait état de l'information suivante : l'éditorial de M. Graziani du 27.04 sur France Inter, consacrée à l'humeur présidentielle vis à vis du calendrier législatif, serait directement inspiré par un message SMS envoyé par le Président lui-même et à son initiative à M. Graziani - parmi d'autres journalistes. Ne pensez-vous pas que dans de telles circonstances, il existe un risque d'instrumentalisation d'un journaliste par un pouvoir politique qui cherche à faire "passer des messages" à l'opinion ? » 

Plus important, comment interpréter la phrase suivante issue de l'éditorial en question : "Le chef de l’État, lui, on l’a compris, est dans une démarche unitaire à tous les niveaux".   
S'agit-il d'une analyse de M. Graziani, qui viendrait bizarrement contredire le reste de l'éditorial, ou bien la transmission d'éléments de langages présidentiels destinés à ne pas trop brusquer le premier ministre. Dans ce cas, est-ce le rôle d'un journaliste de faire apparaitre une parole d'intention comme une vérité ? et est-ce le rôle d'un journaliste de la transmettre sans filtre, en contrepartie d'un scoop présidentiel prélevé à la source ?  

Dans votre dernière lettre aux auditeurs vous affirmez que chacun des journalistes de Radio France met en œuvre l'impératif d'indépendance à l’égard de ceux dont ils relatent l’action. "Soyez certains" écrivez-vous sur un mode impératif qui fait écho au "vous l'aurez compris" de M. Graziani. Je vais plutôt l'interpréter comme une demande, une demande de bien vouloir vous croire.  
Et je me ferai un plaisir de traiter cette demande dès que j'aurai les réponses aux questions posées dans ce message et par vos confrères sur l'éditorial de M. Graziani. » 


Ce message pose des questions légitimes et me donne l’occasion d’apporter un éclairage sur cet épisode.  

En préambule, indiquons que lorsqu’un journaliste traite un sujet, a minima il vérifie ses informations et contacte le principal intéressé du sujet en question. Ni les journalistes du journal « Le Point », ni ceux du site « Arrêt sur images » n’ont jugé nécessaire d’appeler Cyril Graziani, fondant leur propos au mieux sur d’hypothétiques déductions, au pire sur des rumeurs. 
L’auditeur évoque l’indépendance des journalistes que je défends, il existe également un autre principe intangible dans notre profession c’est la protection des sources.  
Dans les faits, le papier du journaliste politique de France Inter n’a pas été rédigé sur la base de sms envoyés par Emmanuel Macron. 
Depuis 2012, Cyril Graziani est le journaliste politique de France Inter chargé de suivre l’actualité des présidents de la République au sein de la rédaction. A ce titre, sa mission consiste à raconter, décrypter, analyser les informations relatives à la Présidence. A un tel poste, on tisse au fil des années un maillage relationnel permettant d’avoir des informations de première main.  

Le week-end du 25 avril, Cyril Graziani apprend que le président de la République n’apprécie pas la petite musique qui monte concernant de prétendues dissensions avec son Premier ministre. Partant de ce postulat, le journaliste politique cherche à en savoir davantage et entreprend un travail de vérifications, de recoupements auprès de différents interlocuteurs.  
A l’issue de plusieurs échanges téléphoniques, il en déduit que dans cette période sensible Emmanuel Macron est plutôt dans une démarche d’unité et veut couper court à ces rumeurs. Il constate la volonté de l’exécutif de réaffirmer la solidité du tandem. C’était la teneur de son papier diffusé le lundi 28 avril dans le journal de 8h de France Inter.  

L’auditeur s’étonne de l’une des formules de Cyril Graziani dans son papier : « Le chef de l’État, lui, on l’a compris, est dans une démarche unitaire à tous les niveaux ». Cet étonnement est fondé et, à juste titre, on peut en effet considérer qu’il s’agit d’une éditorialisation qui s’éloigne des éléments factuels en possession du journaliste, ce dernier aurait donc pu s’en abstenir.  

Cette interpellation de notre auditeur permet de rappeler que les dynamiques de production de l’information médiatique nécessitent d’être appréhendées avec nuance. Un journaliste qui a des contacts, a des informations. Cela ne signifie pas pour autant être dans la connivence, ni ne révèle, ipso facto, une instrumentalisation. Un journaliste ne se fait pas servir le soir, sur un plateau d’argent, les infos à distiller le lendemain au petit déjeuner à l’antenne ! Parfois des interlocuteurs souhaiteraient que des journalistes, spécialistes dans l’investigation par exemple, sortent des infos mais c’est rare. Et en l’occurrence mieux vaut s’en méfier, puisqu’il peut s’agir d’intermédiaires travaillant par exemple pour des lobbys. Les meilleures informations, sont celles que le journaliste va chercher, « en grattant » pour l’exprimer trivialement.    

Au-delà du message de cet auditeur, je reviens sur les différents articles sortis dans la presse au sujet de cette information de Cyril Graziani. En filigrane, on lui reprocherait de n’être pas plus explicite sur ses sources. Son papier aurait gagné en exhaustivité s’il était mentionné « Emmanuel Macron m’a dit que » « le dénommé X un proche conseiller me confirme que… ». Ces omissions seraient constitutives d’une faute ? Ce reproche porte surtout une grave atteinte aux principes mêmes de notre profession. C’est être oublieux de l’une des règles les plus fondamentales du journalisme, à savoir le secret des sources. Ces confrères foulent du pied l’article 2 de la loi sur la liberté de la presse qui précise : « Le secret des sources des journalistes est protégé dans l'exercice de leur mission d'information du public. (…). Est considéré comme une atteinte indirecte au secret des sources (…) le fait de chercher à découvrir les sources d'un journaliste au moyen d'investigations portant sur toute personne qui, en raison de ses relations habituelles avec un journaliste, peut détenir des renseignements permettant d'identifier ces sources. ». Il n’est jamais inutile de se référer aux textes fondateurs de la profession. 

J’invite les auteurs de ces articles, la prochaine fois qu’ils consacreront un article au travail de Cyril Graziani, à le contacter directement afin d’avoir sa version des faits. Au-delà d'un comportement correct et loyal, il s'agit d'une règle dont le non-respect peut être sanctionné par le juge et qui consiste à recueillir la position de celui ou celle que l'on met en cause : cela s'appelle le principe du contradictoire. 


