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#48 -  Novembre 2019
 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE


Les silences

Le silence du désert pour linceul. Treize militaires français de la force Barkhane ont péri lundi soir au Mali dans la collision de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes.
Les auditeurs ont très rapidement réagi à cette actualité : « Je pleure 13 hommes morts pour la paix dans le monde. Je suis en larmes et je pense à eux. Je les salue. Je suis Camerounais et je leur dis Merci […] des êtres humains sont morts seulement pour nous protéger ». Il s'agit du plus lourd bilan humain essuyé par les militaires français depuis le début de leur déploiement au Sahel en 2013. Lundi soir, l'accident est survenu dans le Liptako, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. La force antijihadiste française, Barkhane, y mène régulièrement des opérations contre les groupes armés, dont le groupe Etat islamique au Grand Sahara. Des auditeurs s’interrogent sur la présence des Français au Mali : « S’il vous plaît, dites-nous pourquoi des soldats français sont envoyés au Mali. Quels intérêts la France a-t-elle dans cette région ? », « Où sont nos partenaires européens ? Je trouve nos troupes bien seules au Mali dans leur lutte contre le terrorisme. ». Le besoin d’informations sur le sujet est clairement exprimé par nos auditeurs.

Le silence des micros pour signifier le bruit de la contestation. Silence des voix et sons de notes. Antennes en grève ? Musique ! Une forme d’harmonie dans la discorde. La grève est une pièce centrale du répertoire contemporain de l’action collective et syndicale, dixit un sociologue. Les auditeurs l’ont entendu. Certains la condamnent : « Pas d’excuses pour cette nième grève. Elle devrait être interdite dans les services publics. », « Encore en grève ? C’est votre patron qui vous parle, c’est bien avec mes impôts que vous êtes payés. », « Vos revendications sont inaudibles », « A quand un service minimum, par exemple, sur les créneaux où l’information est diffusée ? ». D’autres la soutiennent :         « Courage et solidarité dans votre juste lutte qui nous concerne tous », « Vive le service public et la radio de qualité, terreau de notre vigilance démocratique ». Des messages expriment aussi une forme de désarroi : « Je suis dans l’incompréhension la plus totale…Une audience record récompensée par une réduction de moyens et d’effectifs… », d’autres proposent de mettre la main à la poche : « Je suis prêt à payer un peu plus en taxe audiovisuelle pour éviter ces pertes de postes à Radio France. Pourquoi ne pas s’attaquer à cela ? ». Chacun appréciera ces différents commentaires. Au sujet du mouvement social et de ses répercussions sur les antennes de Radio France, le site        « Médiatrice de Radio France » donne différents éléments de compréhension ici

Le silence des studios et la musique pour combler l’absence. Les avis sur les playlists, sont très majoritairement positifs : « Votre bande son est trop géniale sur Franceinfo », « Vraiment super, les programmes de musique sur toutes vos chaînes sont sensationnels, vraiment top ! ». Cependant des auditeurs, et c’est nouveau, ne goûtent pas toujours la programmation musicale : « Franchement pénible dans son ensemble et déprimante »,    « Je ne supporte pas votre choix musical de remplacement. C’est vraiment nul. », « Votre playlist est majoritairement constituée de rap et de musique à deux temps de ce genre ». Point d’orgue des critiques : un titre de Nino Ferrer jugé discordant : « Le blues anti-bourgeois » datant de 1970. Les paroles résonnent désagréablement aux oreilles de certains : « Texte abject » , « Cette chanson est clairement une apologie du viol », « Un texte à la gloire des violences faites aux femmes : un scandale », « Entendre ça au réveil ce lundi 25 novembre journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes », « Je suis scandalisée »,  « Profondément choquée d’entendre ça un lendemain d’annonces de mesures en faveur des victimes de violences conjugales et familiales ». 
Les paroles du couplet ? Les voici : « Une fille qui me plaît, je me l'envoie/ Que ça lui plaise ou que ça ne lui plaise pas/ Et si elle veut pas, je lui fais une grosse tête/ Quant à son Jules, c'est pas sa fête/ S'il est trop fort, j'ai mes amis/ Mm, mm, ça c'est ma vie/ Oh oui!/. » Jocelyn Perrotin, directeur de la musique de France Inter, répond aux auditeurs dans cette Lettre.

