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#38/2026 - Septembre 2026
 
Voici les principales thématiques abordées par les auditeurs dans leurs messages envoyés en cette rentrée.
Nous publions une sélection de leurs messages ci-dessous :


1. La grève à Radio France 
2. La chronique d'Ameziane sur France Inter
3. La couverture éditoriale des concerts de Céline Dion sur franceinfo
4. La grille de rentrée de France Culture 

5. La nouvelle formule des "Midis de Culture"
6. La nouvelle grille du week-end sur France Inter
7. L'émission "Recto-Verso" sur France Inter

  

 L'ÉDITO DE LA MÉDIATRICE
La grève à Radio France : le contexte 

Dimanche matin, les auditeurs de France Inter n’ont pas retrouvé leurs rendez-vous habituels. À la place des émissions de la matinale, de la musique, régulièrement interrompue par un message les informant d’un mouvement de grève. À 7h40, la chronique politique de Charles Sapin n’a donc pas été diffusée. C’est précisément le recrutement de ce journaliste, devenu cet été directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, qui est à l’origine de la mobilisation. À l’appel de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, SNJ, SUD et Unsa, la grève, reconduite lundi, a concerné l’ensemble de Radio France. 

Avant de rejoindre Valeurs actuelles, Charles Sapin était journaliste politique au Point. Depuis le 30 août, il signe chaque dimanche matin sur France Inter un éditorial politique de deux minutes trente. Son arrivée sur l’antenne a immédiatement suscité une vive contestation en interne. 

La direction explique ce choix par sa volonté de faire vivre le pluralisme des opinions, dans la perspective notamment de l’élection présidentielle. Une justification qui n’a pas convaincu une partie des salariés. Dans une motion adoptée le 2 septembre, ceux-ci ont exprimé leur « refus catégorique » de ce recrutement, estimant que la ligne éditoriale de Valeurs actuelles n’était « pas compatible » avec les valeurs du service public. 

Dans le paysage médiatique français, Valeurs actuelles occupe une place singulière. Le magazine se revendique conservateur et a fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires. Il a notamment été condamné après avoir publié, en 2020, des illustrations représentant la députée Danièle Obono en esclave. Le titre était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, qui a depuis rejoint le Journal du dimanche. 
Les syndicats soulignent également la présence parmi les actionnaires de Valeurs actuelles de Pierre-Édouard Stérin, dont les engagements politiques sont eux-mêmes au centre de nombreuses controverses. 

Ce conflit touche à la manière dont Radio France entend garantir le pluralisme des opinions sans brouiller, aux yeux de ses auditeurs, ce qui fonde son identité et ses missions.   

Pluralisme à France Inter : ce que disent les auditeurs 

Depuis la rentrée, le service de la médiation traite, chaque jour, un volume très important de messages à propos de l’arrivée de Charles Sapin comme éditorialiste politique sur France Inter. Après les deux jours de grève, les messages disent la "colère", "l’incompréhension", parfois une "profonde tristesse", en exprimant soit un soutien très appuyé aux salariés grévistes, soit en dénonçant au contraire une grève jugée "incompréhensible".

Sur l’ensemble des messages reçus par la médiation, une tendance se dégage cependant nettement : 70 % des auditeurs qui se sont exprimés soutiennent la grève, tandis que 30 % y sont opposés. Ces chiffres donnent une photographie des réactions adressées à la médiation, mais, précaution nécessaire, ils ne constituent pas un sondage et ne permettent pas de mesurer l’opinion de l’ensemble du public de France Inter. Ils témoignent de la mobilisation de celles et ceux qui ont choisi de nous écrire. 

La longueur de certains témoignages, la force des mots employés et les nombreuses références à trente, quarante, parfois cinquante années d’écoute témoignent de la relation particulière qu’une partie des auditeurs entretient avec France Inter. Pour beaucoup de ceux qui soutiennent la grève, la décision touche en effet à quelque chose de plus profond qu’un simple choix d’éditorialiste : elle interroge l’identité même de la station. 

