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#4/2021 - Janvier 2021
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE
"L’âge des possibles"

Au menu de l'édito : l’interview du Professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris, le confinement des plus de 75 ans, l’âgisme, Emmanuel Hirsch, professeur en éthique médicale dans le Grand entretien, la grève des sages-femmes, « La France seul pays monolingue du monde francophone » selon Leïla Slimani, la série "Virgin River" ou l’aveu rose poudré de Nicolas Demorand.
Chaque jour vous êtes très nombreux à nous écrire. Vous pouvez retrouver une sélection quotidienne des courriers sur le site de la médiatrice.


« Tout ce qu'on vit après 80 ans, c'est du bonus »  

Le 4 mai 2020, Augustin Trapenard a lu la Lettre d’intérieur de Michel Houellebecq. Extrait: « Un autre chiffre aura pris beaucoup d’importance en ces semaines, celui de l’âge des malades. Jusqu’à quand convient-il de les réanimer et de les soigner ? 70, 75, 80 ans ? Cela dépend, apparem­ment, de la région du monde où l’on vit ; mais jamais en tout cas on n’avait exprimé avec une aussi tranquille impudeur le fait que la vie de tous n’a pas la même valeur ; qu’à partir d’un certain âge (70, 75, 80 ans ?), c’est un peu comme si l’on était déjà mort. » 

Ici nulle fable politique, nul roman d’anticipation. Placide, Michel Houellebecq ausculte le réel et son diagnostic claque à la conscience. Dès le mois de mai, l’écrivain pointait le caractère spécifique de l’âge dans la crise planétaire du Covid-19 induisant des conceptions utilitaristes de la vie et de la mort.  
Fortuitement, on assiste depuis, à la médiatisation de questions et de débats restés jusqu’alors confidentiels, restreints au cercle familial, aux comités d’éthique ou bien à des services de médecine spécialisés comme la réanimation, la gériatrie ou les soins palliatifs. 

Dimanche dernier, l’une de ces questions sensibles, complexes, voire taboues, a été évoquée - rapidement - sur l’antenne de France Inter. Invité dans le journal de 13h de Frédéric Barreyre, le professeur Xavier Lescure, infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris, a tenu des propos qui ont fait vivement réagir les auditeurs. Il était interrogé sur l’éventualité d’un nouveau confinement : 

“On ne peut plus vivre sous cloche et je pense qu'on a intérêt à faire soit des confinements sur des populations extrêmement à risque, soit à admettre qu'à 80 ans, tout ce qu'on vit après 80 ans, c'est du bonus. Est-ce qu'aujourd'hui, on peut encore s'autoriser ces bonus ? Je ne suis pas certain, je pense qu'il faut prioriser les jeunes générations, les forces actives de la société, les PME. Et je pense qu'il faut qu'on fasse des choix qui sont difficiles, qu'on les partage et qu'on les verbalise ensemble. Mais il faut qu'on ait une direction, une vision globale, du courage. Je ne suis pas sûr qu'un confinement soit la solution. Il faut qu'on soit actif dans cette épidémie, je pense qu'il faut qu'on arrête de subir collectivement. C'est trop déprimant à l'échelle globale.”  

« Tout ce qu'on vit après 80 ans, c'est du bonus », cette formule a provoqué de très vifs commentaires : 

« Je suis depuis de nombreuses années un auditeur fidèle de France Inter. Cependant, je vous écris pour la première fois car des propos discriminatoires inacceptables ont été tenus sur votre antenne »  

« Il s'agit là de propos eugénistes, contraires au serment d'Hippocrate, qui doivent être fermement désavoués et condamnés » 

« Arguments extrêmement violents. Quel manque d’empathie pour un soignant et même s’il y a « des choix difficiles à faire » qu’il faille “les partager et les verbaliser" il y a des arguments autres que cette gifle envoyée à nos anciens. Pour un peu pourquoi pas… l’euthanasie qui réglerait définitivement le problème ! » 

« Je suis scandalisée par de tels propos ! Le professeur ne verrait pas aussi d’autres groupes minoritaires qu’on pourrait sacrifier au profit d’une majorité jeune et plus « utile » à la société ? »  

« Comment de tels propos sont-ils possibles, de la part d'un médecin censé par vocation venir en aide aux plus faibles, et sur une radio de référence telle que France Inter ? ». 


Comme le rappelle Frédéric Barreyre, présentateur du journal de 13 heures le week-end : "Le Professeur Xavier Lescure était l’invité dimanche, un an jour pour jour, après l’hospitalisation de 2 premiers malades du coronavirus, les premiers cas officiellement déclarés en France et en Europe. Les patients ont été pris en charge par le Professeur Lescure et son équipe à l’hôpital Bichat, et c’est à ce titre que nous le recevions." 

"Le Professeur Lescure est un médecin infectiologue très réputé et qui fait autorité”, ajoute le présentateur du journal de 13 heures. “Cela fait plus d’un an qu’il est en première ligne face à cette maladie et qu’il se bat avec son équipe pour sauver des vies. Il était donc important d’entendre son avis sur la progression de l’épidémie, les moyens mis en œuvre pour lutter contre la maladie, mais également sur le nouveau confinement que l’on nous annonce. Pour toutes ces raisons, il nous a paru particulièrement intéressant de recueillir, d’entendre son point de vue.” 

Au regard des réactions des auditeurs, nous avons contacté le Professeur Xavier Lescure. Il a accepté de s’exprimer ce matin dans « Le rendez-vous de la médiatrice » sur France Inter. Interrogé sur l’indignation des auditeurs, le professeur Lescure a tenu à apporter ces précisions : 