Silence sépulcral sur l’homme mais concert de louanges pour l’artiste. Sur France Inter, émission culte du dimanche soir, atmosphère feutrée du théâtre de l’Alliance Française. On est à Saint-Germain-des-près, Rive gauche à Paris. On parle cinéma. Sur scène, les critiques entonnent un dithyrambe en l’honneur du dernier Lion d’argent à Venise. Prestissimo, on défend l’œuvre du maître : « C’est le film qu’on attendait depuis 100 ans, parce qu’il a fallu qu’un des plus grands cinéastes au monde qu’est Polanski prenne ce sujet en main pour le traiter » , « C’est un film formidable ». Les minutes s’égrènent, nourries de compliments : « La France attendait ce film », « C’est un très grand film, pas seulement de l’année ». Pas un mot sur l’homme. « Je trouve ce film admirable ». Le silence se prolonge. « C’est un film à l’os, sans fioritures, de l’intérieur ». Les mots s’agrègent, les minutes enflent d’éloges. « C’est remarquablement construit et filmé »,
« Le film est d’une rigueur à la Fritz Lang ».
Le silence devient de plus en plus épais. Comme un brouillard de dimanche soir, épais et immobile sur une route de campagne. On s’enfonce dans la nuit de ce qui n’est pas dit. Sur la scène du théâtre, les propos des critiques éclairent le travail du cinéaste, leur enthousiasme irradie l’assistance. Film éblouissant. Public conquis. Aucun bémol, accords parfaits. Ce diapason alourdit le silence, le rend de plomb. 
Pour les auditeurs, le silence scelle le crépuscule : «  Adieu Masque, Adieu Plume »,   
« J’ai été choqué par la manière dont vos critiques ont encensé le film et l’auteur le présentant comme l’un des plus grands réalisateurs existant sans à aucun moment faire référence au contexte troublé dans lequel sort son œuvre », « Non je ne vous écouterai plus, cela suffit cette schizophrénie contemporaine. Vous devez tous être très protégés et loin des prédateurs au Masque et la Plume cassée », « J’ai pris cela comme une gifle faite à toutes les femmes violées, agressées, réduites au silence par des institutions soucieuses de maintenir un statu quo », « J’ai 47 ans et j’écoute le Masque depuis toujours, fidèle parmi les fidèles. Jamais, je n’aurais pensé ne plus jamais vous écouter et cela me fend le cœur », « En parlant de « J’accuse » vous fermez les yeux sur les crimes commis par le réalisateur ». Résumons en trois mots, empruntés à un auditeur, les nombreux messages reçus : « Déception, agacement, colère ». Nous proposons dans cette Lettre les liens des émissions diffusées sur France Inter à propos de la sortie de ce film, tous les avis ont pu s'exprimer sur l'antenne.​​​​​​​

Silence

Le 12 janvier 1898, en fin d’après-midi, au troisième étage d’un immeuble situé dans l’arrière-cour du 142 rue Montmartre, trois hommes sont penchés sur un texte qu’ils comptent publier : Emile Zola, Georges Clémenceau et Ernest Vaughan, respectivement écrivain, éditorialiste et fondateur-directeur de l’Aurore, un modeste journal tout récemment créé. « C’est immense cette chose-là ! » s’exclame Clémenceau. Il vient d’achever la lecture du texte de Zola. Désormais l’un des articles de presse les plus connus au monde, le texte politique, ultra engagé, hautement littéraire qui allait relancer l’affaire Dreyfus.
« Lettre au président de la République » c’est le titre que souhaitait l’écrivain. Clémenceau lui préféra : « J’accuse ! » reprenant l’anaphore accusatrice de la fin de l’article qui jette sur la place publique les noms des coupables. 
Il faut du courage pour dire les choses. 
« Manier le silence est plus difficile que manier la parole » disait ce même Georges Clémenceau. Ajoutons : surtout à la radio, ça s’entend plus fort que partout ailleurs.

