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#23  -  Juin 2019
LE MOT DE LA MÉDIATRICE

Mots pour maux

« Polluer, c'est d'abord s'approprier. Pour ne plus polluer, il faut apprendre à ne plus s'approprier les choses » écrit Michel Serres dans Pantopie : de Hermès à petite poucette. On apprécie la polysémie de la formule. Retenons l’interprétation première. Elle plaira aux auditeurs de France Inter, qui une fois encore ont fortement réagi à la suite de la journée sans plastique. Ils apprécient l’effort de sensibilisation de la chaîne tout en regrettant que « les politiques ne forcent pas les industries de l’alimentation à changer leurs pratiques ». Certains appellent à la « dénonciation des sociétés qui envoient par contenaires tous ces déchets dans des pays asiatiques ».

Sur l’environnement et l’écologie chacun préconise des solutions : « Ce contre quoi il faut lutter c’est contre les emballages et les produits à consommation unique. Réutiliser, pas recycler ! Ça coûte moins cher écologiquement et économiquement. L’objectif 100% recyclage est une hérésie écologique et dénote une pure complaisance à l’endroit des industries agroalimentaires ». Ce recyclage du plastique génère en effet une crise mondiale des déchets. La prise de conscience est là mais la transition s’avère laborieuse. Plusieurs reconnaissent la difficulté de la mise en pratique : « Je cherche à diminuer ma consommation de plastique et je dois dire que c'est très difficile. Il y en partout ! Par exemple, les cosmétiques bio sont pratiquement tous dans des contenants en plastique, il y a là une contradiction. A quand le retour des produits consignés ? ». La consigne… suggestion maintes fois évoquée par les auditeurs. Et de citer nos voisins allemands : à l’instar de ce qui se fait Outre-Rhin, les auditeurs plaident en faveur d’un retour des bouteilles consignées, non seulement celles en verre mais également celles en plastique.  
« Tous les jours on nous rebat les oreilles avec l’écologie. Et que faites-vous de l’ « écologie » de la langue française ? Pourquoi « running » et « runners » pour course et coureurs à pied ? Notre langue ne serait-elle pas assez riche pour y puiser les mots dont nous avons besoin ? Pourquoi ce mépris pour notre langue ? Et combien d’autres anglicismes sur l’antenne de la radio publique qui devrait être chargée de la promotion et de la conservation de notre langue commune ? » s’interroge un auditeur. Ce reproche récurrent est parfois justifié, parfois excessif. Ainsi la remarque fréquente consistant à nous inviter de ne plus dire « spoiler » car c’est un mot anglais n’est pas pertinente, des auditeurs reprochant même aux journalistes d’employer des mots qui n’existent pas (sic !) au nombre desquels « spoiler » justement. Rappelons que  « spoiler » figure depuis des années dans le dictionnaire Larousse (de l’anglais to spoil, gâcher) : « révéler un élément clé de l’intrigue d’une œuvre (livre, film, série, etc.), au point de gâcher à autrui l’effet de surprise et le plaisir de la découverte ». Chez nos cousins québécois, on préfère divulgâcher, verbe guère utilisé sur nos antennes et qui nous vaudrait peut-être d’ailleurs quelques mails d’auditeurs.

Chez nos voisins anglais, les mots aussi ont un sens et l’écologie, on y revient, mobilise les rédactions et pas des moindres. The Guardian décide de changer de vocabulaire pour rendre compte de la crise climatique avec davantage de précisions. Récemment, dans le 13h de Bruno Duvic sur France Inter et dans un article fort instructif, Sophie Bécherel, journalistique scientifique, a relaté les changements sémantiques opéré par le quotidien britannique : « Désormais au lieu de "changement climatique", les lecteurs liront "urgence climatique" ou "crise climatique" ou encore "panne climatique". La "surchauffe" sera préférée au mot "réchauffement" (…) "vie sauvage" sera désormais préféré à "biodiversité", "population de poisson" à "stock de poissons". Les lecteurs liront aussi désormais "négationniste de la crise climatique" plutôt que "climato-sceptiques". Ce dernier changement sémantique permettra, selon le journal, de mieux choisir les invités lors des débats et de ne pas accorder de temps de parole aux négationnistes. La BBC a récemment reconnu avoir failli sur ce point. En donnant la même place aux négationnistes et aux scientifiques du GIEC, elle a -comme d'autres médias- laissé croire que la crise climatique n'était pas un fait, mais une opinion. »