« Je la comprends parce que mes propos ont été probablement trop directs et je vous remercie de me donner l'occasion de préciser ma pensée. Je ne crois pas que ce soit de l'eugénisme. Je ne crois pas prôner l'euthanasie. Mais peut être qu'effectivement, dans ces propos, il y a un peu de stigmatisation et je pense que ce n'est pas du tout le fond de ma pensée.  
J'en veux pour preuve le fait que j'ai été un des premiers en mars en interpellant le Premier ministre sur TF1 qu'il fallait respecter les plus anciens. S'ils étaient fragiles en face de la Covid, s'ils devaient mourir, il fallait qu'ils meurent dans la dignité et notamment dans les Ehpad. A 80 ans, alors c'est un peu stupide de mettre un seuil, mais au-delà d'un certain âge, effectivement, je pense qu'il est de l'ordre des choses de partir et je pense que ce qu'on peut éviter, c'est de partir seul. Et c'est ça je pense, à partir d'un certain âge qui est le plus douloureux.  
On ne peut pas tout, pour tout le monde, aujourd'hui et je pense qu'il faut malgré tout qu'on s'attache à faire le maximum pour chacun. Et quand les personnes ont vécu leur vie, je pense qu'il est plus confortable pour eux, qu'on les accompagne dans le confort et pas forcément, et c'est ça que je voulais dire, qu'on leur inflige entre guillemets une prise en charge qui est parfois plus délétère que bénéfique, dans un circuit standard où les urgences sont des passages qui sont difficiles pour ces personnes fragiles. Et quand vous discutez avec des personnes très âgées qui sont très malades, en général, ces personnes-là admettent le fait de partir et c'est souvent beaucoup plus douloureux pour la famille que pour les personnes directement concernées. » 


L’intégralité de la réponse du professeur Xavier Lescure est à réécouter ici
Des auditeurs ont également réagi à cette nouvelle intervention mais en exprimant cette fois un tout autre avis que le week-end dernier : 
 
« Tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit ce matin vendredi 29 à 9h55 et je soutiens tout à fait ce professeur : j'ai bientôt 69 ans, suis très heureuse dans ma vie mais ne souhaite pas vivre au-delà d'un certain âge. Pour moi cette pandémie est en quelque sorte une sélection plus naturelle que ce que notre monde moderne cherche à nous faire vivre (soins médicaux à outrance, maintien de la vie à tout prix). » 

« Je viens d'écouter monsieur Lescure, eh oui, je suis d'accord avec lui quand il dit que c'est du bonus de vivre après 80 ans, moi j'ai 67 ans, et je me dis déjà tous les matins quand je me réveille que la journée que je vais vivre est un bonus. Aujourd'hui, On ne veut plus mourir !!! C'est pourtant la loi de la nature !!! Il a raison, ce qui compte n'est pas l'âge à laquelle on meurt, ce sont les conditions dans lesquelles on meurt !! » 

« Je tenais à remercier le professeur Xavier Lescure pour ses paroles qui résonnent tellement justes sur la crise sanitaire actuelle. Son message mérite d'être entendu, encore et encore. » 

« Enfin un discours intelligent à propos de cette pandémie. En effet, notre gestion de la grande vieillesse est complètement imbécile, 40% des vieillards en Ehpad devraient déjà être partis depuis longtemps. »  


Le confinement des plus de 75 ans 

De son côté, Jean-François Delfraissy, s'inquiète de la "santé mentale" des jeunes. Les décisions que le gouvernement va devoir prendre face à la progression du Covid-19 soulèvent une question de "politique générationnelle", a estimé hier le président du conseil scientifique. "Nous sommes véritablement" face "à une question quasi éthique de politique générationnelle, entre continuer à préserver la santé des plus anciens, mais peut-être au détriment de la santé des plus jeunes" a-t-il déclaré lors d'une audition publique devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques. 

Il y a quelques jours, dans un avis publié à la mi-janvier, le Conseil scientifique avançait "une recommandation forte d'auto-confinement" des sujets âgés et fragiles, dès lors que cette population "n'est pas vaccinée durant la période des deux mois à venir", et que "toute une génération de jeunes ne vit plus" du fait des mesures sanitaires. Cet avis, repris il y a une semaine par des personnalités scientifiques a suscité au fil de ces derniers jours de très nombreux commentaires chez nos auditeurs :  

« Bonjour au séparatisme social par classe d’âge, par tri des vivants qui vivent et des vivants qui ne vivent pas. Bienvenue à la gérontophobie et au géronticide. Est-ce déjà la guerre de tous contre tous ? »  

Message d’un médecin qui se dit "outré" par la proposition d’un "auto-isolement volontaire" des personnes âgées : « Je vois la dégradation accélérée de la mobilité, des fonctions cognitives des gens âgés depuis les confinements. Mais la discrimination semble plus facile à faire subir à des gentils petits vieux. » 

« L'impact psychologique du confinement n'est pas que chez les jeunes, et les étudiants. Je trouve cela très ignoble de penser que cela ne touche pas les plus âgés. J'ai 66 ans, célibataire et je ne peux plus voir personne » 

« Arrêtons de parler d'un auto-confinement des personnes âgées de plus de 70 ans : depuis mars dernier toutes nos associations sont fermées (sport, chant, danse, solidaire, etc.…) nous n'avons donc plus aucune activité, nous confinons depuis 1 an !!!! Lâchez-nous » 

« J'ai 66 ans, j'ai appris dans le contexte Covid 19, que je suis "vieille" ! J'entends régulièrement qu'il faut nous confiner, les vieux, pour que les jeunes puissent vivre normalement !! Sommes-nous si problématiques ? Je m'occupe de mes petits-enfants et de ma mère très âgée qui, sans moi, serait bien isolée et démunie. J'ai l'impression d'être indispensable. Alors, on nous confine, les "vieux" ? On laisse mourir de désespoir, seuls, les "encore plus vieux" ? On laisse nos petits-enfants se garder seuls le mercredi ? Ségrégation anti-vieux »  

En ce début d’année, cette situation, mal vécue par les personnes âgées, met en lumière un phénomène, déjà identifié et évoqué par l’Académie nationale de médecine dès avril 2020 : l’âgisme, défini par le Larousse comme « une attitude de discrimination ou de ségrégation à l’encontre des personnes âgées ».  
L’âgisme concerne la génération du baby-boom, façonnée par les idéaux de mai 68 et du jeunisme, longtemps restée dans le déni de son propre vieillissement selon des experts. Au-delà des expériences individuelles, la pandémie de Covid-19 met brutalement à l’épreuve cette génération, désormais très affectée, voire sonnée, par les décisions la concernant ou les propos tenus à son égard.  

