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#3/2021 - Janvier 2021
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE

Les dictatures consenties 


La prolifération d’anglicismes sur les antennes, le Blue Monday, la mort de Jean-Pierre Bacri, le dessinateur Xavier Gorce dans « l’Instant M » sur France Inter, le maintien d’Alain Finkielkraut sur France Culture, Christine Angot dans le « Grand entretien », les invités de la matinale de France Inter, les aléas de la campagne vaccinale et la générosité des auditeurs de l’émission « Les Pieds sur terre » sur France Culture sont au menu des thématiques cette semaine.
Chaque jour vous êtes très nombreux à nous écrire. Vous pouvez retrouver une sélection quotidienne des courriers sur le site de la médiatrice.
 

Cluster d’anglicismes 

En ce début d’année, les messages évoquant le piteux niveau de langage sur les antennes de Radio France ne tarissent pas : « avalanche d’anglicismes, fautes de grammaire grossières, expressions infantiles, familiarité à la limite de la vulgarité » nous écrit un auditeur qui, en quelques mots, synthétise la teneur globale des nombreux messages que nous recevons. 

Si des reproches sont fondés, il convient cependant de nuancer. Les critiques ne concernent pas l’ensemble des journalistes, animateurs ou producteurs, cependant elles rejaillissent incontestablement sur l’ensemble des intervenants de Radio France : « La langue française est admirablement belle, il faut choyer cette beauté, ne pas la souiller, la dénaturer, l’enlaidir. C’est également une langue précise, à la grammaire bien établie. On n’abîme pas un trésor, on le sauvegarde. Or, loin d’être convaincus du soin qu’il convient d’apporter aux paroles qu’ils prononcent, la plupart de vos journalistes paraissent animés d’un souverain mépris pour la langue de Racine, de Voltaire, de Proust, de Valéry ou encore de Mauriac. Ce sont des écorcheurs d’oreilles. » 

En point d’orgue des plaintes, la prolifération d’anglicismes : 
 
« Entendre au réveil, ce vendredi 22 janvier, que les “viewers” peuvent regarder les “gamers” en “live” et même en “replay” ! Whaouh !  “En termes de timing” (également entendu ce matin), il est à peine 7h30 et j’ai déjà les oreilles qui saignent !!!!! »  

« Ces anglicismes à répétition sont vraiment pénibles à entendre. Pour le journaliste, ce n'est bien sûr qu'un anglicisme en 5 minutes de commentaires, mais pour l'auditeur, c'est un anglicisme toutes les 5 minutes ! » 

« Je suis scandalisée par tous ces mots, termes anglais utilisés sur votre antenne de service public. Je pense que c'est par paresse car l'anglais est plus court. Ce qu'il faudrait c'est que TOUS les journalistes, animateurs parlent français et reprennent ceux de leurs invités qui par habitude, utilisent l'anglais pour communiquer, et immédiatement traduisent en français. Nous sommes des millions à vous écouter. Pensez-y, moins d'entre soi serait tellement mieux. »   

« Les bloquebeustères sont en strimingue, qu'est-ce à dire ? »  

« Je remarque que très très souvent des mots anglais sont utilisés lors de débats ou autres émissions, je n'ai rien contre la langue anglaise mais je ne la connais pas, et c'est très gênant de ne pas comprendre l'intégralité de ce qui est dit. Serait-il possible de faire une traduction simultanée des mots étrangers employés ? » 

« Des gens parlent entre eux de notre (auditeurs-lecteur-péquin moyen) incompréhension des faits de l'actualité. Moi auditeur, je ne comprends pas de quoi ils parlent quand ils disent “fastechèquingue” » 

« Je trouve affligeant que les médias en soient réduits à utiliser des mots "qui claquent" pour parler de choses que l'on connaît depuis toujours, souvent dans le seul but de capter l'attention du public. Était-il vraiment indispensable d'introduire le mot "burn out" alors que les mots "épuisement au travail", ou "dépression au travail", disaient très bien ce qu'ils voulaient dire ? » 

« Merci à Sonia Devillers d'avoir repris son invitée sur tous les anglicismes qu'elle prononçait à tout bout d'interview. C'est lassant quand on est retraitée et que bien connaissant l'anglais on ne comprend pas les significations de ces mots utilisés dans le milieu professionnel. »   

« J'ai écouté votre invité politique, à qui on pose la question du « benchmark ». D'évidence, j'attends une explication sur ce terme et rien. Certes, vous avez une fonction d'information, de réflexion, d'éveil du sens critique, mais vous ne savez pas qui vous écoute, et l'important c'est que vous ne restiez pas dans "l'entre soi", l'important c'est que même si on n'a pas la même culture langagière que vous, on ait envie de continuer à vous écouter. Risquer poliment une explication ne me choquerait pas, ce mot ou cette notion reste encore une énigme pour moi. » 

L’usage pesant et continuel d’anglicismes sur les antennes est un fait objectif. Des professionnels de la radio rétorquent que, devant un micro, il faut parler comme tout le monde, d’autres, plus sensibles à la correction de l’expression, reconnaissent que les remarques des auditeurs leur permettent de prendre conscience de cet emploi immodéré de la langue anglaise.   

Rappelons qu’en tant que média de service public, la valorisation et la préservation de la langue française est au cœur des missions de Radio France. Loin de valoriser celui ou celle qui l’emploie, un anglicisme traduit l’appauvrissement du patrimoine linguistique français. Pire, il peut être la manifestation d’une paresse de l’esprit, parfois d’un vide de la pensée. L’usage d’un anglicisme tente de faire passer pour une hypermodernité du discours un propos prétentieux et, en creux, une forme de snobisme.  

Cette prolifération d’anglicismes a également été constatée rue de Valois, au cœur même du bureau de la ministre de la Culture. Une anecdote rapportée cette semaine par « Le Parisien aujourd’hui en France » nous apprend que Roselyne Bachelot, très sensible à la cause de la francophonie, a posé une tirelire sur la table de la salle de réunion de son cabinet : "Et le tarif, c'est un euro à chaque mot anglais utilisé !" lit-on dans l’article. "Les membres de son équipe contribuent régulièrement mais la ministre elle-même s'est retrouvée mise à l'amende récemment (…) en utilisant les expressions « bottom up et top down ». Elle s'est immédiatement acquittée d'une pénalité de 4 euros (4 mots anglais, c'est 4 euros)." 

Lundi, un anglicisme ponctuel a connu une belle vitalité sur les antennes : le « Blue Monday ». 


Blue Monday 

Le « Blue Monday » est le troisième lundi du mois de janvier, jour supposé le plus déprimant de l’année. Il s’agit surtout d’un concept marketing fumeux créé il y a un peu plus de quinze ans à l’occasion de la campagne publicitaire de l’agence de voyages Sky Travel.  
Une opération commerciale initialement présentée comme une prétendue étude scientifique avec des calculs absurdes basés sur « les conditions météorologiques, notre niveau d'endettement, le temps écoulé depuis Noël, le temps passé depuis l'échec de nos résolutions du nouvel an » pour déterminer le jour le plus déprimant de l’année.  
Ainsi posée, l’équation permet de déterminer que le troisième lundi de janvier est jour “le plus cafardeux de l’année”. Une bien jolie démonstration ! Et, pris au pied de la lettre, ce concept revête tous les atours d’une farce, guère apprécié par certains auditeurs :

« Et c'est reparti pour le Blue Monday ! Qu'est-ce que c'est que cette façon de nous imposer un concept anglosaxon dont nous n'avons que faire ! L'époque n'est pas assez anxiogène ? Qu'est-ce que cela nous apporte d'en remettre une couche ? 
Aujourd'hui temps splendide sur les Alpes sous la neige, pour une fois j'oublie le gris, le froid, la pluie et le Covid alors, pitié, n'en rajoutez pas… » 


Les journalistes n’ont évoqué le Blue Monday que pour s’en moquer en nous invitant au second degré.  