Au plus près des chiffres

Chaque jour, je reçois des messages d’auditeurs sur les chiffres relatifs aux morts du Covid-19 : « Je voudrais vous faire part de ma perplexité quant à la façon dont toutes les ondes présentent les chiffres de décès dus à la pandémie : en effet, il est toujours question de chiffres absolus, jamais de proportion par rapport à la population. (…) Tout le monde sait qu’en matière de statistique, des chiffres donnés absolument n’ont guère de sens. Comment savoir si l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, ou l’Allemagne s’en sortent mieux que nous, si je ne peux rapporter le nombre de décès au nombre d’habitants ? », « Info récurrente :  USA premier pays en nombre de mort du Covid : Faux. USA 204 morts par millions d’habitants, Belgique 670 morts par millions. France 379 morts par millions d’habitants soit 1,85 fois plus. » 

Les auditeurs s’interrogent à juste titre. Tout d’abord, indiquons qu’il n’y a pas désinformation, dissimulation ou volonté de biaiser l’information. Ensuite nul n’ignore qu’il y a plus d’habitants aux Etats-Unis qu’en France… 

Un journal radio donne en quelques minutes les éléments essentiels de l’actualité, ce sont des balises, de grands indicateurs qui font parfois l’objet d’encadrés, d’approfondissements mais en aucun cas il ne s’agit d’un contenu s’apparentant à des statistiques universitaires. Les principaux chiffres sont donc donnés quotidiennement, parfois des papiers de spécialistes apportent des éléments factuels de comparaison, mais on ne peut pas le faire dans chaque journal pour d’évidentes raisons éditoriales qui nécessitent d’aborder de multiples sujets. Ajoutons que sur France Inter, les journalistes ne parlent pas quotidiennement en termes statistiques (même si, scientifiquement, c’est essentiel, et il leur est arrivé de l’expliquer) mais en termes de vies perdues et d’ampleur des souffrances provoquées par cette pandémie. Dire, alors, que les Etats-Unis sont les plus touchés est... vrai ! 

Autre point notable, et l’on me pardonnera ce truisme, la radio c’est du langage parlé. Dans un « papier radio » (d’une durée comprise entre 40 et 50 secondes) on ne peut pas se permettre de « noyer » l’auditeur avec des chiffres, au risque qu’il ne retienne aucune information. Tout journaliste radio le sait.  

Permettez-moi de suggérer une petite expérience. Ecrivez un texte, d’une durée de lecture d’à peine une minute, en donnant tous les chiffres comparatifs qui vous intéressent sur les morts du Covid-19 de différents pays. Lisez ce texte à une personne de votre entourage, de préférence au réveil, moment de la plus forte audience en radio. A l’issue de votre lecture, demandez à cette personne ce qu’elle a retenu. Vous serez surpris. Je vous laisse mener cette expérience simple mais éminemment instructive. 

Dans une perspective comparatiste des morts du Covid-19 selon les pays, chacun peut cependant approfondir sa connaissance puisque les données, souhaitées par les auditeurs sont fournies par les journalistes.  

Ainsi, pour suivre l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde, le site franceinfo offre quotidiennement une vision complète de la progression de la pandémie de Covid-19 avec une série de cartes, de graphiques, sur le nombre de morts, les hospitalisations, l’âge des malades, avec des indicateurs actualisés chaque jour. 

De son côté, le site de France Inter fait chaque jour le point, avec les données publiées par Santé Publique France, sur le nombre d'hospitalisations et de placements en réanimation de patients sur tout le territoire. L'une des seules données vraiment fiables, selon les médecins. 

Pour éviter les « fake-news » - infox ou fausses informations - le site propose également une sélection de sources fiables pour s'informer sur les chiffres du Covid-19 partout à travers le monde : l'université américaine Johns-Hopkins, à Baltimore, a mis au point une carte interactive permettant de suivre en temps réel la progression de l'épidémie à travers le monde. Le site comprend un décompte, pays par pays, avec les cas confirmés, les décès, les personnes guéries et les cas actifs. Il existe également une version pour la France  avec le détail région par région. Enfin pour ceux qui préfèrent les chiffres, le site worldometer.info est intéressant. 


Le pessimisme en bandoulière ? 

Au fil des semaines, la critique à l’égard des informations négatives délivrées sur les antennes s’amplifie. Outre le climat, déjà très installé, de défiance à l’égard de la presse, cette ère nouvelle d’incertitudes et d’anxiété générée par la situation sanitaire, attise un penchant bien ancré : faire endosser aux médias une part de responsabilité.  

Dans les courriels, la critique vise les choix éditoriaux et directement les journalistes, accusés de faire sombrer un peu plus le pays dans un pessimisme gluant : « Dans cette crise les journalistes auront une responsabilité énorme, jamais un regard positif sur ce qui est fait, la critique est facile !! » « Vous contribuez à infantiliser et à renforcer le pessimisme des Français déjà plus élevé que dans les autres pays, en mettant systématiquement l'accent sur les dangers, les inconvénients, les risques des mesures prises ». Pour les auditeurs, les angles retenus par les rédactions restent trop souvent anxiogènes : « Après le tableau effrayant brossé et entretenu heure par heure par ces journalistes en mal de copie, les voilà qui osent entonner une nouvelle antienne : les Français ont peur ! ».  

Choix de reportages, hiérarchisation de l’information, invités des émissions, manière de mener les interviews, tout passe au crible de la critique frontale et parfois outrageuse :  « Je souhaitais savoir pourquoi la parole n’est donnée depuis le début de la crise du covid qu’à des « pseudos spécialistes » allant tous dans le sens d’une exagération de la dramaturgie. ». De quels critères dispose-t-on pour mesurer le phénomène d’exagération face à une pandémie hors-normes ? Par ailleurs, les micros ne sont pas ouverts à des « pseudo-spécialistes » mais au contraire à des professionnels médecins, scientifiques, chercheurs, universitaires. Les rédactions veillent très scrupuleusement au profil des interlocuteurs choisis comme l’explique Richard Place, directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo, dans le rendez-vous de la médiatrice du 2 mai 2020 

Cependant, indiscutablement, depuis le début du confinement les antennes ont pris une teinte particulière, trop sombre au goût de certains auditeurs - même les plus fidèles - comme ce couple qui écoute « son antenne » depuis 40 ans : « La matinale depuis le confinement nous "fatigue", nous déprime. Il n'y a plus d'espoir dans le futur, il n'y a que des infos désespérantes, des commentateurs tristes qui proposent des invités annonciateurs d'un futur catastrophique. Nous sommes persuadés que cela ne représente pas véritablement notre pays. La France ce n'est pas seulement un pays en faillite, c'est un pays encore créatif qui est plein de forces qui méritent un temps d'antenne équivalent.»