Comme le soulignait l’Académie nationale de médecine en avril dernier, ce contexte épidémique “fait le lit de tensions intergénérationnelles". Séparation des grands-parents de leurs petits-enfants, mise en confinement des ainés, auto-confinement des plus âgés préconisé, les décisions creusent le fossé entre toutes ces générations. Cependant, l’Académie remarquait également que : « cette confrontation intergénérationnelle n’a pas que des aspects négatifs ; elle est l’occasion de rappeler le rôle essentiel joué par les seniors sur le plan familial, associatif et sociétal, ainsi que l’impérieuse nécessité de leur garantir la protection et le respect qui leur sont dûs. ». 

Les très nombreux auditeurs qui nous écrivent sur le sujet auront probablement été sensibles aux propos de Emmanuel Hirsch, professeur en éthique médicale, président du Conseil pour l’éthique de la recherche de l’Université Paris-Saclay, et auteur de "Une démocratie confinée. L’éthique quoi qu’il en coûte", invité du Grand entretien ce matin sur France Inter au micro d’Ali Baddou. 
Ses propos résonnaient en effet très fortement avec de nombreuses remarques et questions que nous lisons dans les courriels : 

« Merci Monsieur Hirsch de soulever ce clivage "jeune/vieux" qui augmente et qui n'a pas sa place dans notre société. »  

« Enfin on pose cette question de priorité sur l'âge sachant que les Ehpad sont plutôt un espace protégé au vu des mesures sanitaires draconiennes imposées (j'y travaille) et l'espérance de vie faible, mais ne doit-on pas se poser la question de la longévité toujours allongée mais à quel prix ? » 

« Quel bienfait ces propos si intelligents, humains...cette posture éthique d'Emmanuel Hirsch. Merci pour ces mots, ses mots d'ouverture, les souffler aux politiques… »  

« Il me semble qu'on ne parle plus du tout de "Vivre avec le Covid". Ne serait-il pas temps de réfléchir là-dessus plutôt que "crever avec les confinements". Sachant qu'on se préparerait ainsi aux pandémies futures, totalement probables. » 


« Sages-femmes invisibles »  

“Métier formidable, statut fort minable !" : des centaines de sages-femmes ont fait grève et manifesté mardi partout en France pour demander une revalorisation de leur rémunération et une meilleure reconnaissance de leur profession. Les sages-femmes ont le sentiment d'être "systématiquement oubliées". Bien qu'exerçant une profession médicale, elles ont obtenu, à travers le "Ségur de la Santé", une revalorisation de 183 euros par mois, la même que celle accordée aux professions non médicales. 
Des auditrices sages-femmes nous ont écrit, ne comprenant pas pourquoi leur mobilisation n’avait pas été relayée sur les antennes. 

« Vous parlez de la mobilisation des enseignants. Ce jour c'est aussi la grève nationale des sages-femmes. Profession oubliée et méprisée, du Ségur en particulier. Une profession féminine qui ne fait pas beaucoup de bruit. Aucun media n'en parle et c'est dommage. » 

« Je suis très surpris d'entendre, sur vos antennes aujourd'hui, parler dans tous les flashs, de grève des professeurs aujourd'hui. Pourtant les sages-femmes ont également en grève et pas un mot ! Évidemment, elles ne sont pas assez nombreuses, pas assez politisées pour que cela vous intéresse. » 

A Paris, les manifestantes étaient environ 80 devant le ministère de la Santé, brandissant des pancartes proclamant notamment "Sages-Femmes Méconnues, Méprisées, Oubliées". 

"Est-ce que c'est parce qu'on est majoritairement des femmes au service des femmes qu'on est rendues invisibles à ce point ?" s’est interrogée l’une d’entre elles. A Strasbourg, les sages-femmes étaient une quarantaine. Une cinquantaine de sages-femmes ont également manifesté à Besançon pour dénoncer "l'invisibilité" de leur métier. Leur faible nombre et l’actualité du Covid-19 qui mobilise pleinement les journalistes expliquent le peu d’écho donné à leur mobilisation sur les antennes. 


Le traitement éditorial des faits-divers 

Yuriy, un adolescent de 15 ans a été violemment passé à tabac le 15 janvier dernier à Paris et il est toujours hospitalisé dans un état grave. La vidéo de son agression, très partagée sur les réseaux sociaux a suscité effroi et indignation. On y voit une dizaine de jeunes en tenue de sport et blousons à cagoule s'acharner à coup de pied et de batte ou bâton sur une personne allongée par terre sur un parvis éclairé par des réverbères, avant de l'abandonner gisant. Une enquête pour "tentative d'homicide volontaire en réunion" a été ouverte. 

« Pourquoi le traitement de l'agression de Yuriy n’est-il pas identique à celui qui a été accordé à l'agression de Michel Zecler ? » s’interroge un auditeur. 
Selon quels critères la rédaction évalue la couverture éditoriale, l’importance à accorder à un fait divers sur l’antenne ? Comment le service police-justice travaille sur un tel fait-divers ? Fait-il sa propre enquête ou bien est-il en lien avec la police ? Nous répondrons à ces questions demain à 11h51 dans « Le rendez-vous de la médiatrice » avec Delphine Gotchaux, cheffe du service police-justice de Franceinfo et Matthieu Mondoloni directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo. 


« La France seul pays monolingue du monde francophone » ? 

Grande voix de la scène littéraire, Leïla Slimani était l’invitée de Boomerang, lundi, sur France Inter. La lauréate du prix Goncourt 2016 pour son roman « Chanson douce », a été nommée représentante personnelle du chef de l’État pour la francophonie en novembre 2017. Elle représente bénévolement la France au sein de l’Organisation internationale de la francophonie et prépare le prochain sommet de la francophonie ainsi que le congrès des écrivains qui réunira 40 auteurs de langue française partout dans le monde autour de la question "Qu’est-ce que signifie écrire en français ?" 

Interrogée à ce sujet par Augustin Trapenard, Leïla Slimani a répondu : « Je pense qu’aujourd’hui, la langue française n’est pas française, elle n’appartient plus à la France, la France n’est plus le centre et le monde francophone serait la périphérie. La langue française est haïtienne, la langue française est sénégalaise et ce qui est assez amusant d’ailleurs c’est que, par exemple, la France est le seul pays monolingue du monde francophone. Dans tous les autres pays francophones, on parle plusieurs langues donc c’est une langue qui, en fait, vit et cohabite avec une infinité d’autres langues. En plus, c’est une langue merveilleuse car elle est très plastique, elle se créolise, elle se transforme, elle absorbe, c’est une éponge la langue française. ». 