Il n’en demeure pas moins que ce 18 janvier 2021 aura été, pour beaucoup, un lundi bien triste et morose : 

« En ce jour, je rends hommage à Jean-Pierre Bacri, pour ses proches et le cinéma français. »  

« Un homme d'esprit, à l'humour tendre et intelligent comme il en existe peu, engagé et certainement fatigué de ce monde des apparences. Merci Cher M. Bacri » 

« Merci pour vos émissions « Popopop » et particulièrement pour celle d'aujourd'hui dédiée à cet homme immense... Humour, sincérité, générosité pour cet artiste, cet être entier que fut Monsieur Bacri... Cet acteur en qui chaque homme se reconnaît...Merci encore…" 

Invité sur Franceinfo ce lundi, Jean-Michel Ribes, le directeur du Théâtre du Rond-Point, a évoqué un homme "qui avait cette capacité à toujours être lui-même, à toujours avoir ses idées, sa morale, ses valeurs qu’il défendait sans arrêt, c'était l'envers d'un people, c’était quelqu'un qui avait une densité extraordinaire”. 

Le dramaturge a souligné "la grâce" de son ami : "Jean-Pierre Bacri ne devenait jamais un personnage, c’était le personnage qui devenait Jean-Pierre Bacri. La grâce c’est quelque chose qui ne s’explique pas, on l’a ou on ne l’a pas, il l’avait. Dès qu’il ouvrait la bouche même en bégayant, même avec ses approximations, il était là, on l’écoutait et il nous émouvait, il nous faisait rire”. 


Comme une image 

Lui aussi nous fait rire, sourire souvent, avec ses “Indégivrables", ces petits manchots à l’allure humaine, peuple d’une banquise en péril, mis en scène avec un graphisme minimaliste et un humour décalé pour dire l’absurde de l’époque.

Publié quotidiennement par le Monde, le dessinateur de presse Xavier Gorce, créateur des "Indégivrables", a quitté mercredi avec fracas le journal. Le dessinateur reproche au Monde d'avoir cédé à la pression des réseaux sociaux où l’un de ses croquis a suscité de nombreuses réactions.  
Certains utilisateurs y ont vu une forme de transphobie et reproché au dessinateur de se moquer des victimes d'inceste, des critiques qu'il avait rejetées en bloc sur Twitter. La direction s’est excusée auprès des lecteurs qui auraient pu être blessés et a indiqué qu'elle n'aurait « pas dû publier » le dessin.  
L’objet du délit ? Un croquis où l’on voit un jeune manchot demandant à un congénère : "Si j'ai été abusée par le demi-frère adoptif de la compagne de mon père transgenre qui est devenu ma mère, est-ce un inceste ?". Ce dessin, voulant tourner en dérision l'inceste et la transidentité, n'a pas été censuré, il est toujours en ligne. 

Xavier Gorce était, hier, l’invité de “l’Instant M” hier sur France Inter : “On met le doigt dans un engrenage terrible. A partir de quand on peut estimer que le sentiment de blessure est justifié ou pas ?”. 
"A chaque fois qu’un dessin va heurter une communauté, une sensibilité, une personne qui se sent victime, on va s’excuser ?"
, s’interroge le dessinateur au micro de Sonia Devillers.  
Xavier Gorce n’accepte pas ce "désaveu" du journal : “Le dessin a été publié, accepté, validé. Il y a quelque chose d’incompréhensible dans la démarche du journal. Je pense qu’ils font une erreur, une grossière erreur qui est celle de s’excuser, après une campagne de bashing (NDLR: dénigrement) sur les réseaux sociaux.” 

Les auditeurs ont réagi à l’émission et apporté leur plein soutien au dessinateur : 

« Je suis de tout cœur avec ce dessinateur. Sidérée par l'attitude du Monde. Nous sommes déjà frustrés du manque de liberté physique mais imaginez nos vies sans humour, sans provocation... Tout cela me désole terriblement. Laissons les dessinateurs dessiner, et même Finkielkraut dire des conneries. » 

« Merci de donner la parole à Xavier Gorce et bravo à lui d'avoir claqué la porte du Monde après les communiqués de la rédaction qui n’assume pas d’avoir publié un dessin humoristique et décide se boucher le nez !  Idem pour « Finki » Même si certains de ses propos sont plus que maladroits et que je les réprouve je suis encore plus choquée de son éviction »  

« Non aux censures antidémocratiques de tous les néomaccarthysmes qui prospèrent sur les réseaux sociaux ! Hier le dessinateur Xavier Gorce, aujourd'hui Alain Finkielkraut... Stop ! » 

« Par exemple, peut-on être « Charlie » et se ranger dans le camp des tenants de la censure et de l’anti-blasphème ? Si une communauté de genre peut obtenir des excuses, pourquoi les intégristes musulmans n’en obtiendraient-ils pas ? La direction du Monde a ouvert une brèche dans la liberté de la presse et celle de penser » 

« Soutien total. La cancel culture (NDLR: culture du bannissement) est un totalitarisme. Mortifère. Bravo de ne pas s'excuser quand il n'y a pas lieu de le faire. Il faut résister à la folie. »  

Dans l’Instant M, Xavier Gorce a pointé l’impasse à laquelle peut conduire une telle décision : « De quoi va-t-on pouvoir parler, sur quoi va-t-on pouvoir dessiner ? Le dessin c’est d’abord de l’humour qui n’est pas fait pour se moquer. C’est principalement fait pour démontrer des travers de la société. Avec mes dessins, "je cherche à soulever dans l’actualité les choses absurdes de notre monde actuel). Je ne veux pas d'un titre qui se couche devant des campagnes de bashing sur les réseaux sociaux, il faut que la presse soit courageuse ». 


Alain Finkielkraut sur France Culture 

Du courage elle n’en manque pas, dixit les auditeurs de France Culture après avoir entendu Sandrine Treiner, la directrice de la chaîne hier dans le rendez-vous de la médiatrice.  
Sujet de l’interview ? Alain Finkielkraut.  

Le philosophe, chroniqueur sur LCI, a été congédié de la chaîne la semaine dernière pour ses propos sur l'affaire Duhamel. En substance Alain Finkielkraut s'est dit "contre un lynchage généralisé" du politologue Olivier Duhamel, accusé dans un livre par sa belle-fille, Camille Kouchner, d'agressions incestueuses sur son frère jumeau alors qu'il était adolescent. La question du consentement a également été évoqué dans cet entretien sur LCI. 

A la suite de cette interview, des auditeurs ont demandé qu’Alain Finkielkraut ne soit plus sur l’antenne de France Culture où il est producteur de l’émission « Répliques » diffusée chaque samedi.  
Hier, Sandrine Treiner a exprimé le maintien d’Alain Finkielkraut sur son antenne et rappelé la place très particulière que « Répliques » occupe dans l’espace culturel et médiatique français. 
Une prise de position très affirmée et saluée de façon spectaculaire par les auditeurs. Dans la foulée de l’émission nous avons, en effet, reçu un nombre très significatif de messages plébiscitant ce choix de la direction : 

« Je viens d'écouter avec un très grand intérêt l'explication de Sandrine Treiner sur le sujet Alain Finkielkraut et tiens à vous féliciter pour l'intégrité de l'esprit France Culture que vous maintenez. » 

« Un grand merci à Sandrine Treiner que je viens d'entendre répondre avec talent aux auditeurs au sujet de M. Finkielkraut, très grande clarté, défense du temps nécessaire au débat, parfait, merci beaucoup ! »  

« Je viens d'écouter Madame Treiner... je suis 100% d'accord ! Je suis très rarement en phase avec Finkielkraut mais je reconnais qu'il aborde des sujets complexes... laissons le parler... c'est important ! Pourvu que vous soyez toujours là. » 