Cette perception d’une information monochrome traduit l’envie d’une autre vision de notre pays, le désir aussi d’entendre une pluralité de points de vue. Au regard de la richesse des programmes et journaux d’informations proposée par les antennes de Radio France, il est difficile de penser que chaque auditeur n’y trouve pas son compte en matière de diversité d’opinions. Cependant qu’il y ait une critique de la « couleur » des informations est concevable, mais ce qui pose davantage problème c’est d’attendre de la part des médias une sorte de réenchantement du monde. Or ce n’est pas leur mission. Les médias donnent les faits, racontent ce qui se passe à travers la planète, d’où la prépondérance des nouvelles négatives et le moindre écho donné à celles plus légères et positives. Chacun reconnaîtra que pour l’heure, et malgré le déconfinement prévu lundi 11 mai, l’actualité immédiate n’offre pas une grande latitude pour parler de faits réjouissants et de perspectives enthousiasmantes.  

Croyez-le, aucun journaliste ne se complait dans le quotidien sinistre que nous côtoyons tous. Derrière votre poste, devant nos micros, nous vivons tous cette crise sanitaire, cette pandémie, ce confinement. Dans ce contexte les journalistes s’efforcent de faire au mieux leur travail d’information. 

Néanmoins, comme le rappelle à juste titre ce couple d’auditeurs : « La France (…) est un pays encore créatif qui est plein de forces ». Un pays en effet porteur d’énergies, d’audace, fort de sa diversité et surtout d’une vitalité toujours à l’œuvre pour partager les valeurs qui nous animent, en particulier à Radio France. Des valeurs nécessaires pour engager les interactions et favoriser le débat démocratique afin de produire une conscience commune.  

À la veille de ce 8 mai 2020, qui marque le 75ème anniversaire de la paix en Europe, rappelons que cette vitalité est intrinsèque à notre Histoire. Certes, le Covid-19 a eu raison des cérémonies traditionnelles célébrant le 8 mai 1945 dans leur forme habituelle. Pour autant, différemment, on peut rendre hommage aux combattants, aux résistant-e-s, aux victimes de ces années de guerre et à toutes celles et ceux qui ont sacrifié leur vie ou pris des risques pour que les Françaises et les Français recouvrent la liberté. Demain, à 20 heures, joignons à nos applaudissements aux soignants, la mémoire de nos parents ou grands-parents. À chaque époque ses héros. 

Bonne lecture,

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


​​​​​​​Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 1er au 7 mai 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- Les chiffres du coronavirus
2- Soyez moins pessimistes

3- Le retour à l'école
4- Les "premiers de corvées"
5- Culture, l'État d'Urgence
6- Sibeth Ndiaye, invitée de "Questions Politiques"
7- Nicolas Hulot, invité de la matinale de France Inter
8- Le "monde d'après"

9- Pêle-Mêle de remarques des auditeurs
10- Les auditeurs suggèrent des thèmes de reportages
11- Merci aux équipes de Radio France

12- Témoignages, poèmes et lettres d'intérieur d'auditeurs

Le coup de cœur des auditeurs pour l'hommage à Idir de Sophia Aram sur France Inter

LES CHIFFRES DU CORONAVIRUS

Message d'auditeur
« Il y a une dizaine de jours, j'attirais votre attention sur le fait que dans vos informations, les chiffres concernant le COVID19 (décès, hospitalisations,..) étaient systématiquement annoncés en valeur absolue, sans jamais les rapporter ni à la situation antérieure, ni à la population totale surtout dans les comparaisons de pays à pays.
Il n'y a jamais de ratios. Ce qui fait annoncer, par exemple, que le nombre de décès en France est de 25 000 et immédiatement après qu'il est de 65 000 aux USA. L'intention de votre chaine est donc de faire passer ce message : "C'est donc 2,6 fois plus aux USA : on est meilleurs qu'eux dans la gestion de cette crise !" 
Vous savez bien que rapportés à la population totale les chiffres précédents correspondent à environ 4 pour 10 000 en France et 2 pour 10 000 aux USA. Le scandale au premier degré est que vous fassiez délibérément ces informations qui ne sont pas dignes de vrais journalistes. Le scandale au deuxième degré est que cette question a été évoquée à l'antenne dans les réponses apportées aux auditeurs (il y a quelques jours "Réponse à Olivier") et qu'il a été reconnu que les valeurs absolues n'étaient pas satisfaisantes. Mais absolument rien n'a changé dans vos infos. »
(Franceinfo)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

SOYEZ MOINS PESSIMISTES

Messages d'auditeurs
« Je ne suis pas engagé en politique. Mon avis sur le traitement de l’info est seulement porté par un citoyen ayant un avis « réfléchi » sur la gestion de crise. Je suis très triste de la façon dont la maison Radio France traite l’actualité, la ligne très négative très polémique très critique, quasi systématique j’ai l’impression. Les enquêtes qui systématiquement ont pour objectif de créer la polémique ou entretenir l’esprit négatif de nos concitoyens sont assez insupportables. J’avoue avoir plaisir à basculer systématiquement sur les web radios de Fip en ce moment… Les échanges que je peux avoir avec les personnes qui gardent une capacité de recul ou d’analyse confirment systématiquement cette analyse. En ces périodes de crise la recherche de buzz, la recherche d’audience envers la frange effrayée de notre pays ne me semble pas pertinente. La situation est particulièrement critique, la France n’a pas connu cela depuis des temps de guerre très éloignés. Notre pays a besoin d’unité et de solidarité pour construire notre avenir. Il me semblerait particulièrement approprié que Radio France joue un rôle positif et dynamique dans l’accompagnement de ce nouveau monde qui s’ouvre à nous. Les égos, frustrations ou mauvaises intuitions de certains de journalistes ne doivent prendre le dessus sur la raison d’être de cette noble institution. Ce moment est unique, l’espoir de pouvoir vivre un meilleur monde demain est unique. Faisons-le ensemble. » (Radio France)

