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#21/2020 - Mai 2020
 L'EDITO DE LA MÉDIATRICE


Notre bien commun 


Les auditeurs écrivent essentiellement pour faire part de leur mécontentement, dans une moindre mesure pour donner leur point de vue sur un sujet qui fait l’actualité et, rarement, pour faire un compliment.  
Depuis la mi-mars la teneur des courriels a changé. Certes il s’agit toujours de traduire une insatisfaction sur l’angle d’un reportage, un manque de pluralité des points de vue, des changements de programmes, etc. mais, ce qui a été réellement marquant pendant deux mois c’est, d’une part la constance des remerciements pour les antennes quant à leur mobilisation pendant cette crise, d’autre part les courriels de témoignages et les « Lettres d’intérieur » des auditeurs pour partager leur quotidien bousculé.  

Au cours de ces semaines de confinement, étrangement nous n’avons plus reçu de courriels relevant un mésusage de la langue française sur les antennes de Radio France. Terminées les remarques sur l’emploi abusif d’un adjectif, les tics de langage, ou une mauvaise prononciation.   

Cette absence de messages ne nous a pas échappé. Elle n’a pas échappé non plus à la vigilance d’un auditeur abonné à cette Lettre qui, en préambule de son courrier, s’insurge contre le sous-titre de notre rubrique « Langue Française - Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français » : « Pourriez-vous avoir l'obligeance de donner bientôt à cette rubrique un titre moins moqueur ? ». Il n’y a, de notre part, nul sarcasme mais au contraire un hommage à tous les enseignants de cette discipline pour laquelle nous avons un profond respect. Il s’avère, par ailleurs, que le corps professoral est largement représenté au sein de l’auditorat de Radio France et ce sous-titre, sous forme d’allusion, est une dédicace à leur endroit.  
Dans son courriel cet auditeur, fort marri, poursuit : « Cette rubrique "Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français" (sic) refait surface depuis deux numéros de votre Lettre après avoir été caviardée pendant à peu près tout le confinement. À quel titre, cette disparition ? Nous devançons votre réponse : "vous ne trouvez pas qu'il y a plus grave en temps de crise sanitaire, tout de même ?". Non, la plupart de vos auditeurs ne trouvent certainement pas qu'une crise sanitaire justifie le désintérêt ostensible pour la santé de votre langue, dont le rayonnement épanoui est au contraire une mission primordiale du service public radiophonique, par tous les temps. ». 

Devancer la réponse d’un interlocuteur, en l’occurrence interlocutrice, c’est prendre le risque de se fourvoyer. Et c’est précisément le cas ici. Nous n’avons pas consacré de rubrique à la langue française pendant le confinement pour la simple raison que nous n’avons pas reçu de courriels à ce sujet durant cette période. Il ne s’agit donc pas d’un choix éditorial mais plutôt d’absence de matière. Je rappelle que cette Lettre est uniquement constituée des messages de nos auditeurs. Si nous avions reçu du courrier sur la langue française pendant ces huit semaines de confinement, nous en aurions fait état. Il s’avère que les auditeurs ne nous ont pas écrit à ce sujet. Pour quelles raisons ? Il est difficile de répondre à leur place. On peut néanmoins avancer quelques hypothèses. Peut-être qu’en ces circonstances exceptionnelles ont-ils préféré axer l’essentiel de leurs remarques sur le coronavirus, sujet central des 59 000 messages reçus pendant ces huit semaines ? Peut-être aussi ont-ils songé que les journalistes et producteurs seraient moins réceptifs à d’éventuelles critiques sur l’usage de la langue alors qu’ils faisaient exister les antennes, coûte que coûte, quotidiennement dans des conditions difficiles ?  

J’observe d’ailleurs la gêne de certains auditeurs qui écrivent ces derniers jours, précisément au sujet de la langue française, et amorcent ainsi leur message : « J’imagine bien que des broutilles d’orthographe sont les derniers de vos soucis en ce moment… », « Vous avez, bien sûr, plus important… ». Ces messages me donnent l’occasion de répéter ici que tous vos messages sont lus, vous pouvez nous les adresser quel que soit le contexte, ils seront pris en considération. 