« J'ai entendu tout à l’heure le point de la médiatrice et ai trouvé la mise au point de la directrice de France Culture, concernant Alain Finkielkraut, tout à fait remarquable. Je confesse ne pas être un grand fan de M. Finkielkraut, je le trouve assez pontifiant et ne suis pas toujours d’accord avec ce qu’il dit et, quand j’écoute Répliques, c’est plus pour les propos de ses invités que pour les siens. Pour autant, j’avoue être assez abasourdie que des auditeurs aient « demandé sa tête ». Cela, après avoir entendu, ce matin, la rupture entre Xavier Gorce et Le Monde en raison de son pingouin ironique, c’est beaucoup dans une même journée. Je suis lasse et désespérée de cet univers médiatique où la nuance, le second degré, la prise de recul, la complexité semblent des valeurs en voie de disparition. Heureusement, il y a une oasis : France Culture. Et cela explique peut-être les très bons scores que la directrice a annoncé tout à l’heure. Sans doute y a-t-il bien d’autres assoiffés, comme moi, qui viennent étancher leur besoin d’intelligence sur cette antenne. Alors un grand merci » 

« J'ai été agréablement satisfait par la position très bien argumentée de Sandrine Treiner pour défendre Alain Finkielkraut et pour maintenir une des meilleures émissions de mon antenne préférée. (…) Je me réjouis que France Culture, qui peut à bon droit s’enorgueillir de son taux d’audience, ne cède pas encore à la tyrannie des spectateurs et à des biais culturels réducteurs. Si France Culture veut rester une référence sans équivalent, la qualité de ses intervenants et de ses productions doit rester sa seule boussole. Elle doit se préserver, autant que faire se peut, de tout dogmatisme y compris soft ; a fortiori intolérant. »  

Il est important de mentionner que, dès le début de son interview, Sandrine Treiner a indiqué qu’elle comprenait : « les indignations et les incompréhensions que les propos d’Alain Finkielkraut ont suscitées. Et d’autant plus quand on s’en tient à l’extrait relayé par les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, savamment composé pour choquer et créer l’émotion. J’ai tenu pour ma part et je le conseille à chacun de regarder la séquence du plateau de LCI dans son intégralité. En ouverture de sa chronique., Alain Finkielkraut condamne de façon extrêmement claire les agissements d’Olivier Duhamel et les actes pédocriminels en général. Il ne laisse aucune ambiguïté sur le sujet, ce qui est pour moi évidemment fondamental et même déterminant. » 


« Inceste consenti, pas mort » alerte Christine Angot 

Quinze jours après la publication du livre “La Familia Grande” de Camille Kouchner, l’écrivaine Christine Angot, elle-même victime d'inceste, a choisi, hier, le Grand entretien de la matinale de France Inter pour s’exprimer sur le sujet au micro de Léa Salamé. L'auteure de "L'Inceste", publié il y a 22 ans, souligne que les enfants veulent dénoncer, mais ne peuvent pas : "Moi, je voulais parler pendant 3 ans, de 13 ans à 16 ans, j'ai essayé par tous les moyens et j'ai voulu parler. Vous avez les mots pour dire ça ? (...) Comment vient le sujet ?”.  

L'écrivaine a tenu à déconstruire l'idée reçue selon laquelle les enfants veulent garder le silence pour ne pas casser une famille. Selon Christine Angot, l’enfant prend tout à fait conscience de ce qu’il se passe : « Vous savez très bien que la petite chose fragile, c'est vous. Et vous savez très bien que c'est vous qui êtes en difficulté (...) Vous comprenez très bien ce qui se passe. » 

"La personne qui s'autorise à abuser de son pouvoir sur vous, c'est qu'elle en a un", a-t-elle ajouté. "Et si c'est votre père, ce n'est pas n'importe quelle personne.” Faut-il, dès lors, parler, libérer la parole pour en venir à bout ? "Moi, j'y crois tout à fait, dès lors qu'il n'y aura plus, dans cette société, de fascination du pouvoir et que donc, les abus de pouvoir n'auront plus lieu d'être. Tant qu'il y aura une fascination de l'ensemble de la société pour le pouvoir et ses manifestations, il y aura forcément des abus de pouvoir puisque ça opère dans tout, dans tous les clans sociaux", a-t-elle conclu. 

La force de cette interview a été unanimement saluée par les auditeurs qui nous ont écrit: 

« Je suis encore profondément émue par le témoignage de Christine Angot. »  

« Merci pour le magnifique et profond échange que vous avez eu avec Madame Angot. Laissons parler quand ils le peuvent ceux et celles qui savent et surtout sachons les écouter » 

« Propos éclairants sans passion, sans haine. On comprend tout » 

« Mme Angot, déterminée mais sous contrôle, émotion mais sous contrôle, révoltée, son témoignage est poignant. » 

« Depuis quelques semaines je ne me retrouve pas forcément dans les discours des uns et des autres sur ce sujet. Votre invitée elle, dit juste, elle est dans la vérité du ressenti d'une enfant, et je partage chacun de ses mots, de son analyse » 

« Encore merci Christine Angot pour la justesse de vos mots et de votre récit précis ! Merci pour votre courage qui m’encourage »  
 


Les invités de la matinale de France Inter 

Au sujet de la matinale de France Inter, deux types de remarques attirent l’attention : 
« Dans la matinale de France Inter (le 7/9) tous les invités sont des hommes. Des hommes politiques, des hommes syndicalistes, des hommes patrons d'entreprises, des hommes "chercheurs", des hommes "experts". N'existe-t-il aucune femme dans ces catégories ? L'humanité n'est-elle pas constituée de 50% de femmes ? Pourquoi, encore et toujours, les mettre de côté, les invisibiliser ? C’est inacceptable ! C'est indigne du service public qui a un rôle d'information ! Quelle information diffusez-vous qui "oublie" la moitié de l'humanité ? Réfléchissez ! Changez ! » 

« Un peu marre dans la matinale d'entendre des médecins infectiologues, des spécialistes de... Serait-il possible d'arrêter cette sinistrose matinale et de nous faire rêver avec des invités qui nous parlent de voyages, de culture, de sport et de tout ce qui nous est interdit. Déjà qu'on doit écouter les spots publicitaires du gouvernement de la Covid… » 

Qu’en est-il exactement ? Les femmes sont-elles sous représentées dans la matinale en ce début d’année ?  

Depuis le lundi 4 janvier 2021, le 7h50 et le Grand entretien de 8h20 ont donné la parole à 34 personnes dont 8 femmes et 26 hommes soit 23% de femmes. On peut donc considérer qu’il y a là un déséquilibre qui illustre un constat déjà formulé : alors que la crise sanitaire a fait reculer la parité dans les médias, un rapport de la délégation aux droits des femmes du Sénat rendu public l’été dernier, estime qu'il faut fixer un objectif général de parité d'ici 2022 pour les éditorialistes et les intervenantes invitées en tant qu'expertes en plateau. 

Les femmes représentent une majorité des diplômées de l'enseignement supérieur en France, mais restent pourtant sous-représentées parmi les experts s'exprimant dans les médias. Si leur part est passée de 20% en 2015 à 38% en 2019, "l'année 2020 a marqué le pas" en raison de la crise sanitaire selon une étude du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). 

Rappelons que dans son rapport sur la place des femmes dans les médias en période de crise, remis en septembre dernier aux ministres de la Culture Roselyne Bachelot et à l'Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno, la députée LREM Céline Calvez soulignait que, de mars à juin 2020, les femmes ont beaucoup pris la parole sur les antennes comme mères ou infirmières mais trop rarement en tant qu’expertes. 
L'urgence liée au Covid-19 a "bousculé les pratiques des médias et fait reculer leur vigilance sur la présence des femmes expertes dans leur contenu", rappelait la mission parlementaire et n’a fait qu'"accentuer" des "inégalités déjà présentes en temps normal"

A cet égard, si l’on considère les médecins invités dans la matinale de France Inter depuis le 4 janvier, on note que 37 % sont des femmes - 8 médecins parmi lesquels 3 femmes, un chiffre honorable quand on sait que la parité est loin d’être établie chez les experts médicaux. 