Bonne lecture,

Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes
 
Voici les dominantes du 22 novembre au 29 novembre 2019 à retrouver dans les messages des auditeurs ci-dessous :


1- Les soldats morts au Mali
2- La grève : colère des auditeurs
3- La grève : soutien des auditeurs
4- La chanson qui fâche

5- Les playlists de grève
6- Le Masque et la Plume : "J'accuse, un film formidable"


Coup de cœur des auditeurs : Le monde agricole

LES SOLDATS MORTS AU MALI

Message d'auditeur
​​​​​​​« Une guerre, si on sait comment cela commence, mais on ne sait pas comment cela finit. Et celle qui s'appelle Barkhane, que l'on  mène dans le Sahel dans le Sahara devrait nous amener à réfléchir le pourquoi  on est là en territoire inconnu. La France, qui s'engage seulement, à défaut de l'Europe qui elle est hésitante, ne désire pas rentrer dans ce conflit. Au risque de s'enliser ; et là, en ne pas avoir compris la leçon d'autres nations qui ont subi des échecs cuisants (Afghanistan, les Russes puis après avoir équipé les talibans , les Américains qui eux aussi ont dû quitter dans un triste état ce pays). D'autres exemples en République centrafricaine où la guerre pour des pouvoirs fait rage.  Bref des conflits au 4 coins de la planète, qu’il est difficile d'éliminer. Mais la France, en s'engageant s'expose aux djihadistes qui eux pratiquent la politique de la terreur. Ceux-ci s'interposent entre les peuples nomades qui se déplacent au gré des conditions du changement climatique qui amènent des sécheresses prolongées et les sédentarisés qui subissent de plein fouet cette guerre. Pourquoi s'enfoncer dans une guerre où le seul pays engagé, la France, connaît des déboires ? Ou vaincre un ennemi, grand connaisseur du terrain désertique (4 500 militaires sur un territoire comme l'Europe). N'est-ce pas le rôle des Nations unies, avec les casques bleus, de jouer l'interposition et non pas à un seul pays de vouloir empêcher le califat de s'implanter. Des causes plus importantes, telles que l'éducation, l'éradication de la misère et de la pauvreté, qui font que le terrain où évoluent les candidats au djihad soient prises en compte. Il y aura  encore beaucoup de héros, qui paieront de leur vie cette guerre inutile. Les jeunes du Sahel sont en révolte contre l'armée française ; il ne s'agit pas seulement de réprimer mais de s'attaquer aux racines de ce mal que sont la pauvreté, la misère ! Et les casques bleus ? » (Radio France)
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LA GRÈVE SUR LES ANTENNES DE RADIO FRANCE

LA GRÈVE : LA COLÈRE DES AUDITEURS
Messages d'auditeurs
​​​​​​​« Fidèle auditeur depuis 45 ans, je trouve vos grèves totalement improductives et déplacées. A quoi servent-elles à part perdre des auditeurs ? En 2019 est-il impossible d'aboutir à des meilleurs compromis possibles sans prendre l'auditeur (votre gagne-pain) en otage ? Les instigateurs de cette nouvelle grève n'oublient-ils pas que c'est l'auditeur-contribuable qui est là sanctionné ? » (France Inter)

« Ces grèves à répétition dans une entreprise très privilégiée sont véritablement obscènes quand on considère les millions de Français sans travail ou ayant des jobs de misère à temps partiel. ​​​​​​​Vous n'êtes plus un service public, mais un boulet traîné par le contribuable. Alors, bonne grève… Et plus dure sera la chute ! » (Radio France)​​​​
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​​​​​
LA GRÈVE : LE SOUTIEN DES AUDITEURS
Messages d'auditeurs
​​​​​​​« Recevez tout mon soutien. Il y a tellement de façons de maintenir le financement de cette précieuse institution : faire payer la redevance par tout le monde, ou ne pas toucher à l'assiette mais augmenter légèrement. Pourquoi licencier un personnel qualifié auquel il n'y a rien à reprocher ; la preuve, les résultats d'audience en constante hausse. Haut les cœurs. Ne lâchez rien. » (France Inter)

« Les émissions de France Inter me manquent beaucoup pourtant. Je n’ai pas la télévision…. France Culture et France Musique aussi !
Tenez bon ! Bien à vous !
» (France Inter)
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LES RAISONS DE LA GRÈVE À RADIO FRANCE

Les auditeurs sont nombreux à poser des questions sur la grève à Radio France.
Dans cet article, les réponses de la médiatrice à vos questions. 