The Guardian, la BBC relèvent attentivement les remarques qui leur sont adressées, en tiennent compte et réajustent ou enrichissent leur « guide maison ». Nous pourrions nous inspirer de cette attitude vertueuse.

Les mots lui il les aimait. Il s’en emparait, les malaxait, les réinventait, leur injectait son savoir nous donnant ainsi à entendre d’autres sens. Michel Serres était un savant. Un être lumineux, espiègle, délicat, au regard pétillant sur l’avenir, acéré sur notre société et l’Histoire, vif sur ses contemporains, bienveillant et inquiet sur notre planète. Travailler à ses côtés à Franceinfo a été certes un privilège mais surtout une récréation, ou plutôt une  re-création aurait-il dit. Re-création de soi–même car Michel Serres ouvrait des espaces mentaux hors normes, alors on l’écoutait ou bien on le lisait : « c'est tellement rare, c'est tellement improbable, c'est tellement miraculeux que c'est peut-être ça la civilisation et la culture. Rencontrer quelqu'un qui écoute. » 
Cher Michel, Cher poète, si Cher Humaniste, merci.


​​Emmanuelle Daviet
La Médiatrice des antennes

Voici les dominantes du 1er au 7 juin 2019 à retrouver dans les messages des auditeurs ci-dessous :

1- #LePlastiqueNonMerci
2- Les djihadistes français condamnés en Irak
3- Mounir Mahjoubi dans "Remède à la mélancolie"
4- Hommage à Michel Serres


#LEPLASTIQUENONMERCI

« Vous oubliez de préciser que le contenu des boîtes de recyclages plastiques jaunes en France sont envoyés en Malaisie et « dégueulent » sur leurs plages. Certaines sociétés françaises ne recyclent pas du tout en France mais à l’étranger. Et c’est légal. » (France Inter)

« C'est bien de vouloir responsabiliser les gens ! Bravo ! Mais dénoncez ouvertement dans les médias les sociétés françaises qui envoient par contenaires tous ces déchets dans des pays asiatiques. Cela créer des dechetteries à ciel ouvert ! Qu'attendez-vous pour les balancer ouvertement ! Nommez-les ! Merci pour la planète ! » (France Inter)
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LES DJIHADISTES FRANÇAIS CONDAMNÉS EN IRAK

« Avant l'émission, j'ai trouvé le sujet passablement casse-gueule : la vindicte populaire est prompte à sauver la veuve et l'orphelin, présumés innocents et bien-sûr à condamner le djihadiste, forcément évidemment coupable. L'effort de William Bourdon est à saluer, son intervieweuse aussi. Il faut savoir écouter ces appels, rester concentré, patient et puis défendre ces "salauds de djihadistes" et l'idée de la justice. Je n'étais pas sûr qu'une émission de radio ouverte aux appels soit le plus pertinent. Je ne le suis toujours pas même si l'effort pédagogique et la parole exprimée sont de bonnes choses. 
Je partage ce dégoût d'une religion poussée à l'extrême et les atrocités qui y sont associées. Mais je ne peux pas me résoudre à la peine de mort et encore moins à la volonté de nier la justice, en d'autres termes nier la démocratie comme l'a rappelé M. Bourdon. 
J'aimerais tant que ses mots puissent atteindre ces auditeurs farouchement pro-mort. J'ai fait des efforts qui m'ont coûtés pour écouter cette parole. Bien-sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de juger ces propos, j'ai moi aussi à progresser encore. Mais en fin d'émission, j'étais exténué et je n'ai pas eu l'impression qu'on sortait de l'impasse, d'un côté des propos primaires (action - réaction) et définitifs (fermés), de l'autre un discours professionnel construit pour ouvrir le champs et donner l'essor à la réflexion. Il faut bien que ces deux mondes s'écoutent, se rencontrent mais je trouve que ça ne prend pas à travers ce thème si inflammable. Et malgré toute l'affection que j'éprouve pour vous, Mme Sintès, j’étais dépité, pas certain du bien-fondé d’un tel échange.
Sachez que je reste très attaché à votre timbre, à votre clarté, à votre enthousiasme et à la proximité que vous entretenez avec vos confrères ou invités. Je vous écoute avec délice et mes zygomatiques toujours prêts à se lever. Merci pour ces beaux moments de radio malgré ce moment moins engageant pour moi. » (France Inter)