Les auditeurs ont vivement réagi à ce propos : "la France est le seul pays monolingue du monde francophone", estimant que présenter le français comme monolingue c’est méconnaître sa réalité historique, ethnologique, sociale : 

« Leïla Slimani affirme que la France est un pays monolingue, quelle méconnaissance de la diversité linguistique de la France !! Il serait bon de faire savoir à Leïla Slimani que de nombreuses langues différentes sont parlées dans l’hexagone : le Basque, l’Occitan, l’Alsacien, le Picard, le Provençal, le Corse, le Catalan, le Breton, le Gallo etc.… sans compter les patois, le ch’timi, le vendéen etc... Et aussi les langues des territoires ultramarins : le Créole, le Kanak, le Tahitien etc…». 

A travers les messages des auditeurs sélectionnés dans cette Lettre on comprend à quel point ce patrimoine immatériel est essentiel dans leur existence quotidienne. 

Le français "langue de la République" est le bien de tous et la France est l’un des pays d'Europe qui offre la plus grande diversité linguistique comme le rappelle le linguiste Bernard Cerquiglini, Professeur émérite de l'Université de Paris, dans l’interview qu’il nous accorde :  
« Leïla Slimani a de la langue française et de la francophonie une idée juste et généreuse. Cette langue, échappant à la tutelle française, a pris racine partout, donnant de beaux fruits, dans le dialogue avec d'autres langues. Mais il est maladroit d'y joindre un regret que la France soit le seul pays francophone monolingue (Monaco est oublié !). La France est un pays qui s'est donné une organisation politique unitaire, la République, s'exprimant au travers d'une langue officielle ; ce pays, d'autre part, fut pourvu par l'histoire d'un immense patrimoine linguistique, qui le rend singulièrement plurilingue. ». La suite de l’interview de Bernard Cerquiglini est à lire ici


« Je me croyais seul. Nous étions une légion. »  

Sous la voix grave et sérieuse du matinalier le plus écouté de France, se dissimule une âme sensible qui peut se laisser envoûter par les effluves sirupeux d’une série américaine. Aveu de Nicolas Demorand, le 8 janvier dernier, dans son billet : « Je vais donc me confesser pendant quatre-vingts secondes ce matin et avouer le bonheur parfumé à l’eau de rose que j’ai pris à regarder la série Virgin River. »  

Les ingrédients du scénario qui rend accro ? Une belle infirmière qui a fui Los Angeles après un drame personnel et un ancien militaire, patron du restaurant de la petite bourgade de Virgin River, célibataire, bricoleur, « terriblement sexy » dixit Nicolas Demorand qui constate et s’interroge : « Entre Mel et Jack, Cupidon est en embuscade. Mais parviendra-t-il à décocher ses flèches, dans une ville où tout le monde se connait et cancane ? C’est le cœur déchiré qu’on attend la réponse (…) Caramel, sucre glace, barbe à papa, ce n’est pas une série mais une bonbonnière aux tons pastel ».   

Le « cœur déchiré » de Nicolas Demorand ?!? Il n’en fallait pas davantage pour que les auditeurs, enfin… des auditrices surtout, lui écrivent pour confier qu’elles aussi regardaient "Virgin River" en cachette et que leur cœur battait à la chamade à chaque épisode saupoudré de rose de cette série signée Netflix.  

« Cher Monsieur Demorand, ces quelques mots simplement pour vous remercier : grâce à vous, j’ai « binge watché » (NDLR: binge-watching: visionnage boulimique selon la Commission d'enrichissement de la langue française) les premiers épisodes de la série « Virgin River ». C’est sirupeux et léger, mais justement, quelle bouffée d’air ! Sachez que je n’ai pas honte de l’avoir fait. J’avais besoin de cette bulle d’eau de rose pour sortir la tête des flots d’actualité anxiogène de ces derniers mois.  Peu importe ce qui a motivé votre confession, vous avez rempli là l’une des missions du service public : faire que nous allions bien. Merci mille fois pour cette initiative teintée d’humour. Vous avez illuminé ma soirée. » 

« Un big merci à Nicolas Demorand pour sa chronique sur cette série Netflix que je n’aurais pas regardé de moi-même. Une série “feel good” qui fait du bien au moral et met du baume au cœur. Oui c’est un peu naïf et facile à regarder, mais c’est justement ça que j’ai aimé, une série positive, qui donne le sourire et où on s‘attache facilement aux personnages. »  

Découvrir que l’on n’est pas seul à succomber au charme de la guimauve est certes déculpabilisant mais ne comble pas le vide abyssal : "Que faire en attendant la saison 3 de Virgin River ?” s’alarme Nicolas Demorand dans son 80 secondes vendredi dernier, galvanisé par les messages de soutien et de bons conseils : « Charlotte, une auditrice, me recommande la série coréenne Mister Sunshine. "Encore plus de guimauve" me promet-elle "mais des décors, une part historique et un romantisme suranné". Bref : tout ce que j’adore. On en reparle très vite. » Chiche ? 
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Emmanuelle Daviet 
Médiatrice des antennes de Radio France 


Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs courriels du 22 au 29 janvier 2021. Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :

1. Le Pr. Xavier Lescure invité du 13h de France Inter le dimanche 24 janvier 
2. Le Pr. Xavier Lescure invité du rendez-vous de la médiatrice sur France Inter 
3. Emmanuel Hirsch, invité du Grand Entretien de France Inter 
4. Grand Bien vous fasse : "Le sentiment de vieillir" 
5. Coronavirus : un troisième confinement ? 
6. Coronavirus : un confinement par classes d'âges 
7. Coronavirus : remarques diverses 
8. Coronavirus : la campagne vaccinale 
9. Coronavirus : les chiffres 
Débat de l'actu : la souffrance des étudiants 
10. La grève des sages-femmes 
11. Guillaume Peltier, invité de la matinale du week-end de France Inter 
12. Jordan Bardella, invité du Grand Entretien de France Inter 
13. François Bayrou, invité du Grand Entretien de France Inter 
14. Le Vendée Globe 
15. Leïla Slimani et la francophonie 
16. "Virgin River" : la recommandation de Nicolas Demorand dans "80 secondes" 
17. Coup de cœur des auditeurs : Camélia Jordana dans Boomerang 
18. La langue française 