A la fin de son courriel, notre auditeur rappelle, à toutes fins utiles, que la langue française est : « une mission primordiale du service public radiophonique, par tous les temps ». Nous partageons bien sûr cette conviction. À l’occasion de la Semaine de la langue française et de la Francophonie, qui se tenait du 14 au 22 mars et qui, pour les raisons que l’on sait, a été éclipsée, il a été rappelé « qu’en tant que média de service public, Radio France met au centre de ses priorités la valorisation du patrimoine linguistique français. Les sept antennes de Radio France – France Inter, Franceinfo, France Bleu, France Culture, France Musique, Fip et Mouv’ – participent tous les jours à faire rayonner la langue française et à promouvoir les langues régionales dans toute leur richesse et leur diversité. Les 4 formations musicales (l’Orchestre Philharmonique, l’Orchestre National de France, le Chœur et la Maîtrise) participent également à ce rayonnement, à travers leur programmation et leurs différentes représentations à travers le monde ».  

Le service de la médiation y prend également toute sa part puisque le bon usage de la langue française fait partie intégrante de sa mission et pour valoriser cet usage nous faisons régulièrement appel à des linguistes et lexicologues, parmi lesquels Bernard Cerquiglini, professeur émérite de l'Université de Paris, recteur honoraire de l'Agence universitaire de la Francophonie, Jean Pruvost, professeur de lexicologie, Laélia Véron, linguiste, enseignante-chercheuse, à écouter ici

Mardi 19 mai, Laélia Véron et Jean Pruvost étaient justement les invités d’Ali Rebeihi dans Grand Bien Vous Fasse pour expliquer comment naissent les nouveaux mots. La crise sanitaire a en effet vu fleurir de nouvelles locutions, des anglicismes ou expressions qui font bondir les auditeurs :  
« Qu’est-ce qui empêche la radio « publique » – le français est sa langue officielle – de parler de « foyer » d’épidémie plutôt que de « cluster » ? »,  
« Je suis très triste d’entendre vos journalistes parler de « cluster » alors que le mot français existe. Il s’agit de « foyer d’épidémie ». Ne pouvez-vous pas faire un effort et utiliser les mots français ? ».
On aurait pu remplacer "cluster" par « foyer » estiment les linguistes.  

Depuis maintenant plusieurs semaines, les auditeurs ne cessent de décrier l’usage de « distanciation sociale » : « Faites un effort pour utiliser le bon vocabulaire de notre belle langue. Exemple récent : la « distanciation sociale » est un véritable non-sens ! ». Les linguistes partagent cet avis estimant qu’: « On parle mal à propos de distanciation sociale, il s'agit dans cette crise de distanciation physique. » 

Quant au mot « quatorzaine », nos auditeurs ont un point de vue :  
« Un néologisme horrible et inutile vient de faire son apparition à la faveur, si j’ose dire, du Covid-19 et semble ravir certains des journalistes de Radio France et/ou de leurs interlocuteurs : « quatorzaine » !? Le mot quarantaine a perdu son sens originel et est devenu synonyme d’isolement. On peut donc dire une quarantaine de 15, 30, 60 jours » 
« J’ai apprécié que votre présentatrice ait parlé de foyers d’infection plutôt que le mot anglais, mais je regrette qu’elle ait parlé de quatorzaine, mot qui ne veut rien dire, il existe en français le terme de quarantaine dont la durée est modulable à autant de jours que nécessaires voir 14. ».  
N’en déplaise à ces auditeurs, le mot quatorzaine existe. Lors de l’émission d’Ali Rebeihi il a été indiqué que le mot « quatorzaine » (versus « quarantaine ») existe depuis le XIXe siècle, il est donc approprié.