​​​​​​​« Franceinfo fait passer en direct Marie Dosé avocate qui défend le retour en France des djihadistes d'Irak. L'interview a duré environ 10 minutes, un samedi matin. Le message est très clair ; ces djihadistes doivent revenir en France. 
1) Quand quelqu'un va commettre un délit ou un crime dans un pays étranger, il sait qu'il va être jugé dans ce pays. Et il assume cette conséquence éventuelle; pourquoi en serait-il différemment pour les djihadistes ?
2) Je serais intéressé de savoir qui paye Mme Dosé pour le travail qu'elle fait. Je ne pense pas que ce soit les djihadistes eux-mêmes . Si Mme Dosé prend sur ses deniers, très bien mais j'en doute. Sinon, elle est rémunérée par la solidarité nationale. Et là, je ne la subventionne en aucun cas par mes impôts. 
3) Il aurait été intéressant de donner aussi la parole à quelqu'un défendant la thèse contraire à la sienne. Mais quand France Info veut faire passer un message, cette possibilité est facilement oubliée .
4) Elle fait la différence entre le peuple et la foule. Quand on est interviewé sur une radio nationale, la nuance est très désagréable pour les gens qui l'écoutent ; sans doute je faisais partie de la foule avec qui il faut faire oeuvre de pédagogie. Voilà une nuance facile pour se donner raison. Meilleures salutations. »
 (Franceinfo)

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MOUNIR MAHJOUBI DANS REMÈDE À LA MÉLANCOLIE

« L'émission "remède à la mélancolie" du 02/06 fait une propagande électorale à Mounir Mahjoubi avec un portrait plus que flatteur, l'étalage de ses "qualités" humaines et son amour de Paris avec Victor Hugo en toile de fond. Comme c'est étrange, ce monsieur brigue la mairie de cette ville et la radio publique qui ne cache pas le macronisme de certains journalistes politiques se fait un plaisir de lui faire un peu de pub. France Inter deviendrait-elle une radio privée? » (France Inter)

« Me voilà bien surprise, Madame Bester invite Monsieur Mahjoubi, comme si de rien n'était pour une conversation légère. Mais Monsieur Majhoubi est un homme politique et il souhaite devenir candidat à la Mairie de Paris non ? Est-ce que Madame Bester va offrir une tribune, "crédit sympathie", à tous les futurs candidats ? 
Je suis assez choquée de cette invitation partisane qui me semble un déni de démocratie. J'attends votre réponse avec intérêt. 
» (France Inter)​​​



L'équipe de "Remède à la mélancolie" répond :

Bonjour,
Nous avons invité M. Ruffin et M. Mahjoubi en début d'année et la direction a suspendu la diffusion des émissions à cause de l'actualité; nous nous étions donc engagés à les refaire venir avant la fin de saison, ce que nous faisons et qui pose maintenant problème à cause du changement de statut de M. Mahjoubi.

M. Ruffin sera notre invité dans 2 semaines. Nous avons eu l'accord de la direction et tout ceci est calculé en prenant en compte les temps de parole. 
Les deux émissions auraient dû être diffusées en novembre dernier. 