LA CHANSON QUI FÂCHE

Message d'auditeur
​​​​​​​« Et sinon, la culture du viol dans votre playlist, on en parle ? Voici ce qu’on a pu entendre au réveil ce 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, sur une radio publique, dans une chanson de Nino Ferrer :
 "Une fille qui me plaît, je me l'envoie
 Que ça lui plaise ou que ça ne lui plaise pas
 Et si elle veut pas, je lui fais une grosse tête
 Quant à son Jules, c'est pas sa fête
 S'il est trop fort, j'ai mes amis
 Mm, mm, ça c'est ma vie
 Oh oui!" »
(France Inter)

Jocelyn Perrotin, directeur de la musique de France Inter vous répond : 

"Vous avez été plusieurs auditeurs à exprimer votre indignation à l’écoute du titre de Nino Ferrer « Le blues anti bourgeois » face B du 45 tours « Oui mais ta mère n’est pas d’accord » de 1970.

À aucun moment notre volonté n’a été de choquer ou de blesser et si c’est le cas nous vous prions de nous en excuser.

En revanche, pour une meilleure compréhension, il est important d’apporter une précision à la lecture de cette chanson.
Il faut y voir la satire d’une classe sociale moquée par l’auteur.
Un dandysme qu’on peut juger grossier mais qui se veut volontairement provocateur.
Il nous semble que la bonne santé d’une société est de pouvoir encore faire dans la caricature et de ne pas être dans la censure.
Il est évident que le service de la musique de France Inter ne cautionne aucune violence quelle qu’elle soit.

Mais visiblement il était plus facile d’être dans le deuxième degré  en 1970 qu’en 2019.
Nino Ferrer, artiste parfois humoristique, parfois plus sombre, mais toujours d’une grande sensibilité, aurait sûrement goûté avec plaisir d’être encore irrévérencieux à notre époque.

Jocelyn Perrotin
Directeur de la musique de France Inter"


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LES PLAYLISTS DE GRÈVE

Messages d'auditeurs 
« Les programmes de musique sur toutes vos chaînes sont sensationnels, vraiment top ! » (Radio France)

« J’adore les grèves à Franceinfo ! C’est là qu’on peut entendre la meilleure programmation musicale de la FM. Alors bravo au programmateur, merci de ne pas être tombé dans la facilité, c’est un sans faute ! » (Franceinfo)
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LE MASQUE ET LA PLUME :
"J'ACCUSE, UN FILM FORMIDABLE"

Message d'auditeur
« Pourquoi avez-vous parlé de ce film ? En parlant de  "J’accuse" vous fermez les yeux sur les crimes commis par le réalisateur. Certes vous ne prenez que l’œuvre, la création de l’artiste, mais avant d’être artiste, d’être un "grand réalisateur", c’est avant tout, un homme. Un homme qui a violé, traumatisé et détruit des jeunes filles. Même si vos commentaires m’ont donné (une petite) envie de voir le film, vous m’avez surtout mis mal à l’aise. Deux femmes étaient parmi vous, comment ont-t-elles pu valoriser la parole artistique d’un monstre ? Et pourquoi vous autres les hommes, pourquoi vous ne prenez pas position par rapport à ses crimes ? Certes, France Inter soutient le film, mais tapez du poing sur la table. Pensez à vos filles, à vos nièces, à vos amies, à vos sœurs, à qui ça pourrait arriver et à toutes ces femmes en France qui ne sont pas entendues.
Merci pour vos critiques, mais pourquoi ? »
(France Inter)

Nous proposons dans cette Lettre les liens des émissions diffusées sur France Inter à propos de la sortie de ce film, tous les avis ont pu s'exprimer sur l'antenne.

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PÊLE-MÊLE


Nous vous proposons dans « Pêle-mêle » une sélection de messages d’auditeurs : réactions sur l’actualité, avis sur des émissions, remarques sur les antennes, opinions sur les lignes éditoriales, points de vue sur les angles choisis dans des reportages ou des articles publiés sur les sites. 

Retrouvez ici des messages concernant : 
•    Laurent Berger dans Questions Politiques "Homme de gauche et catholique"
•    Netflix
•    La FNSEA

•    Le Nouveau rendez-vous 
•    "Tomber enceinte"
​​​​​​​•    Les violences faites aux femmes 
•    "Race"
•    La Météo 
•    Les SUV

LIRE LES MESSAGES


COUP DE CŒUR DES AUDITEURS : LE MONDE AGRICOLE

Message d'auditeur
​​​​​​​​​​​​​​« De nouveau un grand merci pour votre édito politique Thomas Legrand.
 Je suis à 100% d'accord avec ce que vous avez rappelé et expliqué.
 J'attends et j'écoute toujours vos interventions avec beaucoup d'intérêt.
 Encore une fois merci et bravo ! »
(France Inter)
​​​​​​​Réécouter l'édito politique