Je voudrais ici remercier pour son extrême vigilance notre auditeur « défenseur de la rubrique Langue française ». Je souhaite également lui assurer que nous partageons avec lui le souci constant du « bon usage ». Cette langue française suscite des courriels vifs, certes, mais qui ne sont que le reflet de l’amour inconditionnel des auditeurs pour la richesse et la subtilité de ce bien commun, vivant, qui a inspiré à l’écrivain, philologue et historien Ernest Renan ce propos de circonstance : « On ne la trouve pauvre, cette vieille et admirable langue (française) que quand on ne la sait pas ; on ne prétend l’enrichir que quand on ne veut pas se donner la peine de connaitre sa richesse » - Discours prononcé le 3 août 1879.  
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Bonne lecture,

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes


​​​​​​​Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 15 au 22 mai 2020. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1- La langue française à l'heure du coronavirus
2- Le télétravail
3- Alain Finkielkraut, invité de la matinale de France Inter

4- Regards sur le déconfinement
5- L'édito M : "Dire "les Parisiens", ça suffit !"
6- La publicité pour les voitures
7- La chloroquine
8- Pêle-Mêle de remarques des auditeurs

9- Les auditeurs suggèrent des thèmes de reportages
10- Merci aux équipes de Radio France
11- Témoignages, poèmes et lettres d'intérieur d'auditeurs

LA LANGUE FRANÇAISE À L'HEURE DU CORONAVIRUS

"Distanciation sociale"
Message d'auditeur
« Faites un effort pour utiliser le bon vocabulaire de notre belle langue. Exemple récent : la « distanciation sociale » est un véritable non-sens ! La distanciation étant le recul pris par rapport à un événement (mot utilisé au départ dans le théâtre de Brecht) et social concernant les rapports entre les membres d’une société du point de vue comportement et évolution. Il faudrait parler d’"espacement physique" qui a l’avantage de sous-entendre la notion de mesure de l’espace entre les personnes. Que dire aussi des « clusters » au lieu de « foyers d’infection » ? La liste est très longue… » (Radio France)

"Cluster"
Message d'auditeur
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« Je suis très triste d’entendre vos journalistes parler de « cluster » alors que le mot français existe. Il s’agit de « foyer d’épidémie ». Ne pouvez-vous pas faire un effort et utiliser les mots français ? Les Canadiens le font tellement bien. Merci d’avance de transmettre le message… » (Radio France)

"Gestes barrières"
Message d'auditeur
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« Pourriez-vous, les différents animateurs d’émissions toujours passionnantes, utiliser les bons mots et demander aux intervenants de tous domaines de le faire aussi. Dire "gestes protecteurs" à la place de "gestes barrières". » (Radio France)

"Quatorzaine"
Message d'auditeur
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« Un néologisme horrible et inutile vient de faire son apparition à la faveur, si j’ose dire, du Covid-19 : « quatorzaine » !? Le mot quarantaine a perdu son sens originel et est devenu synonyme d'isolement… On peut donc dire une quarantaine de 15, 30, 60 jours… Ou tout simplement, un isolement ou éloignement, ou mise à l’écart..  » (Radio France)

"LA covid"
Message d'auditeur
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« L’Académie française a bien précisé qu’on doit parler de “LA covid 19”; il s’agit de la "covid 19 desease", “la maladie” est féminin donc c’est LA covid 19, et le virus de la covid 19 ou le coronavirus… » (Radio France)

​​​​​​​« Hors de question que je dise LA Covid 19 comme vous ne cessez de le dire. Marre de ces noms féminins négatifs… la maladie, la maltraitance, j’en passe et des meilleurs… » (Radio France)

"Rouvrir"
Message d'auditeur
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« Je voulais vous parler vocabulaire : en cette période de confinement, j’entends 7 personnes sur 10 dire RÉOUVRIR or, le verbe est ROUVRIR même si le substantif est la RÉOUVERTURE. Ainsi va la langue française ! Merci encore d’embellir mes journées ! » (Radio France)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

Depuis le début de l'épidémie, les auditeurs sont nombreux à émettre des remarques au sujet de l'utilisation de certains termes. Dans les précédentes Lettres, la médiatrice a répondu aux auditeurs. À lire ici : 
 Le ou La Covid ? 
 Distanciation sociale / Distanciation physique
 "Cluster", dans l'édito de la Médiatrice

LE TÉLÉTRAVAIL

Bilan et retour d’expérience de nos auditeurs, après plusieurs semaines de télétravail. "Quelles sont les bonnes pratiques ? Quels sont les pièges à éviter ?" Questions posées dans l’émission « Grand Bien vous fasse » ce 20 mai. Les auditeurs ont réagi. 