« Les journalistes radio (et TV) sont, depuis le début de la pandémie en janvier dernier, responsables d’une panique qu’ils ont attisée depuis à grand renfort de reportages anxiogènes, montrant les pires horreurs et faisant croire à la population que ceux qui attrapent le Covid 19 risquent tous de mourir. Et ce, en dépit de toutes les évidences : mortalité de 1 à 2% des malades connus (donc beaucoup moins en réalité), mortalité presqu’exclusive de personnes à risque, nombre de décès équivalent à celui d’une grippe saisonnière, et pas plus élevé que celui d’un mois de mars ordinaire… De tels pronostics ne laissaient guère le choix à nos dirigeants, il fallait prendre des mesures exceptionnelles sinon on risquait une révolution. Et le choix du confinement a été fait. Puis, le déconfinement annoncé, les mêmes journalistes jouent de nouveau les Cassandre, criant qu’une 2ème vague de malades surviendra forcément, entraînant de nouveaux morts. Le résultat ? Encore un peu plus de peur dans une population déjà traumatisée. Et aujourd’hui, devinez quoi : après le tableau effrayant brossé et entretenu heure par heure par ces journalistes en mal de copie, les voilà qui osent entonner une nouvelle antienne : les Français ont peur ! Quelle surprise, vraiment, alors qu’ils ont fait tout ce qu’il fallait, et même beaucoup plus, pour ça ! Et quelle honte pour toute une profession ! Bravo, Mesdames et Messieurs les journalistes : lorsque vous perdez 1h ou plus dans une file d’attente, lorsqu’on vous y regarde de travers parce que vous êtes à 1m50 au lieu de 2m, lorsque nous n’avons pas vu nos enfants et nos petits-enfants depuis 3 mois, lorsque chacun cède à la paranoïa et regarde son voisin de travers, lorsqu’on se bat dans les magasins pour obtenir un masque ou un paquet de farine, et lorsque l’économie de notre pays (et des autres) est dans un état qui demandera des années à nos enfants pour le surmonter, tout ça, vous pouvez en être fiers, c’est grâce à vous. Précision finale : j’ai 70 ans, j’ai attrapé le Coronavirus, et vous savez quoi ? Je suis GUÉRIE et VIVANTE » (Franceinfo)
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LE RETOUR À L'ÉCOLE

Messages d'auditeurs
« Nous avons une fille en classe de CM2, comme tous les parents nous avons des interrogations sur la reprise de l’école. Beaucoup de parents ne semblent pas être partisans pour cette reprise, voire les professeurs. Mais surtout sur quoi s’appuyer pour connaitre les risques ?
A notre connaissance, le personnel médical qui a dû continuer de travailler pendant toute cette période a bien dû trouver des solutions pour faire garder leurs enfants... Est-il possible d’avoir le nombre de cas répertoriés de Covid positifs sur : Les enfants du personnel soignant ? Les personnes en charge de la garde de ces derniers.
A savoir que les enfants concernés sont beaucoup plus exposés que le reste de la population sachant que leurs parents travaillent avec le virus ! »
(France Inter)

« Je m’intéresse à la façon dont les écoles pourront mettre en œuvre le retour des enfants en classe en respectant les consignes de l’état. J’ai écouté jeudi midi je crois une émission avec trois maires, tous hostiles aux préconisations formulées par le Premier ministre. Aujourd’hui, la chaîne a invité la Maire de Nantes, non seulement hostile à la reprise prévue mais aussi très caustique quant à l’enchaînement des prévisions de reprise.
Sera-t-il possible d’entendre également quelqu’un qui expliquerait ce qu’il fait pour respecter les consignes, quels problèmes il rencontre et comment il les traite. Je ne voudrais pas faire de lien direct de cause à effet entre le traitement de l’information et les tendances montrées par les instituts de sondage mais je ne suis pas surpris qu’une majorité des sondés ne fasse pas confiance au gouvernement pour le déconfinement.
J’espère que la présentation que je ressens n’est en rien une stratégie politique. »
(Radio France)
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LES "PREMIERS DE CORVÉES"

"À l'occasion de la fête du travail le 1er mai, France Inter était aux côtés de celles et ceux qui travaillent au temps du confinement et qui, souvent, sont en première ligne face au Covid-19. Retrouvez tous les podcasts et toutes les émissions consacrés aux travailleurs et travailleuses. "
L'émission Grand Bien vous fasse du 1er mai était consacrée aux travailleurs longtemps invisibles, devenus visibles, indispensables, les personnels d’entretien qui assurent des missions essentielles en ce moment. Les auditeurs ont réagi :


Messages d'auditeurs
«  De nouveau merci et bravo à toute l'équipe de France Inter pour le fil rouge de cette journée sur le travail, les travailleurs, les travailleuses, et "les premiers de corvée", et pour la qualité de toutes les émissions, avec mention spéciale pour Augustin Trapenard, Ali Rebeihi, Mathieu Vidard, le Grand Rendez-vous, le Téléphone sonne, François Morel... Continuez à nous apporter intelligence, sensibilité et réconfort comme vous le faites chaque jour ! » (France Inter)

« Mon amie est ASH, Agent de Service Hôtelier et non hospitalier comme on pourrait le penser. 
Elle est employée par un groupe privé qui gère une soixantaine d'agents dans une clinique privée très connue de la rive droite de Bordeaux. 
Elle entretient les blocs opératoires : elle ramasse des morceaux d'os, des restes de chair, du sang. Tous les plans de travail doivent être entretenus après chaque opération ainsi que les murs. 
Elle n'a qu'un masque pour la journée. 
Elle gagne 1200 € par mois et bénéficie d'une prime de 500 € en juin et en décembre. 
Elle est employée dans ce groupe depuis 16 ans. 
Elle est sous la hiérarchie d'une gouvernante comme dans les hôtels. »
(France Inter)
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CULTURE : L'ÉTAT D'URGENCE

Avec l’épidémie de COVID-19, l’exception culturelle française se retrouve face à la question de sa survie. A côté de l’état d’urgence sanitaire, de l’état d’urgence économique, il y a bien un état d’urgence culturelle auquel France Inter a décidé de consacrer ses programmes ce 5 mai. Énormément de messages reçus à la suite de cette journée spéciale. 