 
LE PR. XAVIER LESCURE INVITÉ DU 13H
​​​​​​​DE FRANCE INTER LE DIMANCHE 24 JANVIER

​​​​​​​Message d'auditeur
« Lors de l’excellent 13h du 24 janvier, animé par le non moins bon Frédéric Barreyre, le Docteur Xavier Lescure de Bichat, a tenu des propos insultants, discriminatoires et pénalement discutables, voire répréhensibles, vis à vis de nos personnes âgées de plus de 80 ans (ce n’est pas mon cas, je précise). En effet il a qualifié de « bonus » à apprécier comme un cadeau, le fait que celles-ci soient « encore en vie » ! Pourquoi ne pas forcer le trait jusqu’à euthanasie ? Pourriez-vous communiquer cette réaction à la rédaction ? Je pense ne pas être le seul à m’indigner, il serait même question d’une (possible) pétition pour demander à ce praticien de nuancer pour le moins son propos, à défaut d’excuses publiques. Je vous remercie de votre attention, et tout autant pour l’appréciable Lettre de la Médiatrice. » (France Inter)
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Le Rendez-vous de la médiatrice
Traitement éditorial de l'élection américaine, et retour sur l'interview du Professeur Lescure

Ce mois-ci dans le rendez-vous de la médiatrice : retour sur l’interview du Professeur Xavier Lescure dimanche dernier dans le journal de 13h.
Ses propos ont fait vivement réagir des auditeurs, Xavier Lescure infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris répond aux messages des auditeurs au micro d'Emmanuelle Daviet. 
ECOUTER

LE PR. XAVIER LESCURE INVITÉ DU RENDEZ-VOUS DE LA MÉDIATRICE SUR FRANCE INTER 

Message d'auditeur
« Tout à fait d'accord avec ce qui vient d'être dit ce matin vendredi 29 à 9h55 et je soutiens tout à fait ce professeur : j'ai bientôt 69 ans, suis très heureuse dans ma vie mais ne souhaite pas vivre au-delà d'un certain âge. Pour moi cette pandémie est en quelque sorte une sélection plus naturelle que ce que notre monde moderne cherche à nous faire vivre (soins médicaux à outrance, maintien de la vie à tout prix). Je sais que je suis minoritaire dans cette façon de penser mais j'espère même qu'au contraire nous en viendrons bientôt à débattre de la possibilité d'aide pour le passage de vie à trépas quand on le souhaite. Bravo et merci à celui qui ose affronter ceux qui parlent d'eugénisme (qui ont certainement, à l'époque, lutté contre l'IVG.) » (France Inter)
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EMMANUEL HIRSCH, INVITÉ DU GRAND ENTRETIEN DE FRANCE INTER

Message d'auditeur
« Des paroles bienfaisantes, pleines de bon sens et de bienveillance réfléchie. Aidantes parce que poussant à la responsabilité éclairée et concertée qui nous sort des impasses des débats scientifiques. Souhaitons qu’elles soient fécondes.» (France Inter)
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GRAND BIEN VOUS FASSE "LE SENTIMENT DE VIEILLIR"

Laure Adler et Isabelle de Courtivron étaient invitées dans l'émission "Grand Bien vous fasse" sur France Inter jeudi 28 janvier pour parler du sentiment de vieillir. 

Message d'auditeur
« 2021 sera l’année de mes 70 ans. Difficile de se regarder nue dans la glace. Oui c’est sûr, ce n’est pas drôle de voir son corps flétrir. Mais j’ai toujours une sacrée belle énergie alors j’ai décidé de passer ce cap de la vie en marquant le coup, en rassemblant mes amis, mes enfants et petits-enfants… tous ceux qui témoignent tout ce que j’ai construit et continue à construire. Pour moi bien vieillir c’est continuer à s’ouvrir aux autres, à s’engager à aimer. Merci à Laure Adler pour son livre rafraîchissant. » (France Inter)
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 CORONAVIRUS : UN TROISIÈME CONFINEMENT ?

​​​​​​​Messages d'auditeurs
« Il me semble qu'on ne parle plus du tout de "vivre avec le Covid". Ne serait-il pas temps de réfléchir là-dessus plutôt que "crever avec les confinements" ? Sachant qu'on se préparerait ainsi aux pandémies futures, totalement probables. » (Radio France)
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« Je n’ai pas le droit de me plaindre : je ne suis pas malade à ce jour, je travaille et je perçois un salaire. Mais je ne fais que travailler, manger, dormir. Comment tenir sans cinéma, bar, expos, restos, sans voyager ou aller skier, qui font l’alternative de la vie professionnelle ? » (Radio France)
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CORONAVIRUS : UN CONFINEMENT
​​​​​​​PAR CLASSES D'ÂGES
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​​​​​Message d'auditeur
« Médecin moi-même, je suis outrée de la proposition de l’une de mes consœurs très médiatisées qui ne doit pas avoir côtoyé dans sa vie familiale beaucoup de gens âgés depuis 1 an. Je vois la dégradation accélérée de la mobilité, des fonctions cognitives des gens âgés depuis les confinements. Je propose de confiner plutôt efficacement les personnes dépistées positives au virus, de tester et confiner 7 jours ceux qui rentrent dans notre pays avec peut-être un variant pour gagner du temps et vacciner. Mais la discrimination semble plus facile à faire subir à des gentils petits vieux. » (France Inter)
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CORONAVIRUS : REMARQUES DIVERSES

​​​​​​​Message d'auditeur
« Ce que je veux dire, concernant le traitement de l'épidémie dans les médias, c'est que France Inter a trop laissé la parole à ceux qui se plaignent des mesures restrictives, et pas assez aux médecins qui demandent ces mêmes mesures, pour nous soigner et pour se protéger eux-mêmes. » (France Inter)
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CORONAVIRUS : LA CAMPAGNE VACCINALE​​​​​​​​​​​​​​

​​​​​​​Message d'auditeur
« Je suis pour prioriser les populations. Vaccins d’abord pour les personnels soignants et aux assistantes maternelles, les personnels de la petite enfance et aux enseignants (très exposés). Également aux personnes s’occupant des personnes âgées pour mieux les accompagner. Les vieux, désolée mais j’en fait presque partie : c’est ensuite ! » (Radio France)
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CORONAVIRUS : LES CHIFFRES