Messages d'auditeurs
« Je n’étais pas adepte du télétravail mais je l’ai découvert lors du confinement. Cela a été un grand changement pour moi mais positif. Bien sûr le lien social est moindre. Il faut savoir faire la part des choses entre vie privée et vie professionnelle. » (France Inter)

« Merci pour votre émission et pour la qualité des interventions de vos invités. En effet on a entendu sur le télétravail beaucoup d’opinions peu pertinentes pendant la crise sanitaire. Ma fille habite aux Pays-Bas, elle est chercheuse dans l’industrie de la distribution d’eau potable et télétravaille régulièrement. Son expérience m’inspire les remarques suivantes :
- la question des transports : télétravailler un ou deux jours par semaine, c’est d’une part éviter des temps de trajet, d’autre part contribuer à désengorger les transports en commun, ce qui est une urgence sanitaire et écologique ;
- la question du type de travail : évidemment, elle doit se rendre sur des sites régulièrement et participer à des réunions ; mais lorsqu’elle doit écrire un rapport, elle reste chez elle, c’est parfaitement compris et même encouragé, et bien plus efficace que d’être dans un « open space ».
- enfin la question de la confiance entre manager et employé, il me semble que c’est quelque chose qui se construit, et ce n’est qu’en essayant qu’on y arrive… »
(France Inter)

« Que les « experts » arrêtent de nous dire ce qui est bien ou mal pour nous avec le télétravail et qu’individuellement chacun puisse décider. Le télétravail me convient parfaitement, ne plus partir à 6h30 de chez moi et rentrer à 20h en étant maman solo est un véritablement confort. J’ai retrouvé une qualité de vie grâce à 2j/ semaine et 6h de transport en commun en moins. En télétravail depuis plus de 2 mois, c’est juste du bonheur pour moi. Alors les experts du « manque de lien, manque de confiance en soi, manque de repère… » me font « rire ». Nous avons vu pendant cette crise que l’on peut faire autrement, laissons ceux à qui cela convient continuer et allons même plus loin. En ce qui me concerne, notre équipe n’a jamais fait autant de points matinaux et était aussi réactive sur les dossiers. Nous avons remis les priorités en avant et fait évoluer nos pratiques. Arrêtons de vouloir toujours voir le négatif, que les collègues à qui ça ne convient pas puissent rester en présentiel et que les autres puissent garder cette souplesse et liberté. Quelqu’un d’investi et sérieux au bureau le sera en télétravail, un bon manager en présentiel le restera aussi à distance et l’inverse est vrai. Pour ma part, je prône plus de télétravail (3j serait mon idéal et plus, pourquoi pas, je signe). Belle journée à tous télétravailleurs et travailleurs présentiels » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

ALAIN FINKIELKRAUT,
​​​​​​​INVITÉ DE LA MATINALE DE FRANCE INTER

Messages d'auditeurs
« Cher Monsieur Finkielkraut,
J’ai trouvé votre intervention de ce matin très juste, extrêmement équilibrée et mesurée en tous points.
J’étais en phase complète avec votre analyse.
J’aime beaucoup « écouter » le regard que vous portez sur les choses et notre société même si je ne suis pas toujours d’accord. Mais ce matin, je l’étais entièrement. Avec mes respects. »
(France Inter)

« Moment très enrichissant, questions pertinentes. J’aurais aimé que cet entretien dure plus longtemps. Je ne suis pas une intellectuelle, une simple infirmière en retraite ! Que c’est bon d’entendre les analyses de ce Grand Monsieur ! » (France Inter)

Le philosophe, écrivain et académicien Alain Finkielkraut était l'invité du grand entretien de France Inter le 19 mai.
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