Abordons à présent, la seconde remarque : « marre dans la matinale d'entendre des médecins infectiologues (…). Serait-il possible d'arrêter cette sinistrose matinale et de nous faire rêver avec des invités qui nous parlent de voyages, de culture, de sport ? »  

Cette critique est-elle fondée ? Non. Être factuel évite les approximations et les perceptions erronées : depuis le 4 janvier 2020 la matinale de France Inter a reçu 34 invités, seulement 8 étaient médecins, les 26 autres étaient réfugiée, ministre, député, président de région, magistrat, universitaire, enseignant-chercheur, journaliste, écrivain, réalisateur, patron, etc. Donc seuls 23% des invités sont médecins. 
Cependant, il est exact que des invités non rattachés à l’univers médical ont évoqué la crise sanitaire, leur périmètre professionnel étant en lien avec le COVID-19, d'où le sentiment des auditeurs d'en entendre beaucoup parler. 

Le choix des invités de la matinale de France Inter relève d’une stratégie éditoriale détaillée par Catherine Nayl, directrice de l’information de France Inter : 
« Nos auditeurs sont toujours d’une vigilance extrême sur le choix de nos invités et ils ont raison. Ce qui dicte notre choix c’est toujours la recherche d’un pluralisme, la mise en valeur d’une parole ou d’une histoire exemplaire, des annonces d’actualité, les réflexions de nos philosophes, sociologues, historiens. Depuis ce début d’année, nous avons pu entendre Marie N’Diaye comme Olivier Véran, Gulbahar Haitwaji, une réfugiée ouïgoure et l’ancien juge Renaud Van Ruymbeke, le sociologue et philosophe Bruno Latour et son analyse de la crise actuelle comme Christine Angot sur l’inceste, l’infectiologue Elisabeth Bouvet comme Adrien Quattenens de la France Insoumise. »  

La liste des personnalités invitées depuis le début de l’année est détaillée ici

« Ce qui nous anime c’est d’informer, décrypter, donner à réfléchir, à découvrir, ajoute Catherine Nayl, cet équilibre entre femmes et hommes, entre différents courants de pensées politiques, économiques, nous essayons de le tenir, pas toujours sur une semaine en raison de l’actualité mais globalement cette priorité nous guide.  
Nous savons que nous pouvons encore mieux faire, nous devons vous proposer de nouvelles voix, de nouvelles personnalités, nous devons encore progresser par exemple sur l’égalité femmes/hommes, mais croyez bien que nous ne perdons jamais de vue cet objectif. » 
 

Du côté de Franceinfo, c’est la mécanique d’antenne qui intrigue des auditeurs :  

« Comment travaillent les journalistes qui interviennent toutes les 10 minutes. Qui valide les infos ? Sont-ils tenus par le contenu du point info précédent ? Par ailleurs, je pense vraiment qu'un point info toutes les 15 minutes serait suffisant. Cela éviterait notamment d'interrompre trop souvent les débats et interviews en direct, ce qui est frustrant pour les intervenants et dérangeant pour les auditeurs. » 

Demain dans le rendez-vous de la médiatrice à 11h51, Laurence Jousserandot, directrice de l’antenne de Franceinfo répond à leurs questions et détaille les coulisses de la rédaction.  


Les aléas de la campagne vaccinale 

Des piqûres et surtout de la patience : la vaccination contre le Covid-19 s'est élargie à tous les plus de 75 ans, sur fond de craintes de pénurie et de critiques sur l’organisation. Cette semaine encore, des auditeurs nous décrivent leur dépit, leur incompréhension entre les informations données sur les antennes et la réalité de la situation :  

« J'ai voulu prendre rendez-vous pour mes parents (90 ans, en relative bonne forme, habitant tous les deux toujours chez eux). Mais la réalité c'est qu'aucune prise de rendez-vous n’est possible (…) C'est un vrai scandale de dire que les gens peuvent prendre rendez-vous alors que ce n'est pas vrai ! Du mensonge organisé entraînant déception, colère et frustration. » 

« Que pensez d'une rédaction qui ne va pas tester un petit rendez-vous sur Doctolib... le résultat de cette démarche aurait certainement pu pondérer l'ensemble des communications » 

« La campagne de soi-disant vaccination pourrait être un cas d'école : les journalistes annoncent qu'il faut aller sur tel site ou téléphoner pour prendre rendez-vous. Information non vérifiée : un simple geste suffit pour constater que la prise de rendez-vous est impossible. Donc, les journalistes colportent de fausses nouvelles. Sans rancune, mais vérifiez avant d'annoncer. » 

« Ce matin j'entends "vaccination à flux tendu" alors qu'après avoir passé 2 heures à trouver des rendez-vous à 30 km on nous annonce que tout est annulé sans dire pourquoi et tous les gens autour de nous sont dans la même situation. C’est honteux. » 

« Concernant l’info sur la plateforme de prise de rendez-vous il n’est pas question d’incriminer les journalistes qui nous informent de la mise en route de ces centrales téléphoniques par contre lorsqu’il y a impossibilité de joindre ces standards c’est à eux de coller à l’instant T et de dire qu’il y a problème pour joindre ces dits numéros de tél, et non d’affirmer toute la matinée de la mise en œuvre de ces standards. » 


La générosité des auditeurs  

Coup de cœur des auditeurs cette semaine pour Roxane, 22 ans, interviewée dans "Les Pieds sur Terre” sur France Culture. Inspirée par la célébrissime émission de radio américaine This American Life, « Les pieds sur terre » propose, chaque jour, une demi-heure de récits de vie racontés à la première personne 

Intitulée « Pandémie, des étudiants sacrifiés », l’émission de mardi dernier, a donné la parole à Roxane, 22 ans. Etudiante et jeune mère, Roxane est en licence de droit à Chambéry.  
Après avoir obtenu un visa, au moment de venir étudier à l’université Savoie Mont Blanc, elle a découvert sa grossesse qui l'a contrainte à refaire une première année à la faculté. Depuis la naissance de son enfant, aucun membre de sa famille ne lui adresse plus la parole. 

La jeune femme étudie seule chez elle, comme tous les étudiants actuellement, et doit faire face au quotidien sans ressources autre que les aides dont elle bénéficie. Roxane a été employée dans différentes sociétés, Monoprix, O’Tacos qui, à cause du confinement, ont licencié. Payer ses charges, se nourrir, subvenir au besoin de son enfant, est parfois très difficile. Son témoignage a bouleversé des auditeurs de France Culture qui proposent de lui apporter une aide : 

« Comment peut-on aider financièrement la jeune femme qui souhaite poursuivre ses études. Elle témoigne d'une force morale et d'une volonté exemplaire en dépit de tous les obstacles qu'elle doit affronter. » 

L’équipe de l’émission, sensible à cet élan de solidarité, communique à ceux qui le souhaitent le contact d’une association pour apporter un soutien ou faire un don aux étudiants en difficulté. 