Messages d'auditeurs
« Votre émission d’aujourd’hui et la journée entière de France Inter, bien qu’intéressantes pour l’éclairage qu’elles apportent sur un pan délaissé historiquement, semblent restreindre la culture au livre, théâtre, cinéma, variétés, musiques mais surtout variétés.
Il existe tout un pan culturel, celui des artisans d’art, dont la radio ne parle jamais même aujourd’hui. Ces artisans détiennent un savoir-faire exceptionnel et parfois unique en France. Il s’agit du patrimoine vivant qu’il s’agit de transmettre. Pour cela, faut-il encore que les entreprises survivent, faut-il aussi qu’elles soient connues et reconnues, que l’on parle d’elles pour donner envie à des clients d’avoir recours à leurs talents et à des jeunes de se former dans cette direction. Je parle de la broderie et de tant d’autres métiers d’art pour lesquels les clients, dont l’Etat, préfèrent avoir recours à une main d’oeuvre étrangère parce que moins chère.
Je trouve aussi qu’aujourd’hui encore, vous avez visé la facilité en sélectionnant des intervenants connus, toujours les mêmes alors que cela aurait pu être l’occasion, une fois n’est pas coutume, de mettre en avant des acteurs, auteurs chanteurs et autres artisans et techniciens inconnus mais d’une égale ou plus grande valeur. »
(France Inter)

« Juste un petit mot. Depuis le début de la crise. On donne la parole aux artistes, le président dit avoir entendu les artistes et va, dit-il, répondre aux artistes… Merci de ne pas oublier que la culture c'est aussi des techniciens. On ne les voit pas, on ne les entend pas, mais sans eux, pas de costumes, accessoires ni décors. Les artistes ne sont plus grand chose. Les artistes, les politiques comme les médias semblent vouloir l'oublier. Merci. » (France Inter)
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SIBETH NDIAYE, INVITÉE DE QUESTIONS POLITIQUES

Message d'auditeur
« Je voudrais revenir sur l'intervention de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye lors de l'émission "Questions politiques" du dimanche 3 mai. À un moment l'un des journalistes a fait remarquer l'incohérence entre les transports publics bondés et les plages ou cinémas vides au moment du déconfinement. (…) Pour Sibeth Ndiaye  la culture et le tourisme sont secondaires, mais comme l'a fait remarquer justement Ali Baddou, ils ne le sont pas pour ceux dont c'est le métier. Sibeth Ndiaye se rend-elle compte que des milliers de professionnels de ces deux secteurs vont mettre la clé sous la porte définitivement, entraînant avec eux le déclin certain de nombreux territoires, j'oserais dire des "terroirs". (…) Les restaurateurs, cafetiers, hôteliers, plagistes, glaciers, forains, compagnies théâtrales, organisateurs de festivals, intermittents... tous ces métiers forment un tissu social vivant qui irrigue nos régions en particulier l'été -j'habite en PACA-. 
Et je ne parle pas de la question des masques où elle a particulièrement brillé depuis le début du confinement, en affirmant tout et son contraire pour ne pas dévoiler la vérité, à savoir qu'il n'y avait tout simplement pas de masques au début de cette crise.  
C'est comme si on avait ouvert le micro à Mme Sibeth Ndiaye afin qu'elle place le plus de phrases possibles pour nous étourdir de paroles. »
(France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

NICOLAS HULOT,
INVITÉ DE LA MATINALE DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« La confiance est primordiale dans une vie collective, la bienveillance de la part chacun de nous est aussi à se réapproprier. Il est facile d’accuser Nicolas Hulot de ne pas avoir réussi au sein du gouvernement. Un seul homme est capable de faire basculer rapidement le monde s’il utilise l’autoritarisme et la bêtise comme nous le montre Trump ; un homme qui fait appel à l’intelligence collective, la réflexion et l’humanisme, comme Nicolas Hulot, à la participation et la responsabilité de chacun des citoyens et acteurs provoque une lame de fond lente, profonde et solide, il donne espoir et recrée de la solidarité. Un grand merci et continuons. » (France Inter)

« On ne peut que se réjouir que plusieurs personnes souhaitent inventer un nouveau monde. Il est toutefois particulièrement cocasse que cela vienne de la part de quelqu’un comme Nicolas Hulot qui a été aux affaires dans le monde d’hier, a été ministre de ce gouvernement. Par-delà ses grands mots compte-t-il réduire son parc automobile personnel pour commencer à petite échelle ? » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

PÊLE-MÊLE

Nous vous proposons dans « Pêle-mêle » une sélection de messages d’auditeurs : réactions sur l’actualité, avis sur des émissions, remarques sur les antennes, opinions sur les lignes éditoriales, points de vue sur les angles choisis dans des reportages ou des articles publiés sur les sites. 

Retrouvez ici des messages concernant :
•   Les propos de Juliette Binoche dans "La Bande originale" sur France Inter
•   Invitez plus de scientifiques
•   La parole aux personnes en situation de handicap
•   La prise de rendez-vous médicaux

•   Choix éditoriaux
•   Choix des invités
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LE "MONDE D'APRÈS"

Messages d'auditeurs
« Le simple fait que certains rejettent toute idée de changement après le confinement dénote un manque total de vue à long terme et laisse à craindre que l'avenir risque d'être bien obéré ! Alors que tous les indicateurs globaux sont au rouge ce n'est pas le moment de regarder en arrière mais bien de revoir toutes nos erreurs et fausses routes qui nous ont amenés au bord de l'abîme. » (France Inter)

« Pourquoi passer plus de temps à discuter le changement, le monde d'après, alors qu'il suffit de le faire. L'acteur c'est nous, c'est toi, c'est moi. N'attendons pas que le changement vienne du haut, changeons-nous nous-même. » (France Inter)

« Si l’on veut que les choses changent il faut que chacun s’assoie un peu et prenne le temps de réfléchir sur la trace qu’il ou elle laisse. Est-ce que j’ai vraiment besoin d’aller au bout du monde à chacune de mes vacances ? Est-ce que j’ai besoin d’acheter de nouveaux vêtements, de nouveaux gadgets électroniques toutes les semaines ? Est-ce que j’ai besoin de me faire livrer directement chez moi, est-ce que je ne peux pas moi-même me déplacer et attendre une semaine de plus ce que je veux acheter ? Etc ... est-ce que si je réduis tout cela j’aurai un impact positif sur le monde et est-ce que j’en perdrai une si grosse part de bonheur ? 
Arrêtons de toujours rendre responsables les dirigeants politiques et économiques, si nous nous prenons en main, ceux qui “tiennent” les ficelles recevront bien le message et ne pourront plus nous manipuler. Agissons avec civisme. »
(France Inter)
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​​​​​​​LES AUDITEURS SUGGÈRENT DES THÈMES DE REPORTAGES