REGARDS SUR LE DÉCONFINEMENT

Messages d'auditeurs
« NON je ne fais pas « d’antiparisianisme primaire » mais j’ai constaté dans la nuit que la région parisienne se trouve désormais à moins de 100km de la Mayenne ! Une critique de plus ? Je précise, comme dans ces cas là que j’ai même « des amis parisiens » … Etant sujet à risque (âge + cardiopathie + suite de cancer), je constate encore et encore une forme d’incivisme que je ne suis bien obligé d’accepter. Ceci dit, dans mon village, depuis que le département est passé au vert, les masques (pourtant distribués gratuitement par le Conseil Départemental) se font de plus en plus rares, que le mètre de distance se transforme en 50cm, etc etc. Bref, j’attends avec résignation la seconde vague…  Un petit mot maintenant pour le monde d’après et ses bonnes résolutions ; j’y crois de moins en moins … Faire repartir le tourisme : mais comment nos ancêtres ont-ils pu vivre sans découvrir d’autres pays ? Comment envisager sa vie sans passeport ? Je serais bien curieux de voir les résultats d’un quiz imaginaire posant des questions aux « grands voyageurs » sur leur environnement… » (Radio France)

« Je me permets ce message pour passer un coup de gueule aux faveurs faites aux grandes surfaces… Je ne comprends pas, on nous parle de restrictions des plages, lieux publics, transports, bar, restos, boite de nuit… avec raison. Et je me rends compte que les grandes surfaces n’ont aucune obligation ? Je me suis rendu dans l’une d’elle hier en fin d’après-midi et à ma grande surprise : des centaines de personnes sans masques à faire leurs achats et discuter sans gestes barrières.  Un grand n’importe quoi… si vous pouviez relayer ce fait. » (Franceinfo)

« Nous, les personnes à risques demandeuses d’emploi sommes dans l’impossibilité de reprendre une activité dans le cadre d’un confinement « prolongé ».  Nous devons subir cette 2ème peine qu’est l’isolement social en plus de l’isolement physique.  Et forcément, rester dans la case minimum social (chômage, RSA, ass…) sans alternative. Comment sortir de cette pauvreté forcée ? Peut on attendre un effort du gouvernement pour nous soutenir ?  Concrètement, nous sommes interdits de travailler… » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

L'ÉDITO M : "DIRE "LES PARISIENS", ÇA SUFFIT !"

L'édito M de Sonia Devillers "Dire "Les Parisiens", ça suffit !", diffusé sur France Inter ce jeudi 21 mai a fait réagir les auditeurs. Une sélection de leurs messages à lire : 
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Messages d'auditeurs
« Je souhaitais remercier Mme Devillers pour sa chronique sur « les Parisiens ». Depuis 9 semaines (voire avant), je m’agace d’entendre parler des Parisiens qui… Enfin vous avez dit ce qu’il fallait ! Votre chronique décrivait la réalité de Paris avec toutes ses disparités. D’origine provinciale habitant Paris depuis 43 ans, je ne parviens pas à comprendre cet anti-parisianisme primaire persistant voire s’empirant. Les propos de certains de vos confrères journalistes n’arrangent en rien cette situation. » (France Inter)

« J’apprécie beaucoup vos chroniques, j’ai entendu celle de ce matin sur les parisiens, je la comprends et il est vrai qu’amalgamer les « parisiens » comme une entité homogène est stupide. Je vous écris parce que je suis tout autant agacée par ce parisianisme et notamment sur France Inter, qui consiste à parler de « La Province » (nous et eux). C’est exaspérant, tout comme les parisiens ça ne veut rien dire, « la province » ne veut rien dire ! (Serions nous tous pareils, à vivre dans des environnements similaires, parce que nous n’habiterions pas PARIS !) … voilà, mon petit coup de gueule (et peut être que cet agacement des « provinciaux » par rapport aux « parisiens » vient il en partie de cette stigmatisation « nous/eux ». » (France Inter)

« J’ai beaucoup aimé votre chronique ce matin, concernant les parisiens. Et cela pourrait s’appliquer à tous les français lorsque l’on parle d’eux comme d’une masse informe et non comme des individus. Cela me renvoie à tous les préjugés que je combats depuis toujours. Je suis née à Cannes et vis en Savoie depuis 25 ans et dès que j’ouvre la bouche, je suis « superficielle ». Ce à quoi je réponds : « C’est vrai, les gens du midi sont superficiels, les noirs courent vite, les juifs sont radins, les arabes sont voleurs, les blondes sont connes etc., etc. Alors merci, continuez à combattre tous ces préjugés même s’ils ont la vie dure. » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LA PUBLICITÉ POUR LES VOITURES

Des auditeurs regrettent le retour des spots publicitaires sur les voitures. Deux campagnes sont en effet actuellement diffusées sur les antennes. Elles prendront fin les 27 et 28 mai.