​​​​​​​Message d'auditeur
« Toutes les infos que j’ai eues concernant le Covid parlent de nombre de morts, hospitalisés etc avec très souvent un comparatif du nombre brut par exemple : 400 000 morts aux USA comparé à la France 70 000 etc mais ne trouvez-vous pas qu’il serait plus intéressant de comparer ce qui est comparable et de parler du % de malades, cas détectés, morts ou au moins, ce serait peut-être plus compréhensible de cas par 100 000 habitants – comparer les chiffres bruts entre l’UE et les USA (population à peu près comparable) ? » (Franceinfo)
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Débat de l'actu
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La souffrance des étudiants

Message d'auditeur
« Je vous remercie pour la qualité de vos émissions. Je suis doctorant et employé au service commun universitaire d'information, d'orientation (SCUIO) et enseignant contractuel. Je reçois chaque jour des étudiants qui sont complètement perdus, certains secretariats ne leur répondent ni par mail ni par téléphone. Je crois que la première des choses c'est de les écouter et de les rassurer. C'est ce qu'ils/elles attendent. Une deuxième question, pourquoi ne pas généraliser la bourse à tous les étudiants, pour leur éviter de faire la manche, surtout avec des dossiers de demande d'aide assez lourd. » (France Inter)
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LA GRÈVE DES SAGES-FEMMES 

Message d'auditeur
« Les sages-femmes aussi ont fait grève aujourd'hui, dommage, il n'en a pas du tout été question sur vos antennes. Cela reflète bien le manque d'intérêt pour notre profession en souffrance, féminine et qui concerne la santé des femmes… » (Radio France)
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GUILLAUME PELTIER, INVITÉ DE LA MATINALE DU WEEK-END DE FRANCE INTER

Message d'auditeur
« En tant que fidèle auditeur de France Inter, je suis lassé et écœuré d’écouter dès le matin, des opposants politiques qui critiquent négativement et stérilement toutes les actions du gouvernement pour la lutte contre le covid… Monsieur Guillaume Peltier décroche le pompon ! Qui est-il pour critiquer une stratégie de santé publique menée avec des médecins spécialistes ? À part miner le moral des Français et les déstabiliser. Stop, s’il vous plait, choisissez des invités intéressants et compétents, et positifs qui nous remontent le moral !! » (France Inter)
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JORDAN BARDELLA, ​​​​​​​
​​​​​​​INVITÉ DU GRAND ENTRETIEN DE FRANCE INTER

Message d'auditeur
« Rappelez à Jordan Bardella qu’il a une responsabilité morale. Dire que l’on ne se sortira pas de la pandémie, c’est très grave au vu de la baisse évidente de moral des français. On n’a pas besoin de ça. » (France Inter)
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FRANÇOIS BAYROU,
​​​​​​​INVITÉ DE LA MATINALE DE FRANCE INTER

Message d'auditeur
« "Les écoles c’est essentiel pour permettre aux mères d’avoir une vie sociale" : quelle vision de l’enseignement pour un ancien prof ! Moi j’ai l’ambition de faire autre chose que de la garderie. Je pense qu’il est essentiel de garder écoles, collèges et lycées ouverts pour faire progresser TOUS les élèves et pour leur donner les mêmes chances ! » (France Inter)
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LE VENDÉE GLOBE

Message d'auditeur
« Merci pour toutes vos émissions. Juste pour vous remercier pour l’interview de ces incroyables marins dans le 13/14 : oui ça m’intéresse et ça fait d’autant plus rêver que au moins ça nous change de ce virus à toutes les sauces. Et être en pleine mer sur un bateau, ça nous fait relativiser un confinement au chaud sur notre canapé ! Donc merci ! » (France Inter)
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LEÏLA SLIMANI ET LA FRANCOPHONIE

Message d'auditeur
« Dans son intervention dans Boomerang, Leïla Slimani affirme que la France est un pays monolingue, quelle méconnaissance de la diversité linguistique de la France !! Il serait bon de faire savoir à Leïla Slimani que de nombreuses langues différentes sont parlées dans l’hexagone : le Basque, l’Occitan, l’Alsacien, le Picard, le Provençal, le Corse, le Catalan, le Breton, le Gallo etc.… sans compter les patois, le ch’timi, le vendéen etc… Et aussi les langues des territoires ultramarins : le Créole, le Kanak, le Tahitien etc…
Je peux comprendre qu’une représentante de la francophonie fasse la promotion du français mais il est inconcevable que cette personne puisse nier à ce point l’existence d’une telle diversité linguistique dans notre pays. Madame Slimani devrait sortir un peu plus souvent de son microcosme parisien. »
(France Inter)

Article
"La France est le seul pays monolingue" ? Interview de Bernard Cerquiglini
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Lundi 25 janvier, Leïla Slimani était invitée de l’émission « Boomerang » sur France Inter. Interrogée sur la francophonie, elle a déclarée « la France est le seul pays monolingue du monde francophone ». Propos qui a fait réagir les auditeurs.
Qu’en est-il en réalité ? Emmanuelle Daviet a posé la question à Bernard Cerquiglini, Professeur des Universités Recteur honoraire de L’Agence universitaire de la Francophonie, Membre de l’Académie royale de Belgique.
LIRE L'INTERVIEW
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"VIRGIN RIVER" : LA RECOMMANDATION DE NICOLAS DEMORAND DANS "80 SECONDES"

Message d'auditeur
« Cher Monsieur Demorand,
Ces quelques mots simplement pour vous remercier : grâce à vous, j’ai « binge watché » les premiers épisodes de la série Virgin River. C’est sirupeux et léger, mais justement, quelle bouffée d’air ! Sachez que je n’ai pas honte de l’avoir fait. J’avais besoin de cette bulle d’eau de rose pour sortir la tête des flots d’actualité anxiogène de ces derniers mois.
Peu importe ce qui a motivé votre confession, vous avez rempli là l’une des missions du service public : faire que nous allions bien. Merci mille fois pour cette initiative teintée d’humour. Vous avez illuminé ma soirée. »
(France Inter)
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COUP DE CŒUR DES AUDITEURS :
​​​​​​​CAMÉLIA JORDANA DANS BOOMERANG