Chaque semaine, les auditeurs nous écrivent pour suggérer des thèmes de reportages. Leurs courriels sont relayés auprès des rédactions qui parfois s’en inspirent ou bien qui ont déjà traité le sujet, nous vous proposons alors les liens des reportages réalisés par les antennes. Sélection.
Les professions mobilisées hors soignants 
Message d'auditeur
« Mère d’un routier, je trouve insupportable que l’on ne parle pas plus de leur rôle et de leur engagement. Sans eux, il n’y aurait pas eu le minimum vital pour nous nourrir. Parlons aussi de leurs conditions de travail, de leur dévouement. C’est pratiquement le Moyen-âge ne pouvant voir correctement leurs familles avec des rythmes horaires sans nom. Je reste choquée de votre manque d’insistance et de régularité pour informer au mieux sur leurs situations ! » (Radio France)

France Bleu Normandie a réalisé une vidéo et un article consultables sur son site sur le quotidien de Romain Granval, chauffeur routier dans l’Eure, confiné sur les routes du nord de la France depuis le début de la crise.  

Les professions en danger  
Message d'auditeur
« J’aurais dû, comme beaucoup, commencer ma saison à Pâques. Mes droits allocation chômage terminent fin juin et je n’aurai en aucun cas travaillé les 6 mois requis afin de les rouvrir pour cet hiver. Lorsque j’ai contacté Pôle emploi, il m’a été conseillé de changer de métier. Un peu comme on m’aurait dit il y a quelques temps de traverser la rue. Nous sommes nombreux a envisager un long hiver de galère au RSA. Je suis un auditeur assidu de votre antenne et je désespère de jour en jour d’entendre que l’on existe. J’ai entendu des sujets sur toutes sortes de population du cas des prostituées au rugbymen professionnel déprimés mais rien sur les saisonniers du littoral français. N’oublions pas que derrière chaque établissement ce sont énormément de salariés. Et date du confinement oblige, aucun n’a signé de contrat et donc aucun droit au chômage partiel et aucune assurance de travailler prochainement. J’espère entendre prochainement un petit mot sur nous qui pour une fois nous ferait démarrer la journée avec moins de haine envers ces DRH qui nous gouvernent. » (Radio France)

Dans un article, France Bleu fait état du manque de main d’œuvre saisonnière pour les arboriculteurs et maraîchers, notamment de main d’œuvre étrangère.  
 À lire, d'autres thèmes souhaités par les auditeurs

MERCI AUX ÉQUIPES DE RADIO FRANCE

Messages d'auditeurs
« Je souhaite remercier chaleureusement et vivement Nicolas Martin pour la série "Un été en Antarctique" que j'avais découverte l'été dernier, et que je savoure de réécouter en ce moment. Ce sentiment de confinement dans l'immensité doit être bien étrange, et peut-être que ce que nous vivons aujourd'hui sur cette planète doit s'en rapprocher, les manchots en moins ! Votre émission formidable m'a bouleversée l'été dernier, et je suis toujours autant émue à la réécoute. J'avais déjà une attirance pour le cercle polaire, j'en fais désormais une presque obsession, à l'idée de pouvoir peut-être un jour y faire mon expérience à la fois humaine, environnementale et intérieure. Bonne suite à vos créations et à vos partages si éclairants, et encore bravo. Merci ! » (France Culture)

« France Inter un amour de radio, on félicite ces derniers et à juste raison le personnel hospitalier mais moi j'applaudis également également le personnel de France Inter toujours debout et toujours présent tout au long de cette épreuve. C'est vrai que les voix à la radio c'est une grande présence dans les foyers. Rien que d'imaginer des personnalités merveilleuses transportées, par les ondes... Et ces voix qui sont des mondes à explorer celle de Guillaume Gallienne si poétique, Augustin si romantique, Charline gouailleuse chaleureuse espiègle, Ali Baddou, à l'écoute et patiente, Nicolas Demorand si dynamique ! » (France Inter)
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TÉMOIGNAGES, POÈMES ET
​​​​​​​LETTRES D'INTERIEUR D'AUDITEURS

Texte d'auditeur
« Lettre d’intérieur 
Bordeaux, le 3 mai 2020. 
Cher Augustin, 
Chaque jour confiné, je vous écoute. Je ne vous connais pas. Je suis un homme sauvé par les mots et le sourire. Je suis connu de mon amoureuse. De mes enfants. De ma famille. De mes amis aussi. Des mes collègues malgré le télétravail. Pas de quoi en faire take-over sur les réseaux sociaux. Votre voix m’est devenue familière. Ma promenade quotidienne. La magie de la radio. La voix. C’est tout. Sans artifice. 
Une vie confinée. Une sémantique nouvelle : « la vie d’après ». Feus d’artifices. La Finance resserrerait les taux. L’Etat redeviendrait providence. Le consommateur agirait en conscience. Redonnerait ses droits à la Nature. Nous ne détournerions plus le regard face à cette femme et cet homme oubliés sur le trottoir. Radeau médusé de nos égrotrips égo tropismes. Non, c’est promis, Et puis, je prends ma « place dans le trafic ». D’influence. Ce jeu de dupe. Scruter mes pieds. Ralentir le pas. Me presser de freiner des quatre faire. Faire mieux. Faire une place. Faire d’Amour. Faire sourire. Un sourire sauve le monde, le saviez-vous Augustin ? 
Comme ce matin. Ma journée confinée débutait avec l’impatience d’un peu de ravitaillement. A quelques pas de chez moi. J’arrive. Je sifflote. Le temps est léger. Il fait presque beau à Bordeaux aujourd’hui. Presque. Devant la supérette. Une file indienne. Longue. Tellement épaisse. Ma ville se soviétise. Ironie de l’Histoire. Des hommes. Des femmes. En attente. Masqués jusqu’au cœur. Leurs yeux sur le bitume. Les mines sont grises. Je croise un regard. Par hasard. Ou peut-être un rendez-vous. La dame courbée attend son tour. Cabas agrippé au bras droit. Un foulard beige encadre sa chevelure blanche. Très fifties. Sa génération. Un masque en tartan recouvre son nez trompette. Seul son regard sombre me perçoit. Sans mot, je lui tends un sourire. Une longue seconde. Un silence. Son visage s’éclaire. Nos prunelles printanières se font face. Le sourire appelle le sourire. C’est heureux. 
Evidemment, Augustin, je n’ai sauvé personne. J’ai même tracé ma route. Et pourtant. Pourtant, j’ai regardé l’Autre. Sans le juger. En conscience. Avec cette conscience de la réalité. D’une réalité. De ma réalité. Celle de cette longue fille d’attente d’un premier week-end de début du mois. Sans vacarme télégénique. Avec cette obsession : ne pas tomber malade. Impérieuse nécessité d’une famille monoparentale. Respecter la distance sociale. Difficile pour moi. J’aime les présences. J’ai consulté le temps ralenti. J’ai compulsé cette possibilité de marcher à durée limitée. Cet étau invisible. Avec cette conscience existentielle : pour ma fin de quarantaine, le confinement m’a privé d’un demi-printemps. 
Il m’a offert un élan vers un nouvel été. C’est une bonne nouvelle ! Avec cette idée du « temps qui reste ». Celui du temps de réflexion. Du pas de côté. Du « Less is more ». Du mieux-être. Du mieux pour soi, loin « d’avoir des quantités de choses qui donnent envie d’autre choses ». Sans stoïcisme, sans âpreté. En douceur. En bienveillance. Puis, j’ai interprété : la propagation de ce malin virus nous rappelle à l’ordre. Celui des priorités. Des « Dérisions de nous dérisoires ». De ma chance d’être aimé. De chérir. En sécurités. Intérieure. D’abord. Extérieure ensuite. De ma chance d’aimer « toujours les chansons qui parlent d’amour et d’hirondelles ». Je suis un homme aimé. Confiné. Aimant. Et heureux. 
» (France Inter)
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COUP DE CŒUR DES AUDITEURS : 
LE POÈME DE SOPHIA ARAM À IDIR