Message d'auditeur 
« Je voulais vous féliciter de votre édito éco Dominique Seux sur le métier d'agriculteur. Cela fait longtemps que je n'a pas entendu un si bon sujet sur la problématique actuel et j'ai beaucoup aimé votre comparaison avec l'industrie. J'ai eu l'impression de m'entendre quand je suis face à des citadins ou néo-ruraux qui n'ont jamais adressé la parole à un agriculteur, mais qui sont capable de parler de l'agriculture de façon très négative par méconnaissance de cette profession c'est  facile de s'attaquer à une minorité de 450000 agriculteurs. Durant mon déplacement dans le Doubs pour exercer mon métier de conseillère installation, j'avais le sourire pour aller accompagner de futurs jeunes agriculteurs et agricultrice motivés, ayant des valeurs nobles, à préparer leur installation. Encore merci pour votre article que je vais garder en mémoire. » (France Inter)
Réécouter l'édito éco​​​​​​​
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GÉRALDINE HALLOT LAURÉATE
​​​​​​​DU PRIX DU REPORTAGE RADIO FRANCE 2019

Prix du reportage Radio France décerné à la journaliste de France Inter, Géraldine Hallot, pour son reportage intitulé « L’homophobie : la sale parole libérée ». Elle succède à Benjamin Illy, lauréat l’an dernier. Elle représentera Radio France au Prix du journalisme des Médias Francophones Publics (MFP).

Réécouter le reportage

Messages d'auditeurs reçus à la diffusion du reportage
​​​​​​​​​​​​​​« Merci pour cette très belle émission qui m'a beaucoup touchée. 
Mon père, disparu aujourd'hui, était homosexuel. Mon fils aîné est homosexuel. A l'un comme à l'autre, nous les avons toujours assurés de tout notre amour.
J'ai une pensée très émue pour ceux et celles qui se font agresser, pour ceux et celles qui se font jeter dehors par leur famille, pour ceux et celles qui mettent fin à leurs jours.
Il est indispensable de continuer à communiquer, à éduquer, à combattre les idées reçues, la violence. L'ignorance et la peur sont un cocktail trop souvent détonant. »
(France Inter)

« Cela pourrait être un support pour des sensibilisations. Peut-être faut-il également pour y être sensible ne pas être trop "à cran" sur la question pour soi-même, et que les jeunes qui sont encore en recherche et parfois dans le trouble quant à leur identité et leur sexualité peuvent se défendre plus contre l'émotion que provoque ce reportage. » (France Inter)

[VIDÉO] INTERCEPTION ET LES AUDITEURS

Géraldine Hallot et Philippe Bardonnaud, producteur de l’émission de reportages Interception sur France Inter, nous parlent d’eux et des auditeurs :
Etes-vous attentifs aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quels auditeurs êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?
Voir la vidéo


Débat de l'actu
LES RÉFORMES DES RETRAITES
​​​​​​​​​​​​​​
Cette révision du régime des retraites embrase le climat social, à l’approche de la grève massive prévue le 5 décembre.
Le Téléphone Sonne du 26 novembre a fait réagir nos auditeurs : quelques réactions à retrouver ici.
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« La radio est formidable. Enfin, surtout Radio France. Elle m'accompagne depuis des décennies, compagne de tous les instants, si proche et discrète. Rien ne peut vraiment la remplacer. Dans tout ce qu'elle propose, le choix est vaste. Est-elle parfaite ? Je m'indigne à tous moments contre telle ou telle chose que j'entends. Qu'elle demeure et se maintienne en qualité et ne cherche pas toujours le taux d'écoute ! » (Radio France) 

« Je suis un fan de France Culture, radio exceptionnelle, peut-être unique au monde. J'y déguste plein de beaux programmes, mais je veux exprimer mon attachement particulier aux chemins de la philosophie d'Adèle Van Reeth. Le niveau de cette émission et de son animatrice est remarquable et on aimerait que tous nos apprentis philosophes de terminale l'écoutent régulièrement... mais c'est hélas un rêve impossible. Merci Adèle et longue vie à votre émission. » (France Culture)


« Quel bonheur que de réécouter Kriss dans le Nouveau Rendez-vous ! Quelle belle idée pour les auditeurs dinosaures de France Inter, et espérons-le, pour les nouveaux.
J'ai été amoureux de cette voix.
J'ai été malheureux quand elle s'est éteinte.
Je suis content de votre initiative. » (France Inter)