Emmanuelle Daviet 
Médiatrice des antennes de Radio France 


Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 15 au 22 janvier 2021. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1. Les anglicismes
2. Alain Finkielkraut sur France Culture
3. Xavier Gorce, invité de l'Instant M sur France Inter

4. Christine Angot, invitée du Grand Entretien sur France Inter
5. Olivier Véran, invité du Grand Entretien sur France Inter

6. Coronavirus : la campagne vaccinale
7. Coronavirus : les établissements scolaires
8. L'investiture de Joe Biden
9. Les magasins Biocoop : l'enquête de Secrets d'info

10. La mort de Jean-Pierre Bacri
11. Coup de coeur pour le témoignage de Roxane dans Les Pieds sur Terre
12. La langue française 


LES ANGLICISMES

​​​​​​​Message d'auditeur
« Comment se fait-il que certains journalistes continuent à parler de "distanciation sociale" ? Je croyais que les auditeurs avaient fait un sort à cet anglicisme doublement absurde en français. Evitez de jargonner et parlez-nous de distances de sécurité, ou de garder ses distances. Tout le monde comprendra. 
Et pendant que j'y suis, je voudrais épingler quelques anglicismes entendus ces derniers jours, et qui, à chaque fois qu'on les emploie, contribuent à envoyer aux oubliettes un ou plusieurs mots français et donc à appauvrir notre langue : 
- des entreprises "impactées" par le confinement : touchées, affectées 
- la "newsletter" de 50 millions de consommateurs : la lettre d'informations 
- la "hotline" d'une association de soutien psychologique : le numéro vert, d'appel, d'écoute, de soutien, etc 
- Lorsque les policiers font des contrôles (d'autorisation de déplacement), ils ne sont pas "dédiés" à la lutte contre la délinquance (Marc Podevin !) : ils ne peuvent pas se consacrer à... (dédier quelque chose à quelqu'un, c'est le lui offrir en hommage !) 
- des mesures "drastiques" : vos journalistes n'ont plus que ce mot à la bouche, qui a complètement remplacé "des mesures draconiennes, radicales". 
En conclusion, je voudrais que certains journalistes soient davantage conscients de la langue qu'ils pratiquent, et qu'ils fassent un effort pour parler français, tout simplement. »
(Radio France)
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ALAIN FINKIELKRAUT SUR FRANCE CULTURE

RÉACTIONS AU RENDEZ-VOUS DE LA MEDIATRICE
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Messages d'auditeurs
« Je viens d'écouter avec un très grand intérêt l'explication de Sandrine Treiner sur le sujet Alain Finkielkraut et tiens à vous féliciter pour l'intégrité de l'esprit France Culture que vous maintenez. C'est donc avec une grande curiosité que je vais pouvoir continuer à écouter Monsieur Finkielkraut le samedi matin. Fan de votre chaîne, un grand merci à vous tous. » (France Culture)

« Un GRAND MERCI à Sandrine Treiner que je viens d'entendre répondre avec talent aux auditeurs au sujet de M. Finkielkraut, très grande clarté, défense du temps nécessaire au débat, parfait, merci beaucoup ! » (France Culture)

Le Rendez-vous de la médiatrice
Alain Finkielkraut sur France Culture

A la suite des propos d'Alain Finkielkraut sur LCI, des auditeurs ont demandé qu’il ne soit plus sur l’antenne de France Culture où il est producteur de l’émission « Répliques » diffusée chaque samedi.
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Sandrine Treiner est au micro de la médiatrice des antennes Emmanuelle Daviet
ÉCOUTER
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RÉACTIONS A LA REPONSE DE SANDRINE TREINER
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Message d'auditeur
« La prise de position de la directrice de France Culture concernant Alain Finkielkraut est parfaite, très équilibrée : on peut ne pas être d’accord avec les idées de ce dernier, c’est le cas de Sandrine Treiner,  c’est aussi le mien, mais où va-t-on s’il n’y a plus de pluralité possible, plus de place au débat à l’antenne ? Alain Finkielkraut a commis une erreur, mais c’est fort de prendre ses distances avec une polémique excessive, de rappeler des principes et de s’en tenir aux faits, de ne pas céder à la volonté de quelques-uns d’en découdre, toujours les mêmes on suppose. C’est un bel exemple. Courageux. » (France Culture)
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"INACCEPTABLE"
Message d'auditeur
« Je suis un des nombreux admirateurs d'Alain Finkielkraut et de son émission "Répliques" ; cette admiration se trouve, pour la première fois, atteinte par la consternation qui m'a pris à entendre le producteur de Répliques questionner l'éventuel consentement du frère de Camille Kouchner en rapport avec ce qu'elle révèle dans son livre. La direction de France Culture envisage-t-elle, à son tour, de suspendre sa collaboration avec Alain Finkielkraut ? Les "auditeurs atterrés" peuvent-ils espérer un communiqué de cette direction, quelle qu'en soit la teneur ? » (France Culture)
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SOUTIEN
Message d'auditeur
« Madame la Médiatrice, Madame la directrice de France Culture, Je souhaiterais, par votre intermédiaire, apporter tout mon soutien à Alain Finkielkraut. Partout sur les réseaux sociaux, je lis des commentaires haineux qui appellent à museler plutôt qu’à débattre. Autant de dictateurs de salon prétendument dans le camp du Bien qui préfèrent couper les langues plutôt que d’échanger, qui condamnent l’adversaire sans même l’écouter. Alain Finkielkraut a condamné l’acte grave sans ambigüité. Il soulève des questions que la justice soulèverait. On peut ne pas être d’accord. On ne bannit pas pour autant. La folie des réseaux sociaux s’est mise en route encore une fois. J’espère de toutes mes forces que vous résisterez à cette vague de haine et d’intolérance et que vous maintiendrez l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut. » (France Culture)
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Sandrine Treiner, directrice de France Culture, vous répond : 

Chères auditrices,
Chers auditeurs,

Suite à la chronique d’Alain Finkielkraut sur LCI dans « 24H Pujadas » et à la décision de la chaîne de télévision de mettre fin à sa collaboration, de nombreux auditeurs nous interpellent à propos de l’émission Répliques qu’il produit chaque samedi sur France Culture. Des voix se sont exprimées pour demander son éviction de notre antenne, d’autres pour souligner au contraire la nécessité de cette émission de débat d’idées et de culture dans le paysage médiatique français... LIRE LA SUITE
LIRE LA RÉPONSE
 
XAVIER GORCE,
​​​​​​​INVITÉ DE L'INSTANT M SUR FRANCE INTER

​​​​​​​Message d'auditeur
« Je suis de tout cœur avec ce dessinateur. Sidérée par l'attitude du Monde. Nous sommes déjà frustrés du manque de liberté physique mais imaginez nos vies sans humour, sans provocation... Tout cela me désole terriblement. Laissons les dessinateurs dessiner, et même Finkielkraut dire des conneries... » (France Inter)
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CHRISTINE ANGOT, INVITÉE DU GRAND ENTRETIEN
​​​​​​​SUR FRANCE INTER
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Christine Angot, écrivaine, auteure de "L’inceste" (Stock) et "Une semaine de vacances" (Flammarion), était l'invitée du Grand entretien jeudi 21 janvier.
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Message d'auditeur
« Bonjour la Matinale de France Inter. Bravo pour la qualité de vos émissions quotidiennes. Aujourd’hui, je suis encore profondément émue par le témoignage de Christine Angot. Merci pour le magnifique et profond échange que vous avez eu avec Madame Angot. Laissons parler quand ils le peuvent ceux et celles qui savent et surtout sachons les écouter. » (France Inter)
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OLIVIER VÉRAN, INVITÉ DU GRAND ENTRETIEN 
​​​​​​​SUR 
FRANCE INTER

​​​​​​​Message d'auditeur
« J’habite dans le Var. Le centre de vaccination le plus proche est Hyères. Vendredi 15 janvier, jour d’ouverture pour la prise de rendez-vous, entre 8h00 du matin et 17h00, j’ai appelé douze fois le centre sans succès. Le lendemain matin, j’ai un contact avec une opératrice qui m’informe que je devrai rappeler à partir du 25 car il n’y a plus de doses disponibles ni de seringues ! La réalité est cruelle par rapport aux belles paroles données sur un ton décisif par les autorités. » (France Inter)
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CORONAVIRUS : LA CAMPAGNE VACCINALE