Le chanteur Idir, légende de la musique kabyle, est décédé à l’âge de 70 ans samedi 2 mai. Sophia Aram lui a rendu hommage en poème ce lundi 4 mai sur France Inter. Les auditeurs la remercient.

Messages d'auditeurs
« Merci à Sophia Aram pour son poème pour Idir, elle a mis des mots sur ma peine, pourquoi de telles voix sont-elles à ce point inaudibles, cet homme était la générosité, la douceur, l’humanité incarnées… » (France Inter)

« Merci, Sophia, pour cette chronique qui correspond si bien à ce que j’ai ressenti à l’annonce de la mort d’Idir. » (France Inter)
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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Distanciation sociale
« Je suis une auditrice fidèle de France Inter depuis des décennies et, comme beaucoup, mon nombre d’heures d’écoute de cette antenne a augmenté.    
Maintenant, j’ai quelques incompréhensions : l’emploi à tort et à travers de l’expression « distanciation sociale » sur l’antenne de France Inter.  Je m’élève vigoureusement contre cette expression.  
Je pense qu’il est indispensable de nommer correctement ce dont nous parlons.  En tant qu’être humain, je suis un animal social.  Si je me distancie de mon groupe, je m’exclus ou sors de ce qui fait société, parce que je mets fin à un ensemble d’interrelations.  C’est une décision grave et lourde de conséquences.    
Ce dont on parle en fait, ce sont de mesures de « distance physique » qui ne sont « que » des mesures sanitaires et non pas sociologiques.  Employer à tort et à travers le mot de distanciation sociale me semble grave.  Et surtout, le laisser s’installer. Autant par civisme, je suis prête à respecter des mesures sanitaires, autant je ne suis pas prête à accepter qu’on veuille me faire me « distancier ».  
Je souhaiterais qu’au moins, une réflexion et un débat s’ouvrent, surtout sur une antenne de service public et qu’on vous donne la parole.  »
 

Distanciation sociale / Distanciation physique : Emmanuelle Daviet répond

L’expression « distanciation sociale » prononcée par les autorités, les personnalités politiques, les soignants ou les journalistes, est l’une des plus entendues depuis le début de la pandémie. L’une des plus contestées également par les auditeurs qui nous écrivent : « Je supplie les journalistes d’abandonner cette expression abominable et pseudo-sociologique de « distanciation sociale » qui me choque depuis le début », « « Distanciation sociale » peut facilement prendre le sens de « rupture du lien social » », « Cela fait tellement écho à mouvement social, ou classe sociale ».  
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​​​​​​Distanciation sociale
​​​​​​​« Je suis surpris (et déçu) que les journalistes de France Inter continuent de parler de distanciation sociale au lieu de distanciation physique, expression suggérée (à juste titre selon moi) par notre 1er ministre dans son dernier discours à la nation. » 

​​​​​​​« J'apprécie votre radio et tous les efforts faits pour continuer à nous informer et nous distraire pendant cette période spéciale. Par pitié bannissez de votre vocabulaire le terme de distanciation sociale et utilisez le terme juste de distanciation physique... qui est tout le contraire !! » 

​​​​​​​« Depuis le début de cette crise sanitaire vous employez, les politiques, et donc les médias les termes respect des distanciations sociale. Ce terme provient du langage des sociologues et me semble fort inadapté au but recherché, la distanciation physique, ou sanitaire recommandée, mais pas sociale ! 
Comme si on accentuait encore l'inégalité entre les classes sociales plus visibles en ces temps de crise... ce thème pourrait faire l'objet d'un Grand bien vous fasse, émission fort agréable encore plus en ce moment. »
 


​​​​​​​« Mais que se passe-t-il ce matin ? L'expression idiote "distanciation sociale" n'est plus employée systématiquement. Ceux qui causent dans le poste se seraient-il enfin rendu compte que la "distanciation sociale" c'est quand on instaure des cabines de 1ere, 2e et 3e classe comme dans le Titanic et que ça ne consiste pas à respecter les distances de sécurité sanitaire. » 

Rouvrir
« En cette période de confinement, j'entends 7 personnes sur 10 dire RÉOUVRIR or, le verbe est ROUVRIR même si le substantif est la RÉOUVERTURE. Ainsi va la langue française ! » 

