Marie-Paule Le Guen, gardienne de phare au bout du monde
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À 80 ans, Marie-Paule Le Guen habite dans un appartement au pied du phare de Pontusval. Un édifice situé au bout du monde, à Brignogan-Plages, dans le nord Finistère. Pendant 35 ans, elle en fut la gardienne. Montant et descendant tous les jours les 50 marches qui la séparent de son feu. Rencontre avec Marie-Paule qui ne quitterait ce lieu pour rien au monde et mesure la chance d’avoir pu exercer ce métier aujourd’hui disparu.
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Pendant 35 ans, Marie-Paule Le Guen fut la gardienne du phare de Pontusval. Un édifice situé au bout du monde, à Brignogan-Plages, dans le nord Finistère. Sur la côte des Légendes. Elle y habite toujours. Dans l'appartement au rez-de-chaussée. Et ne quitterait cet endroit pour rien au monde !
Une vie à veiller sur les marins
Cette enfant du pays, née et élevée au bourg de Brignogan-Plages, s'est installée dans le phare avec toute sa petite famille en 1968 suite à un piston par l'ancienne locataire. À l'époque, sa fille avait quatre ans et son fils un an. Celui qui a partagé sa vie s’appelait Edouard. Il a fait carrière dans la marine marchande et était absent plusieurs mois de l’année.
Pendant toutes ces années, Marie-Paule a géré au quotidien l'entretien de ce logis pas comme les autres. Montant et descendant régulièrement les 50 marches qui la séparaient de son feu pour assurer la sécurité des bateaux qui naviguaient au large.
Un monument historique au bout du monde
Perché sur un petite colline, du haut de ses 18 mètres, le phare de Pontusval domine la mer et guide les navires depuis 1869. Il a été construit pour servir de relais entre le phare de l’île Vierge et celui de l’île de Batz qu’on ne distingue pas par mauvais temps. Le phare permet aux navires de s’éloigner des rochers très présents dans ce secteur. Inlassablement, il envoie trois flashs toutes les 12 secondes.
Classé monument historique en 2011, il fait partie de cette centaine de phares en France qui ont reçu cette distinction. La fin du programme d’automatisation de ces tours s’est, lui, achevé en 2000, et a marqué la fin de ces gardiens de phare.
A 80 ans, le regard de Marie-Paule continue de briller quand on évoque cette vie passée à veiller sur les marins. “Je mourrai ici” dit-elle ! Elle nous la raconte dans ce 12ème épisode de nos "Histoires salées".
Réalisation :
- Auteur : Jérôme Lebreton
Voix : Jérôme Lebreton
Prise de son : Olivier Le Guern
Réalisation et Mixage : Olivier Le Guern
Ces "Histoires salées" sont également disponibles en podcast sur l'application Radio France