L'équipe de "Remède à la mélancolie"


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HOMMAGE À MICHEL SERRES


« J'ai appris ce matin le décès de Michel Serres pour qui j'ai depuis très longtemps affection estime et respect. Merci à Franceinfo et à Michel Polacco d'avoir ouvert une fenêtre radiophonique régulière à cet homme optimiste, courageux, intellectuel et physique en même temps, un homme complet.  » (Franceinfo)

« Au revoir, Monsieur... Puissiez-vous continuer à nous inspirer, fasse que toute l'information que vous avez glanée sur cette terre ne soit pas perdue là où vous ne pouvez que continuer à promener votre énergie un brin malicieuse... » (France Inter)

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« France Inter est ma radio, la seule qui m’accompagne et que j’écoute ! Ayant entendu il y a peu la chronique de la médiatrice en réponse aux auditeurs qui se plaignent, j'ai eu l’idée, pour ne pas laisser 100% de cet espace aux mécontents, de vous écrire pour dire que pour ma part j’étais une auditrice très fidèle et tout à fait satisfaite et donc vous écrire pour vous féliciter. Merci et bravo pour la qualité et la diversité de vos émissions! » (France Inter)

« Cher M. Ameisen, si je peux me permettre de vous appeler Jean-Claude, j’écoute régulièrement vos émissions, je suis très fidèle à France Inter... je pourrais passer la journée entière branchée à la radio ! Je suis très souvent fascinée par les thèmes de vos émissions... mais ce samedi 25 mai, votre émission a été particulièrement touchante pour moi et je tenais à vous remercier pour ce merveilleux moment que vous m’avez fait passer. Je l’ai partagé avec ma famille, et en spécial avec mes deux garçons. Merci encore, j’ai été émue aux larmes... c’était tellement beau !  À la semaine prochaine ! » (France Inter)

« Monsieur Erner, je n'ai pas l'esprit de votre matinale pour vous en féliciter comme je le souhaiterais, je vous dis donc simplement merci et bravo. » (France Culture)

« Je veux simplement féliciter Laetitia Gayet pour la qualité de son journal et surtout l'enthousiasme et la bonne humeur qu'elle transmet. J'ai été triste pour elle d'apprendre qu'une personne la "maltraitait" régulièrement à propos de son travail. Continuez à être aussi pétillante et "rigolote" à l'antenne, c'est un vrai bonheur de vous écouter ! Malgré des informations parfois moroses, vous gardez un esprit positif, cela fait beaucoup de bien de vous écouter… » (France Inter)

« Bravo pour la qualité de vos émissions et de vos présentateurs, présentatrices.
Il y a toujours du nouveau, une grande diversité et c'est toujours plein de surprises. Merci à tous et une mention très bien pour Denisa Kershova »  
(France Musique)

« Madame Servajean et toute votre équipe, 
Merci, 1000 mercis d'inviter des personnes toujours plus intéressantes, de leur laisser le temps de parler. 
C'est pas la première fois que je vous écris mais j'ai besoin de vous dire à quel point votre émission est, à mon petit avis d'auditeur, ce que devrait être une référence pour vos collègues. Avant, j'attendais "rendez-vous avec X", "3D" de Stéphane Paoli, "Nous autres" de Zoé Varié, "Panique au Mangin palace" "addiction" de Laurence Pierre ou "Là-bas si j'y suis", aujourd'hui, j'attends le vendredi soir. »
(France Inter)

« Pour l’Heure Bleue : Juste envie de vous dire à quel point j'apprécie votre façon de recevoir vos invités, et cet espace et ce temps que vous leur permettez.. tellement tellement doux et réconfortant malgré les sujets abordés. Ce soir était particulièrement réussi et je vous remercie mille fois de ces moments incroyables et inespérés qui donnent l'impression que quelque chose de nouveau et de simple est possible !! bravo et merci !! » (France Inter)

« Bravo pour France Inter ! Tant de programmes variés et de qualité. Plus ça va, plus j'écoute vos programmes et émissions. 
Une belle et valeureuse radio digne de son statut de service public ... au service du public, continuez ! »
(France Inter)