Message d'auditeur
« Merci mille fois pour votre émission, que je déguste chaque fois que possible. Et aujourd’hui, c’est un gros gâteau de bonheur et d’émotions grâce à Camélia Jordana qui est une très grande chanteuse. Cette reprise de Dalida c’est du grand art, j’en ai pleuré. Merci. » (France Inter)
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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Anglicisme
« Merci pour votre dernière lettre qui relayait l'exaspération des auditeurs devant l'usage excessif de l'anglais dans les chroniques des journalistes. Ce matin, vers 10H, j'ai entendu à propos de l'affaire Grégory que peut être on pourrait résoudre un “cold case” ! Hier, que l'année 2020 risque d'être l'année d'un “baby crash”. A propos du reconfinement le journaliste interrogeait : "Est-ce du wishful thinking?" 
Quel manque de respect pour tous les auditeurs qui ne parlent pas anglais ! Quel mépris pour notre langue qu'ils devraient chérir, soigner, respecter. 
Je m'interroge vraiment sur cette indifférence aux reproches récurrents des auditeurs et sur cette incapacité à choisir le mot juste et français.  
Leur transmettez-vous notre consternation ? Que devons-nous faire pour que les journalistes s'expriment enfin en français ? Comment joindre directement les journalistes concernés par cet excès de snobisme insupportable ? 
»

« Pour abonder dans l'utilisation abusive de l'anglais sur les ondes, j'ai noté aujourd'hui dans l'émission que j’écoute la présence de "think tank", "back ground" et "usual suspect", le coupable étant l'invité (le sociologue Michel Offerlé) mais sans que le journaliste n'y trouve à redire. Je pourrais bien évidemment vous écrire tous les jours pour faire ce type de remarques, ce qui serait lassant pour vous comme pour moi ; je rêve cependant d'entendre un jour cette émission, dont la prétention est de flirter avec les sommets de l'intelligence et de la connaissance, dans un idiome exotique, je vous propose à cet effet le patois poitevin, assez peu utilisé sur vos antennes ces temps-ci. »

Moins pire
« Fidèle auditeur de France Info malgré des comportements ou des mots qui m'agacent, je reviens vers vous une fois encore pour demander que vos journalistes n'utilisent définitivement plus la formule "moins pire" pour dire moins mal ou moins mauvais. Pire est un comparatif, pas un adjectif. C'est lamentable d'entendre cette erreur grossière sur vos antennes. Soyez efficace, passez le message et… veillez à ce qu'il soit appliqué ! ».

Tracing
« Ce matin (22/01/21) votre journaliste a employé le mot" tracing" comme c'est la mode. Il existe le mot traçage en français alors pourquoi rajouter au raz-de-marée anglo-saxon ? N'est-ce pas suffisant d'être dominé sur tous les autres plans, faut-il que nous perdions notre langue ? Je dis ça mais je ne veux pas vous ennuyer sur un point de détail (qui a son importance car il est révélateur d'une dérive générale). Bien au contraire je vous aime, j'apprécie toute l'équipe du 7/9 et de France Inter en général. »
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Liaison dangereuse
« Encore une liaison fort gênante dans le "fil info"  : "la commande de vaccins va pouvoir être "menérabien". La journaliste semble donc écrire : la commande de vaccins va pouvoir être mener à bien, au lieu de menée à bien... »

Sablaises et Sablais
« Votre journaliste sur l'arrivée du Vendée Globe évoque "les Sablaises et les Sablais". Comme à l'église il y a 50 ans, on sépare femmes et hommes ? Par pitié, épargnez-nous la "parole inclusive". Les habitants des Sables-d'Olonne sont les Sablais. Et dites-vous qu'on trouve toujours plus progressiste que soi, bientôt vous allez avoir des ennuis avec les non-binaires, "gender-fluid" et autres. »

Risque et Chance
« Peut-être rappeler à vos intervenants, qu'être infecté par le covid est un RISQUE et non une chance !  »

« Une chance sur deux d’attraper un virus ». Mais est-ce vraiment une chance ? Jean Pruvost, lexicologue, explique le sens des mots

En fait
« J'apprécie votre chronique sur la langue française, je pensais y trouver quelques lignes sur les tics de langage, l'expression "en fait" courante depuis au moins 30 ans, m'agace, je l'attribuais aux timides, aux personnes non à l'aise en public, elle est utilisée très très souvent à la radio, pas par tous. Y a-t-il une étude sur ces tics ? Sur l'origine, la mode, l'évolution ? »

Langage
« J'ai entendu : "une bonne part de la population à se montrer défiant". Or, c'est bien la population qui est défiante. Aucune réforme de l'orthographe depuis 1990 n'est venue dire que tous les adjectifs ou participes passés doivent être mis au masculin. Angliciser la grammaire est un non-sens pour une langue latine. Une contradiction avec l'emploi du féminin pour les noms de métier. (Bonjour, Mme la Médecine, Monsieur mon médecin est absent ....) Le ridicule ne tue plus mais l'intelligence valorise. »

Abattu
« Le mot "abattu" est d'usage courant mais il est choquant dans ce contexte car il déshumanise la victime. On abat les animaux et quand il s'agit des humains, c'est la perspective de celui qui tue : on abat un adversaire, un salaud, un ennemi. Il y a d'autres mots qui ne prennent pas cette perspective (tuer, assassiner). »

Apocopes
« J'aime bien vous écouter, mais déplore que vous usiez abusivement d'abréviations : l'info, l'éco (nomie ou logie ?, l'écho ?), l'appli (la plie, poisson plat comestible ?), etc. Veillez davantage, SVP, à la correction de votre parler. »

Déceptif
« Cela fait plusieurs occurrences qu'on entend le vocable "déceptif". Or, et l'Académie Française le confirme, "franciser" ce mot n'est pas une bonne idée. Car l'usage qu'en font les français, ne recouvre pas le sens qu'il a dans la langue anglaise. NB tous comme ces français qui écrivent "looser", sans jamais avoir ouvert un dictionnaire. Il se trouve que votre journaliste (à l'écoute d'émissions où elle reçoit des intervenants anglo saxons) semble tout à fait à l'aise dans leur idiome. Or donc, si elle pouvait interroger des linguistes, des francophones étrangers, voire des québéquois (si inventifs) afin de trouver le mot idoine, plutôt que d'entériner un néologisme "faux ami", cela serait très bien. »