Une distinction revient régulièrement dans leurs messages : inviter des représentants de toutes les sensibilités politiques, les interroger, confronter leurs arguments, respecte les missions attendues du service public de l'information. Leur confier une parole éditoriale régulière engage, selon eux, une responsabilité d’une autre nature : « Donnez à M. Sapin du temps d’antenne comme aux autres partis, mais pas un éditorial politique », écrit ainsi un auditeur. L’ensemble des messages pourrait d’ailleurs être formulé en une question : un éditorialiste est-il seulement une voix que l’on donne à entendre ou participe-t-il, par la régularité et le statut de sa parole, à l’identité éditoriale d’une antenne ?  

Pour certains auditeurs, c’est là que se situe la ligne rouge. Ils associent l’arrivée de Charles Sapin à ses nouvelles fonctions au sein de Valeurs actuelles et redoutent une banalisation d’idées qu’ils rattachent à l’extrême droite. Ils considèrent que le pluralisme existe déjà sur France Inter et qu’il n’implique pas d’accorder une chronique régulière à toutes les sensibilités.  

Les mots employés sont parfois très forts. Plusieurs auditeurs parlent de "perte de confiance", certains annoncent qu’ils cesseront d’écouter la station. Une auditrice raconte le moment où elle entend présenter Charles Sapin comme directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles : « Je sais à cet instant que j’ai perdu France Inter, ma radio, mon espace d’information en qui j’avais confiance. »  

Mais les auditeurs opposés à la grève expriment une inquiétude tout aussi clairement formulée, quoique différente : « Libre à nous, auditeurs, de faire notre jugement à partir de la palette des informations fournies », écrit l’un d’eux. Une autre auditrice, qui se dit « loin des idées de Valeurs actuelles », défend néanmoins la possibilité d’écouter Charles Sapin et appelle à faire vivre les différences sur la radio publique.  

Certains vont plus loin et voient dans la grève un signe d’entre-soi. Ils craignent qu’à force de vouloir préserver une identité éditoriale, France Inter ne finisse par ne s’adresser qu’à ceux qui partagent la même vision du monde et de la société.  
Un auditeur fidèle depuis près de cinquante ans estime que Charles Sapin ne devrait pas être assimilé par principe au journal qu’il vient de rejoindre, ni être jugé sur ce qu’il n’a pas encore dit sur France Inter. Ce qu’il attend du service public, écrit-il, c’est qu’il le place « dans l’inconfort du débat d’idées ». 

Les « deux camps » invoquent en réalité les mêmes grands principes : le pluralisme, la démocratie, la liberté d’expression et le service public. Mais ils en tirent des conclusions opposées. 

Pour les auditeurs favorables à la grève, le pluralisme consiste à rendre compte de l'ensemble des courants qui traversent la société, à les interroger et à les confronter. Mais il ne suppose pas nécessairement de leur accorder à tous une tribune éditoriale régulière. 

Pour ceux qui s’opposent à la grève, le pluralisme implique au contraire d’accepter sur l’antenne des voix susceptibles de bousculer les convictions d’une partie des auditeurs. Sinon, à quoi servirait le pluralisme s’il consistait uniquement à entendre ceux avec lesquels on est déjà en accord ? 

Autrement dit : pour les uns, défendre le pluralisme suppose de lui fixer des limites. Pour les autres, le défendre suppose justement d’accepter des voix plus éloignées des convictions des uns et des autres. 

La divergence est la même sur la liberté d’expression : pour les uns, la liberté d’expression ne signifie pas le droit à disposer de n’importe quelle tribune. Choisir un éditorialiste est une décision éditoriale et déterminer les voix auxquelles une direction confie une parole régulière est un acte journalistique très engageant. 

Pour les autres, c’est précisément lorsque la parole dérange que la liberté d’expression prend tout son sens. Un auditeur fait ainsi le parallèle avec les algorithmes qui enferment déjà chacun dans des contenus correspondant à ses préférences : une radio publique devrait au contraire permettre « d’entendre une voix différente » et de travailler son esprit critique. 

Le service public, lui aussi, est invoqué des deux côtés. Pour les soutiens de la grève, cette notion implique une responsabilité éditoriale particulière. France Inter, du fait de son appartenance au service public, n’est pas une radio comme une autre et le choix de ses éditorialistes engage, à leurs yeux, son identité et les valeurs auxquelles ils sont attachés. 