Messages d'auditeurs
«  J’ai de la sympathie pour la radio France Inter, plus que pour d’autres parmi les radios officielles et subventionnées mais je me demande comment vous osez passer une publicité pour Mercedes Benz qui invite à enfin pouvoir s’acheter une voiture neuve en prenant un énième crédit juste après une émission qui invite une personne qui nous fait réfléchir, comme beaucoup actuellement, à l’impact de l’homme sur la planète ? C’est si contradictoire que c’en est cynique. Quel dommage...  » (France Inter)

« Quelle agression cette nouvelle pub « Mercedes ». Après cette période de confinement qui a permis à certains, dont je fais partie, de se poser, de méditer sur nos modes de vie, (que je change personnellement depuis quelques années), d’écouter votre radio qui propose de multiples réflexions sur « le monde d’Après », comment peux t’on diffuser une telle publicité qui fait appel de plein fouet à notre monde d’Avant. » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

LA CHLOROQUINE

Message d'auditeur
« J’écoute beaucoup France Inter et c’est la première fois que je vous écris car pour la première fois il me paraît évident que vous avez sciemment évité depuis le début de l’épidémie de faire une enquête sérieuse et des débats contradictoires sur ce qui se passe à Marseille, les résultats annoncés sur la ville par le professeur Raoult et son équipe, l’utilisation réelle de la chloroquine, sa dangerosité supposée etc. A deux reprises l’animatrice de votre émission a coupé des personnes qui souhaitaient évoquer ces thèmes beaucoup plus brusquement qu’elle ne le fait d’autres fois. Quand la chloroquine est évoquée sur vos ondes c’est toujours pour affirmer qu’elle n’a pas de résultats probants, sans vous pencher sur les résultats affichés à Marseille. Qu’ils soient critiquables ou pas cela méritait de le vérifier ou d’en parler. C’est toujours aussi pour dire qu’elle est dangereuse, sans évoquer le fait que des milliers de gens en prennent tous les jours pour voyager, sans évoquer non plus ni donner la parole aux nombreux médecins qui la donnent. » (France Inter)
 À lire, une sélection de messages sur le même sujet

PÊLE-MÊLE

Nous vous proposons dans « Pêle-mêle » une sélection de messages d’auditeurs : réactions sur l’actualité, avis sur des émissions, remarques sur les antennes, opinions sur les lignes éditoriales, points de vue sur les angles choisis dans des reportages ou des articles publiés sur les sites. 

Retrouvez ici des messages concernant :
•   Le retour au collège
•   Les petits salaires

•   Les chiffres du coronavirus
•   Les journaux de France Culture
 À lire, une sélection de messages

​​​​​​​LES AUDITEURS SUGGÈRENT DES THÈMES DE REPORTAGES

Chaque semaine, les auditeurs nous écrivent pour suggérer des thèmes de reportages. Leurs courriels sont relayés auprès des rédactions qui parfois s’en inspirent ou bien qui ont déjà traité le sujet, nous vous proposons alors les liens des reportages réalisés par les antennes. Sélection.
Ressortissants français bloqués à l’étranger
Messages d'auditeurs
« Des milliers de français bloqués au Maroc, ma belle-sœur veut rentrer depuis mi-mars avec son mari qui a un cancer et plus de médicaments, avec certificat médical à l’appui mais personne à l’écoute. Consulat fermé et 1 avion par semaine pour rapatrier les personnes qui ont pu se faire pistonner. Ma belle-sœur et beau-frère sont au désespoir. Personne n’en parle… est ce que le gouvernement est au courant et pourquoi ils n’aident pas ses citoyens ? En plus ils disent « avion sanitaire » mais il faut payer le billet et les prix augmentent de jour en jour ! Il faut les aider et en parler sur les ondes. Merci d’être à l’écoute. » (Radio France)

« Je voulais attirer votre attention sur le fait que des milliers de personnes sont bloquées en Algérie loin de leurs familles dont mon épouse afin que vous puissiez en parler.et nous aider notamment à avoir des informations. Nous vivons chaque jour dans une incertitude croissante. Je vous envoie ce message en attendant de développer davantage mon propos. » (Radio France)

La cellule investigation de Radio France a enquêté sur les « ratés du rapatriement des Français à l’étranger ». Lire l'enquête. 