« Juste vous remercier infiniment pour les émissions consacrées à Kriss et notamment à ses portraits sensibles.
Je me dois de vous raconter qu'à l'époque des Portraits,  j'ai fait modifier mon emploi du temps au travail (j'en ai un peu honte mais le podcast n'existait pas encore...me voilà excusée, ouf!) pour pouvoir être dans la voiture en début d'après midi afin d'écouter son émission ! 
C'était une parenthèse de simplicité, de profondeur pourtant, de naturel, de douceur, de joies et de malheurs aussi, et surtout d'optimisme, envers et contre tout, bref, la vie d'abord ! 
Cette émission reste une de mes préférées, du haut de mes 49 ans,  avec "Je vous écris du plus lointain de mes rêves " et le "pop club" ( je pense que vous aurez saisi que je vous tends une perche pour une prochaine " spécial").
J'en profite pour vous remercier pour votre Nouveau Rendez-Vous, très varié, toujours bien mené et très "rock'n Roll ". J'adore. » (France Inter)

« Merveilleux Matthieu Ricard dans CO2 mon Amour ! Simple, cohérent, beau, quel exposé génial ! Merci à vous deux et à l'équipe ! » (France Inter)

« J'écoute la rediffusion de votre émission Interception sur la violence conjuguale...il est 5h35 samedi matin le 23 novembre 2019.
Je suis sous le choc, de ce que j'entends, de ce que je comprends, je suis touché, très touché des propos ; des situations, d'une mise en onde adaptée. Ce samedi matin, j'ai les larmes aux yeux... je suis terrifié de cette réalité... ce que ces femmes vivent aux quotidien. Merci Inter pour cette émission...Merci ! » (France Inter)

« Je viens de terminer d'écouter les 9 épisodes de la série sur le 13 novembre de Sara Ghibaudo, que j'ai écouté sur le podcast de France Inter (ce qui était bien pratique).
Je souhaiterais féliciter la journaliste pour la qualité de ce reportage : c'était très intéressant, vivant et je dirais captivant quand elle refait le fil de l'histoire. De nombreux témoignages, des précisions de chaque partie (des confrères, des djihadistes) ont fait de cette émission un vrai moment de d'intérêt et de concentration qui font vraiment du bien.
Merci à France Inter pour l'ensemble de vos émissions. Nous sommes de vrais fans dans la famille, et on vous embrasse pour ce que vous faites. » (France Inter)

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​​​​​​​Quand les auditeurs deviennent nos professeurs de français...

Franglais
« Pourquoi « en direct » est remplacé par « en live » ? « Direct » est toujours un mot 
Français.
Prononciations: ras le bol des « dej'ners », « r'traites » …. des « on » qui 
remplacent les « en » et  « an » ,  « fronce » pour France, « enfonce » pour « enfance »…. J'ai en mémoire un reportage sur des « camps de vacances pour jeunes » qui s'est traduit par « comps de jeunes » (peu flatteur à l'oreille)… » 


Respectons la langue française
« Ce matin, l'animateur a dit "Vous tirez un coup de chapeau à..." On peut "tirer un coup de fusil", "tirer son épingle du jeu" voire "tirer un coup" tout court mais certainement pas tirer un coup de chapeau ! "Tirer son chapeau" suffit. Je vous l'écris car ma fille (12 ans) présente dans la voiture m'a demandé la signification de cette expression "Tirer un coup de chapeau". De même, les raisons "pour lequel", "pour lesquelles" serait plus adapté. Franceinfo "Et tout est plus clair" mais "Rien n'est moins sûr !". Vous êtes ma chaîne de radio préférée que j'écoute vraiment tous les jours. Félicitations à toute l'équipe. »

Anglicismes
« J'écoutais votre émission  l'autre jour, quand j'ai entendu votre journaliste faire un atroce anglicisme : « supporter » au lieu de « soutenir », anglicisme absolument pas justifié car un mot existe déjà en français et implique même un contresens ! Merci de veiller à l'usage du français et à un bon usage ! »

En fait
« J'ai arrêté  le décompte des "en fait" mais la journaliste de ce matin est au moins championne de la semaine et même du mois, au moins trois par phrase. C'est insupportable ! »