​​​​​​​« J'imagine bien que des broutilles d'orthographe sont les derniers de vos soucis en ce moment mais vous nous obligeriez, vous et vos confrères journalistes parfois, à employer le verbe "rouvrir" et non "réouvrir" qui n'est évoqué pour l'instant que dans le Larousse. "Réouvrir" est même déconseillé sur le site internet de ce même Larousse. Le Robert ne l'emploie pas. Désolé pour vous qui faites les frais de cette injonction, alors que comme je l'ai dit vous n'êtes pas le seul. Prenez soin de vous et pardonnez-moi ce petit billet d'humeur sur un sujet sans grande importance. Et aussi merci pour vos émissions, à vous et toute l'équipe de France Inter. » 

​​​​​​​« Pouvez-vous arrêter de dire « reouvrir » alors que « rouvrir » est le verbe correct ? En plus pour une émission sur la culture ! Il est étonnant d’entendre aussi des auteurs dire « reouvrir » ! Il eut été utile de faire quelques minutes d’émission pour parler le bon français dans le cadre de l’éducation et de la culture générale, pour en finir avec "c’était compter sans". » 

Du jamais-vu !
​​​​​​​« Quasiment tous les jours à l'antenne les chroniqueurs/queuses utilisent la formule : "Du jamais-vu depuis... (et ici, suit une période de temps ou une date). Je leur rappelle ici la signification de l'adverbe ''jamais'' : A AUCUN MOMENT PASSE OU FUTUR... Merci de leur rappeler ! » 

Des records de chiffres
​​​​​​​« Très régulièrement ces dernières semaines, j'entends, nous entendons, les journalistes parler de "Barre de X morts journaliers" comme si la France avait battu un record européen, voire du monde, en matière de deuil. Ne pourriez-vous rappeler à ces commentateurs de la chose publique d'avoir un minimum de respect pour les familles et l'emploi de termes un peu moins footballistiques et sportifs. » 

Fake news
​​​​​​​« La semaine dernière sur France Inter, j'ai vraiment été très déçue d'entendre plusieurs fois le terme "fake news" au lieu du terme "infox".  On pourrait s'attendre à ce qu'une radio du service public, ayant une audience importante, utilise au maximum le vocabulaire francophone quand il existe. De plus, dans ce journal, le terme "fake news" était suivi de "une fausse information", prenant acte du fait que beaucoup d'auditeurs ne connaissent pas ce terme. Si France Inter utilise un nouveau terme et informe ses auditeurs de sa signification, il me semble que cet effort devrait être fait en faveur d'un terme francophone ! Le choix qui a été fait est regrettable pour une radio du service public ; j'espère qu'il s'agit plutôt d'une erreur. 
Ceci est d'autant plus regrettable que le terme "infox" est facilement compréhensible pas des non anglophones et est plus facile à retenir que "fake news" (je pense à mes parents et aux jeunes enfants). »
 

Anglicismes
​​​​​​​« Je suis en train d'entendre parler de "makers" et de "fablabs". Visiblement le commentateur se complaît à utiliser ces termes. A qui s'adresse-t-il ? A des Anglo-saxons ou à des Français? A des compatriotes confinés qui ont peut-être besoin d'avoir des infos importantes en ce moment ? Et ça, sur une radio "nationale" ! Je rappelle que le français est la langue officielle de la France, et donc des Français. » 

Fabriqueurs
​​​​​​​« S'il vous plaît, essayez de dire "fabriqueurs" au lieu de makers. Cela passera dans le langage. Pour info, J'ai vécu en tant qu'étudiant aux Etats-Unis, j'y ai des amis, mais je suis irrité par l'usage systématique et facile des mots anglais alors qu'ils ne sont pas incontournables. Et je ne suis pas un cas isolé. » 

Handicapés
​​​​​​​« J'étais très choquée ce matin en écoutant l'émission 7-9 de France Inter, et plus précisément l'entretien mené par votre journaliste, d'entendre le terme "handicapé " employé à chaque fois qu’elle faisait référence à une personne porteuse de handicap. Ce terme est extrêmement réducteur, réduit une personne, enfant ou adulte à son handicap exclusivement. Il est totalement inacceptable de la part d'une journaliste de cette envergure censée maitriser les questions de société.  Les personnes en situation de handicap souffrent, au-delà du handicap, de préjugés et du mépris de ceux qui les méconnaissent. Le vocabulaire employé à leur égard en est un exemple. J'ose espérer qu'une radio de service public aurait une politique qui vise à réduire ce type de discrimination. » 

​​​​​​​​​​​​​​« Est-il respectueux d'employer le mot "handicapées", seul ? Le terme plus correct : personnes handicapées ou personnes à mobilités réduite ou personnes en situation en situation de handicap.  » 

Do it yourself
​​​​​​​
​​​​​​​« J'ai mal à mon français ! L'épouvante me saisit, surtout ce matin vers 12h30, pour le "dou ite yourselfe", le DIY, ou comme nous a menti l'animateur, en d'autres termes, le "faites-le vous-mêmes". En d'autres, c'eut été, make it by yourself, mais là il s'agit de la traduction en français et non en d'autres termes. Et dire qu'ils sont payés pour ne pas comprendre ce qu'ils disent. En outre, n'y a-t-il pas une loi sur l'utilisation de la langue française sur les radios publiques ? Tout le monde semble s'en moquer, à commencer par les responsables, cela devient inadmissible. » 
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet


REVUE DE PRESSE

"Aucun message n'est une bouteille à la mer"

La revue Animation & Education a interrogé Emmanuelle Daviet, médiatrice des antennes de Radio France. 

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Vidéo
DOROTHÉE BARBA ET LES AUDITEURS

Dorothée Barba, journaliste et chroniqueuse à France Inter, nous parle d’elle et des auditeurs : Êtes-vous attentive aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marquée ? Quelle auditrice êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?​​​​​​​
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Vidéo
DIDIER VARROD ET LES AUDITEURS

Didier Varrod, directeur musical des antennes de Radio France, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
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[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 9 mai sur franceinfo : La parole des enfants sur Franceinfo. Pour en parler au micro d'Emmanuelle Daviet, Julien Moch, rédacteur en chef à Franceinfo et Franceinfo junior. 
Pourquoi est-il important, en cette période de crise sanitaire et de confinement, de donner la parole chaque jour sur l’antenne de Franceinfo grâce à "Salut L"info". 

   
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Équipe de la médiatrice (édition numérique) : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet
 Antoine Ferreira 

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