​​​​​​​Message d'auditeur
« Les dernières informations portées par votre antenne (et les autres ...) - mais je suis fidèle aux différentes antennes de Radio France qui me proposent chacune à différents moments de la journée des réponses à mes besoins d'informations, de divertissement, de culture et de réflexion - traitant de la campagne de vaccination semblent n'être qu'un portevoix d'une communication voire une propagande de notre gouvernement. 
J'entendais ce matin qu'il fallait se rendre sur le site de Doctolib pour prendre rendez-vous dans un des centres de vaccination autour de chez soi. Qu'à cela ne tienne, direction Doctolib. Aucun rendez-vous possible. 
Ensuite, je suis également informé que 140 000 des vaccins attendus ne seront pas finalement livrés cette semaine. 
Enfin, j'apprends que, laissant entendre que cette carence hebdomadaire pourrait en être responsable, l'approvisionnement en vaccins permettant de vacciner 6 millions de personnes sera effectif à la fin du premier trimestre. 
Bref en résumant ce fil d'info, après une visite sur le site de Doctolib, Je me rends compte qu'il est impossible de prendre un rendez-vous pour se faire vacciner, que nous allons dans l'immédiat manquer de vaccins et que la tournée générale aura lieu dans presque 2 mois et demi. 
Que pensez d'une rédaction qui dès la première info ne va pas tester un petit rendez-vous sur Doctolib... le résultat de cette démarche aurait certainement pu pondérer l'ensemble des communications ci-dessus. Non ?
Pour conclure, on est aussi en droit de se poser la question sur la pertinence pour les pouvoirs publics de s'appuyer sur le Uber du rendez-vous médical pour un chaos sanitaire planétaire plutôt que de proposer un vrai service public de gestion des citoyens pour orchestrer cette campagne essentielle (pas comme la culture) de vaccination. 
Je ne vous abandonnerai pas pour autant car comme exprimé dans mon préambule j'aime vos radios.
Je vous livre les vœux d'un ami qui m'offre l'opportunité de ne pas avoir à chercher mes mots pour présenter les miens à toutes vos équipes : 
"Le décalage entre nos vœux d’il y a un an et la réalité qui a suivi doit nous inciter à la prudence et à la modestie. Alors : bonne journée à tous !  »
(Radio France)
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CORONAVIRUS : LES ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES

​​​​​​​Message d'auditeur
« Directeur d'école, je n'évoquerai pas les différents protocoles annoncés dans les médias par notre ministre... Force est de constater qu'effectivement on fait comme on peut en écoutant le média que l'on souhaite. J'attends encore qu'on me demande "officiellement" de délivrer des attestations à mes parents d'élèves, mieux encore que mon administration m'explique comment utiliser l'application qui me permet de les délivrer... Bon j'ai cherché sur internet et avec des collègues, on a finalement trouvé. Je viens en tant que parent d'un garçon en première au lycée. Son lycée est passé à un jour sur deux et le jour 2, où il n'a pas cours, il ne se passe rien. Je suis effaré que dans un pays comme la France, on n'ait pas, en une année de grand bazar, encore pensé à équiper les salles de classes de lycées avec une webcam, un micro-casque, éventuellement un haut-parleur pour faire en sorte que le professeur puisse faire cours à sa demi-classe en présentiel et sa demi-classe en distanciel. Cela permettrait de ne pas perdre de temps. On préfère laisser chaque lycée s'organiser et donc pour certains de rester en présentiel strict pour avancer dans le programme. L'égalité sera sûrement évaluée aux épreuves du bac. » (France Inter)
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L'INVESTITURE DE JOE BIDEN

​​​​​​​Message d'auditeur
« J’ai été très étonné que vous retransmettiez en direct et en intégralité sur France Inter et Franceinfo le discours d’investiture de Joe Biden. 
Que vous le passiez sur Franceinfo : ok c’est normal, mais que vous bousculiez la grille de France Inter, je trouve que c’est trop. Ça n’a rien de grave mais je dois dire qu’hier j’ai coupé la radio »
(France Inter et Franceinfo)

Élection présidentielle aux États-Unis : les sujets traités par la médiatrice

Depuis le début de la campagne électorale pour l'élection présidentielle aux Etats-Unis, les auditeurs nous envoient des messages sur le traitement fait sur les antennes.
Lors de différents rendez-vous d'antenne ou articles, la médiatrice a eu l'occasion de répondre aux auditeurs. 
​​​​​​​Retrouvez les différents sujets ici : 
VOIR
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LES MAGASINS BIOCOOP :
​​​​​​​L'ENQUÊTE DE SECRETS D'INFO

​​​​​​​Message d'auditeur
« Je suis salariée à la Biocoop, je faisais partie des porteurs de projets pour monter le magasin. Notre gérant est un ancien agriculteur en agriculture biologique et Bio cohérence. Aujourd’hui nous sommes en coopérative sous forme scic et je ne me retrouve pas du tout dans votre reportage. Nous allons tout à fait à contre-courant de la grande distribution et souhaitons relancer le mouvement originel de Biocoop. Nous rendons visite à tous nos producteurs locaux et comptons bien continuer dans cette voie; » (France Inter)

Jacques Monin, directeur de la Cellule Investigation de Radio France, vous répond : 

Chères auditrices,
Chers auditeurs,

Notre rôle consiste à identifier dans notre société des signes qui peuvent être révélateurs d’un mouvement ou d’une tendance. Certes, il n’était pas question pour nous de globaliser, d’essentialiser, comme on le dit maintenant, à partir de cas particuliers. Nous avons clairement expliqué que Biocoop ce sont près de 700 magasins, et qu’aucun des conflits dont nous nous sommes fait l’écho ne résume l’ensemble. Il n’en reste pas moins que Biocoop a connu ces dernières années une évolution spectaculaire, une mise à jour de sa charte, et que certains de ses magasins semblent s’être éloignés de ses valeurs d’origine.
Est-ce le symptôme d’une crise de croissance, comme le suggère Claude Gruffat, son ancien président ?
La question nous a semblé intéressante. On peut saluer ceux qui perpétuent « l’esprit Biocoop », et beaucoup de ceux qui nous ont écrit en font partie, sans fermer les yeux pour autant sur de possibles dérives liées à son évolution. Mêmes minoritaires.

Cordialement.
Jacques Monin
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LA MORT DE JEAN-PIERRE BACRI

Message d'auditeur
« Monsieur Bacri, Jean-Pierre,
Je ne sais comment te nommer tellement tu es entré dans ma vie.
Ton humour, ton visage, tes mimiques, tes rôles de bougon ont créé un vrai lien filial avec toi.
Tu fais partie à jamais de mon univers familier.
Tu as su me toucher par tes interprétations.
Tu as su mettre en lumière les traits râleurs de notre peuple bougon et si souvent désespéré.
Tu as participé à construire ma sensibilité sociale et politique et tu as aiguisé mon regard sur l’autre, sur l’humanité.
J’attendais la sortie de chacun de tes films comme on attend avec impatience le bonheur de revoir un ami.
Tu vas me manquer. »
(Radio France)
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COUP DE COEUR POUR LE TÉMOIGNAGE DE ROXANE
​​​​​​​DANS LES PIEDS SUR TERRE

​​​​​​​Élan de générosité des auditeurs à la suite de l'émission diffusée dans l'émission "Les Pieds sur terre" ce 19 janvier, "Pandémie : des étudiants sacrifiés".

Message d'auditeur
« Je viens d'écouter votre émission de ce jour sur les étudiants sacrifiés. Le témoignage de l'étudiante congolaise, Roxane je crois, m'a extrêmement touchée. Je voudrais, si c'est possible, entrer en contact avec elle pour lui témoigner mon soutien. C'est une femme forte, il faut absolument qu'elle tienne le coup pour elle et pour sa fille.
Merci beaucoup pour votre émission. »
(France Culture)
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Votre avis nous intéresse pour enrichir le site de la Médiatrice !