Pour les opposants à la grève le raisonnement est exactement inverse : parce que France Inter est un média de service public et s’adresse à tous, elle devrait pouvoir accueillir une diversité de sensibilités et ne pas donner le sentiment qu’une partie du spectre politique est « tenue à distance ». 

Enfin, chacun se réclame de la démocratie. D’un côté, des auditeurs considèrent que la démocratie peut être fragilisée par la banalisation progressive d’idées qu’ils jugent contraires aux valeurs qu’elle porte. De l’autre, certains estiment qu’une démocratie vivante suppose précisément la confrontation avec les idées que l’on ne partage pas et que les écarter risque d’appauvrir le débat plutôt que de le protéger. 

Le désaccord ne porte donc pas nécessairement sur les principes à défendre. Il porte sur ce que ces principes exigent concrètement d’une radio de service public. 
Les auditeurs soutenant la grève considèrent que le service public exerce d’abord sa responsabilité en amont, par ses choix éditoriaux et par le cadre qu’il fixe aux différentes formes de parole. Ceux qui la contestent estiment au contraire que la responsabilité se situe davantage en aval, du côté de l’auditeur : le rôle de la radio serait de présenter une diversité de points de vue, à charge pour chacun de les écouter et de se forger sa propre opinion. 

La controverse autour de l’édito de Charles Sapin soulève plusieurs questions : qu’attend-on aujourd’hui du pluralisme sur une radio de service public ? Doit-il permettre d’entendre toutes les sensibilités ou implique-t-il également de réfléchir à la place et au statut qui leur sont accordés ? Quelle différence entre inviter, interviewer, débattre et confier un éditorial ? Jusqu’où une rédaction doit-elle exercer son rôle de « filtre » ? Et à partir de quand ce filtre risque-t-il d’être perçu comme « une fermeture » ?  

Les messages révèlent surtout deux conceptions du pluralisme et, plus largement, deux conceptions du rôle du service public dans le débat démocratique. C’est probablement là que se situe le véritable débat soulevé par cette controverse. 
 
* * * 

Les messages reçus en cette rentrée par la médiation sont critiques, parfois très sévères, même durs, mais ils témoignent aussi d’une exigence forte à l’égard du service public et d’un attachement à ses antennes. C’est précisément le rôle de la médiation : faire entendre ces interrogations et permettre aux directions d'y répondre. Car derrière une décision éditoriale, il y a toujours un choix. Et derrière les réactions des auditeurs, souvent une même attente : comprendre ce choix.


Emmanuelle Daviet
Médiatrice des antennes
 

charline

La grève à Radio France
Message d'auditeur
« J’apporte mon soutien total à la grève de la rédaction en rapport à l’arrivée d’un éditorialiste de Valeurs actuelles. Il n’y a pas de pluralisme quand il s’agit d’un média qui soutient un groupe politique extrémiste.
Ce média véhicule des idées fausses sur le réchauffement climatique, le progrès social, l’immigration ; cela ne s’arrêtera pas aux portes de France Inter.
Je suis déçue de ce choix et en colère que Radio France ne protège pas mieux ses auditeurs de ces pensées nauséabondes.
C’est donc un au revoir à cette station que j’écoute depuis 30 ans – j’ai 47 ans aujourd’hui, mais je n’accepterai pas passivement un changement si radical sur l’antenne.
Toute ma sympathie cependant aux personnels de Radio France, qui n’ont pas d’autre choix que de subir et d’accepter s’ils ne veulent pas se retrouver à la rue. C’est comme ça qu’on se dirige sans bruit vers une société totalitaire et antidémocratique. Cela sera sans mon soutien.
 » 
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charline

La chronique d’Ameziane sur France Inter
Message d'auditeur
« L’humoriste Ameziane est intervenu le lundi 31 août sur un thème d’actualité afférent à un projet du Rassemblement national. Il a traité le député Jean-Philippe Tanguy de « tête de rat » et a stigmatisé son homosexualité.
On peut être opposé au projet du RN sans étaler sa haine.
Les propos de ce soi-disant humoriste sont ignobles et inacceptables. Aucune personne présente sur le plateau ne s’est désolidarisée avec ces propos ignominieux. Une réaction de la direction est attendue.
 » 
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charline