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Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Disrupter
« "Disrupter"/ "disruption"? Votre matinalier a l'intention d'introduire ce mot dans la langue  et d'en éliminer les mots "bouleverser", "perturber" "désorganiser" du français?
Par ailleurs c'est quoi un "business plan" (prononcé évidemment avec l'accent français)? Un "plan business"? un "projet industriel"? un "projet commercial"? un "plan social"? "la stratégie de l'entreprise?... »


« Il est insupportable d'entendre un journaliste français susceptible de faire rayonner la richesse de la langue française sur une chaîne de radio d'état utiliser un terme de la novlangue, en soulignant "comme on dit maintenant" disrupter. Le vocable anglais disrup signifie perturber, troubler, mettre de la confusion... À méditer ! »

Runners
« Tous les jours on nous rebat les oreilles avec l'écologie. Et que faites-vous de l' "écologie" de la langue française ? Pourquoi "running", runners pour course à pied et coureurs à pied. Notre langue ne serait-elle pas assez riche pour y puiser les mots dont nous avons besoin ? Pourquoi ce mépris pour notre langue ? Et combien d'autres anglicismes sur l'antenne de la radio publique qui devrait être chargée de la promotion et la conservation de notre langue commune ? »

La faute à qui ?
« J'aimerais vous faire part d'une expression que vous avez employée lors d'une diffusion d'un journal à propos de la pluie survenue à Rolland Garros : vous avez dit "la faute à la pluie" au lieu de "la faute de la pluie". Cette expression est très courante, j'en ai conscience, et vous n'êtes pas la seule journaliste à l'utiliser,  je ne l'apprécie pas beaucoup et m'irrite à chaque fois. Pardonnez-moi de m'adresser à vous et merci pour votre bon travail ! »

Maniement de la langue française
« Les journalistes, hommes et femmes politiques, politologues… aiment « faire chic ». Ces derniers ne prononcent jamais l’adverbe « quand » (qui exprime une temporalité) de façon classique comme n’importe quel lambda (c’est-à-dire avec un D muet), non eux disent svp « quanTEU » ! Pourquoi ? Ben pour faire genre ! Dans le même esprit, ils dégainent dès qu’ils le peuvent leur « A la fois » ! 
Très important le "A la fois", indispensable le "A la fois" ! Ils en sont friands ! Surtout ne pas oublier de le prononcer à chaque intervention ! On observe également (mais ils ne sont pas encore trop nombreux pour l’instant, ouf !) certains qui utilisent des néologismes, des barbarismes totalement ridicules issus de l’esprit de sociologues ou économistes tels que « disruptif » ou « déceptif ». 
Le journaliste ou autre intervenant médias ne s’abaissera pas à dire « risque de décevoir » mais préfèrera dire, toujours pour faire « nouveau monde » (autre invention rhétorique médiatique grotesque), « risque de provoquer un effet déceptif » ! C’est pas beau ça ?
Ces derniers ne souhaitent pas prononcer non plus « émettre une fausse nouvelle » mais « faire du fake news » (entendu sur France info) ! Whaou ! Magnifique !
Et pour finir, ces spécialistes se répartissent en 2 catégories : ceux qui nous placent des « Finalement » tous les 5 mots dans leurs phrases et les autres qui nous mettent des « Au fond » à tire larigot ! J’adore leur maniement de la langue française, à ce niveau, on frôle le génie ! »


Schizo
« J'ai bondi à l'écoute du début de votre émission : Le sushi serait schizo ? C'est mal connaitre la schizophrénie et entretenir les clichés sur une maladie déjà très stigmatisée. Je pense que vous vouliez dire que le sushi est ambivalent, que sa définition/recette est confuse, et non que le sushi est isolé, parano et entend des voix. 
Nous avons une belle langue française riche en adjectifs, merci de bien vouloir puiser dans ce vocabulaire plutôt que dans celui des maladies mentales. 
Merci par ailleurs pour vos émissions. 
La soeur d'un schizo qui n'a rien d'un sushi. »