Pour cela, il vous suffit de répondre à quelques questions et nous aurons peut-être l'occasion d'en discuter ensemble. 
RÉPONDRE
 

Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Etats-Unis, Amérique
« Je ne comprends pas pourquoi l'exigence journalistique si chère aux journalistes ne s'applique pas à propos des États-Unis : l'usage quasi systématique du mot Amérique au lieu des États-Unis, d'Américain au lieu d'Étasunien est troublant et surtout injuste. Je suis professeure d'histoire-géographie en collège et je demande à mes élèves d'utiliser les mots justes. Ils sont sensibles au fait que le Président Trump était un président des Etats-Unis et non de l'Amérique ! "Quelle importance lui donner de l'appeler Président de l'Amérique" réplique un de mes élèves. 
Les professeurs n'ont pas la panacée de la formation de nos jeunes, les médias sont essentiels dans leur construction, alors s'il vous plaît, soyez source d'exigence et de référence. 
»

A ce sujet, nous vous invitons à écouter la réponse de Jean-Marc Four, directeur de la rédaction internationale dans le rendez-vous de la médiatrice.

Papa, maman
« À croire que les mots mères et pères sont devenus des gros mots vous employez les mamans et papas même pour les parents incestueux c'est insupportable... »

Impacté
« J'aimerais vraiment que le mot (importé) “impacter” disparaisse de vos ondes. Il est vraiment horrible, en outre le mot “impact” se substitué au mot "effet” qui n'est pas une trace violente d'un objet sur une surface merci !! ».

Spoiler
« Je pense que comme vous, nous aimons la langue française. Et sans la défendre bêtement (toute langue incorpore avec bonheur des mots étrangers), je suis très surpris de l’insistance que vous mettez à utiliser le mot anglais « spoiler » au lieu de gâcher ou dévoiler. Dans votre belle entrevue avec Yasmina Reza, elle s’inquiète que vous ne dévoiliez pas trop son livre, et vous répondez « je ne vais pas spoiler ». Curieuse insistance, d’autant que cela rappelle la spoliation. On trouve aussi cette dérive avec le « live » alors que le mot direct est beaucoup plus « direct » et clair et aussi court. Un amoureux des mots (comme Yasmina) comme vous qui aimerait qu’on n’emploie un anglicisme que s’il n’y a pas le choix ou si le mot anglais est plus court ou pertinent. »
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Juste...
« Quand j'entends votre animatrice dire d'un plat que "c'est tout juste délicieux" (ce dimanche 17 janvier) je me dis que le virus anglais "just + adjectif", déjà bien circulant, hélas, en francophonie, vient de subir une mutation et qu'il a phagocyté la locution adjectivale française 'tout juste" qui signifiait jusqu'ici "à peine", comme dans "c'est tout juste mangeable". Bon appétit ! »

Dépréciation de la langue
« Depuis quelques années, le parler des journalistes est de plus en plus approximatif. Beaucoup ne font que reprendre des expressions sorties on ne sait d'où et galvaudées dans les médias, notamment sur les ondes (je n'ai pas la télé et ne suis sur aucun réseau "social', dont ici j'écoute la radio). Combien de journalistes, d'invités (politiques, universitaires, écrivains, etc.) ne peuvent s'empêcher de glisser dans le moindre propos "à la fois"... sauf qu'ils s'empressent d'ajouter "mais aussi" ou "en même temps" ! Si vous dîtes "à la fois", alors contentez-vous de dire ensuite "et" ; sinon, c'est "non seulement... mais aussi". Emploi abusif et systématique de la préposition "sur", notamment à la place de "à" : non, on n'habite pas "sur" Paris, mais "à" Paris. 
Et, on ne remercie pas quelqu'un "d'avoir été votre invité" (c'est vous que vous remerciez, puisque c'est vous qui l'avez invité), mais on le remercie "d'avoir accepté l'invitation" ou d'avoir répondu à l'invitation. 
Merci de réfléchir avant de parler. Je commence à être saturée de cette dépréciation de la langue française.
»

Massacre de la langue française
« Le massacre impitoyable de la langue française par vos journalistes. Massacre que la crise que nous traversons amplifie dans des proportions inquiétantes. Il me semble que Radio France remplit une mission de service public. Or, une partie de cette mission n’est-elle pas de respecter notre belle langue pour les plus grand profit et bonheur des auditeurs ? 
La langue française est admirablement belle. Il faut choyer cette beauté, ne pas la souiller, la dénaturer, l’enlaidir. C’est également une langue précise, à la grammaire bien établie. On n’abîme pas un trésor, on le sauvegarde. Or, loin d’être convaincus du soin qu’il convient d’apporter aux paroles qu’ils prononcent, la plupart de vos journalistes paraissent animés d’un souverain mépris pour la langue de Racine, de Voltaire, de Proust, de Valéry ou encore de Mauriac. Ce sont des écorcheurs d’oreilles. 
Il y a quelques jours, l’un d’eux parlait de la « communication confusionnelle du Gouvernement ». Voilà qui est un exemple parfait de la façon contestable et critiquable de s’exprimer aux micros. Il est légitime de penser que l’individu en question voulait dire « confuse ». Mais en utilisant un adjectif réservé au domaine médical et, plus exactement, à celui de la psychiatrie, il a laissé entendre que le Gouvernement était atteint de confusion mentale. Donc, dans le langage courant, fou. J’espère qu’aucun de ses membres n’était à l’écoute de France Info lorsque ces mots ont été prononcés. 
Au lieu de s’en affranchir et mieux encore de les combattre, vos journalistes semblent éprouver un plaisir malsain à utiliser ad nauseam les expressions frelatées du moment qui grâce à eux font florès au lieu de tomber rapidement dans un néant bienfaisant. C’est ainsi que les trous d’une certaine raquette laissent passer à jet continu ce que leur tamis devrait stopper. C’est ainsi les angles morts de tout et n’importe quoi sont particulièrement vivants. Que l’ADN des choses et des gens a remplacé leur bonne vieille et rassurante nature. Que sur une malchanceuses et mystérieuse table ne cessent de s’empiler les questions et problème les plus divers. Pauvre table autour de laquelle une multitude s’assied mais qui est renversée avec une fréquence si élevée qu’elle en devient désolante.  
S’il n’y avait que cette inclination à répéter encore et encore des expressions usées et malsonnantes, le mal ne serait pas bien grand et aisément corrigible. Mais, il y a pire.  
Une des finesses de notre langue réside dans l’inversion du verbe et du sujet dans la phrase interrogative. Or, cette inversion n’est plus que rarement respectée, l’interrogateur, l’interviewer, se contentant de marquer le caractère interrogatif dans sa façon de parler. Sans doute, accompagne-t-il sa question d’un mouvement de haut en bas pour l’accentuer. Ce n’est pas tout, lorsque l’inversion est conservée, c’est au prix de l’ignoble boursouflure du « est-ce que ». C’est ainsi que de manière presque systématique, l’élégant « y a-t-il ? » est remplacé par le grossier « est-ce qu’il y a ? ». Vous aurez peut-être remarqué, que lorsqu’ils posent une question à leurs invités, vos journalistes disent automatiquement « est-ce que ? » avant de faire une pause, probablement pour réfléchir à l’énoncé de celle-ci. N’est-ce pas d’une grande tristesse ? 
Ne pourriez-vous retenir les services d’un grammairien ? Il vous aurait sans doute averti que le fait de dire « le masque » est la plupart du temps impropre et qu’il convient d’utiliser l’article indéfini et de dire « un masque ». Il aurait également repris celles et ceux qui disent « partir à » au lieu de « partir pour ». Et ce ne sont malheureusement que quelques exemples d’impropriétés proférées à tout instant. 
J’allais oublier la disparition regrettable de la négation, « je ne sais pas » devenant régulièrement « je sais pas ». 
Je vous remercie de votre attention et des mesures que vous voudrez bien prendre pour que le secteur de l’audio-visuel public redevienne un bastion de la langue française telle qu’elle doit être parlée.  
»