Variant
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« Dès qu’ils ont le choix, pour dire quelque chose, entre une expression anglaise et une expression française, vos journalistes choisissent immuablement le variant anglais. J’ai noté le cas le plus significatif pendant le dernier Tour de France, où votre journaliste, sous couleur de donner la parole à un spectateur anglophone, lui a adressé une phrase, à laquelle je n’ai rien compris. L’interlocuteur anglophone a-t-il, lui, compris le journaliste ? Je ne sais, car il lui a répondu une phrase à laquelle je n’ai, là encore, rien compris. Votre journaliste a-t-il, lui, compris la réponse de son interlocuteur ? J’en doute, puisqu’il a été incapable d’en traduire le moindre mot ! Comme son nom m’indique, Franceinfo est une chaîne d’information. Cette séquence a donc permis de fournir à l’auditeur deux informations capitales : les anglophones (à supposer que l’interlocuteur fût réellement anglophone) parlent une langue incompréhensible que les journalistes de France-Info prétendent comprendre et parler (ce qui, d’ailleurs, reste à démontrer). Plus sérieusement, cette séquence illustre ce qui semble être l’objectif délibéré de vos journalistes : éliminer au maximum des ondes la langue française ! »

Parlons français
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« Deux pratiques de vos journalistes, que j'écoute, sont inacceptables et désagréables à entendre. Les acronymes et le mot mail. Pour les acronymes en anglais ou français, vous devriez les traduire en langue claire et non les garder obscures puisque vous êtes sensés nous éclairer avec vos informations. Pour le mot "mail" il existe un mot bien clair et explicite "courriel". »

Phonétique
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« La phonétique étant de moins en moins respectée, ce qui me scandalise chez vous, les journalistes parce que vous êtes les plus grands diffuseurs de notre langue "orale", cela vous dérangerait-il de nommer Louis Burton "Bur-ton" et non Beur-tonne ? Ce navigateur est français, né en France, je ne comprends pas pourquoi vous prononcez son nom à l'anglaise ! Pourquoi pas Louisse ? Je ne parle pas de la Hosse du nombre de covid, ou de la côte de la Cote d'Azur... Si vous pouviez faire un petit effort je vous en serais infiniment reconnaissant, merci ! »
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Migouel
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« Nous avons entendu, que vous parliez de *Migouel (sic) Abensour. Ce prénom ne se prononce pas ainsi ; ni en français ni en espagnol. Les espagnols disent Miguel comme ils disent Guernica ou Figueras. Vous ne dites pas "le *gouerrillero Che *Gouevara" ni *Gouernica ni *Figoueras. En espagnol le graphème "gu" fonctionne comme en français devant les lettres "e" et "i". (Gilbert, Guillaume, longe, longue). Cordialement, et continuez à nous mitonner des émissions passionnantes. »
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Candidat à sa succession
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« Par deux fois aujourd'hui mais souvent à l'occasion d'élections, j'entends que "Madame ou Monsieur XXX est candidat à sa propre succession". A ma connaissance, on est candidat à sa réélection ou à un nouveau mandat mais en aucun cas à sa succession, sauf à s'auto-administrer une sorte de réincarnation ! Les journalistes, animateurs ou pigistes de France Inter ont-ils inventé une variante à l'indouisme ? Il devient alors intéressant et amusant d'imaginer en quel animal se réincarnerait la personne dont il est question ! J'espère que si une telle situation se présente pour vous, personne au sein de la rédaction n'osera aller jusqu'au point ci-dessus…   »

Angleterre et Royaume-Uni
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« Je suis une fidèle auditrice de France Culture et j'apprécie beaucoup-en général-la rigueur et la richesse de vos informations. Je ne comprends donc pas pourquoi les journalistes de tous les Journaux (et autres billets matinaux) utilisent le terme "Angleterre" pour désigner le Royaume-Uni. Ce n'est pas la même chose, pas la même entité politique (ni parfois culturelle). De manière similaire-quoique plus symbolique-, l'usage du terme "a/Américain" pour désigner les habitants des États-Unis ou l'adjectif qui est lié à ce pays est problématique et abusif. L'Amérique est un continent, pas un pays. Les Mexicains, Chiliens, Canadiens, Honduriens, etc. sont aussi des Américains... Je suis consciente que c'est tentant de suivre le mouvement commun, d'autant que les États-Uniens eux-mêmes se nomment ainsi en anglais, et que le terme qui existe en français (États-Uniens) n'est pas très beau... Mais à nous / à vous d'être attentifs et rigoureux dans cette utilisation. Merci à vous. Voilà des années déjà que je souhaitais réagir, mais la double répétition du terme Angleterre ce matin m'a finalement décidée ! »​​​​​
 À lire, d'autres messages sur l'usage de la langue française

​​​​​​​[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 30 janvier sur Franceinfo à 11h51 et 13h51 : "Le traitement de l’agression de Yuriy". Emmanuelle Daviet reçoit Matthieu Mondoloni, directeur adjoint de la rédaction de Franceinfo et Delphine Gotchaux cheffe du service police justice de Franceinfo


France Inter
Traitement éditorial de l’élection américaine, et retour sur l’interview du Professeur Lescure

En ce mois de janvier beaucoup de messages sur l’actualité américaine très dense. Pour en parler je reçois Jean-Marc Four, le directeur de la rédaction internationale de Radio France, et Philippe Lefébure, directeur de la rédaction de France Inter.
Nous reviendrons également sur l’interview du Professeur Xavier Lescure dimanche dernier dans le journal de 13h. Ses propos ont fait vivement réagir des auditeurs, Xavier Lescure infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris​​​​​​​.​​​​​​​​​​​
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Franceinfo
La mécanique d’antenne sur Franceinfo



Les coulisses de Franceinfo pour vous expliquer comment travaille une partie de la rédaction. Les présentateurs et présentatrices « des fils infos ». Comment ces journalistes font-ils pour vous livrer une information précise, éclair, à un rythme si dense ? 
our en parler Laurence Jousserandot, directrice de l’antenne de Franceinfo répond aux questions des auditeurs au micro d’Emmanuelle Daviet.
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Équipe de la médiatrice : 

Catherine Cadic
Juliette Fayollet
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Avec AFP et Agence Interne