Anglicisme
« Je souhaite avoir votre opinion sur une évolution récente de la langue française : l’usage et l’envahissement des anglicismes. Apres avoir écouter votre émission sur la série “Friends”, je ne peux pas m’empêcher d’être irrité à chaque “private joke”, “first lady”, “upgrader”, “spoiler”, ou “spin-off” prononcé (il y avait plus de 10 anglicismes sur 1 heure d’émission). D’autant que certains de ces mots n’avaient aucun lien avec le fait que nous avions affaire à une série américaine. Je suis conscient que l’usage de ces mots est une évolution de la société et de la langue (que je regrette profondément), mais vous, communicateur de l’information (et à France Inter vous n’êtes pas les seuls), en relayant ces mots sur vos ondes par la radio, vous officialisez l’usage de ces mots, l’un est tenter de penser “ si la radio le dit alors moi je peux , et c’est un français acceptable”. Pire encore, les plus jeunes entendrons et apprendrons un français dégradé. Ces anglicismes sont un appauvrissement de la langue française, presque TOUS ont une traduction, et qui sous prétexte qu’elle fait “ringarde”, ou “pas assez dynamique”, on préfère utiliser le mot anglais. Un mot est ringard si on décide qu’il l’est, et si les versions françaises étaient relayées par les medias, elles deviendraient plus usitées et peut-être moins “ringardes” (puisqu’il s’agit ici d’être le groupe populaire de la cours de récré). Il n’y a pour l’instant aucune politique qui oblige à éviter les anglicismes dans les medias, donc ma question est : est -ce que vous France Inter, c’est quelque chose auquel vous êtes sensibles et souhaitez réduire à l’avenir et éventuellement appliquer une politique de zéro-anglicisme dans vos émissions ? »

Météo
« Alors comme ça, selon votre spécialiste météo, les températures vont passer du simple au double !
Une petite révision s’impose, me semble-t-il. Quand il fait 30° l’après-midi, ce n’est pas le double des 15° du matin.  L’échelle des températures ne commence pas à 0°.
Je vous charge de lui expliquer »


Choix des mots
« À l'écoute de la radio lundi dernier vers 17h le journaliste parlait du nombre d'accidents sur les routes en 2018. Jusque-là tout allait bien sauf que sa phrase m'a choqué, il a dit : "C'est la première fois qu'il y a si peu de morts". Qu'il réfléchisse un peu avant de prononcer son texte, imaginez la réaction des proches qui ont perdu quelqu'un dans un accident. C'est la première fois que je me permets de donner un avis mais cette fois j'en ai vraiment ressenti le besoin. »

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[PROCHAIN RENDEZ-VOUS]
Samedi 8 juin :
- sur franceinfo à 11h51 et 13h51 : “Procès des djihadistes français en Irak : le traitement sur franceinfo” avec Delphine Gotchaux, journaliste au service justice de franceinfo.
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Franceinfo : tous les samedis à 11h51 et 13h51
France Culture : un jeudi sur deux dans La Grande Table à 13h20
France Inter : un vendredi par mois dans l’Instant M à 9h40 et un samedi par mois dans Secrets d'Info à 13h20
 
Secrets d'info : Les comptes de campagne de Macron et Doctolib
samedi 1 juin
"​​​​​​​Pourquoi avoir attendu deux ans pour traiter de sujet ?", "J’utilise Doctolib depuis des années et jamais on ne m’a demandé d’évaluer le praticien consulté".
Retour sur deux enquêtes de l’émission « Secrets d’info » et les questions des auditeurs : pour leur répondre au micro d’Emmanuelle Daviet, Jacques Monin.
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Les élections européennes : des sondages ratés ?
​​​​​​​samedi 1 juin

​​​​​​​L’actualité politique de ces dernières semaines a été très importante. Beaucoup d’auditeurs s’interrogent justement sur le poids des sondages dans le traitement de cette actualité. Pour leur répondre, Emmanuelle Daviet reçoit Jean-Jérome Bertolus, chef du service politique de franceinfo.

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