Erreur de sémantique
« Vous utilisez souvent les mots “athéisme” et “agnosticisme” mais il serait plus juste de les utiliser dans le bon sens (surtout lorsqu’on a une ancienne professeur de français dans la bande) ;) « á-privatif » et « theos » Dieu donc sans Dieu alors qu’agnostique vient d’agnostos (ignorant) est celui qui ne peut prouver l’existence de Dieu mais qui ne l’a nie).
Remarque un peu rapidement écrite et uniquement pour le bon droit du mot sans rien retirer de la qualité de votre émission. 
»

Effectivement
« Je suis très gêné à l’écoute de certains débats.  
Ce n’est pas le fond mais la forme qui est en cause, à savoir le déferlement de l’usage de l’adverbe « effectivement » qui ponctue le propos à une fréquence parmi les plus élevées chez les journalistes et leurs invités. « Finalement », autre cheville de la mauvaise langue quand on en abuse est. Un peu moins présent. 
Effectivement, finalement ont remplacé « quelque part » des psy repris en chœur par la gente journaliste. 
Quand retrouverons-nous une langue parlée épurée de tous ces adverbes dont l’usage a tout bout de champs laisse à penser que le locuteur n’a pas grand-chose à dire ? »


Ecolo
« Quand vous parlez du RN vous dites les fachos ? 
Quand vous parlez du PC vous dites les cocos ? 
Quand vous parlez des Socialistes vous dites les socialos ? 
Non alors SVP dites les “écologistes”. 
Le terme "écolo" à pour moi une net tendance péjorative (même si pour certain journaliste il dénote une sorte de proximité, bienveillance), un coté boy-scout qui fait sa BA, du pas sérieux, les ptits oiseaux... 
Je pense que l'emploie du vocable "écolo" à tire-larigot au lieu d'"écologiste" a grandement desservi la cause écologiste et environnemental et que les médias en portent une lourde responsabilité. »


"Bundechtag"
« Pourriez-vous demander à votre journaliste pourquoi il prononce le nom allemand Bundestag "Bundechtag" ? C'est d'autant plus ridicule lorsque Yascha Mounk, intervenant germanophone, le prononce correctement après lui.  
Votre journaliste effectue une erreur d'hypercorrection et décompose mal le mot. Le "st" ne se prononce pas "cht" comme dans "Strasse", car c'est d'un côté "Bundes", et de l'autre "Tag". Cette hypercorrection ne fait qu'augmenter le fossé entre les prétendues élites et le peuple (thème qui a d'ailleurs été évoqué dans l'émission). Les premières se croient supérieures mais n'ont pas toujours les moyens de cette prétention. »


La première dame
« En écoutant votre billet ce matin, j'ai brusquement pensé à son contraire... si le président était une présidente, parlerait-on du "premier monsieur" ? quel est l'équivalent de "dame” dans ce cas-là ? Ce simple renversement montre je crois l’archaïsme de la notion... les conjoints d'Angela Merkel ou de Jacinda Ardem seraient perçus comme incongrus dans une visite officielle et on ne se poserait pas la question de leur place je crois... ! »

Mauvaises herbes
« Je suis estomaqué, dans une émission qui a choisi pour thème le résensauvagement, d'entre encore l'expression "mauvaises herbes" (entendu en fin d'émission). Et je me dis que tant qu'on entendra encore cette expression et à fortiori dans des communication à orientation "verte", c'est que le combat est encore loin d'être gagné.  
Vous devriez avoir pour mission première de faire tomber ces termes encore trop souvent employés, car ils sont encore trop souvent dans la bouche de trop de gens, y compris chez les soi-disant "écolos".  
Moi, je me nourris de ces "mauvaises herbes" dans mon jardin et alentour, tant que ce dernier ne me donne pas encore les "bonnes" que j'ai semées. Réensauvager son jardin, c'est ça, c'est se nourrir des plantes qu'on n'éradique pas et qui sont par ailleurs belles et très nourrissantes. »


Fake news
« Il est souvent utilisé les mots "Fakes news" ou l'expression "Vrais ou fake". Or nous avons en français les mots pour s'exprimer. Fake news, définition sur Wikipédia : Les fake news (de l'anglais : [feɪk nuːz]), en français fausses nouvelles, infox, ou encore informations fallacieuses, informations mensongères diffusées dans le but de manipuler ou de tromper le public. Il existe dans notre langue un mot qui traduit très bien "fake news" : bobard - nom masculin XXe siècle. Probablement à rattacher à l’ancien français bober, « tromper ». Pop. Propos fantaisiste ou mensonger ; fausse nouvelle destinée à tromper. Lancer des bobards. Raconter des bobards. Les bobards de la propagande. Dictionnaire de l'Académie Française Alors : "Vrais ou faux", "Vrais ou bobard" , fausse nouvelle ou bobard au choix, notre langue est suffisamment riche sans avoir à utiliser le "franglish" ! »

Suissesse
« Il existe un féminin à l'adjectif "suisse" qui est "suissesse". Il serait bon que vous l'utilisiez. »

Scenarii
« Malgré les arguments que l'aimable sociolinguiste développe dans la vidéo à laquelle vous renvoyez l'auditeur un peu grincheux qui n'a cependant pas tort en moquant les faux latinistes pédants, il faut, pour les confondre, revenir à une vérité simple : si on veut utiliser le pluriel du mot "scenario" dans sa langue d'origine, il faut dire SCENARI. Il n'y a que les français qui pensent que le pluriel de scenario est, en italien, *scenarii ! car - même le Petit Robert s'y trompe ! - comme nous l'avait expliqué un éminent italianiste universitaire, l'accent tonique n'est pas sur le premier "i", ce qui donnerait effectivement un pluriel en "ii" mais sur la seconde syllabe, à savoir "na" (exercez-vous à le prononcer en accentuant "na"). Pour représenter la chose avec un tiret, si le mot se prononçait *scenari-o" (accent tonique sur "ri"), il donnerait effectivement *scenari-i au pluriel, alors que se prononçant scena-rio (accent tonique sur "na" et prononciation de "rio" en une seule syllabe, sans "diérèse"...), "rio" donne "ri" au pluriel, d'où scenari. Cela se vérifie dans les dictionnaires italiens. Bien évidemment, je milite comme tous les modernes pour scénario (avec un accent aigu sur le "e") donnant au pluriel scénarios. Merci de votre patience et de votre attention sans faille devant toutes les observations des auditeurs sur la langue française, mais je suis heureux d'y contribuer, et sans vergogne ! Donc à bientôt... »
 À lire, d'autres messages sur l'usage de la langue française

​​​​​​​[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 22 janvier sur Franceinfo à 11h51 et 13h51 : "La mécanique d'antenne de Franceinfo". Emmanuelle Daviet reçoit Laurence Jousserandot, directrice de l'antenne de Franceinfo.


France Culture
Alain Finkielkraut sur France Culture 

A la suite des propos d'Alain Finkielkraut sur LCI, des auditeurs ont demandé qu’il ne soit plus sur l’antenne de France Culture où il est producteur de l’émission « Répliques » diffusée chaque samedi.
​​​​​​​Sandrine Treiner est au micro de la médiatrice des antennes Emmanuelle Daviet.​​​​​​

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Franceinfo
Les Etats-Unis d’Amérique : le choix des mots

Intense actualité américaine ces dernières semaines : l’intrusion des partisans de Donald Trump dans le Capitole, notamment. Pour répondre aux questions des auditeurs. Jean-Marc Four, le directeur de la rédaction internationale de Radio France est au micro de la médiatrice des antennes, Emmanuelle Daviet.​​​​
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Pour en savoir plus, vous pouvez consulter vos droits sur le site de la CNIL.
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Équipe de la médiatrice : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet
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Avec AFP et Agence Interne