Travailleurs sociaux
Message d'auditeur
« Vous avez souvent oublié, comme beaucoup, les travailleurs sociaux : jamais applaudis (qui demande des applaudissements d’ailleurs ?) mais sur le terrain, ils sont au quotidien auprès des jeunes en difficultés, dans les centres d’hébergement de sans abris, demandeurs d’asile… Et ces plus vulnérables ?? Pas un mot ou presque (demandeurs d’asile, réfugiés, femmes victimes de violence…) Que deviennent-ils ? Qui les encadre ? Auront-ils une prime ces professionnels ? Que gagnent-ils ? Il ne s’agit pas de mettre en lumière des professions au regard d’autres, de hiérarchiser les professionnels mais de bien prendre en compte tout le spectre du sanitaire, social, éducatif, culturel, sportif et j’en oublie certainement. Bref, l’ensemble de ces professionnels qui s’occupent des autres pour les soigner, accompagner, éduquer…en un mot faire société. Pour construire ce fameux monde demain dont on parle tant sur mon antenne préférée mais toujours avec les mêmes mots et les mêmes penseurs et donc pensées, il faut élargir votre horizon, amis journalistes, puisez dans les contradictions pour permettre aux auditeurs de réfléchir puis de construire. » (Radio France)
 À lire, d'autres thèmes souhaités par les auditeurs

MERCI AUX ÉQUIPES DE RADIO FRANCE

Messages d'auditeurss
« Allegretto : Merci Denisa Kerschova pour cette belle émission aujourd’hui consacrée au Bel Canto. Mon époux et moi vous écoutons tous les jours ! C’est un vrai moment de bonheur ! » (France Musique)

« À l’attention de Arnaud Laporte / “Imagine demain la culture”. Merci à vous pour l’extrême qualité de votre émission (”on” aimerait qu’elles durent davantage, quelques minutes, c’est si court !).
Pertinence, clarté, profondeur de vos questions sans oublier le choix des personnes interviewées ; la sincérité et la teneur (d’une grande tenue !) de ce qu’elles disent me bouleverse.
Bref… écouter “Imagine demain la culture” est une vraie pépite offrant quelques repères tangibles dans la période de grande incertitude que nous traversons. 
» (France Culture)

« C’est la fin de cette première semaine de confinement, et je ne suis pas trop fière de moi, de ne pas vous avoir dit encore combien vous entendre tous les matins particulièrement, depuis le 16 mars, m’a été essentiel ! On vous imaginait confiné(e), chacune, chacun chez soi, c’était une grosse bouffée de tristesse, mais aussitôt, grâce à votre fidélité, à votre professionnalisme, à votre humour aussi, on oubliait presque la pesanteur de ce que l’on vivait, c’était pour ainsi dire « comme si de rien n’était », formidable illusion, formidable réussite de votre part ! Comment vous remercier tous, dont la mise en condition chaque matin devait exiger une forme d’adaptation matérielle et psychologique si inédite ?! A votre manière, vous avez été des Soignants, à la présence aussi vitale que la leur. Soyez-en remerciés, et que ce sentiment vous accompagne. » (France Inter)
 À lire, d'autres thèmes souhaités par les auditeurs

TÉMOIGNAGES, POÈMES ET
​​​​​​​LETTRES D'INTERIEUR D'AUDITEURS

Texte d'auditeur
« On se croyait si fort, 
 
On se croyait si fort, voire même invincible, 
Et voilà que soudain un mal nous prend pour cible. 
Il terrasse le monde et nargue les puissants, 
Il s’abat sur le faible en l’anéantissant. 
Ce mal pernicieux fait trembler la planète, 
Inconnu jusqu’ ici, devant lui tout s’arrête. 
Le combat est dantesque et l’ennemi cruel, 
Il n’épargne personne et ses coups sont mortels. 
Il frappe aveuglément, il n’a pas de frontière, 
Il n’entend pas nos voix ni même la prière. 
 