Superfail
« Je voudrais attirer votre attention sur la rédaction et des journalistes de France Culture à propos  des anglicismes abusifs récurrents dont nous avons un exemple avec l'émission « Superfail » ; ce terme n’appartient pas en effet à la sémantique française, sémantique française, comme la plupart des anglicismes dont sont truffés les journaux, magazines, émissions de radio et de télévision, pourtant utilisés sans vergogne par des journalistes peu scrupuleux du respect et de la défense de la langue française.
Il y a plusieurs raisons pour ne pas employer ces termes, même si on les retrouve - à tort – abondamment dans les médias. 
Tout d’abord, il ne sont pas compris par de nombreux auditeurs et c’est les mépriser et les dévaloriser que de leur imposer des vocables étrangers. Moi-même, je devine la signification du mot « Superfail » mais son sens demeure abscons. De grâce, ne nous comportons pas comme ces « journaleux » qui croient se mettre à la page (up to date ?) en employant des anglicismes à tout va. Au contraire, ceux-ci traduisent ainsi leur incapacité à s’exprimer correctement en français.
L’argument selon lequel l’emploi abusif de vocables anglo-saxons illustrerait une évolution de notre langue ne tient pas : qu’est-ce qu’une évolution sinon un processus de transformation lent, progressif et interne ? L’arrivée brutale, massive et externe des anglicismes n’est pas une évolution, c’est une invasion ! Il est aussi de votre responsabilité déontologique d’y résister.
A qui s'adresse-t-on au travers de cette émission ? A des auditeurs qui ne se reconnaissent pas dans ce sabir atlantique que vous employez. Mais, direz-vous, il faut penser à un nouveau public, plus jeune, plus à la page (up to date ?). Détrompez-vous, ces prétendus jeunes ne sont pas et ne seront pas votre public. Par contre, vous risquez fort de perdre une partie de vos fidèles auditeurs qui ne se retrouveront pas dans cette sémantique d’importation et qui restent attachés à une certaine qualité de parole, y compris de nouveaux auditeurs qui viendraient France Culture écouter pour le niveau de réflexion des émissions dont la qualité de la langue fait justement partie.
La langue française a une fort pouvoir métaphorique et métonymique (je vous mets à ce sujet un article intitulé le français, langue de l’imagination, que je viens de rédiger pour la revue Défense de la langue française). L’emploi de ces termes étrangers n’a pas d’épaisseur imaginaire (si ce n’est de renvoyer à une domination culturelle indue). C’est donc un appauvrissement sémantique auquel vous participez lorsque vous croyez pouvoir sans conséquence imposer des idiomes américanisés.
Il y aurait encore beaucoup à dire mais je sais que votre temps est compté et j’en reste donc là. Je conclurais simplement en disant que l’intérêt de vos auditeurs tout comme l’intérêt de France Culture se rejoignent dans l’obligation d'un bon usage de notre si belle langue. »

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VIDÉOS

YAËL GOOSZ ET LES AUDITEURS

Yaël Goosz, chef du service politique de France Inter, nous parle de lui et des auditeurs : Etes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?


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LAURENT VALIÈRE ET LES AUDITEURS

Laurent Valière, producteur de l'émission 42e Rue sur France Musique, nous parle de lui et des auditeurs :
tes-vous attentif aux messages des auditeurs ? Le message d’auditeur qui vous a le plus marqué ? Quel auditeur êtes-vous ? Quelle voix de radio a compté pour vous ?

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TOUTES LES VIDÉOS
 
 
[PROCHAIN RENDEZ-VOUS] Samedi 29 novembre sur franceinfo à 11h51 et 13h51.

    ​​​Franceinfo : tous les samedis à 11h51 et 13h51
    France Culture : un jeudi sur deux dans La Grande Table à 13h20
    France Inter : un vendredi par mois dans l’Instant M à 9h40 et un samedi par mois dans Secrets d'Info à 13h20
     
    Alain Finkielkraut

    Les auditeurs ont été très nombreux à interpeller la médiatrice à la suite des propos tenus par Alain Finkielkraut sur le plateau de LCI. 
    Emmanuelle Daviet reçoit Sandrine Treiner, directrice de France Culture.

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    Gaza/Israël et les Gilets jaunes

    Dans ce rendez-vous de la Médiatrice deux sujets traités : Israël et Gaza puis les Gilets jaunes. Pour répondre, Lucas Menget, directeur adjoint de la rédaction et Julien Brigot, chef des informations.

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