La couverture éditoriale des concerts de Céline Dion sur franceinfo 
Message d'auditeur
« Je trouve tout à fait excessif ce déferlement d’informations inhérentes aux concerts de Madame Céline Dion. Chacun des journaux, sur une période de plusieurs journées, comporte un reportage sur ces manifestations.  Est-ce vraiment un évènement culturel ou ne s’agit-il pas plutôt d’une actualité très commerciale ! Je souhaiterais à l’avenir un peu plus de modération en matière d’événements à but lucratif. »   
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Richard Place, directeur de la rédaction de Franceinfo, répond aux auditeurs dans le rendez-vous de la médiatrice à écouter ici.
charline

La grille de rentrée sur France Culture
Message d'auditeur
« « Les Matins d’après » est une magnifique invention ! Quel plaisir de vous écouter. Quelle intelligence. Quelle belle invention cette nouvelle émission des week-ends de France Culture ! Merci de continuer à nous proposer des journalistes au beau professionnalisme, qui ont travaillé leurs sujets, laissent leurs invités s’exprimer tout leur soûl, et mènent leur émission avec néanmoins rigueur et joie. Encore un très beau nouveau programme. Merci France Culture ! »   
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Florian Delorme, délégué aux programmes de France Culture répond aux auditeurs dans le rendez-vous de la médiatrice à écouter ici.
charline

La nouvelle formule des "Midis de Culture"
Message d'auditeur
« J’ai découvert en début de semaine la nouvelle formule des Midis et j’ai été extrêmement surpris, et déçu, de l’absence totale de table ronde critique quotidienne. Sur l’antenne, la critique en semaine se trouve donc cantonnée à la seule voix de Lucile Commeaux pour une durée de moins de 5 minutes. J’ai beaucoup de mal à comprendre la pertinence de réduire à ce point la parole des critiques, puisqu’elle ne sera désormais présente qu’une fois en semaine, lors du Point culture XXL le vendredi midi.  
Leur présence quotidienne permettait d’explorer des arts très divers au cours de la semaine (films, séries, romans, BD, mangas, CD, opéras, théâtre), ce qui est rendu totalement impossible par une seule table ronde hebdomadaire. De plus, ces débats quotidiens étaient l’occasion de découvrir des critiques et leur travail, et d’identifier ceux partageant des sensibilités et des goûts similaires aux nôtres... Lire la suite 
»   
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charline

La nouvelle grille du week-end sur France Inter
Message d'auditeur
« Auditeur fidèle de votre station je souhaitais vous faire part de ma déception de la grille du week-end de cette rentrée 2026. En effet où est la pause de respiration que l’on peut attendre après la semaine avec des émissions plus décalées, calmes et surtout sans débat politique ? Tout est fait en cette rentrée sur France Inter pour rester dans un tunnel 7j/7 ou comme si la grille du week-end serait faite pour les auditeurs n’ayant pas écouté les 5 jours de la semaine. » 
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charline

L’émission « Recto-Verso » sur France Inter
Message d'auditeur
« Bonjour Monsieur Demorand,
Quel plaisir de vous retrouver ce matin après ces mois d’absence ! Je vous écoute toujours avec grand plaisir et intérêt.
J’imagine que c’est un grand jour pour vous, et je tenais à vous exprimer mon estime et mon soutien. J’espère que votre santé s’est stabilisée et que nous pourrons vous écouter à nouveau cette année. Vous avez eu un grand courage de révéler votre état de santé publiquement. Merci à vous car la santé mentale est encore trop souvent taboue. Votre témoignage est essentiel, et votre exemple prouve qu’on ne doit pas résumer quelqu’un à ses problèmes de santé.
Je vous souhaite le meilleur. 
»   
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charline

Les programmes de rentrée de Radio France
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La médiatrice des antennes répond à vos questions avec un ou plusieurs invités sur France Inter, sur Franceinfo et sur France Culture.
France Inter
Le rendez-vous de la médiatrice : L'arrivée de Charles Sapin sur France Inter

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La couverture éditoriale des concerts de Céline Dion sur franceinfo

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