On se croyait si fort et devant l’invisible 
Nous voilà bien penauds, le mal est bien terrible. 
Il génère la crainte et instaure la peur, 
Il fait pleurer des cœurs enfantant la douleur. 
Le désordre grandit, la colère s’installe, 
Certains même déjà parlent de vrais scandales. 
La discorde est naissante et même les experts 
Ne se respectent plus et dénigrent leurs pairs. 
Il nous faudra du temps pour panser les querelles, 
En attendant chacun prêche pour sa chapelle. 
 
On se croyait si fort, mais comme en temps de guerre, 
Le bien comme le mal naissent comme naguère 
L’élan que l’on connait de réelle bonté, 
Tranche avec l’égoïsme et l’incivilité. 
On en veut même un peu au pouvoir politique, 
Mais toute crise aussi est propice aux critiques. 
On se met à douter de tout comme des siens 
Et même les ruraux boudent le citadin ! 
L’enfant devient suspect malgré son innocence, 
Il lui est interdit de voir son ascendance. 
 
On se croyait si fort en conquérant la lune, 
On y avait gravi des sommets de fortune. 
On maîtrise l’espace où tournent ses vaisseaux, 
Ces prouesses sont bien le fruit de nos cerveaux. 
On maîtrise l’atome comme le nucléaire, 
Et l’on s’enorgueillit de tous ces savoir-faire. 
Mais l’on est à genoux car un vent de malheur 
Qui souffle sans compter vient semer la terreur. 
Que nous aurons appris tous ces temps de tristesse ? 
Qu’il faut rester bien humble avec notre faiblesse. 
 
On se croyait si fort, faut-il toujours le croire ? 
Demain sans aucun doute on chantera victoire, 
Il faudra l’appeler : « Victoire à la Pyrrhus » 
Car est passé par là un bien vilain virus. 
» (Radio France)
 À lire, une sélection de textes et poèmes reçus


Vidéo
SPOILER, DIVULGÂCHER, LAÉLIA VÉRON

« Le terme divulgâcher est entré dans le Larousse à la place de spoiler, pourquoi ne pas l’utiliser sur une radio publique ? »

Laélia Véron, enseignante-chercheuse en stylistique et langue française et co-autrice avec Maria Candea du livre » le français est à nous », explique le sens des mots.
VOIR
Vidéo
LES TICS DE LANGAGE, JEAN PRUVOST
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« Je proposerais qu’à chaque « effectivement » et « voilà » prononcés lors des émissions soient versés 1€ dans une cagnotte allant à une oeuvre sociale (à faire payer par le locuteur). Je vous garantis qu’elle serait heureuse de la somme récoltée en fin d’année ! »

Jean Pruvost, professeur émérite de Lexicologie, d’histoire de la langue française à l’université de Cergy-Pontoise explique le sens des mots.
VOIR


Vidéo
PRONONCIATION DE "GAGEURE", BERNARD CERQUIGLINI 

« Le journaliste a employé le terme de « gageure ». Ce n’est pas la première fois qu’à cette antenne, je l’entends employé comme rimant avec « erreur », alors qu’il devrait rimer avec « piqûre ». »

Bernard Cerquiglini, Professeur des Universités, Recteur honoraire de l’Agence universitaire de la Francophonie, Ancien Délégué général à la langue française et aux langues de France, Membre de l’Académie royale de Belgique, explique la prononciation du mot.
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[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 23 mai sur franceinfo : "Reporter en période de crise covid19". Emmanuelle Daviet reçoit Sébastien Baer, chef du service reportage de franceinfo, un service reportage fortement mobilisé depuis le début de la crise sanitaire. Ses 8 reporters ont parcouru 16.000 kilomètres dans 12 des 13 régions de France ! 70 reportages et 30 modules vidéos partagées sur les réseaux sociaux et le site franceinfo.fr.  


Le travail d’une journaliste spécialiste santé pendant cette crise sanitaire

Pour en parler au micro d’Emmanuelle Daviet, Solenne Le Hen, journaliste spécialiste santé à franceinfo. En tant que spécialiste santé, vous êtes sur le devant de la scène médiatique de manière très intense depuis le mois de janvier. Vous allez dans les hôpitaux. Comment on traverse cette période en tant que journaliste  ?  
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